Réponse à un ami

 

Steve,

 

Paix !

 

Merci pour ton amitié et ton amour. Je respecte ta franchise, et je t’aime moi aussi. Bien que je sois prêt à écouter tes opinions, et même reconnaissant de pouvoir les connaître, je crains que nous ne devions être en désaccord à propos de « Honnête envers Dieu ».

 

Puisque plusieurs frères m’ont demandé de ré-évaluer ma lettre et peut-être me rétracter ou exprimer des excuses sous une forme ou une autre, et à cause des lettres récemment publiées par les églises de Los Angeles, Portland et Seattle qui mentionnaient mon nom de façon très agréable, j’ai décidé de donner ma propre perspective sur tout cela.

 

Selon deux de ces lettres, je serais responsable de la majeure partie, sinon de tous les problèmes auxquels ICOC est confrontée aujourd’hui. Je veux offrir quelques modestes éléments pour ma défense. Je me soucie assez peu d’être humilié publiquement. C’est une dépense que j’ai calculée avant d’écrire « Honnête envers Dieu » (et sans doute la seule chose que Kip et moi avons en commun à ce jour). Je n’apprécie cependant pas de servir de bouc émissaire pour le chaos actuel qui résulte plutôt des 25 dernières années, et je déteste servir d’instrument pour d’une certaine façon soutenir et justifier les plans de ces hommes, avec leurs audacieuses visions pour l’avenir.

Henry a causé la perte de Londres ! C’est Henry qui a provoqué tout ce chaos et a rendus la plupart d’entre vous amers ! Qu’est-ce donc que cela, sinon des accusations désespérées ? Voire absurdes ?

 

Je crois que ICOC a été éprouvé par le feu du jugement de Dieu, et que son fondement a été révélé tel qu’il était : du bois et de la paille. Point final. ICOC n’était pas bâti sur la seule parole du Christ, comme nous nous en sommes vantés tout du long, sans quoi il ne serait pas aujourd’hui dans un aussi triste état. Christ lui-même a fait la promesse que c’est ce qui allait se passer, mais nous avons refusé d’écouter (Matthieu 7). ICOC a été bâti, non sur le pur fondement du seul Christ, mais sur une version extrêmement déformée de la personne et de l’œuvre du Christ, et sur une compréhension très incomplète de la grâce et de la vérité du Christ. En clair : un autre Jésus, un autre évangile (ndt : Gal 1 :6-9). Un Jésus version Kip. En suivant la direction donnée par Kip au sein de ICOC, nous avons suivi « l’autre » Jésus, qu’il suivait lui-même…et continue de suivre jusqu’à ce jour.

 

Du fait de cette « anomalie » tragique, la majeure partie de nos dirigeants ont été pesés dans la balance et ont été trouvés légers (ndt : voir Daniel 5 :27 ; référence implicite à l’épisode dans lequel Belchatsar, fils de Neboukadnetar, voit son royaume lui être retiré pour avoir reproduit le comportement arrogant de son père). Los Angeles et Portland peuvent rejeter la faute sur moi si ils veulent, ça montre seulement une chose : pour ce qui est de retrouver leur chemin vers le Christ biblique, ils n’ont pas progressé d’un pouce en deux ans de temps. C’est vraiment triste, voire embarrassant. Et d’après les éléments que je peux rassembler, il y en a, parmi ceux (nombreux) qui observent la situation et y réfléchissent, qui aboutissent à une conclusion similaire.

 

Même si nombreux sont les saints qui partageaient un amour sincère les uns pour les autres, il devrait être évident maintenant que notre unité en tant que mouvement ne reposait pas sur l’Esprit, qu’elle n’était pas issue de l’Esprit. Elle était depuis le début une unité artificielle, basée sur le conformisme aux idéaux des hommes, aux traditions des hommes, et au langage sectaire des hommes. Plus spécifiquement d’un homme en particulier. C’était ce qui faisait notre fragilité depuis le début, on pourrait dire notre Talon d’Achille. Dietrich Bonhoeffer donne un avertissement sobre sur ce phénomène, et Lee Harrington fournit une assez bonne analogie

 

Bonhoeffer : « Dieu hait le rêve du visionnaire ; cela rend celui qui rêve fier et prétentieux. L’homme qui façonne un idéal visionnaire de la communauté exige que cet idéal soit atteint par Dieu, par les autres et par lui-même. Il arrive dans la communauté des Chrétiens avec ses exigences, fabrique ses propres lois, et en fait le standard de son jugement sur les autres et même sur Dieu. Il se tient inflexible, un reproche vivant pour tous les autres dans le cercle des frères. Il se comporte comme s’il était le créateur de la communauté Chrétienne, comme si son rêve était le lien entre les hommes ».

 

Ma paraphrase de Lee Harrington : « Kip était comme Mère Russie, maintenant ensemble tous les morceaux de notre mouvement bien aimé, en tant que dirigeant/dictateur. L’unité et la paix étaient pour obtenues sous la contrainte la plupart du temps, une apparente conformité à la volonté d’un dirigeant suprême. Quand Kip a été mis hors jeu, le mouvement ICOC s’est balkanisé. Et le même processus s’est répété encore et encore au sein des églises individuelles. »

 

Les retombées les plus radicales et les plus « visibles » se sont il est vrai produites après ma lettre, mais elles étaient, en fait, basées sur une réaction honnête aux Ecritures dont on avait tordu le sens, à la soumission exagérée, à une direction autoritaire et dure enfin avouée, et à la cupidité et l’hypocrisie révélées chez nos dirigeants les plus élevés. Rien n’était nouveau dans ma lettre -elle a eu un retentissement aussi puissant parce que j’ai simplement mis des mots sur ce qui était dans le cœur et l’esprit d’un grand nombre de chrétiens, peut-être la majorité (ces chrétiens se trouvant partout dans le monde, pourrais-je ajouter). Leurs croyances inexprimées et leurs sentiments écrasés étaient couchés sur papier, pour que les dirigeants eux-mêmes puissent les lire. Ca a suscité de l’espoir et du courage. Une lettre par un dirigeant et pour les dirigeants ! Et une lettre ouverte en plus. (diffusée par mon ami Matthew Wolpert, 2 semaines plus tôt que je l’avais prévu, et après une discussion assez vive).

ndt : pour clarifier un point parfois ambigü sur la diffusion à grande échelle de la lettre de Henry Kriete : il a toujours eu l’intention de rendre sa lettre aux dirigeants accessible à l’ensemble des membres (d’où son utilisation du terme « lettre ouverte » dans l’introdcution du texte d’origine). Il souhaitait simplement donner un peu de temps aux dirigeants pour en prendre connaissance avant qu’ils soient bombardés de questions et réactions de la part des membres ayant lu la lettre. La lettre a finalement été envoyée par son ami Matthew sans tenir compte de ce délai, d’où la « vive discussion » mentionnée ci-dessus.

 

Une lettre d’un frère intermédiaire dans la hiérarchie des dirigeants ne provoque pas à elle seule ce genre de turbulences. Je ne sais pas pourquoi la majorité des dirigeants actuels dans ce qu’il reste de ICOC n’arrivent toujours pas à admettre ça. Dieu a ébranlé, Dieu a brûlé, Dieu a humilié. Pour ce que j’en vois (dans un scénario digne de « La ferme des animaux », ou devrais-je dire « Le royaume des animaux » ?), Dieu est intervenu pour sauver son troupeau de Napoléon, ses chiens d’attaque, ses mercenaires, ses escrocs et ses brutes. (ndt : La ferme des animaux est un roman de George Orwell dans lequel l’auteur de ‘1984’ décrit comment la rebellion des animaux d’une ferme, emmenée par un cochon nommé Napoléon, aboutit à un système dictatorial et manipulateur…)

Point important : une opération d’une telle envergure pour sauver de la gueule d’un mouvement tout entier ternira inévitablement l’ensemble des bergers, y compris ceux à la réputation soigneusement établie. Y compris les bergers bons et compatissants, malheureusement. Et je suis profondément désolé pour cela. Mais nous avons tous appris par cœur Hébreux 4:12-13 dans les Principes Fondamentaux, ça ne devrait donc pas nous surprendre. L’épée de Dieu est douloureuse et sanglante quand elle tranche le péché. Alors quand il s’agit des péchés de tout un mouvement…

 

Mais les bons bergers ne devraient pas eux-mêmes être en colère ou amers, parce que le troupeau a été secouru et, après tout, c’est au final ce que veut vraiment un bon berger ! Ils loueront Dieu pour son intervention, aussi douloureuse qu’elle ait pu être. Les bons fruits de leurs propres vies d’une part, les épines et les chardons des faux bergers d’autre part (ndt : voir Hébreux 6:7-8), tout cela sera révélé bien assez tôt (et deviendra évident pour tous). Puisque je suis sur ce sujet, permets moi juste de dire qu’il s’agit là du problème inhérent à tout groupe de dirigeants se présente fièrement comme ‘choisi’, qu’il s’agisse d’une organisation religieuse ou du monde des affaires : tout le monde est au final mis dans le même sac, que ça plaise ou non. Voir ce qui s’est passé avec Enron (ndt : une société d’audit qui, après révélation de moult infractions, s’est retrouvée impliquée dans la plus grande faillite de l’histoire économique des Etats Unis). Voir en Matthieu 23. Et c’est pourquoi le principe biblique d’autonomie locale permettra d’empêcher que ce genre de choses arrivent. Voir en Apocalypse 2 & 3.

 

Tu seras peut-être sincèrement surpris de l’entendre, mais, à ce jour, je ne peux pas citer de dirigeant du ministère à plein temps qui m’ait demandé pourquoi j’avais écrit ma lettre « Honnête envers Dieu ». Pas même un. Même pas BF, un bon ami (ndt : sans doute Brian Felusko, dirigeant au sein de l’Eglise du Christ de Vancouver que Henry a fréquenté pendant quelque temps après son retour au Canada), et voilà plus de deux ans que je suis à Vancouver. Des suppositions, des « j’imagine que », des accusations, des spéculations, mais jamais de « Henry, pourquoi as-tu ressenti que c’était nécessaire à ce moment précis ? » ou de « Qu’est-ce qui t’a poussé à le faire ? » ou de « Qu’avais-tu en tête en l’écrivant et en l’envoyant ? ». Pas une seule personne ne m’a posé ce genre de questions.

 

Ca n’a jamais été mon intention de mettre le feu à la maison pour la réduire en cendres. L’idée des forums n’était pas mon invention, et l’amertume n’a jamais été ce que je préconisais- mais il est vrai que ces choses là sont apparues. J’ai assurément conseillé le recours aux forums, mais seulement des forums pacifiques et respectueux. Quiconcque prend la peine de lire sincèrement ma lettre jusqu’au bout fera ce constat évident, au lieu de m’accuser faussement d’avoir appelé à la violence et à l’amertume généralisée. Voir les 4 dernières pages de « Honnête envers Dieu », chapitre ‘Et maintenant ?’.

 

J’espérais que ma lettre amènerait à une sérieuse remise en question, jusqu’à la repentance, puis la guérison. Et je m’attendais certainement en général à voir la miséricorde et le pardon se manifester. La réalité, quoiqu’il soit, était que le ressenti était en général bien plus profond, et le ressentiment accumulé bien plus fort que moi ou sans doute qui que ce soit aurait pu imaginer, en dehors des victimes des différents abus et blessures.

 

L’intensité des sentiments révélés a été un choc pour moi aussi. Mais n’était-ce pas là une validation à posteriori des différents points de ma lettre, et un chef d’inculpation de plus à notre encontre – nous les dirigeants du mouvement ICOC et nos péchés en tant que dirigeants ? N’était-ce pas un coup porté à nos prétentions et aux hautes murailles de nos relations dictées et docilement suivies ? N’était-ce pas les premières inondations produites par la rupture des digues de nos mécanismes de contrôle ? Toute cette colère refoulée, cette frustration, ce manque de confiance, comment tout cela a-t-il pu se manifester tout d’un coup ? Créé par ma lettre ou déjà présent avant ? Je crois que DJ a présenté les choses de la façon suivante  : « Henry a siffloté en se promenant dans les Alpes, et l’avalanche s’est déclenchée. ». J’aime assez ça. La neige était déjà là, attendant la première occasion pour s’abattre. C’était sous la surface, et c’était inévitable. Nous étions tellement déconnectés de la réalité !

 

Il est vrai, malheureusement, que les forums ont parfois été le terrain d’abus, voire même de détournements par quelques faux frères ou par des âmes profondément rongées par l’amertume. Mais pour la majorité, ces forums ont été le théatre d’un tollé qui résultait simplement de la douleur, de la déception et du désir sincère d’avoir des réponses. Certains chrétiens avaient sur le cœur des douleurs en grand nombre, et ils pouvaient enfin parler sans peur des répercussions : gare à nous !

 

Mais bon, était-ce vraiment si surprenant que cela ? Pour la majorité d’entre eux, nos Chrétiens étaient suffisamment intelligents pour savoir ce qui se passait, pourquoi ça se passait, et avec qui ça se passait. Je continue de penser qu’un cœur totalement brisé, sur le sac et la cendre, aurait été à l’époque une réponse plus appropriée que pointer du doigt quelqu’un d’autre (moi y compris), et ça l’est toujours aujourd’hui.

 

Selon ce que j’en comprends, de nombreux forums ont été très productifs. Déconcertants, peut-être, mais au bout du compte productifs. De l’hostilité semble s’être développée, mais seulement lorsque les dirigeants manifestaient de la suffisance ou un refus obstiné de se repentir.

Ou quand à l’évidence ces dirigeants, au lieu des réponses claires et de la repentance attendue, tenaient un double-langage et cherchaient à gagner du temps. C’est ça qui s’est passé à Londres.

 

En général, les manifestations d’un cœur réellement brisé, quand cela était approprié, ont permis d’évacuer la pression (en tout cas de l’évacuer plus vite que si ce cœur n’avait pas été présent). Le manque d’empressement et le double langage a causé notre perte. Je crois néanmoins également que ce n’est pas notre appel à un engagement radical, nos doctrines ou mêmes nos abus d’autorité qui ont provoqué le plus grand tollé.

Mais bien plutôt de constater, chez ceux qui étaient si prompts à exiger des sacrifices de nos membres, les double-standards et l’hypocrisie fraîchement dévoilée. Je crois que même Kip voit ça aujourd’hui.

 

Quelqu’un m’a vivement encouragé à relire ma lettre, je l’ai donc fait, cette semaine- pour la première fois en deux ans. Je suis toujours d’accord avec ce que j’ai écrit alors. Je suis désolé, mais c’est la réalité. La seule différence est que maintenant, mes convictions sont devenues plus fortes du fait du temps écoulé d’une part, et des nouvelles révélations survenues après la publication de ma lettre d’autre part (ndt : impossible de résumer ici l’ensemble des éléments à charge venus appuyer l’argumentaire de « Honnête envers Dieu » depuis sa publication, mais ils sont nombreux. Depuis l’affaire Marty Wooten, jusqu’aux différentes lettres de confession publiées par d’anciens dirigeants d’Amérique du Sud par exemple). C’est vrai, j’ai défendu le fait de ‘frapper en retour’ (ndt : voir Honnête envers Dieu, chap. ‘3. Notre scandaleuse arrogance’) et de ‘renverser les temples’ (ndt : voir Honnête envers Dieu, avant dernier paragraphe du chap. ‘Tout ou rien’) –que je pensais être des métaphores particulièrent parlantes-, mais c’était seulement si aucun changement ni aucune repentance ne se produisaient. Ces expressions constituaient un appel à une action sérieuse et immédiate. C’est tout. Assez de remises à plus tard, assez d’excuses, assez de manœuvres pour gagner du temps.

 

L’équation est simple : si je suis « sous le joug » des doctrines et des manigances des hommes, si ma liberté en Christ est menacée par des règles qui me rendent plus misérable plutôt que plus fort, et si les hommes qui en sont à l’origine ne veulent pas enlever leur joug de mon cou, ou pire –ne me laisseront même pas fuir leur esclavage sans me jeter une malédiction dans la figure- qu’est-ce que je suis supposé faire ? Lis de nouveau avec attention toutes ces déclarations oh combien arrrogantes, faites par des évangélistes, anciens et rédacteurs du plus haut niveau de notre hiérarchie, notamment par Kip, Al Baird et Roger Lamb. Des paroles sacrément gonflées, si tu veux mon avis. « Nous sommes le véritable mouvement de Dieu » . « Nous sommes la seule véritable église de Dieu dans cette génération ». « Nous appelons tout le monde à rejoindre le mouvement moderne de Dieu ». « Dieu a élevé Kip dans cette génération – un homme pour un mouvement ». « Notre fondateur, Kip McKean » (mon Dieu, qui est-ce qui a glissé celle-là sans qu’il y ait eu débat ? Le désir de laisser une trace dans l’histoire a endommagé tellement de cœurs.). « Ne vous y trompez pas, il n’y a personne d’autre comme nous, nous sommes la seule véritable église ».

 

Et ce raisonnement tordu, à quelle conclusion logique mène-t-il ? Quitter le mouvement signifiait quitter Dieu ! Comment aurait-il pu en être autrement, après l’avoir fabriqué si habilement, et préché avec autant de passion ? Encore aujourd’hui, des dizaines de milliers de nos membres continuent de penser que quitter ICOC = quitter Dieu. Ou bien croient que c’est probablement le cas. Et maintenant, dans la lignée de ce type d’arrogance, on nous pond un appel à ce qu’il reste de vrais disciples au sein même de ICOC (ndt : référence à une lettre rédigée courant 2005 par Kip McKean ; la notion de « reste », très présente dans l’ancien testament, a été utilisée depuis le départ par les dirigeants du mouvement ICOC d’une part pour justifier leur petit nombre de membres comparativement à l’ensemble des croyants, d’autre part pour appeler les membres d’autres communautés, notamment les Eglises du Christ traditionnelles, à les rejoindre). Quel scandale honteux. Voilà, mon ami, la vraie raison pour les dégâts humains.

 

S’agissant de cette croyance et de cet enseignement très largement (mais pas complètement) acceptés, impossible de chicaner. Je trouve ça complètement risible que nos plus hauts dirigeants essayent de nier ou soient fuyants sur le sujet. Pour l’amour du ciel, mais humiliez-vous donc ! Tout récemment d’ailleurs, j’ai entendu Kip répandre ses graines une fois encore : « Soulignez bien ce que je vous dis, nous étions/sommes le mouvement moderne de Dieu ». OK, Kip, je souligne.

 

Ce qui esquive la question : Quelle place reste-t-il quand on est oppressé par ceux que Dieu lui même a choisis ? Quelle place pour la remise en cause et où fuir ? Internet fourmille de pages rassemblant ce genre de citations, mais elles n’ont jamais été clairement contestées ou dénoncées publiquement par des dirigeants actuels, y compris ceux de ton accabit.

 

Prends le temps de réfléchir avant que toi (ou qui ce ce soit d’autre) ne me jette la pierre à cause de ma lettre. Ne crois-tu pas, lettre ou pas lettre, que ces affirmations à elles seules auraient pu pousser Dieu à agir vigoureusement ? D’une façon ou d’une autre ? Et même, « violemment », pour reprendre tes termes ? Souviens-toi : combien de centaines de milliers de membres avons-nous perdu avant ma lettre ? Avant 2003, Londres avait perdu à elle seule plus de huit mille membres, avec entre autres l’épisode des cinq cent émondés en une seule fois (une pratique d’ailleurs devenue banale, tant nous l’avons appliquée dans quasiment toutes nos églises sous une forme ou sous une autre). Comment peux-tu continuer à dire que c’est ma lettre qui a fait des dégâts inouïs ? Ne vois-tu pas ce qui a provoqué les vrais dégâts ou les souffrances à grande échelle ?

 

Imagine si quelqu’un avait dit voilà deux ans : « Vous me faites mal. J’ai mal ici. Je dois quitter ICOC. Je dois transférer ma soumission à une autre église qui rime avec Akich » (ndt : voir 1 Samuel 27 :1-4). On n’imagine même pas que ça aurait pu se produire ! Mais à présent, Kip se met à tordre même le sens de ces mots pour justifier de nouveau ses plans élististes et imprégnés de division. Même histoire, autre Ecriture. C’est vraiment comme une gangrène, pour reprendre les termes de l’apôtre.

 

Alors, est-ce que le tollé autour de ma lettre venait de Dieu ou du Diable ? Demande au Roi David- tu connais les 2 passages aussi bien que moi (et à propos de cet incident, 70 000 innocents ont été massacrés à cause du péché d’arrogance d’un seul Roi ; ndt : 2 Samuel 24 et 1 Chroniques 21). Je continue de croire que les dirigeants de ICOC – moi y compris- devront, le moment venu, rendre compte à Dieu pour ce que le troupeau a subi au cours de ces 30 dernières années. On n’en a pas encore terminé, loin de là !

 

Je te le demande humblement, comment peux-tu (où comment puis-je, puisque ça me concerne aussi) être si sûr que Dieu ne voulait pas que j’écrive et que je diffuse ma lettre exactement comme ça s’est passé ? Sur quelles bases, franchement ? Moi aussi, je suis stupéfait de ce qui s’est passé. C’est presque comme un rêve, comme une expérience mystique. Jamais je n’aurais pu me douter que la lettre aurait un impact aussi phénoménal – ‘bon’ ou ‘mauvais’. Personne n’est plus abasourdi que moi par ce qui s’est passé. Ou plus humilié.

 

Comment est-ce que toi et d’autres peuvent être si certains que Dieu a juste ‘permis’ ma lettre plutôt qu’il n’ait, dans sa propre colère et son propre jugement, voulu que ma lettre soit écrite et diffusée exactement comme elle l’a été (envoyée à la va-vite par la main de Matthieu, de façon presque banale) ? Les dirigeants de ICOC ont clairement été dans l’erreur dans le passé quand à leurs interprétations des voies de Dieu ! Je dis ça en prenant des précautions et après avoir mûrement réfléchi : peut-être, je dis bien peut-être, que Dieu confond tous ceux qui refusent de se repentir jusqu’à ce jour, pour finalement faire un exemple avec tous ces hommes qui prétendent parler de la part de Dieu, ou même qui parlent comme s’ils étaient Dieu. Je ne pense pas non plus être à l’abri de ce jugement, mais je prie pour qu’il me fasse grâce. Pourquoi sont-ils si nombreux à continuer de proclamer que l’Esprit les bénit ou les guide ? Je me le demande.

 

Pourquoi est-ce que quand c’est moi qui utilise des mots forts, quand c’est moi qui reprend vigoureusement ou qui supplie avec insistance, je suis forcément un instrument dans les mains du Diable, et pas un outil utilisé par la main de Dieu ? Ou pourquoi est-ce que cela est simplement perçu comme quelque chose de « regrettable », pour reprendre les termes de la lettre de Seattle ? Quand quelque chose comme cela se passe, comment le moindre d’entre nous peut-il savoir quelles sont les intentions réelles de Dieu ? L’a-t-il permis ? L’a-t-il provoqué ? Je n’en sais rien. Mais toi non plus. Et ça devrait tous nous rendre très, très humbles face à Lui. Je suis effrayé quand j’entends des gens dire que j’ai écrit ma lettre poussé par l’amertume et pas par mon amour pour Christ et l’église. J’ai versé ma vie pour notre communauté. Moi aussi, j’ai fait des sacrifices, moi aussi, j’ai combattu, moi aussi j’avais des amitiés merveilleuses – et personne ne peut me retirer ça ! Dieu lui même jugera ce qui a causé le plus de dégâts –nos péchés ou ma lettre qui les a exposés.

 

Beaucoup ont dit, « Mais il y a eu tant de dirigeants et de gens qui ont été blessés ! Volontairement ou non, le ton de cette lettre a incité à une réaction violente ». Premièrement, ça n’était pas volontaire. Ensuite, on ne peut pas vraiment appeler ce qui s’est passé une « réaction violente », ni même surprenante. En fait, ce qui s’est passé a été à mes yeux relativement normal au vu de notre histoire et de notre culture religieuse. Comment était-il possible d’arracher le péché d’un groupe de dirigeants aussi large sans que ça fasse mal à personne – dirigeants ou membres ? Quand Christ a dénoncé les Pharisiens, quand il a mis leur système religieux sur le gril et renversé les tables de la Mafia du Temple, ça a sans aucun doute perturbé et embarassé jusqu’au dernier des Pharisiens ou des Saducéens (c’est une dépense qu’il faut calculer quand on devient membre d’un groupe religieux sectaire). Quand Paul a traité les Judaïsants de faux circoncis (ndt : Philippiens 3 :2), il n’a certainement pas été gentil, mais il avait raison. Il faut parfois parler avec cette audace là, avec cette insistance là, pour capter l’attention de quelqu’un et faire passer son idée ! Comment tu crois qu’ils se sont sentis après ça au sein de la communauté ?

Mais Jésus, tes déclarations mettent tout le monde dans le même panier, tes généralisations sont tellement injustes !

Mais Jésus, maintenant on est la risée de tous !

Mais Jésus, ce sera impossible de restaurer la confiance que tu as brisée !

Mais Jésus, quand tu dis ces choses, tu nous insultes nous aussi.

Qu’il en soit ainsi ! Selon qu’il est écrit : « Laissez-les, ce sont des guides aveugles».

 

Les dirigeants de ICOC et l’institution elle-même subissent simplement ce que la majorité des membres ordinaires ont subit pendant des années. Excepté (et c’est une énorme différence) que l’on n’a jamais permis au saint (ndt : le chrétien) moyen de se plaindre aussi bruyamment, aussi ouvertement et avec autant de pleurnicheries que nous l’avons fait nous ! JM à l’air de passer tellement à côté des désirs ardents exprimés par le troupeau. En conséquence, au moins à mes yeux, il ressemble plus à un mercenaire (ndt : le terme anglais renvoie directement à Jean 10:12-13) qu’à un berger. Pourquoi est-ce qu’il continue d’y avoir autant de plaintes sur la gêne occasionée pour les dirigeants et les anciens - et toujours pas plus de gémissements sur le sort du troupeau, plus d’initiatives prises pour le secourir ?

 

Jésus s’est attaqué à ce groupe de « frères dirigeants » isolé et déconnecté de la réalité, connu sous le nom de Pharisiens, et il l’a fait pour une bonne raison : Quand vous faites un converti, « il devient un fils de la géhenne deux fois pire que vous ! ». Qui ? Nous ? Une race de vipères ? Dérobant les veuves ? Fermant la porte du Royaume au nez des hommes ? Cupides ? Des sépulcres blanchis ? T’es complètement fou ! « Pharisien aveugle » a été dit pour une raison. Même après la résurrection, ils ne voyaient pas ! Même après ça, ils continuaient leurs manœuvres politiciennes, versant des pots de vin aux soldats romains. Même après ça, l’arrogance et les discussions secrètes se poursuivaient. Comme je l’ai déjà dit auparavant, « Voilà à quel point un système religieux peut être puissant. Il ira jusquà ignorer la voix de la conscience, la voix de la raison et même la voix de Dieu. »

Pourquoi une attaque aussi vigoureuse contre les Pharisiens était-elle nécessaire ? Israël (ou le monde religieux dans son ensemble) avait-il déjà vu une attaque aussi nourrie et aussi provocante envers les dirigeants du peuple de Dieu ? Je suis convaincu que cela était à notre attention – un avertissement pour les dirigeants religieux dans chaque génération.

 

Dans ma lettre, je ne parlais que de choses qui se passaient sous nos propres yeux. Rien n’était inventé. Tout ce que je décrivais était connu de nous tous ou presque, même de ceux qui n’étaient là que depuis quelques années. Si tu fais l’effort de relire « Révolution par la Restauration » 1 ou 2 (ces ‘documents historiques’ tellement encensés), tu seras embarassé de voir avec quelle facilité, avec quelle lacheté, et de quelle façon honteuse nous nous nous sommes mis au pas. Si tu prends la peine de survoler de nouveau le numéro spécial 20ème anniversaire de LA Story (ndt : la lettre d’information périodique de l’Eglise du Christ de Los Angeles), tu te rendras sans doute compte, tout comme moi, que nous étions une secte, pure et simple. Je n’ai plus aucun doute là dessus.

 

Je crois que mon point de discorde principal est celui-ci : est-ce que des changements radicaux et salvateurs auraient pu se produire autrement que par une franche exposition des faits, en long, en large, et en travers ? Particulièrement alors que la culture dans laquelle nous baignions jusqu’aux genoux s’appuyait sur la répression religieuse ? Je crois fermement que la réponse est ‘Non’ et tu crois fermement que ‘Oui’. Nous sommes en désaccord sur ce point et je crois que nous le serons toujours.

 

On ne peut pas se débarasser du joug de ce genre d’esclavage sans une révolution. On ne peut pas avois une révolution sans conséquences. Et on ne peut pas avoir de conséquences sans douleur. La révolte qui a eu lieu était un soulèvement paysan contre tous ces Généraux de Secteur du Monde et leurs ministres qui étaient déterminés à verser jusqu’à la dernière goutte du sang…des autres (la comparaison, forte mais pas injuste, est de John Engler).

 

Combien d’articles as-tu écrit pour changer les choses ? Et Doug ? Et tous les autres qui se sont exprimés sur le même sujet ? Combien de conversations, de plaidoyers, de discussions et d’exclusions allaient être encore nécessaires avant que ça change ? Et malgré ces efforts bien plus prudents et ‘gentils’ (ndt : que ma lettre), le changement ne se produisait pas de façon suffisamment rapide ou suffisamment radicale. Ou, pour dire ça avec des mots que tu apprécieras sans doute davantage, il y avait du changement, mais du même ordre que celui que tout le monde s’attendait à constater au bout d’un moment chez Kip. Mais regarde ! Sa poigne ne s’est pas relâchée, elle s’est affermie. Sa lettre d’excuses « sans excuses » sonne exactement comme toutes celles qu’il a faites avant, sans qu’aucun changement n’ait suivi. Son manque de crainte et de respect pour les avertissements émis par les anciens de Boston et Seattle- son manque total de considération- sont proprement ahurissants ! Et maintenant, il s’incruste même dans le procesus de réflexion de Los Angeles ! (ce qui va achever de le mettre par terre).

 

Bien sûr, je me lamente moi aussi pour toutes les souffrances et les traumatismes (ndt : causés par notre direction). Et j’ai moi aussi souffert et fait souffrir. J’accepte ça. Là où j’ai été responsable, là où je me suis rendu coupable, là où j’ai été lâche – je suis désolé. Mais, aujourd’hui, par la grace de Dieu, je suis libéré, je fais (ndt : ce qu’il faut pour) réparer, et je crois que je suis pardonné. Mais je ne renierai en rien ma lettre, pas plus que je n’en modifierai la forme. Ce sont ma conscience et les événements qui se déroulaient à Londres qui m’ont initialement poussé à écrire cette lettre. La pression que je ressentai était tout simplement trop forte (et, si je peux me permettre de le rappeler une fois pour toutes à tout le monde, l’Eglise de Londres était déjà dans la tourmente et faisait face à une crise impliquant les dirigeants avant que ma lettre ne soit envoyée à qui que ce soit. Merci de bien noter ça).

 

Tous ceux qui ont quitté ICOC n’ont pas quitté Dieu. En fait, pour beaucoup, le seul espoir de conserver leur salut était de partir. D’autres ressentent tellement l’échec de leur quête spirituelle, sont tellement partagés, ne savent tellement plus où s’arrête l’homme et où commence Dieu, que nous pouvons seulement prier pour leur guérison et pour la pitié de Dieu envers toi et moi. Et, malheureusement, oui, beaucoup ont bel et bien renoncé à Dieu. Encore une fois, prions que ce ne soit pas du fait des hommes ! Dieu ait pitié de nous tous qui avons dirigé dans ICOC. Nous ne pouvons pas nier qu’il y a eu de bonnes choses, mais nous ne pouvons sûrement pas nier qu’il y a eu des choses mauvaises. Il aurait été préférable de ne jamais avoir vu le jour…(ndt : Luc 17:1-2). Ceux qui enseignent seront jugés plus sévérement…Vous avez fermé aux hommes les portes du Royaume des cieux…

 

Steve, laisse moi être douloureusement honnête. J’en suis arrivé à croire que ICOC était une secte ou, si tu préfères : un groupuscule chrétien autoritaire de type secte. Ou pour le cas où tu préfèrerais la version la plus soft de toutes : avec le temps nous avons évolué vers 3 genres de groupes différents, dans des états différents, à des degrés différents selon les lieux : certains ressemblant plus à une Eglise que d’autres , certains ressemblant plus à un groupuscule religieux que d’autres, certains ressemblant plus à une secte que d’autres. Mais pour moi, nous étions une secte. Dieu sait que j’ai essayé de ne pas en arriver à cette conclusion, mais je ne vois aucun autre moyen de nous décrire. Et je crois que j’ai de quoi le prouver mille et une fois (souviens-toi : j’ai le témoignage de presque 10 000 emails, des appels et des lettres, sans parler de mon propre vécu de 22 ans ‘à l’intérieur’ et de 2 ans ‘à l’extérieur’). Et bien que ICOC ait subit une réforme radicale dans certains endroits – ce qui est une excellente chose, on a toujours plusieurs dirigeants de secte en place, sans désir de se repentir ou de réformer quoi que ce soit. Ce qui est, pour moi, inadmissible.

 

Le fait qu’un ancien Dirigeant de Secteur du Monde ait pu laisser passivement Kip me faire porter le chapeau pour les problèmes de Londres (même après une réunion de 4 heures pour revoir la première mouture du message) me prouve ce que je te dis (ndt : nouvelle référence à la lettre de Kip McKean rédigée en 2005; Kip y indiquait avoir reçu l’aide de D. Arthur et S. Johnson pour revoir le contenu de sa lettre avant diffusion). Qu’un autre Dirigeant de Secteur du Monde refuse de rendre l’argent de la veuve qu’il a volé – ou que cela ne soit pas exigé de lui par d’autres disciples ‘vendus au Royaume’ me prouve ce que je te dis. Que Kip lui-même ait ouvertement confessé aimer être applaudi, ses abus, son arrogance et avoir créé une culture du silence - et ce, même s’il finit par se repentir – me prouve ce que je te dis (et c’est encore plus vrai après ce qui s’est passé récemment).

 

Et jusqu’à ce jour, le fait demeure que les livres de compte de pratiquement la totalité des Eglises du Christ n’ont toujours pas été véritablement ouverts pour montrer comment les collectes passées avaient été dépensées : voilà qui me prouve au minimum, même maintenant (ndt : 2 ans plus tard), que ma lettre était fondée, au moins sur ce point !

NB : Kip pense qu’il dupe tout le monde en déclarant : ‘Sans structure centralisée pour répondre aux accusations comme celles sur le mauvais usage de l’argent…’ Pourquoi aurait-on besoin d’une structure centralisée pour ça ? Si ces accusations vous préoccupent tellement, allez-y ! Ouvrez les livres ! Prouvez votre innoncence aux yeux du monde et des Chrétiens qui ont tellement sacrifié ! Connaissons-nous la prime de départ de ne serait-ce qu’un seul Dirigeant de Secteur du Monde ?

 

Le fait que plusieurs dizaines de milliers d’anciens membres de ICOC -loyaux et fidèles, après des années de sacrifices- appellent aujourd’hui ICOC une secte, me prouve et prouve au moins à eux aussi, que ma lettre était fondée. Bien sûr, il y en a encore plus qui n’appellent pas ICOC une secte. Mais une vérité flagrante demeure : ceux qui utilisent ce terme de secte n’étaient pas des ennemis de l’évangile ou des détracteurs extérieurs en colère, obsédés par le désir de nous détruire…non, on parle de personnes qui furent un temps des Chrétiens chéris et aimés au sein de nos congrégations, plusieurs d’entre eux de véritables héros dans la foi, avec parmi eux des évangélistes, des Dirigeants de Secteur Géographique, des Dirigeants de Groupes de Familles et des missionnaires. Parfois même certains de nos meilleurs amis.

 

Il y a des chrétiens merveilleux au sein de ICOC, l’ICOC ‘réformée’ ou quelque soit le nom que s’est donné ta nouvelle affiliation/dénomination. Dans le passé, Dieu nous a utilisé pour atteindre des millions de gens et en baptiser des centaines de milliers. Mais aujourd’hui, à cause de ce qui est survenu ces dernières années, les cœurs brisés et la détresse de la majorité des personnes baptisées, et les nombreuses relations malsaines qui ont été exposées au grand jour, je ne m’inquiète plus de ce qui pourrait arriver au ‘mouvement’en tant que tel, ça m’est même égal. Tout ça est entre les mains de Dieu.

 

Quoiqu’il en soit, bien que je sois convaincu que ceux qui sont fidèles parmi vous sont bien dans le royaume (ndt : de Dieu), le fait que jusqu’à ce jour une repentance authentique soit absente dans pas mal d’endroits signifie qu’on n’en a pas fini avec les cœurs brisés et les blessures sanglantes. On dirait que Portland et quelques autres églises courent toujours sans relâche après la soupe ail et oignon egyptienne (ndt : voir Nombres 11:5 ; dans ce passage, les hébreux errant dans le désert regrettent le temps où ils pouvaient manger gratuitement quand ils étaient en Egypte), sans parler de la carte de membre exclusif du ‘club du feu de camp’ (ndt : la traduction des termes anglais donne quelque chose d’assez hermétique pour un francophone. Kip avait appelé en 2005 l’Eglise de Portland, qu’il dirige depuis mi-2003, une église ‘feu de camp’, sous-entendant qu’elle attirait ceux qui étaient dans les ténèbres -églises ICOC tièdes- et qui la voyaient de loin).

J’espère me tromper.

 

Si je lis ma Bible correctement, votre institution ICOC ne tiendra plus la route très longtemps – particulièrement avec la tournure actuelle que prennent les choses. La lettre de Los Angeles me dérange beaucoup (ndt : lettre émise fin 2005, et suggérant des principes pour réinstaurer une structure de direction centralisée au sein des Eglises du Christ). Ca viole toutes les bases mises en avant au cours de notre brève histoire concernant les doctrines et les dénominations issues des hommes. A propos des mouvements qui démarrent dans les caves et qui meurent dans les cathédrales, par exemple…Cette lettre fait faire un pas en arrière, pas en avant. Et, à mon humble avis, elle constitue une tentative habile pour s’accrocher au pouvoir et, oserais-je le dire, ré-instaurer plus de contrôle. Quelques gars qui se réunissent un jour (avec Kip au milieu - mais on verra ce que l’avenir nous montrera) et qui s’auto-désignent responsables de ceci et cela ? Le plan de Los Angeles n’a pas l’ombre d’une autorité ou d’une approbation divine. Il va vous diviser plus vite que ce que tu ne peux imaginer. Il est déjà en train de vous diviser !

 

La réponse à tous les problèmes actuellement rencontrés par ICOC – l’ingrédient vital pour la paix et la guérison – se trouve dans le cœur de 1 Corinthiens 1:1-18. Christ est tout, Christ est parfait, Christ suffit. Ou, pour emprunter ces mots joyeux de J.B. Phillips, « Christ est la seule chose qui compte ». En dehors de Lui, tout n’est que paille à jeter au feu, tout n’est que préceptes humains, rien ne sert.

 

La plus grande leçon que j’ai apprise dans tout ça ? Dieu ne permettra à rien ni personne de flouer Christ de Sa gloire exlusive. Rien ne tiendra, si ça a été forgé en dehors de la volonté, du plaisir, des desseins du Christ. Christ doit être tout et en tous. Dieu ne permettra rien d’autre. Je crois que Dieu fait au sein de ICOC ce qu’Il a toujours fait à travers l’histoire : nous guider loin du monde, loin de notre péché, loin de la sagesse humaine pour nous conduire à Son Fils bien aimé. ‘En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire’. ‘Je ne donnerai pas ma gloire à un autre’.

 

Tout ce gâchis sera au final perçu comme un acte de grâce. Tout est axé sur le fait de trouver Jésus de nouveau, ou peut-être, pour la toute première fois. Quelque part entre la hiérarchie et l’anarchie nous trouverons la croix de Christ. Au pied de cette croix, le terrain est plat. Sur ce terrain plat, on ne trouvera ni Rabbis, ni Pères ni Enseignants, mais seulement des frères. Et quand nous parviendrons à honnêtement nous accepter les uns les autres comme des frères, dans l’égalité et l’humilité, alors seulement viendront une paix et une guérison véritables. Et une véritable unité.

 

Je te suggère vivement de cesser d’appeler ICOC ‘le Royaume’. Ca ne fait qu’attiser la colère ou la tristesse de ceux qui entendent ce type d’expressions. Vous n’êtes pas le Royaume. Nous sommes tous dans le royaume si nous sommes des disciples de Christ.

 

Une dernière chose, à propos de la soi-disant conférence de l’Unité à l’automne 2002. Un vote entre 9 dirigeants de Secteur du Monde qui se termine au couteau par 5 voix contre 4 : ça ne ressemble pas à la «forte majorité» que décrit Los Angeles en essayant apparemment de convaincre tout le monde (ndt : le terme ‘forte majorité’ est repris d’une lettre émise par les dirigeants de Los Angeles et résumant les événements de fin 2002-début 2003). Mais peut-être que je me trompe. Si c’est le cas, j’en suis désolé.

 

En tout cas, voilà où j’en suis ces jours-ci, et ceci constitue ma position (détaillée, mais franche) sur ces différents sujets.

 

Je vais prier pour que tu puisses avoir la sagesse nécessaire pour traverser la période difficile actuelle. Et encore, merci de sincèrement te soucier de moi et de garder le contact. J’espère que tu ne seras pas offensé par cete lettre, comme d’ailleurs je ne l’ai pas été par la tienne. Nous sommes déjà unis en Christ. Paul n’a jamais fait peser sur nous la responsabilité de créer l’unité de l’Esprit, mais de la conserver par ‘le lien de la paix’.

 

Tout mon amour, Henry.