10 avril 2004
MARCQ-EN-BAROEUL (AP) - Le groupe Cofidis n'entend pas abandonner le cyclisme, mais il compte procéder à une reprise en main de son équipe cycliste, éclaboussée par une affaire de dopage ayant entraîné la mise en examen de plusieurs coureurs et d'un soigneur.
"Je suis optimiste pour la suite, notamment sur l'investissement à long terme de Cofidis", a déclaré samedi Jimmy Casper, le représentant des coureurs, au sortir d'une réunion au sommet tenue au siège du groupe à Marcq-en-Baroeul (Nord).
Selon Casper, François Migraine le PDG du groupe, qui présidait cette réunion entouré d'Alain Bondue le manager général de l'équipe et des deux directeurs sportifs Francis Van Londersele et Alain Deloeuil, a "assuré qu'il n'y aurait pas de retrait de Cofidis si l'équipe prend de bonnes décisions".
La veille, Cofidis avait annoncé sa non participation à la classique Paris-Roubaix qui s'élancera de Compiègne dimanche, et à toute autre course "jusqu'à nouvel ordre".
François Migraine "a souhaité une nouvelle ligne de conduite, ce qui paraît normal après ce que nous avons découvert dans la presse. Cela va repartir sur de bons rails", a expliqué Jimmy Casper, représentant des coureurs lors de cette réunion. Le PDG du groupe Cofidis n'a pas voulu détailler la teneur des discussions, lâchant un laconique: "Ce que nous nous sommes dit, restera entre eux et moi".
Vendredi, le journal 'L'Equipe' avait publié de larges extraits de procès-verbaux de l'enquête conduite par le juge Richard Pallain de Nanterre, reprenant les déclarations du coureur Philippe Gaumont: il affirmait que plusieurs dirigeants de Cofidis auraient favorisé le transport de produits interdits et que son médecin Jean-Jacques Menuet aurait participé à des pratiques dopantes.
Ces fuites n'ont pas fait perdre son calme à Jean-Marie Leblanc, le directeur du Tour de France, qui a déclaré samedi sur RTL qu'il n'est pour l'instant pas question d'interdire à Cofidis de participer à la prochaine Grande Boucle. Il veut éviter tout amalgame avec l'"affaire Festina" qui en 1998 avait révélé au grand jour les pratiques interdites développées à grande échelle par certaines formations.
"Soyons un peu patient", a déclaré Jean-Marie Leblanc. "Attendons que les fils de cette instruction se dénouent, d'en savoir un peu plus. On n'est pas dans la situation de l'"affaire Festina" où le dopage était organisé par les dirigeants de l'équipe", parlant simplement de "dérives de quelques uns".
"Si des faits étaient révélés, sans doute l'Union cycliste internationale (UCI) prendrait-elle des mesures (...) et sans doute nous-mêmes nous serions amenés à suivre la position de l'UCI, bien sûr", a dit le "patron" du Tour, ajoutant: "On n'en est pas là".
Il a rappelé que l'équipe Cofidis fait partie de celles qui sont qualifiées d'office en vertu du règlement de l'UCI et qu'il fallait être "un peu prudent", notant que l'organisation du Tour avait été déboutée par l'UCI "il y a quelques années" pour avoir voulu écarter des équipes qualifiées.
Dans cette affaire, Boguslaw Madejak ex-soigneur de Cofidis, a été mis en examen pour "cession et détention de substances vénéneuses". Deux coureurs de Cofidis, Cédric Vasseur et Médéric Clain, sont suspendus de compétition jusqu'à nouvel ordre après avoir été mis en examen, ainsi que des ex-membres de l'équipe comme Marek Rutkiewicz. L'affaire avait commencé le 12 janvier dernier avec l'interpellation à Roissy de ce coureur polonais pour possession de produits suspects.
Licencié par Cofidis en février dernier, Gaumont a également mis en cause l'Ecossais David Millar, spécialiste du contre-la-montre et l'un des trois champions du monde de la formation nordiste avec l'Espagnol Igor Astarloa et Laurent Gané, champion du monde de keirin et de vitesse. Millar aurait demandé au docteur Menuet de donner à Gaumont et à Vasseur "les restes de la préparation qu'il (Millar) avait prise le matin même avec Lelli, avant le chrono", pour la dernière étape du Tour de France sur les Champs-Elysées en 2003.
Millar présent à une épreuve sur piste à Manchester n'a pas voulu commenter. Menuet a répondu aux accusations: "Je respecte le cadre de l'instruction et ne souhaite pas m'exprimer".
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