1er mai 2004
Les sanctions imposées aux athlètes
pour dopage seront moins dissuasives
Jocelyne Richer
QUEBEC (PC) - Les sanctions imposées aux athlètes canadiens pris en flagrant délit de dopage seront désormais beaucoup moins dissuasives.
C'est ce qui ressort de la nouvelle politique antidopage canadienne, dont les grandes lignes ont été rendues publiques vendredi à Québec lors d'une conférence fédérale-provinciale des ministres responsables du sport.
En vertu des normes canadiennes actuelles, un athlète qui échoue un test antidopage est exclu des compétitions internationales pour une période de quatre ans. Dans les faits, pour bon nombre d'athlètes, une exclusion aussi prolongée des compétitions équivaut à les condamner à une retraite anticipée.
Or, la sanction pour avoir échoué un test antidopage est maintenant coupée de moitié et ramenée à seulement deux ans.
Le ministre québécois responsable du Sport, Jean-Marc Fournier, a expliqué, au nom de ses homologues, que le Canada agissait de la sorte pour s'ajuster aux normes internationales en vigueur en ce domaine.
"Il faut regarder les sanctions et dire: est-ce que les gens ont droit à une première chance dans la vie? C'est ce qu'ils font ailleurs. Alors pourquoi, nous, on n'appliquerait pas cette même logique philosophique?", a demandé le ministre, visiblement sur la défensive lors du point de presse.
M. Fournier n'a pas voulu considérer qu'en agissant ainsi le Canada donnait l'image d'un pays qui nivelait par le bas sa politique et renonçait à donner l'exemple sur la scène internationale pour les contrôles et les sanctions antidopage.
"Pourquoi est-ce que nous devrions exagérer la sanction par rapport à ce qui se fait ailleurs?", a-t-il ajouté, en faisant valoir que l'important consistait plutôt à faire en sorte que les normes canadiennes soient "les mêmes règles qui s'appliquent ailleurs" et que les athlètes canadiens ne soient pas davantage pénalisés que ceux des autres pays.
Pour éliminer le dopage, les ministres du Sport se sont engagés par ailleurs à intensifier les contrôles de dépistage, en augmentant la fréquence des tests.
La nouvelle politique antidopage, officiellement adoptée vendredi, vise de plus à harmoniser les normes entre les différentes provinces du pays.
Les ministres ont précisé que cette politique sera également conforme au nouveau Code mondial antidopage, qui entrera en vigueur avant les Jeux olympiques et paralympiques d'Athènes, en août 2004.
Les ministres provinciaux du sport, de même que leur homologue fédéral, ont par ailleurs convenu "d'augmenter les taux d'activité physique de 10 pour cent dans les provinces et les territoires d'ici 2010", sans toutefois indiquer les moyens qu'ils entendaient pendre pour y arriver.
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