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Papa
Papa

J'étais gros comme"un trente sous" que déjà,
tu t'émerveillais de me voir grandir dans le bedon maternel.
Puis, à cinq ans, je faisais parfois du bruit
et tu étais en beau maudit sous prétexte d'avoir eu une grosse journée.

Quand je me développais,
tu m'as peut-être trop souvent embrassé sur le gros ventre de maman.
Depuis cet instant, tes becs se font rares.

Tu étais en extase de percevoir mes premiers cris à l'accouchement.
Plus tard, cela te fatiguera beaucoup de m'entendre parler fort
avec mes amis réunis dans la salle de jeu.

Pour aider maman, la nuit, tu faisais les cent pas pour m'endormir
. Par la suite, tu n'as jamais trouve le temps pour marcher jusqu'au parc avec moi.

Quand j'ai prononcé mes premiers mots, tu n'en finissais plus de converser avec moi.
Aujourd'hui tu es muet.

Quand tu me promenais en carosse, tu regardais les autres enfants avec admiration.
Aujourd'hui, à part le grand monde, il te semble que les rues sont toujours désertes.

Quand j'étais à la couche, tu te voyais chausser les patins avec moi.
Aujourd'hui, il fait toujours trop froid.

À Noël, tu me donnais toujours une montagne de jouets
mais tu te disais trop fatigué pour jouer avec moi.

Quand j'ai grandi, tu me voyais champion au hockey.
Quand tu as su qu'il fallait se lever à sept heures du matin,
pour aller me conduire à l'aréna, tu as conclu que c'était trop tôt.

Pendant les vacances, il n'y avait jamais de place pour mon ami en voyage.
Tu me disais qu'avec nos bagages à trois, ta grosse Chevrolet aurait été trop paquetée.

J'aurais bien voulu te montrer mes talents de pêcheur.
Mais, tu pensais toujours que je ferais peur aux poissons avec mes maladresses.

Hier encore, ma leçon de français, je voulais te réciter
mais je savais que la lecture de ta "Presse" était trop importante.

Quelques instants plus tard, j'ai voulu te parler mais ton bulletin de nouvelles arrivait.

Je suis retourné te voir... Tu dormais.

Ce matin, tu m'as glissé une note sous mon assiette:
"Je travaille tard ce soir.
N'oublie pas de pelleter l'entrée du garage et de mettre les poubelles à la rue".

Ton père.

Excuse-moi papa, ne te fâche surtout pas,

mais j'ai pleuré ce matin.

(auteur: inconnu)

* * * * * * *

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