31 octobre 2004
LAUSANNE (AFP) - Quelques semaines après son coéquipier américain Tyler Hamilton, le coureur cycliste espagnol Santiago Perez (Phonak) a reconnu avoir subi un contrôle antidopage positif par transfusion de sang mais il a clamé pareillement son innocence.
La formation suisse Phonak a confirmé dimanche l'information concernant l'Espagnol, deuxième de la Vuelta en septembre. Elle a adopté la même ligne que pour Hamilton, lui aussi convaincu de dopage par transfusion sanguine à la Vuelta).
"Un contrôle médical effectué le 5 octobre à Aigle (Suisse) a révélé que Santi aurait subi une transfusion sanguine. Il s'agit du même protocole de test que celui utilisé pour Tyler Hamilton. L'exactitude et l'interprétation de ce test étant toujours remises en question, la direction de l'équipe croit fermement en l'innocence du coureur", a déclaré Phonak.
La contre-expertise effectuée le 27 octobre a confirmé le premier résultat de l'analyse pour Perez, l'une des grandes surprises de la dernière Vuelta dont il avait gagné trois étapes et pris la deuxième place du classement final le 26 septembre.
Il s'agit du deuxième cas de dopage par transfusion (avec le sang d'un donneur compatible) jamais détecté dans l'histoire de la lutte antidopage après celui de Hamilton.
Le coureur américain, qui nie lui aussi s'être dopé, fait actuellement l'objet d'une procédure pour son contrôle positif du Tour d'Espagne. En revanche, une première analyse positive après son titre du contre-la-montre aux jeux Olympiques d'Athènes en août n'a pas donné lieu à sanction, la contre-expertise ayant été rendue impossible par la mauvaise conservation de l'échantillon.
"Nous sommes toujours du même avis: il s'agit ici d'un test d'interprétation pour lequel nous n'avons à ce jour aucun document de validation. Ni l'UCI (Union cycliste internationale), ni le CIO (Comité international olympique) n'ont été en mesure de nous fournir ces documents", a estimé Phonak, qui fait partie des équipes retenues pour le nouveau circuit UCI ProTour à partir de 2005.
Depuis l'affaire Hamilton, la formation suisse a mandaté un groupe de scientifiques afin qu'il vérifie la validité de la méthode de détection.
"S'il s'avérait que le nouveau test fournit des données compréhensibles et fiables permettant une interprétation irréfutable et qu'il confirme les précédents tests de l'UCI, alors nous devrons licencier les deux coureurs, conformément à nos règles. Si leur innocence est prouvée, Perez et Hamilton resteront", a communiqué Phonak qui a licencié l'été dernier l'ancien champion du monde suisse Oscar Camenzind, positif à l'EPO (erythropoïetine).
Alvaro Pino, directeur sportif de l'équipe suisse, s'est déclaré "accablé". "S'il y a quelque chose dont je sois certain, c'est de ce qui se fait au sein de l'équipe. Les médecins ont ma confiance totale", a déclaré Pino.
Pour sa part, Perez a nié résolument: "On m'apprend qu'il s'agit d'une irrégularité dans le sang due à une transfusion. Moi, tout ce que je peux dire, c'est que je ne me suis fait aucune transfusion."
Le coureur n'avait pas été déclaré positif lors des contrôles effectués pendant la Vuelta. Mais selon Marca, "il est évident que quelque chose de bizarre avait été détecté pendant ces tests lorsqu'il a été convoqué au siège de l'UCI le 5 octobre pour un nouveau contrôle".
Après la Vuelta, Perez avait déclaré forfait, officiellement en raison d'une gastro-entérite, pour le Championnat du monde sur route le 3 octobre à Vérone (Italie).
Perez a mis en cause la manière d'agir de l'UCI, "entachée d'irrégularités" selon lui, et a affirmé notamment ne pas avoir été prévenu assez tôt de la date de la contre-expertise pour pouvoir se rendre à Lausanne et y assister.
Après la révélation du cas positif de Hamilton, le CIO avait souligné que la méthode de détection des transfusions sanguines avait été validée par la communauté scientifique internationale.
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