- MARC SONTROP -

La grandeur de l’Homme c’est de prendre la décision d’être plus grand que sa condition

Si l’affaire n’était pas sérieuse – Marc Sontrop a incendié volontairement son logement pour se révolter, le 13 avril 2002 – on serait tenté de parler de vocation car sa condition c’est la prison. Au bout de cinquante années d’existence, Marc Sontrop en a passé près de quarante ans entre la prison, quelques mois de libertés et encore la prison ou les établissements de défense sociale. Avant cela, il avait connu les homes au gré des décisions de quelques Juges de la Jeunesse.

Détenu atypique par les délits qu’il commet, mais aussi pour son militantisme, Marc Sontrop a fait de la prison parce qu’à 16 ans, on est en 1968, placé à Brasschaat, il s’évade et dénonce la violence et les abus sexuels des éducateurs sur les enfants placés comme lui. Son témoignage le conduit en prison, à Forest, et restera étouffé. À 17 ans il a ramené en cachette sa copine de 16 ans, dans le home du juge. Marc vénère l’amour. La Justice pas. Pour avoir emprunté un tram sans titre de transport et refuser de payer l’amende, il va encore faire 8 jours de prison. Une autre de ses idées : une nuit il décide de sacrifier dix kilos de peinture latex pour aller peindre des slogans (tracer des tags, dit-on aujourd’hui) sur les murs de l’ancienne prison St. Léonard à Liège. On va l’interner 1 an à Paifve. Les homes du Juge n’ont fait qu’aggraver les choses. A 19 ans Marc commet un délit grave mais si il y a plus de peur que de mal, il est inculpé d’une double tentative d’homicide. Il n’y aura aucun procès et pour éviter toute éclaboussure on va interner Marc Sontrop.

Un circuit lourd de 3 ans d’enfermement et Marc sort RÉVOLTÉ.

Il va créer avec d’autres la section belge du COMITÉ D’ACTION DES PRISONNIERS en 1973. Il va participer au large mouvement de l’ANTI-PSYCHIATRIE. Il va devenir la cheville ouvrière du CODIP – Comité d’Action des Internés et Prisonniers en Belgique. Il participera aux préparations des émissions de radio PASSE-MURAILLE. Il écrira dans Alternative Libertaire. En 1986 il préfèrera, à Liège, faire dans le social avec sa maison pour exclus : ACCEUIL et HÉBERGEMENT.
Particulièrement sensible et vite lui-même en désarroi, Marc change de combat. Des actes qu’on qualifierait de timbrés il boute le feu en 1983, 1991, 1993 et 2002 à son logement. Pas de victime mais des dégâts graves. Chacun de ces actes était censé le conduire à un procès d’assises, la possibilité d’ y faire une TRIBUNE pour dénoncer les injustices sociales qui conduisent à l’enfermement. Marc Sontrop est loin de coller au portrait d’un infâme pyromane. C’est un révolté qui a le tort d’incendier.

La justice est peu enclin pour se laisser critiquer. Il faut donc faire taire Marc Sontrop.

Lui, en 1996 crée l’association DIRE LA PRISON.

Depuis le 13 avril 2002 la Justice désigne psychiatre sur psychiatre et psychologue pour tenter de cerner la personnalité de ce détenu qui hurle qu’un système de Justice pénale Juste est impossible dans une société injuste. Le 27 Juin 2003 il est condamné devant la correctionnelle de Liège à 4 ans de prison ferme.

Écorché vif avec sa pénible histoire, dans plusieurs prisons et lieux d’enfermement, on ne veut plus de Marc Sontrop.

Dedans certains gardiens à la prison de Lantin lui ont rendu la vie difficile. Le 4 avril Marc Sontrop est expédié par un transfert spécial à la prison de Verviers. Il a un urgent besoin de timbres et d’un peu d’argent. Il cherche un réseau de solidarité externe à la prison. Il cherche des correspondants et des correspondantes (en français uniquement) près à l’aider de façon soutenue et à échanger des idées. Sans aide de l’extérieur la nouvelle peine de prison de Marc Sontrop sera longue et surtout inutile.

Devant ses juges et le Procureur du Roi, Marc Sontrop n’a pas eu la « soumission active » qu’exigent les magistrats. De plus, Marc Sontrop mène une action contre les « cages à poules » de la prison cellulaire du Palais de Justice de Liège. Il envisage d’autres actions au fil de sa détention.

En joignant quelques timbres pour sa réponse on peut lui écrire :

Marc Sontrop
Prison de Verviers
81, Chaussée de Heusy
4800 Verviers
compte de la prison et mentionner son nom : 679.2005520.45

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