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30 août 2005

Le casse-tête des contrôles a posteriori

Stéphane Mandard

Pour le ministre des sports, Jean-François Lamour, les contrôles de dopage a posteriori devraient constituer "une épée de Damoclès au-dessus de la tête de ceux qui veulent tricher et de ceux qui les aident à tricher" . Depuis que le laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry révélé la positivité à l'érythropoïétine (EPO) de quinze prélèvements urinaires effectués pendant le Tour de France 1999, dont six de Lance Armstrong, les contrôles a posteriori apparaissent comme la nouvelle arme de dissuasion de la lutte antidopage.

Leur mise en application pose toutefois un certain nombre de questions. D'un point de vue réglementaire, l'article 17 du code mondial antidopage prévoit depuis 2003 qu'une action disciplinaire puisse être entreprise à l'encontre d'un athlète jusqu'à huit ans après une infraction. Pour l'heure, aucune fédération ne s'y est encore risquée à l'appliquer. Si la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a testé à nouveau fin 2003 les 402 prélèvements urinaires réalisés pendant les Mondiaux d'athlétisme de Paris en août 2003 pour y déceler l'éventuelle présence de tétrahydrogestrinone (THG), l'identité des deux athlètes contrôlés positifs n'a pas été révélée.

Outre des problèmes réglementaires, les contrôles a posteriori soulèvent des questions d'ordre technique. "Les laboratoires devront pouvoir stocker davantage de flacons puisqu'il faudra doubler les échantillons A et B pour rendre possible une contre-expertise" , observe-t-on au ministère des sports.

"Il n'y a pas de problèmes techniques insurmontables, souligne un autre acteur de la lutte antidopage. Il y a des problèmes de volumes à traiter et de coûts, mais les capacités de stockage existent. La seule interrogation scientifique concerne la stabilité, substance par substance, des échantillons dans le temps. "

"La réflexion est davantage à mener sur le terrain éthique, juridique et politique, précise-t-on de même source. Contrôler a posteriori revient à remettre des prix ou des médailles de façon sursitaire. Si tous les six mois ou tous les trois ans les classements sont systématiquement "reformatés" avec des primes à rembourser, des dommages et intérêts à verser... il y a un réel danger à ce que les sportifs, le public et les organisateurs ne soient pas prêts à l'accepter."

Jean-Pierre Karaquillo, arbitre du Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne et directeur du Centre de droit et d'économie du sport de l'université de Limoges, ne voit pas d'objection au fait que l'on puisse disqualifier un sportif et bouleverser un classement plusieurs années après une infraction. "Outre leur règlement antidopage, les fédérations internationales possèdent des réglementations de droit commun qui prévoient des sanctions en termes d'atteintes aux intérêts fédéraux" , précise-t-il.

L'article 12.1.005 du règlement de l'Union cycliste internationale (UCI) prévoit ainsi d'un à six mois de suspension en cas de comportement "de nature à porter atteinte à l'image, à la réputation ou aux intérêts du cyclisme ou de l'UCI".

Dans un communiqué de presse adressé, lundi 29 août, l'UCI "confirme qu'elle poursuit son évaluation globale de la situation - concernant l'analyse des échantillons du Tour 1999 - et qu'elle communiquera ses conclusions sur cette affaire dans une dizaine de jours".


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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