[Article paru dans les journaux de Mtl]
Que les jeux gais commencent !
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Ça y est, c'est décidé : Montréal accueillera les jeux gais (Gay Games) en 2006 ! Quelle bonne nouvelle ! Cinq ans pour préparer ce grand évènement... et aussi cinq ans à répondre à l'éternelle question : «Pourquoi des jeux gais ?! » Évidemment, c'est connu, les gais sont nuls en sports. C'est pour ça qu'ils ont créé leurs propres Jeux Gais. Donc, au lieu de se mesurer à d'autres athlètes («hétéros» est sous-entendu ici), ils rivalisent entre eux. Ben non ! Je déconne ! Je dis n'importe quoi. Mais ce que je viens d'écrire, vous allez l'entendre de la bouche de personnes qui y croient vraiment. Parce que très souvent, quand il est question des gais, on entend des drôles de commentaires ! Un exemple ? Chaque année, des gens me parlent du défilé de la fierté gaie : «Mais pourquoi vous vous habillez comme ça ? ». Étrangement, personne ne se demande pourquoi les costumes à plumes au Carnaval de Rio. Verrait-on les évènements gais d'un oeil différent ? Idem pour les jeux gais. Qui s'est posé la question « Pourquoi des Jeux du Commowealth ? » ou encore »Pourquoi des Jeux de la Francophonie ? » Parce que les francophones sont nuls en sports et qu'ils préfèrent faire ça entre eux ? Absurde ! Autant que de se poser la question : «Pourquoi des Jeux gais ?» D'autant plus que ces Jeux de sont pas réservés qu'aux gais et lesbiennes. Au contraire, cette rencontre cherche à inclure tout le monde, à créer un évènement sportif où tous et toutes peuvent participer sans se sentir jugé. Une ambiance qu'on ne retrouve pas au hockey par exemple. J'ai rencontré dernièrement Jean Perron, l'ex-entraîneur chef des Canadiens de Montréal qui disait que oui, il y en a des gais dans le hockey, mais qu'ils doivent se cacher. Au risque d'y goûter sur la glace en devenant la cible des joueurs de l'équipe adverse. Belle motivation pour un gai de devenir hockeyeur ! Mais n'allez pas croire que les gais et lesbiennes sont nuls en sport. Les Navratilova, Tewksbury, Kopay, Louganis et récemment Billy Bean au baseball ont fait leur marque. Et là, je ne compte pas les sportifs actifs aujourd'hui qui font le choix de ne pas sortir du placard. Parce que le monde du sport est sûrement un des milieux où l'homophobie persiste et est même valorisé. Alors pourquoi des Jeux gais ? Pour faire une mise en échec à l'homophobie ! Et pour le plaisir aussi ! Montréal, bons Jeux gais ! [Article écrit par Patrick Brunette dans le journal Métro du 26-28 octobre 2001] |