11 août 2004
ATHENES (AP) - Le cyclisme et le dopage ont été trop souvent associés cette saison. Et à l'approche des Jeux olympiques, les affaires n'ont pas cessé.
Lundi, Oscar Camenzind a été retiré de l'équipe suisse après l'annonce de son contrôle positif à l'EPO au mois de juillet. Quelques jours auparavant, le champion du monde de VTT Filip Meirhaeghe avait dû admettre qu'il avait lui aussi pris de l'EPO pour accroître ses chances de médaille d'or à Athènes.
"Je n'avais plus qu'un seul objectif dans ma carrière, obtenir l'or aux Jeux olympiques", a expliqué le Belge, médaillé d'argent à Sydney il y a quatre ans. "Je suis un être humain. Je ne voulais pas échouer."
Et Meirhaeghe n'est pas le seul favori à être tombé en disgrâce avant même le début des Jeux, dont la cérémonie d'ouverture aura lieu vendredi.
La semaine dernière, le champion du monde du contre-la-montre David Millar a écopé d'une suspension de deux ans infligée par sa fédération après avoir déclaré devant un juge français qu'il avait pris de l'EPO. Le Britannique devrait perdre son titre mondial conquis l'an passé.
Mais le plus grand absent ne sera pas là pour d'autres raisons. Le sextuple vainqueur du Tour de France Lance Armstrong veut en effet passer plus de temps en famille.
Les épreuves cyclistes sont programmées tout au long de la quinzaine olympique, mais le premier feu d'artifices pourrait être tiré dès samedi, avec la course en ligne masculine, qui sera disputée près de l'Acropole.
Le circuit vallonné dessiné dans le centre d'Athènes est si difficile que certains spécialistes n'ont pas hésité à le comparer à ceux des prestigieuses classiques européennes du printemps.
Cette course semble taillée pour les desseins de l'ancien vainqueur italien de la Coupe du monde Paolo Bettini, du Belge Peter Van Petegem, de l'Espagnol Alejandro Valverde, très en forme ces temps-ci, ou du Kazakh Alexandre Vinokourov.
Le coéquipier de Jan Ullrich au sein de l'équipe T-Mobile aurait dû inquiéter Armstrong sur le dernier Tour de France, mais il s'est blessé dans une chute pendant le Tour de Suisse et n'a pas pu participer à la Grande Boucle. Il a signé son retour jeudi dernier en remportant en Allemagne le contre-la-montre du Regio Tour et a regonflé son moral.
Ullrich, champion olympique en titre du contre-la-montre, disputera aussi la course en ligne. Après un Tour de France décevant, l'Allemand a soif de revanche.
La course féminine sera marquée par la présence de Jeannie Longo-Ciprelli, qui disputera probablement ses derniers Jeux olympiques. L'indestructible Française, désormais âgée de 46 ans, collectionne les médailles depuis 1992 et a décroché l'or de la course en ligne à Atlanta il y a huit ans.
La Néerlandaise Leontien Zijlaard-Van Moorsel avait été la vedette des Jeux de Sydney il y a quatre ans, où elle avait obtenu trois médailles d'or et une médaille d'argent. A 34 ans, elle est un peu moins ambitieuse cette année. Elle tentera de rééditer son doublé sur route et pourrait défendre son titre conquis en poursuite, mais elle ne s'alignera pas dans la course aux points.
A sa place, Theo Bos pourrait devenir le nouveau héros néerlandais sur l'ovale athénien. Au printemps lors des championnats du monde, la nouvelle vedette du sprint a survécu à deux chutes pour finalement remporter son premier titre aux dépens du champion français Laurent Gané. Un nouveau duel entre les deux hommes en finale olympique pourrait bien constituer le point culminant des épreuves sur piste. Gané vise cette année une victoire en individuel après son titre par équipe conquis à Sydney. Bos participera de son côté à trois autres épreuves.
Les épreuves de VTT concluront la quinzaine cycliste, avec peut-être une autre bataille franco-néerlandaise, cette fois entre Julien Absalon et Bart Brentjens, en l'absence du champion du monde Meirhaeghe.
Aux Jeux olympiques de Sydney, les Français avaient terminé premiers au classement des médailles d'or (5), devant l'Allemagne et les Pays-Bas (3), et l'Italie (2).
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