L’aide aux pays sous-développés[1]

Par Didier Bicking

 

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Actuellement, l’aide aux pays sous-développés dépend uniquement du bon vouloir de certains pays à accorder des dons, subsides ou avantages à d’autres pays. Bien entendu, les pays donateurs font eux-mêmes le choix des pays qu’ils vont aider, du type d’aide qu’ils vont apporter et des contre-parties qu’ils peuvent attendre.

 

Ainsi, les pays pauvres sont-ils devenus des colonies économiques et financières de certains pays riches, ces derniers n’accordant des aides que lorsqu’ils y trouvent un avantage. Bien souvent, les opérations sont complètement truquées. Par exemple, un pays riche prête de l’argent à un pays pauvre , à condition qu’il utilise cet argent pour acheter des denrées dont ce pays riche dispose en surplus. Le pays pauvre, pris à la gorge, ne peut qu’accepter et voit ainsi sa dette extérieure augmentée, alors que le pays riche, par ce biais, subventionne ses producteurs en écoulant les surplus. Ce genre de transaction est proprement scandaleuse.

 

Le mal vient de ce que les aides sont du seul bon vouloir des donateurs. Le pays riche décide en toute indépendance des aides qu’il va accorder et des conditions de ces aides. Il faut désormais l’éviter. L’ONU doit réguler les opérations d’aide. Ce sera le premier point de mon exposé.

 

Le second point portera sur le type d’aide qui doit être apporté aux pays pauvres. L’objectif consiste à éviter que ne se prolonge la situation dans laquelle des pays sont amenés à faire de la mendicité. 90% des richesses mondiales sont détenues par 10% de la population. Et les 10% de nantis ne lâcheront rien de ces richesses sans lesquelles ils estiment ne pas pouvoir vivre. Le seul moyen de réduire cette honteuse disproportion consiste alors à créer de la richesse là où il n’y en a pas, à faire créer cette richesse par ceux qui n’ont rien et, bien entendu, à les en faire bénéficier.

 

Des moyens seront nécessaires pour mettre en œuvre les opérations d’aide. Cela fera l’objet de mon troisième point. Dans certains journaux, j’ai lu que 15 milliards de dollars suffiraient pour résoudre le problème de la faim dans le monde. Je ne dispose pas de cette somme, mais les pays riches de la planète la dépensent des centaines de fois chaque année dans des opérations dont l’utilité n’est pas du tout prouvée. Comment se fait-il alors que le problème de la faim ne soit pas encore résolu ? L’être humain est-il égoïste à ce point, ou est-ce seulement de l’inconscience ? Faute d’avoir fait le nécessaire en temps utile, les pays riches vont avoir à payer beaucoup plus cher pour que soient développés enfin ceux qu’on appelle depuis des décennies « les pays en voie de développement ».


Régulation des aides

L’Assemblée Générale de l’ONU réunit aujourd’hui 189 pays et essaye de les faire chanter à l’unisson. Or, tous ces pays n’ont pas la même voix. Il y a les voix grasses de l’opulence et les voix maigres de la misère, il y a les voix puissantes des pays bien armés et les cris de douleur des autres. Comment obtenir de cette docte assemblée qu’elle puisse seulement un jour générer un accord harmonieux ? On voit bien, dans toutes les réunions internationales qui ont lieu régulièrement, le désaccord complet entre pays riches et pauvres.

 

Ne nous voilons pas la face. Il y a des pays riches, susceptibles de distribuer de l’aide, et il y a des pays pauvres qui doivent en recevoir. Il est impossible d’exiger d’eux qu’ensemble ils puissent s’entendre pour régler quelque problème que ce soit. Leurs objectifs sont radicalement différents.

 

Consacrons cette division pour qu’elle devienne une force de l’ONU pour une plus saine gestion du monde. L’Assemblée Générale de l’ONU doit désigner en son sein quels sont les pays devant recevoir de l’aide au développement de la part des autres pays. Ces pays pauvres seront ainsi désignés comme devant être membres d’une association de Pays Bénéficiaires des Aides internationales. Appelons cette association PBA.

 

Les autres pays, ceux qui n’auront pas été désignés pour recevoir des aides de la communauté internationale, deviendront ipso-facto des pays donateurs. Ils devront financer les aides qui, par l’intermédiaire de l’ONU, seront remises à la PBA. (voir chapitre 3)

 

La PBA, sous le contrôle de l’ONU, partagera elle même les aides reçues entre les pays membres, jugeant elle-même des répartitions à effectuer et contrôlant elle-même la bonne utilisation de ces aides.

 

Le rôle premier de la PBA consiste à déterminer quels sont les types d’aide à dispenser, entre la livraison de denrées alimentaires, l’envoi de techniciens et enseignants, la remise de fonds financiers, etc. (voir chapitre 2). Puis la PBA met en œuvre les moyens de distribution des aides. C’est elle qui délègue tous les personnels nécessaires, qui réalise et finance directement les investissements à faire dans les pays assistés et qui assure le suivi et la maintenance de ses opérations.

 

La PBA agit en permanence sous le contrôle de l’ONU qui vérifie la régularité de toutes les opérations et la bonne utilisation des aides. L’Assemblée Générale de l’ONU, par l’intermédiaire de son Secrétariat Général, dispose de moyens de sanction lui permettant de faire pression sur les pays contrevenant aux règles de la PBA. La plus grave de ces sanctions pourra être l’exclusion de la PBA pour un pays qui aurait détourné les objectifs des aides internationales, ce pays ne recevant ensuite plus aucune aide.

 

La distribution d’aide par l’intermédiaire de la PBA interdit tout contact économique direct entre les pays donateurs et les pays recevant. Ainsi, l’aide aux pays en voie de développement cessera d’être une forme de colonisation, elle sera une aide réelle au seul bénéfice des pays recevant, les pays riches ne pouvant plus en tirer aucun avantage, direct ou indirect. Bien entendu, cela n’interdit nullement les contacts de collaboration politique entre pays riches et pays pauvres, mais ces contacts, beaucoup plus égalitaires,  ne seront plus ceux que peuvent avoir un mendiant et son mécène.

Nature des aides

Le rôle premier de la PBA consiste à déterminer les types d’aides pouvant être apportées aux pays en voie de développement qui sont ses adhérents. Elle s’assure ainsi que ces aides sont bien adaptées aux besoins réels des pays les recevant.

 

La PBA doit d’abord fixer les axes de développement, selon un plan en plusieurs étapes devant permettre ce développement. En bonne logique, on verra se former un plan en quatre points :

  1. Aides d’urgence pour pallier une situation de misère ou de catastrophe. Cela correspond aux aides actuellement apportées par les ONG. Bien entendu, les ONG, agissant en personnes privées dans des buts essentiellement humanitaires, restent les bienvenues. Mais leurs actions sont insuffisantes et doivent être complétées afin de faire disparaître toute situation d’urgence humanitaire.
  2. Stabilisation politique. Avec l’aide de l’ONU, la PBA s’assure de la permanence politique des pays qui sont ses adhérents. Le plan d’aide a besoin de cette stabilité pour pouvoir s’appliquer.
  3. Diffusion d’une instruction totalement laïque, essentiellement axée sur les côtés pratiques, devant permettre aux pays de disposer de cadres et techniciens qui soient à même de piloter des processus productifs complexes générateurs de forte valeur ajoutée.
  4. Assistance au décollage économique : aides diverses pour la création d’entreprises, assistance technique, commerciale, juridique, etc. Toutes aides nécessaires à la création et à la dynamisation d’un marché des biens et services, à l’intérieur des pays assistés et à l’extérieur.

 

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En ce qui concerne l’échelonnement dans le temps, les points 1 et 2 doivent être simultanés. Le point 3 ne peut démarrer qu’après. Enfin, le point 4 doit être mis en place aussitôt que les premières promotions issues des actions de formation et instruction deviennent opérationnelles.

 

L’élaboration d’un tel plan est fondamentale. C’est en se référant à ce plan général d’aide au développement que la PBA pourra déterminer de manière ponctuelle le type d’aide à fournir à chaque moment de son action.

 

Le plan général devra être aussi détaillé que possible. Il devra prévoir des indicateurs de mesure permettant de connaître instantanément la situation de chacun des pays membres de la PBA afin de le situer dans l’échelonnement temporel du plan.

 

Toutes les aides doivent être directement gérées et administrées par la PBA :

  • Les distributions alimentaires et humanitaires sont assurées par du personnel et avec des moyens de la PBA, ou des moyens mis à sa disposition et qu’elle utilise elle-même.
  • L’examen de la situation politique des pays assistés est fait en collaboration avec l’ONU. Peu importe le type de régime. Il faut seulement s’assurer que la situation présente un caractère de permanence suffisant pour permettre une action d’aide à long terme.
  • L’action de diffusion de l’instruction commence par la construction d’écoles et universités, suivie de l’envoi de maîtres et enseignants. Toutes ces opérations sont gérées et administrées par la PBA, sans intervention du gouvernement de l’état bénéficiaire. Tous les personnels sont rémunérés directement par la PBA. La PBA assure également la distribution des bourses aux élèves et étudiants.
  • Les opérations d’aide au décollage économique sont assurées par des économistes, techniciens, juristes, etc. appartenant à la PBA et rémunérés par elle. Les financements doivent être très précautionneusement suivis de manière à contourner tout dispositif de détournement qui pourrait exister ou se mettre en place.

 

La PBA, regroupant les pays pauvres eux-mêmes, ne pourra jamais être suspectée d’exercer une forme quelconque de colonisation des pays assistés. Bien entendu, l’ONU devra veiller à ce que les pays riches n’interviennent pas dans sa gestion comme dans ses décisions.

 

Il est évident qu’il y aura des désaccords entre les pays riches et la PBA. Les pays riches ne vont pas lâcher facilement les avantages que leur procure actuellement leur richesse. Mais justement, le maintien de ces avantages fait qu’actuellement ils ont tendance à stabiliser les pays pauvres dans leur état de pauvreté. C’est une situation intolérable dont il faut absolument sortir.

 

D’un autre côté, il est troublant de constater  le changement de regard des économistes des pays riches sur des pays comme l’Inde ou la Chine. Ces pays ont commencé leur émergence économique et vont bientôt constituer des marchés intéressants. C’est ainsi que la Chine a pu être accueillie au sein de l’OMC, l’Organisation Mondiale du Commerce, dont, probablement, l’Inde sera le prochain adhérent.

 

Si les actuels pays pauvres réussissent leur décollage économique, ils deviendront eux aussi des partenaires intéressants pour les économistes des pays riches, ils constitueront le nouveau marché mondial. La « mondialisation », vue sous cet angle, devient un élément bénéfique pour tout le monde. C’est ce qu’il faudra arriver à faire comprendre aux pays riches : ils vont avoir à financer le développement des pays pauvres. Ensuite, ils devront modifier leurs habitudes dans les relations économiques internationales. Notamment, les grandes entreprises multinationales devront abandonner une partie des pouvoirs qu’elles détiennent actuellement dans les pays pauvres.

 

Mais, à la finale, les pays riches tireront de substantiels avantages du développement des pays pauvres. De nouveaux marchés vont apparaître dont ils pourront tirer profit. Ils devront prévoir un nouveau type de positionnement dans les pays qui auront réussi leur décollage.

 

Gageons que si ce plan réussit, le principe de l’émigration des populations des pays pauvres vers les pays riches sera complètement modifié. Cette émigration est dramatique car elle pousse des populations à s’expatrier de leur pays d’origine et les contraint à abandonner leurs racines familiales et culturelles, pour aller dans des pays où les conditions d’accueil ne sont pas toujours les meilleures.

 

Le plan d’aide aux pays en voie de développement pourra être considéré comme réussi le jour où le sens des émigrations volontaires aura été inversé.


Financement de la PBA

Rappelons que la PBA est constituée de pays désignés par l’Assemblée générale de l’ONU comme devant recevoir l’aide diffusée par son intermédiaire.

 

Les autres pays, non désignés pour faire partie de la PBA (les pays riches), deviennent ipso-facto les pays cotisants de la PBA. Ils doivent admettre que désormais toute forme d’aide ou d’assistance aux pays en voie de développement doit passer par la PBA, sans faire l’objet d’aucune transaction préférentielle envers l’un ou l’autre des pays membres de cette association.

 

L’ONU devra se charger, dans un premier temps, de recueillir les fonds qui, actuellement, sont distribués par des transactions préférentielles, et de mettre ces fonds à la disposition de la PBA. Ces cotisations volontaires des pays riches, l’histoire le montre, sont absolument insuffisantes pour assurer le financement d’un plan d’aide au décollage économique généralisé. L’ONU aura alors la charge, en fonction des besoins exprimés par la PBA, de fixer des cotisations obligatoires, applicables à tous les pays non membres de la PBA, et dont elle fixera elle-même les montants.

 

Certains des pays riches, actuellement, distribuent de l’aide aux pays en voie de développement. D’autres pays, tout aussi riches, ne distribuent rien ou très peu. Le principe des cotisations obligatoires fixées par l’ONU doit permettre d’égaliser de manière plus satisfaisante l’importance des aides accordées par chacun de ces pays. Le principe de la fixation du montant de ces cotisations obligatoires pour chaque pays reste à déterminer. Il pourrait être par exemple fonction de la répartition du produit national brut par habitant. Aux pays riches de se débrouiller entre eux pour fixer les règles. Mais il faut que la PBA puisse disposer des sommes nécessaires à l’accomplissement de son plan d’aide.

 

Il appartient à l’ONU de déterminer les moyens de contrainte dont elle pourra disposer pour obliger les pays non membres de la PBA à verser les cotisations dont elle a fixé le montant. Sans doute sera-t-il possible de graduer ces moyens de contrainte, commençant par des sanctions purement politiques pour arriver à des sanctions plus graves, économiques, voire même militaires. Tout reste à inventer dans ce domaine.


Conclusion

Sans doute les lecteurs de cet article l’auront-ils deviné : je ne suis pas un spécialiste de la question du développement économique. Je me suis seulement efforcé de réfléchir à ce problème avec le maximum de bon sens, utilisant mes seules connaissances, sans effectuer de recherches compliquées pour étayer mon discours de citations savantes.

 

Je ne recherche pas de caution intellectuelle, c’est ma seule pensée que j’ai exprimée. Si des personnalités célèbres expriment les mêmes idées que moi, tant mieux, et tant pis si elles pensent le contraire.

 

Je suis parfaitement conscient de toutes les difficultés qu’il y aura à surmonter pour la mise en place d’un plan d’aide généralisé aux pays en voie de développement. Je sais très bien que :

  • Les pays riches verront d’un très mauvais oeil l’abandon des prérogatives que leur donnent leur richesse et leur puissance face aux pays pauvres
  • Certains pays pauvres, bénéficiant actuellement d’un système d’aide préférentielle de la part d’un pays riche, devront dans un premier temps admettre de perdre les avantages qu’ils tirent de ces aides et s’aligner sur le seul niveau de l’aide généralisée.

 

Je crois sincèrement que ce plan d’aide aux pays en voie de développement est nécessaire. Nombre de problèmes actuellement posés trouveront leur solution, ou au moins une partie de leur solution, dans sa mise en place. Je pense particulièrement à :

  • Bien entendu le problème de la faim dans le monde,
  • La mondialisation, dans sa définition actuelle,
  • L’immigration qui, dans un premier temps, devrait se ralentir pour s’inverser ensuite,
  • Ralentir les conflits, trop nombreux et violents partout dans le monde : quand on possède quelque chose, on pense moins à accaparer le bien ou les ressources des autres,
  • Mettre fin à une idéologie terroriste, souvent guidée par l’envie et la jalousie
  • Etc.

 

Je suis un homme seul

Tout cet article n’est que l’aboutissement d’une réflexion personnelle, il n’y a pas de groupement autour de moi dont j’exprimerais ici l’idéologie. Je ne fais partie d’aucun parti politique ni d’aucune secte et n’ai pas de conviction particulière sur aucun point. J’essaye du moins de ne pas avoir de jugement a priori.

 

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Si, en revanche, certains des lecteurs veulent soutenir ce projet, je n’ai rien contre la mise en place d’un comité de soutien, bien au contraire. L’idée me semble belle et il serait sans doute dommage de ne pas la faire connaître. Je suis prêt à accomplir toutes les actions nécessaires pour cela, mais j’aurai besoin d’aide. Ou même, je suis prêt à aider ceux qui voudront s’en charger : je ne cherche pas particulièrement à me mettre en avant, je ne vise pas le Prix Nobel de la Paix.

 

Si vous souhaitez que soit créé ce comité de soutien, écrivez :

paixmondiale@ifrance.com

 

 

 

 

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[1] Cet article provient du site partenaire http://www.paixmondiale.org

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