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24 août 2005

Affaire Armstrong : des réactions

Un expert autrichien du dopage, Günter Gmeiner, critique, dans une interview diffusée mercredi dans le journal Der Kurier, les procédures du laboratoire français, qui, selon le quotidien sportif l’Equipe, a décelé de l’EPO dans les urines en 1999 du cycliste Lance Armstrong. "Si un échantillon est positif, l’athlète doit être contacté pour un échantillon B. Or un résultat provisoire a été simplement communiqué au public. ce qui n’est pas correct ", a déclaré M. Gmeiner au quotidien autrichien. " De plus, il est tout à fait inhabituel de garder des échantillons si longtemps: normalement on les détruit au bout de quelques mois ", a déclaré ce chimiste, principal scientifique du laboratoire antidopage des Austrian research Centers à Seibersdorf, au sud de Vienne. Ce laboratoire est accrédité auprès du Comité international olympique (CIO). Cependant, M. Gmeiner n’a pas mis en cause la validité des tests menés au laboratoire de Châtenay-Malabry, près de Paris. " Si les informations de presse sont correctes, alors il n’y a pas lieu de douter. Ce labo a la meilleure réputation en ce qui concerne la recherche sur l’EPO (érythropoïétine)", a-t-il dit. La direction du laboratoire, interrogée mercredi matin, a refusé tout nouveau contact avec la presse. Ces critiques rejoignent celles exprimées la veille par un spécialiste allemand, Klaus Müller, qui s’est aussi étonné qu’un échantillon vieux de six ans du septuple vainqueur du Tour de France ait été conservé.

Chris Carmichael - (préparateur physique de Lance Armstrong): "Il y a ceux qui essayent toujours d’abattre Lance. La tentative de L’Equipe en est le dernier exemple. Lance a toujours été l’un de ceux qui a subi le plus de contrôles. J’entraîne Lance depuis quinze ans et il n’a jamais testé positif pour la simple raison qu’il n’a jamais, jamais utilisé de produits dopants."

Miguel Indurain - Les accusations de dopage lancées contre Lance Armstrong par le journal L'Equipe font partie d'une campagne française contre l'Américain, a déclaré l'Espagnol Miguel Indurain."Certains le traquent en France depuis des années", a déclaré l'ancien champion espagnol, lui-même vainqueur de cinq Tours, selon le site internet todociclismo.com. "Lui seul sait ce qui s'est passé, mais il me semble malsain qu'on commence à déterrer des test effectués il y a des années. Je trouve cela très étrange et je me demande si garder de tels spécimens est légal." Pour Indurain, "tout ce qui touche à Armstrong est bon pour les médias, mais la question est de savoir si tout cela est vrai ou non. Il y a des doutes sur la fiabilité des tests (pour l'EPO) et il y a des doutes sur toute cette affaire".

Hein Verbruggen - Hein Verbruggen, président de l'Union cycliste internationale (UCI), a refusé mardi de commenter les révélations du journal français l'Equipe accusant l'Américain Lance Armstrong de dopage lors de sa victoire dans le Tour de France 1999. "On n'a rien d'officiel, on n'est pas au courant", a déclaré Hein Verbruggen, joint par téléphone en Amérique du Sud où il est en voyage. "Je ne veux pas m'exprimer en détail car je ne veux pas réagir à des spéculations à partir d'un article de journal". Le président de l'UCI a ajouté qu'il n'était pas au courant des analyses rétrospectives faites sur les échantillons urinaires du Tour 1999: "Le laboratoire a dû faire des tests supplémentaires. Quelqu'un les a commandés." Hein Verbruggen a regretté que des résultats éventuels de contrôles soient d'abord connus par la presse. "C'est une affaire qui sort de France et ce n'est pas par hasard, a-t-il dit. "C'est malheureux. Ce n'est pas la première fois que je suis surpris par un article de l'Equipe".

Jan Ullrich - L'Allemand Jan Ullrich serait "très déçu" si les soupçons de dopage à l'EPO de l'Américain Lance Armstrong en 1999 étaient confirmées, a-t-il indiqué mardi à l'issue de la 9e et dernière étape du Tour d'Allemagne cycliste à Bonn. "J'étais en train de prendre mon petit-déjeuner à l'hôtel quand le porte-parole de l'équipe nous a révélé la teneur de l'article de L'Equipe. Dans la salle, il y avait aussi l'équipe Gerolsteiner tout aussi surprise que nous", a expliqué Jan Ullrich, sur le site internet de l'équipe T-Mobile."La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre. Pendant l'étape, on a en a discuté entre nous dans le peloton, mais pour le moment, il nous manque toutes les informations nécessaires et exactes, c'est pourquoi je ne veux pas tirer de conclusions trop hâtives. Mais il est clair, a-t-il aussitôt prévenu, que je serais très déçu si les informations contenues dans cet article étaient confirmées".

Fabrizio Bontempi - (Lampre/directeur sportif): " Pour moi c’est une histoire totalement absurde et je crois surtout que l’on cherche à discréditer Armstrong. Il n’est pas vraiment juste que l’on ressorte une affaire qui date désormais de 1999 et cela ne sert strictement à rien. Armstrong n’a jamais été contrôlé positif et de plus il vient de prendre sa retraite, donc où est l’intérêt d’en parler maintenant? Nous en avons discuté en voiture avec Cunego (Damiano) et je peux assurer qu’il a la même opinion que moi comme d’ailleurs tous ceux qui sont ici ".

Le professeur Klaus Müller, expert de lutte antidopage en Allemagne, a fait part mardi de son scepticisme sur la méthode de détection qui a permis de déceler de l'érythropoïétine (EPO) dans les urines de Lance Armstrong. "Je ne doute pas que les résultats des analyses réalisées par mes collègues français sont solides", a déclaré le professeur Müller, directeur de l'Institut pour l'analyse du dopage de Kreischa, à un quotidien allemand dans son édition de mercredi à paraître. L'expert s'est toutefois étonné qu'un échantillon vieux de cinq ans du septuple vainqueur du Tour de France ait été conservé: "Quand un échantillon contrôlé s'avére négatif, il est détruit, ainsi que l'échantillon B, dans les mois qui suivent", a-t-il déclaré au Leipziger Volkszeitung. Selon ce chercheur, un échantillon peut être conservé pour procéder à des recherches et expériences à condition toutefois que la personne sur laquelle il a été prélevé donne son accord et que le "donneur" reste anonyme. Or, note le patron de l'Institut pour l'analyse du dopage, "cela ne semble pas s'être passé ainsi", ce qui suggère que le champion cycliste américain pourra saisir la justice.

Alex Zuelle - Le Suisse Zülle qui avait terminé deuxième derrière Armstrong du Tour 1999 est resté sur la réserve. "Je ne dirai rien parce que ma carrière de coureur est terminée. Je ne suis pas Armstrong. Il arrive que ce genre de spéculations soient prouvées ou qu'elles ne le soient pas. Je ne m'intéresse plus à ce genre de choses", a-t-il dit. "Maintenant qu'il a gagné son septième Tour, cette bombe vient d'exploser. Cela permet aussi aux media de gagner de l'argent. En ce qui me concerne, le Tour 1999 est de l'histoire ancienne. Trop d'années ont passé."


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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