15 juin 2004

Trois équipes italiennes devant disputer le Tour

Plusieurs de leurs coureurs ont été mis en examen sont touchées par des affaires de dopage.

Stéphane Mandard et Guillaume Prébois

A un peu plus de deux semaines du départ du Tour de France, qui doit s'élancer de Liège (Belgique) le 3 juillet, le cyclisme reste confronté à plusieurs affaires de dopage. L'affaire Cofidis a éclaboussé le peloton français. Les révélations de l'Espagnol Jésus Manzano ont fait l'effet d'un électrochoc dans la péninsule Ibérique (Le Monde du 4 mai).

Et, en Italie, plusieurs coureurs appartenant à des équipes devant participer à la Grande Boucle ont été mis en examen, fin mai, dans le cadre d'une enquête sur un trafic présumé de produits dopants. Parmi eux, Danilo Di Luca, Alesandro Spezialetti et Eddy Mazzoleni, qui possèdent la particularité d'appartenir tous trois à la formation Saeco, la première du classement mondial.

Des écoutes téléphoniques que Le Monde s'est procurées révèlent les pratiques pour lesquelles ils sont inquiétés. " J'ai parlé avec Danilo, parce que, pour dimanche, j'ai fait 4 000 -unités-... en sous- cutané... et je cours samedi... Samedi, il n'y a pas de problèmes ?" : le 27 avril 2004, dans le cabinet du docteur Carlo Santuccione, à Cepagatti, près de Pescara, Eddy Mazzoleni, équipier de Danilo Di Luca, Gilberto Simoni et compagnon de chambre de Damiano Cunego, vainqueur du dernier Tour d'Italie, s'inquiète de savoir s'il restera des traces de sa cure médicamenteuse dans les jours à venir.

"Il s'agit très certainement d'érythropoïétine prescrite par Santuccione", conclut la brigade des stupéfiants dans son rapport. Au cours de ce dialogue, il est en effet question d'EPO, produit dont le coureur dit vouloir se procurer un nouveau type, introuvable en Italie mais disponible aux Etats-Unis.

" Il faudrait en faire arriver en Angleterre ou en Espagne, demain il y a ma copine qui monte, et puis le comptable... On devrait réussir", explique le coureur au médecin, qui acquiesce et relance : "Surtout si tu ne réussis pas pour le Giro, pour le Tour..." Durant la conversation, Eddy Mazzoleni et le médecin mentionnent également d'autres produits dopants, telle la testostérone.

«Ali le chimiste»
Carlo Santuccione a été arrêté jeudi 10 juin et aussitôt interdit de pratiquer la médecine. Il avait déjà été suspendu cinq ans par la Fédération italienne de cyclisme, entre 1995 et 2000, à la suite d' une autre affaire de dopage. Surnommé "Ali le chimiste" dans le milieu cycliste, le docteur Santuccione se présente volontiers comme " un simple médecin de famille". Il est pourtant accusé d'avoir " prescrit et administré des médicaments dopants en dehors de tout contexte thérapeutique et d'avoir fourni des conseils sur la posologie et les modalités d'absorption à la seule fin d'éviter que les substances soient identifiées lors d'éventuels contrôles antidopage".

Outre les trois coureurs de Saeco, son cabinet était également fréquenté par Fabio Sacchi, équipier du sprinter vedette Alessandro Petacchi, de l'équipe Fassa Bortolo, qui, lors d'une conversation enregistrée le 17 janvier 2004, évoque à plusieurs reprises des substances dopantes. L'enquête, baptisée "Oil for Drug", a aussi abouti à la mise en examen de Mario Scirea et Alessio Galletti, deux équipiers de Mario Cipollini chez Domina Vacanze, formation invitée à la Grande Boucle.

Les interceptions réalisées entre le 29 février et le 19 avril 2004 sur le téléphone portable d'Alessio Galletti ont permis de mettre au jour les filières pour se procurer des poches de transfusion sanguine. Le prélèvement et la distribution illégale de sang figurent parmi les chefs d'accusation. Domina Vacanze a suspendu les deux coureurs incriminés. Saeco et Fassa Bortolo n'ont pris aucune mesure. Jean-Marie Leblanc, le patron du Tour de France, n'a pas encore indiqué quelle attitude il comptait adopter par rapport à ces équipes.

L'ouvrage qui accuse Lance Armstrong
Le livre n'est pas encore sorti. Le nom de son éditeur est tenu secret. Mais déjà il provoque des polémiques. L.A. Confidentiel, les secrets de Lance Armstrong, dont L'Express a publié des extraits lundi 14 juin, s'appuie notamment sur les révélations de l'ancienne soigneuse personnelle du quintuple vainqueur du Tour de France. Elle affirme qu'elle a dû se débarrasser de " seringues vides" à la demande de l'Américain lors du Tour des Pays-Bas 1998 ou lui maquiller le bras pour dissimuler les hématomes causés par les perfusions avant le départ du Tour 1999. Les avocats de Lance Armstrong ont indiqué, lundi 14 juin, que leur client avait l'intention de porter plainte contre les auteurs de l'ouvrage, David Walsh, reporter au Sunday Times, et Pierre Ballester, ancien journaliste à L'Equipe.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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