25 juin 2004

L'Ecossais David Millar
aurait reconnu
avoir pris de l'EPO

Le leader de la formation Cofidis a été placé en garde à vue et interrogé.

Stéphane Mandard

Le coureur cycliste David Millar a été placé en garde à vue pendant plus de 36 heures au commissariat de Biarritz et interrogé dans le cadre de l'enquête sur un trafic présumé de produits dopants autour de l'équipe Cofidis. Il pourrait être poursuivi pour infraction à la législation sur les substances vénéneuses par le juge de Nanterre Richard Pallain.

C'est cette fois le chef de file de la formation nordiste, champion du monde en titre du contre-la-montre et lauréat potentiel du prologue du Tour de France, qui s'élancera samedi 3 juillet de Liège, en Belgique, qui est dans le collimateur de la justice.

Remis en liberté jeudi 24 juin, l'Ecossais avait été interpellé, mardi 22, à Biarritz par la brigade des stupéfiants, sur commission rogatoire du juge Pallain. Selon une source proche de l'enquête, le coureur aurait reconnu avoir eu recours à l'érythropoïétine (EPO) dans le cadre de son activité. Des ampoules vides d'EPO auraient été saisies à son domicile biarrot.

Ce sont les déclarations de Philippe Gaumont, lui aussi mis en examen dans le cadre de l'instruction, qui ont mis les enquêteurs sur la piste de David Millar. Devant le juge Richard Pallain, le Picard avait notamment décrit le coureur écossais comme étant "à la pointe du combat en matière de dopage". Lors de son interrogatoire du 4 mars (Le Monde du 10 avril), Philippe Gaumont avait expliqué au magistrat instructeur que, la veille de l'arrivée du Tour 2003 sur les Champs-Elysées, le leader de l'équipe Cofidis avait demandé au médecin de l'équipe, Jean-Jacques Menuet, de lui donner, ainsi qu'à Cédric Vasseur, "les restes de la préparation qu'il avait prise le matin même avant le contre-la-montre" remporté par l'Ecossais.

L'influence du leader
Ladite "préparation" était à base "de cortisone ou d'hormone de croissance", selon Philippe Gaumont, qui, dans le même procès-verbal, avait précisé que si le médecin de l'équipe - remercié depuis mais qui devrait bientôt être convoqué dans le cabinet du juge - avait accepté de leur injecter le produit "c'est bien en tant que leader de l'équipe, a un gros pouvoir sur le reste des coureurs mais également sur Menuet".

"David Millar a été entendu en tant que simple témoin, c'est tout", a déclaré Francis Van Londersele, le directeur sportif de l'équipe Cofidis. "On savait pertinemment que les personnes citées par Philippe Gaumont pouvaient être interrogées", poursuit le patron de la formation nordiste, qui estime toutefois "un petit peu délicat et cavalier qu'on soit venu le chercher si près du Tour de France".

"Dix jours avant le départ du Tour de France, il est clair que cela tombe mal", a concédé pour sa part François Migraine, le président directeur général de la société Cofidis, qui a affirmé qu'il "se séparera le moment venu des personnes qui seront déclarées coupables". "Tant que l'enquête n'est pas terminée, il peut se produire de nouvelles choses", a-t-il ajouté.

Parmi ses six coureurs mis en examen, la formation nordiste a licencié Philippe Gaumont et Médéric Clain qui avaient reconnu pour l'un s'être dopé et pour l'autre avoir acquis des produits interdits. En revanche, Cédric Vasseur, qui avait un temps été suspendu, a été réintégré dans l'effectif de l'équipe.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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