Cliquez sur >> à droite pour faire disparaître les annonces

14 mars 2005

L'EPO aide les cancéreux, selon des chercheurs québécois

QUEBEC (AP) -- L'administration de la molécule EPO (erythropoïétine) avant une transfusion sanguine chez les cancéreux traités par chimiothérapie réduit de moitié le besoin d'autres transfusions, selon les travaux de l'équipe du Dr Félix Couture, un hémato-oncologue de l'Hôtel-Dieu de Québec.

Cette technique, maintenant approuvée par le Conseil du médicament du Québec, a comme conséquence d'améliorer la qualité de vie des patients et de réduire les pressions exercées auprès d'Héma Québec, chargé d'approvisionner les hôpitaux en sang.

«Auparavant, on était obligé d'attendre une première transfusion avant d'administrer l'Eprex (médicament à base d'EPO), ce qui faisait que le taux d'hémoglobine des gens était bas», a expliqué le Dr Couture, à la suite de la publication en janvier des résultats de sa méta-analyse dans la revue «The Oncologist». «Aujourd'hui, on peut procéder à l'injection sous-cutanée avant une transfusion, ce qui fait que le taux d'hémoglobine du patient ne joue plus au yo-yo.»

Chez les hommes, un taux d'hémoglobine normal se situe entre 140 et 180. Il est de 12 mg/100 ml à 14mg chez les femmes. Il n'est donc plus utile d'attendre une chute à 0,80-0,85 avant d'intervenir avec l'Eprex.

Les chercheurs ont combiné les résultats de cinq grandes études financées par la compagnie Ortho Biotech pour tirer leur conclusion. Les recherches ont été faites auprès d'environ 1000 patients, tant en Amérique du Nord qu'en Europe. « Je n'ai pas été payé par Ortho Biotech pour promouvoir l'Eprex », assure le médecin. « Mes collègues et moi avons eu accès à leurs recherches et nous avons constaté ces résultats. »

La compagnie pharmaceutique qui produit l'Eprex s'est enorgueillie des résultats dans un communiqué distribué samedi. Elle a ajouté que le gouvernement du Québec rejoignait ainsi d'autres provinces, comme l'Ontario et le Manitoba, qui ont décidé de rembourser l'utilisation d'Eprex comme traitement de première intention pour les patients souffrant d'une anémie liée à la chimiothérapie.

L'EPO est la bête noire de l'Agence mondiale antidopage (AMA). C'est cette substance que s'administrent certains athlètes pour augmenter leur taux d'hémoglobine et, par voie de conséquence, leur endurance à l'effort. La cycliste canadienne Geneviève Jeanson avait été soupçonnée d'utiliser cette substance.

L'anémie peut toucher jusqu'à 60% des patients atteints d'un cancer qui subissent des traitements par chimiothérapie. Elle entraîne fatigue et faiblesse. L'EPO est un traitement qui coûte plus cher qu'une transfusion, mais il permet de diminuer, à long terme, le nombre de transfusions et les risques qui l'accompagnent, souligne le chercheur. Le sang peut être utilisé à d'autres fins.


page mise en archives par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive