2 avril 2005

Armstrong : chantage au dopage ?

Un employé, licencié par l'Américain, dit avoir trouvé un produit interdit au domicile du coureur. C'est la parole de l'un contre celle de l'autre.

Philippe Van Holle

Pas plus tard que jeudi dernier, le meilleur ami de Lance Armstrong, George Hincapie, nous confiait qu'il était quasi impossible pour le leader américain d'éviter les spéculations et allégations de dopage, parce qu'Armstrong était devenu trop grand, trop fort, trop puissant. «Une superstar, disait-il, quand on a son statut, c'est un peu comme les hommes politiques, on ne vous laisse plus tranquille.»

Le même jour, son ancien assistant personnel, Mike Anderson, portait devant la justice une accusation terrible à l'encontre de son ancien ami ? et patron : il avait trouvé un flacon de stéroïdes (interdits) au domicile de Gérone d'Armstrong. C'est la Justice elle-même qui lui a demandé de préciser ses accusations. Un représentant légal d'Anderson, Hal Gillespie, a transmis le dossier à l'avocat du coureur, Timothy Herman, lequel n'a pas voulu faire de commentaire avant d'avoir pris connaissance dudit dossier.

«Androstenine ou...?»
Voici les faits, version Anderson. L'employé affirme qu'il possédait une clé de l'appartement espagnol; il a découvert, en début d'année, une boîte (blanche) de médicaments alors qu'il nettoyait la baignoire. Aucune ordonnance ne l'accompagnait. «La boîte portait l'inscription Androstenine, ou quelque chose comme ça», dit-il. Le document déposé à la Justice fait mention du fait que l'employé a cherché sur Internet (sur les sites de l'Agence mondiale antidopage ou de l'Agence américaine antidopage) et découvert que la substance était sur la liste des produits interdits.

Craignant d'être renvoyé, il n'aurait rien dit à Armstrong à ce sujet. Il a ajouté qu'il avait de nouveau cherché la boîte après le départ d'Armstrong pour les Canaries, où le coureur s'entraînait, mais qu'il ne l'avait pas retrouvée. Le document légal précise aussi que, avant cette découverte, Armstrong avait déclaré, à propos des coureurs qui se dopaient, que «tout le monde le fait.» Anderson, qui dit n'avoir jamais vu Armstrong prendre des produits interdits, a une femme, un enfant, et pas d'argent. Après sa découverte, les relations se sont détériorées entre les deux hommes qui étaient amis depuis novembre 2002 (avant, Anderson était mécanicien dans un magasin de vélos). Comme assistant personnel, il était payé 2310 € par mois, mais il a été renvoyé en novembre 2004 après qu'Anderson ait demandé, et obtenu, une augmentation de 380€ par mois. Un mois plus tard, Armstrong et sa société Luke David LLC ont porté plainte contre Anderson affirmant que celui-ci avait demandé la somme de 500000 dollars (385680 €), un maillot dédicacé du Tour de France et la promesse de l'aider à monter son propre magasin de vélos...

On a l'étrange impression d'avoir à faire ici à quelqu'un qui aurait tenté de tirer financièrement parti d'une découverte. Devant une Cour, ces accusations de dopage ne tiendront pas. Pas de preuves, c'est la parole de l'un contre celle de l'autre...


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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