CRITIQUES
théâtre

Le Voyageur de l'an 2000
Joyeux Noël

Il était important pour moi de consacrer une page Web à "l'homme de théâtre" (que je ne connais que par une vidéo de La Cloche en or). C'est pourquoi je me suis permise de copier les articles ci-dessous à partir du site d'Alsace Presse. Visitez-le afin de trouver d'autres articles sur Henri Guybet et des photographies.

LE VOYAGEUR DE L'AN 2000


Henri Guybet et Marion Game

Sud-Alsace, mardi, le 11 avril 2000.

Résumé de la pièce :

JULIEN COLLINET est propriétaire du garage de Villedieu-le-Lac, comme son père et son grand-père avant lui et comme le sera un jour son fils... Le garage, plus qu'un lieu de réparation, fait office de bistrot pour Julien et ses amis, quelques notables et l'infirmière, qu'on dit amoureuse de lui.

Finalement, Villedieu-le-Lac aurait pu rester un petit bourg tranquille s'il n'avait eu à sa tête un maire affairiste, dont l'élection a été facilitée par le groupe Europrix, holding de la grande distribution. Ses dirigeants souhaitent maintenant s'installer à Villedieu, sur les terres de Julien, qui est menacé d'expropriation. Alors que le combat semble perdu d'avance, la nuit du 31 décembre 1999, un OVNI s'écrase dans le garage de Julien qui malgré sa frayeur dégage l'extra-terrestre coincé à l'intérieur. Celui-ci, reconnaissant, met ses pouvoirs à la disposition de Julien, qui a maintenant un allié dans sa lutte contre le maire et ses amis d'Europrix.

-DR

Thann, dimanche, le 20 février 2000.

Critique : Terrestres extra au Relais.

Venu d'une lointaine planète, le Voyageur de l'an 2000 a fait passer une excellente soirée aux amateurs de théâtre.

Le Voyageur de l'an 2000 rafraîchit le théâtre de boulevard. Pas de mari trompé, pas d'épouse volage, pas d'amant qui se cache dans l'armoire. On peut rire de bien autre chose ! Et d'abord de la bouille tellement sympathique et tellement expressive d'Henri Guybet, le coauteur et principal interprète de la pièce, écrite avec Eric Lenormand. Il lui suffit d'arriver sur scène pour que la magie opère. Henri Guybet, c'est le sourire le plus naturel et le plus humain du cinéma et du théâtre français. Dans le Voyageur de l'an 2000 ce sourire en affronte un autre, ensorceleur mais totalement inhumain, puisqu'il s'agit de celui d'un robot offert par un extraterrestre : Bille, alias Karine Pinoteau. Le choc fait des étincelles.

Grâce au voyageur de l'an 2000, qui est un habitant d'une lointaine planète, et grâce à Henri Guybet, qui est un modeste garagiste, on passe en revue les grands et petits défauts de nos hommes politiques, incarnés par Michel Muller, maire de la localité. La confrontation entre les Terriens et l'extraterrestre a été voulue pour permettre aux humains de se regarder dans un miroir. A un an des municipales, la pièce vise juste ! Elle fait rire du Pacs, de l'énergie nucléaire, de la folie des grandeurs de certains élus, sans jamais tomber dans les clichés tout faits ou dans les conclusions péremptoires. Tout est en finesse, à l'image du jeu de Marion Game, tendre et chaleureuse. Pas de parisianisme dans cette bande d'excellents acteurs, où le professionnalisme et l'amour du métier transparaissent à chaque instant. Ce n'est pas toujours le cas... Michel Muller, Yves Neveu et Jean Lenoir ont du cœur et de l'expérience, alors que les deux jeunes, Karine Pinoteau et Christophe de Mareuil ont une solide formation classique (Marivaux, Musset, Molière figurent à leur palmarès).

Le talent de tous fait le reste : une délicieuse soirée que les spectateurs du Relais culturel ont appréciée à sa juste valeur, et qu'ils ont saluée par des applaudissements nourris.

Une piqûre à Henri Guybet qui est aussi une piqûre de rire pour les spectateurs.

-YVES CROZELON

Sud-Alsace, Mercredi, le 3 mai 2000.

Critique : Un voyage insolite

Le voyageur de l'an 2000 présenté au théâtre de la Sinne est une comédie burlesque où se mêle science-fiction et réalité quotidienne.

Pour son dernier spectacle de la saison dramatique le théâtre de la Sinne de Mulhouse proposait Le voyageur de l'an 2000 de Henri Guybet et Eric Lenormand. Avec, dans le titre l'an 2000, il était facile d'imaginer qu'il s'agissait d'une pièce d'actualité. L'actualité, c'est que le maire d'une petite commune veut acheter le garage de Julien Penard pour pouvoir y implanter un supermarché. Tout cela est banal. Mais ce qui l'est moins, c'est l'arrivée d'un extraterrestre qui offre à Julien une bille. Celle-ci se transforme en androïde. Un androïde très pin-up dont tombe amoureux le fils de Julien. Mais les mécanismes n'ont pas de sentiments. Le voyageur de l'an 2000 est presque un conte de fée, où les bons mots foisonnent. Certes, le dialogue n'est pas hyper intello. Lorsque l'extraterrestre demande : "Vous ne brouillez pas", Julien lui répond : " Si les œufs ! "Et lorsqu'apparaît la Torpedo dans la cour "même Gilbert Montagné la verrait". C'est facile, mais on rit de bon cœur, surtout que souvent le non-dit flottait dans l'air. Parmi les coauteurs de cette farce, il y a Henri Guybet qui joue le rôle de Julien, un rôle qu'il s'est taillé sur mesure, Marion Game est une excellente infirmière dont les piqûres sont presque grand-guignolesques, Michel Muller est un maire très sûr de son pouvoir, Karine Pinoteau a fait une composition époustouflante d'un androïde se transformant en mannequin. Le fils Penard, le facteur et l'extraterrestre complètent une distribution vraiment homogène et ont permis à la pièce de tenir la route. Car, s'il y a beaucoup de banalités, il y a aussi un zeste de philosophie. "Les humains n'ont pas de mémoire, mais des souvenirs", ou encore "ce qui est humain, c'est qu'on puisse aimer. Peu importe ce qu'on tient dans ses bras, l'essentiel, c'est qu'on puisse aimer". Et le public a aimé ce voyage insolite.

-MN

JOYEUX NOËL


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Colmar, mardi, le 20 janvier 1998.

Critique

Rire sans se poser trop de questions manquerait-il quelque peu aux Colmariens ? Ils ont en tout cas, vendredi dernier, rempli les travées du Théâtre Municipal pour un "boulevard" léger mais étoffé par la présence de ces gros calibres des planches et des écrans que sont les Guybet, Doris et Marion Game. L'intrigue est éthérée : Noël décide de reconquérir sa femme qui vient de le quitter. Sa recette : devenir joyeux au cours d'une année sabbatique ; celle de l'auteur (Bruno Druart) : persiller son texte d'un catalogue de calembours, parfois calembredaines, contrepèteries, etc. Noël est ainsi assorti d'une cour d'épithètes et Pierre Doris, un spécialiste du genre, en ajoute une panoplie : "... ça m'fait rire..." Henri Guybet est le madrier porteur de cet agréable divertissement où des accents de tendresse succèdent parfois à l'humour grinçant. Il est entouré du naturel élégant de Marion Game, de Gloria, la nonne-missionnaire (Line Michel) qui redécouvre les accents du pays, de Prune (Karine Pinoteau) fraîche et accorte qui goûte les fruits d'une passion parfois délurée avec le fils de la maison (Alain Cenner). La trame familiale ne devient jamais drame mais est également assaisonnée de fines observations du quotidien. Un bon moment, en tout cas, notamment avec Henri Guybet, l'une des vedettes de la Septième Compagnie, qui sera relayé (en février) sur la scène colmarienne par un autre joyeux troupier de cet escadron, soit Jean Lefebvre dans "L'Entourloupe".

-André ORTLIEB

© Cinéphilia 2001.