25 juin 2004
PARIS (AFP) - Les aveux de l'Ecossais David Millar sur l'usage d'EPO (erythropoïetine) ont obligé vendredi les organisateurs du Tour de France cycliste, qui commence le 3 juillet, à frapper sur la table pour réaffirmer leur credo antidopage.
Pendant sa garde à vue de près de 48 heures à Biarritz, de mardi à jeudi, Millar, l'un des coureurs majeurs de l'équipe française Cofidis, a avoué avoir consommé de l'EPO, selon une source proche du dossier.
Les enquêteurs ont également découvert au domicile du coureur écossais, lors d'une perquisition effectuée peu de temps avant son interrogatoire, deux seringues vides d'Eprex (EPO), selon la même source qui confirme ainsi des informations du quotidien sportif l'Equipe.
Le coureur écossais, champion du monde en titre du contre-la-montre, avait été mis en cause par Philippe Gaumont, un de ses anciens coéquipiers chez Cofidis. Il devrait être convoqué au tribunal de Nanterre dans les prochains jours pour être mis en examen par le juge d'instruction Richard Pallain en charge de l'enquête.
Millar devra aussi s'expliquer devant son employeur. "S'il est avéré que ce dernier ait reconnu s'être dopé, Cofidis compétition appliquera son principe de tolérance zéro et prendra immédiatement les sanctions appropriées", a annoncé le groupe français.
Ces rebondissements ont conduit les organisateurs du Tour de France à annoncer haut et fort, vendredi, leur décision de refuser tout coureur impliqué dans une procédure judiciaire ou une enquête policière pour dopage.
"Nous ne souhaitions pas intervenir avant le déroulement des Championnats nationaux mais il n'est plus question d'attendre", a déclaré Jean-Marie Leblanc.
Le directeur du Tour a précisé que le PDG de Cofidis, François Migraine, dont deux coureurs (David Millar, Cédric Vasseur) sont directement concernés, avait été informé de la décision des organisateurs. "Il a parfaitement admis notre position", a ajouté Jean-Marie Leblanc.
Cette mise à l'écart, en effet, touche aussi Cédric Vasseur, de retour dans le peloton depuis le début du mois de juin après avoir été suspendu à titre conservatoire par son équipe, et candidat à une sélection pour le Tour au sein de Cofidis.
Vasseur, qui a toujours nié avoir pris des produits dopants ou participé à un quelconque trafic, a été mis en examen (tout comme sept autres personnes) voici plusieurs semaines par le juge Pallain, notamment pour "infraction à la législation sur les substances vénéneuses".
Selon une source proche du dossier, la mise en examen du Nordiste reste d'actualité, car il a reconnu devant le juge s'être procuré en Allemagne un produit prohibé, l'Actovegin, à base de sang de veau. Il a précisé en avoir acheté "une seule fois, pour fournir Gaumont (qui l'a mis en cause dans cette affaire) gratuitement", selon la même source.
La décision du Tour concerne aussi l'Italien Danilo Di Luca (Saeco) l'un des meilleurs coureurs italiens de "classiques".
Di Luca a été mis en examen dans son pays, tout comme quatorze autres coureurs professionnels, dans le cadre d'une autre affaire.
"Nous avions pris contact avec les directeurs sportifs des équipes concernées voici huit à dix jours pour leur dire que nous ne souhaitions pas avoir des coureurs impliqués dans des procédures ou des enquêtes sur le dopage. Je dois dire que certains d'entre eux avaient pris les dispositions allant dans ce sens", a précisé l'organisateur du Tour.
Ainsi, les Italiens Eddy Mazzoleni (Saeco) et Fabio Sacchi (Fassa Bortolo) n'ont-ils pas été retenus par leurs équipes respectives tout comme deux de leurs compatriotes également mis en examen, Alessio Galletti et Mario Scirea, qui ont été suspendus par leur formation (Domina Vacanze).
"Cette décision est la confirmation de notre position vis-à-vis du dopage", a insisté enfin Jean-Marie Leblanc en ajoutant que le Tour avait obtenu "le soutien de l'UCI et de son président (Hein Verbruggen)".
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