Mercredi 19 Juin 2002

M'en aller en laissant le journal sur cette image de moi en lutte et en paranoïa, je ne pourrais juste pas. Ce serait partir en restant ainsi, prendre cette image de moi et la calquer sur mon visage pour ces quelques jours ailleurs. Alors une phrase ou deux, avant de partir. Et de revenir. Dans quelques jours, je le sais, les choses auront sûrement changées. Dans quelques jours, je ne chercherai plus l'impossible. Le choses auront changé, la terre aura tourné. Peut-être je serai moi-même à nouveau, et non pas l'adolescente qui s'est dépeinte ici ces deux, trois derniers jours. Il y aura peut-être d'autres yeux dans les miens pour effacer le bleu de ceux que je cherche pour rien, qui ont fait d'hier, d'aujourd'hui, des labyrinthes sans repères aucun. Je vais repêcher le soleil, me donner encore envie d'avancer. Parce qu'il le faut, parce que je n'ai pas le choix. Je vais essayer de vivre ces quatre jours ailleurs comme s'ils étaient ma vie entière, comme si le reste n'existait pas, laisser dans cette chambre les souvenirs, fermer la porte derrière moi en me donnant d'autres objectifs, d'autres rêves. J'en suis encore capable. Je voudrais vous dire Vous verrez. Je ne peux que dire C'est probable. Je sais que ce peu de temps peut pourtant faire des miracles, peut faire beaucoup, jamais peu... Il y a une semaine, j'étais si heureuse de partir. Alors je vais me soutenir, requinquer cette carcasse et me donner les moyens d'en avoir envie encore, de ces départs que j'attends toujours avec tant d'impatience. En général. Je vais retrouver l'envie. Et perdre celle d'un autre.

Hier