CAUSALITÉS

 

 

 

 

Pour ce qui est de la société dans son ensemble, nous retiendrons deux causes sous-jacentes à l’anomie que nous connaissons.

D’abord, le capitalisme. « Régime économique et social dans lequel les capitaux, source de revenu, n’appartiennent pas, en règle générale, à ceux qui les mettent en œuvre par leur propre travail »[1].

Si cette définition ne parle par d’elle-même, le capitalisme profite à celui qui possède le capital et qui peut faire travailler les autres afin de faire fructifier ce capital, ouvrant la porte à un ordre social près de l’esclavage.

Comme nous le savons, le capitalisme lors de son éclosion fut contrebalancé par un autre ordre social, soit le communisme, dans la deuxième partie du XIXe siècle et une bonne partie du XXe.

Or, en notre triste modernité, il n’y a plus d’alternative – d’alternative suffisante sinon – pour faire réellement contre-poids au capitalisme.

Voilà pourquoi, selon nous, notre société est gagnée par l’anomie.

Mais la Nuitversité n’aura pas pour but de résoudre ces causes !

C’est pourquoi il nous faut réduire le cadre de notre analyse au cadre de notre projet, l’UQAM.

Si l’université n’échappe pas à ces causalités premières, elles est aussi assujettie à des causes en aval.

En effet, l’anomie de l’université résulte de sentiments de pessimisme et d’impuissance, amenant le retrait de diverses forces de solidarités.

Et c’est une roue qui tourne, l’anomie pouvant causer une anomie encore plus grande, et encore plus grande…

Ainsi, la cause directe et essentielle de l’anomie, c’est l’anomie… Tel un cancer ne cessant de se généraliser.

Si nous ne possédons pas au GRIP le frein à la roue capitaliste, ou même de l’université, nous pouvons déjouer les structures aliénantes l’espace d’une nuit. Même si tout continue comme avant une fois le jour revenu.

S’il y a anomie parce qu’il ne se passe rien, s’il ne se passe rien parce qu’il y a anomie, nous pouvons faire quelque chose. Nous pouvons, momentanément, contredire l’anomie. Avec l’espoir, certes candide, que cette nuit fera des petits.

Nous croyons, nous du GRIP, que c’est la seule chose à faire. Donner espoir aux gens. Sensibiliser à des comportements alternatifs. Permettre la création de mécanismes d’entraide et de vie alternative. Tout cela, à court terme, ne fait absolument pas le poids contre ce que nous combattons. Mais intervenir sur ce qui touche l’intérêt public, c’est assurément du long terme. C’est aussi, à court terme, sentir qu’il se passe quelque chose, rattacher quelque confiance dans une société de plus en plus abjecte.

Bref, nous apportons des solutions très locales à une situation très globale. Ça ne peut qu’être ainsi que germera l’éventuelle solution à ce cancer de société.

Si cette réflexion sur les causes globales de l’anomie n’engage que son auteur, celles touchant l’UQAM sont en tout points celles de l’organisme. Si nous croyons à une diversité de points de vue, il y a un temps pour mettre nos forces d’analyse à l’unisson pour bien comprendre les problématiques qui nous concernent. Il est ainsi beaucoup plus facile, une fois solidaires sur la question, de favoriser une diversité de solutions toutes rattachées à la même analyse de causalité.

Pour conclure sur le portrait la situation, le GRIP, dans son discours, à partir de ses grandes orientations, se réclame du mouvement écologiste, dit vert, ainsi que de les mouvements alternatifs et contestataires de manière générale, à plus forte raison de la gauche radicale.

Quant à l’auteur, tout en se réclamant des mêmes sources, il se réclame avant tout de lui-même. Cela, tangiblement, inclut sa réflexion politique, Pour libérer l’homme de l’homme, manifeste du communautisme[2], de même que toutes les influences qui y sont mentionnées.

Le GRIP, tout comme l’auteur, s’accorde une bonne marge de manoeuvre quant à ses références. Elles sont là pour guider l’action. Pas pour la dicter.

Bref, le GRIP, selon la volonté de ses militants et la latitude accordée par le CA, d’une part, et l’association étudiante qui est son bailleur de fonds, d’autre part, en regard avec ses réglements généraux, fait ce qu’il veut bien faire.

Autrement, ce ne serait plus un Groupe de Recherche d’Intérêt Public !

 

 

 

 

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[1] Le petit robert, p. 301.

[2] BERTHOLD, Jean-Philippe, Pour libérer l’homme de l’homme, Éditions Varia, Montréal, 2001, 456 pages.