11 avril 2004
Les Canadiens semblent sceptiques face à la capacité des autorités d'endiguer le recours aux substances dopantes aux Jeux olympiques d'Athènes, cet été.
Un sondage Léger marketing, dont les résultats ont été communiqués à la Presse Canadienne, révèle également qu'au Canada, ce sont les Québécois qui expriment le plus de scepticisme à ce sujet.
Ainsi, la moitié des Canadiens, soit 49 pour cent, ont répondu qu'ils ne croient pas que «l'Agence mondiale antidopage réussira à contrôler le dopage lors des prochains Jeux olympiques d'Athènes». La proportion grimpe même à 55 pour cent chez les Québécois.
À l'opposé, 37 pour cent des Canadiens et 33 pour cent des Québécois manifestent leur confiance, croyant que l'Agence antidopage y parviendra. Contactée par téléphone, la Dre Christiane Ayotte, du Laboratoire de contrôle du dopage de l'Institut national de recherche scientifique (INRS) et qui fait partie, notamment, du comité santé et recherche de l'Agence mondiale antidopage, n'était guère surprise.
Elle a souligné la grande confusion qui existe dans la population, et même au sein des médias, entre l'Agence mondiale antidopage, le Comité international olympique et le Laboratoire de l'INRS, reconnu par l'Agence mondiale antidopage. Elle déplore les effets de cette confusion. «Les gens ont l'impression que le dopage est comme un fait accompli dans le sport d'élite, le sport olympique ou professionnel. Ils sont très certainement perdus dans les moyens et les organismes qui s'occupent de réglementer le dopage.»
Et, devant toute cette confusion, les citoyens deviennent «sceptiques que les moyens mis en place vont réussir à éradiquer le dopage», avance-t-elle comme explication. La Dre Ayotte estime qu'«il faut prendre du recul» face à cette constatation et évaluer la réalité rationnellement. «Il y a une espèce de pessimisme qu'on voit et moi, je ne participe pas de ça. On a des moyens qui sont mis en place. Il faut attendre de voir ce que ça va donner.»
Quand on lui demande si ce sondage ne démontre pas que la population a l'impression que les scientifiques mal intentionnés, qui sont capables de concocter dans leur laboratoire des substances indétectables lors des tests actuels, ont une longueur d'avance sur les experts mandatés pour débusquer les tricheurs, elle répond avec nuance. «La longueur d'avance est de plus en plus courte. Elle était très longue avant et, maintenant, c'est de plus en plus court. On voit que même les athlètes commencent à être hésitants. Il y a quand même un bout de chemin qui est fait. Je ne dirais pas qu'on a réglé le problème; on est encore loin d'avoir réglé le problème, mais ça s'en vient.»
Pas plus que les autres
Le sondage démontre également que les Canadiens ne croient pas que les athlètes canadiens se dopent plus que les athlètes des autres pays. En fait, ils sont aussi nombreux à juger qu'ils se dopent autant (31 pour cent), moins (35 pour cent) ou à ne pas savoir (30 pour cent). Il n'y a que 4 pour cent des Canadiens qui jugent que les athlètes canadiens se dopent plus que ceux des autres pays.
La seule province ou région où les proportions diffèrent est le Québec, où 48 pour cent des citoyens — plutôt que 31 pour cent au pays — pensent que les athlètes canadiens se dopent autant que ceux des autres pays. La distinction vient du fait que beaucoup moins de Québécois que de Canadiens sont indécis à ce sujet.
Le sondage a été réalisé du 2 au 7 mars dernier auprès de 1500 Canadiens adultes. Il comporte une marge d'erreur de 2,6 pour cent, 19 fois sur 20.
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