The following leaflet is a compressed (!) version of our criticism and position concerning the G8-summit and the protests against it. It will be released in German, English and French language. German speaking people could also read our brochure "Welche Perspektive hat die Anti-Globalisierungsbewegung? Eine notwendige Kritik"

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Stop the show!

Chaque fois que les maîtres de la politique et de l’économie se réunissent, des protestataires s’invitent de force à leur réunion. A l’anti-sommet de Heiligendamm, des milliers d’êtres humains viennent agir, manifester, discuter et se compter, mesurant leur réussite au nombre de participants, à la manière des statistiques chères aux politiciens et aux bourgeois. Sommet et anti-sommet font partie du même spectacle. Demain, chacun retournera à une vie qui jour après jour produit le capitalisme, où chacun de nos actes le reproduit, à l’usine, au bureau, dans les sweatshops, à l’école, à l’université.

Protestation contre le sommet du G8 et tourisme politique n’ont rien à voir avec la résistance quotidienne effective, là où nous travaillons et vivons.

Critique et résistance n’ont de sens que si elles sont concrètes

L’Appel à la manifestation internationale à Rostock le 2 juin 2007 dénonce «un monde de guerre, de famine, de conflits sociaux, d’écocide, de barrières anti-immigrés et anti-réfugiés», et une «politique économique mondiale injuste». Rien sur les problèmes réels que nous vivons dans notre entreprise, notre quartier, notre lycée ou notre fac. Pour l’Appel, ces problèmes n’existent pas. Pas un mot sur le chômage et l’humiliation journalière de vendre notre chair. Pas un mot sur la pression qui nous force à donner de l’argent pour obtenir quoi que ce soit, ni sur ce que nous subissons au travail, ni sur les loyers qui augmentent. Rien sur la réalité de nos craintes et de nos douleurs quotidiennes, mais rien non plus sur nos rêves et nos désirs. Pas une allusion aux efforts pour résister, ni aux luttes dans des entreprises comme Gate Gourmet et Opel.

Quand l’Appel souhaite une «mondialisation profitable à la majorité des êtres humains» grâce à des «rapports équitables entre pays industrialisés et pays en développement», apportant «paix, justice, sécurité sociale et démocratie», ces formules creuses pourraient être signées par n’importe quel (social-)démocrate. Il n’y a là rien d’une critique d’un capitalisme qui lui aussi se prétend basé sur une démocratie (formelle ou participative) et sur une justice (marchande). L’Appel passe à côté de la critique du salariat, de l’Etat et du capital. Il ignore que
tout commerce fait commerce de la misère humaine,
tout Etat emprisonne,
toute paix capitaliste prépare une guerre,
toute démocratie est une des formes politiques de la dictature du capital.

Contre la liberté et l’égalité capitalistes

Comment les conditions capitalistes permettraient-elles «solidarité, égalité et vie commune et pacifique», puisqu’elles sont fondées sur la concurrence (entre régions, entre entreprises, entre travailleurs), sur l’exploitation quotidienne et la séparation (qui tour à tour inclut et exclut)? Cette société vit dans un état de crise permanente, de guerre sociale contre nous et nos conditions de travail et de vie.

Un autre appel à l’anti-sommet (Mettre fin au capitalisme, du groupe Avanti) ne veut pas d’un «capitalisme amélioré», mais demande une «liberté globale de circulation», un «revenu d’existence sans conditions» et des «droits sociaux globaux». En quoi cela mène-t-il à la fin du capitalisme?

Le même texte exige «des droits et des normes égales sur le plan mondial» (en d’autres termes, le droit de nous vendre) et un «niveau de vie» égal pour tous (parler de niveau, c’est parler le langage du capital). De quels «droits sociaux», de quels «acquis» s’agit-il? du droit à un logement en HLM, à une allocation de chômage, à un salaire minimum? Pourquoi pas, après tout, comme moindre mal, mais est-ce vraiment le fond de ce que nous voulons? Belle égalité que celle de vendre notre (force de) travail. Sont-ce là nos objectifs, et les acquis que l’on nous propose de défendre?

Contre un G8 dénoncé comme un «gouvernement mondial informel auto-proclamé» et dépourvu de «légitimité» démocratique, nous ne revendiquons pas un «gouvernement» démocratiquement élu par six milliards de personnes. En quoi un tel gouvernement changerait-il le contenu des politiques suivies? En quoi les bases sociales du capitalisme en seraient-elles modifiées? A supposer que nous élisions démocratiquement nos patrons, y aurait-il moins d’exploitation?

Aucune manif n’éliminera le capitalisme.

Avec ou sans sommet du G8, le capitalisme continuera. Sans G8, l’exploitation quotidienne en serait peut-être un peu moins visible, mais certainement pas moins réelle. Le G8 n’est qu’un effet d’une réalité qui n’a pas besoin de tels sommets pour exister. Et la misère de notre existence dépend très peu de la mauvaise gestion de quelques managers.

Le capitalisme est un rapport social, non une réunion que nous pourrions interdire, ou un produit que nous pourrions boycotter. Ce ne sont pas des manifs, mais des pratiques de résistance concrète qui règleront le problème.

Nous n’avons pas besoin d’un marché qui fasse se rencontrer nos désirs, ni d’un Etat et d’un capital pour les satisfaire. Au contraire, la satisfaction de nos besoins passe par la destruction du capitalisme. Nous n’avons que faire de politiciens alternatifs qui parleraient à notre place, pas plus que d’un Etat-providence qui prendrait soin de nous. Il n’appartient qu’à nous-mêmes de nous sortir de notre misère. La véritable lutte contre le capitalisme commence au-delà du spectacle, elle commence dans et contre notre quotidien. L’avenir n’est pas la réforme de l’économie capitaliste, mais sa destruction.

Des ennemis du salariat et amis d’une vie qui mérite d’être vécue

www.oocities.com/raetekommunismus *

www.chefduzen.de

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