PARIS (AFP) - L'Américain Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France cycliste, laisse entendre qu'il va mettre fin à sa retraite pour tenter d'ajouter un 8e succès dans la Grande Boucle et apporter une réponse sportive aux suspicions de dopage entourant sa première victoire en 1999.
"J'y pense, a déclaré mardi le champion dans l'Austin American-Statesman. Je pense que c'est le meilleur moyen d'emmerder (les Français)."
Selon le journal, le Texan, à la retraite après avoir enlevé son septième Tour consécutif en juillet, réfléchit à un possible retour depuis environ deux semaines, après que le quotidien français L'Equipe l'a accusé de s'être dopé à l'EPO en 1999 pour gagner son premier Tour.
"Je m'entraîne tous les jours", affirme Armstrong, qui aura 34 ans le 18 septembre, quand le journal lui demande à quel point il est sérieux.
Dans son édition du 23 août, L'Equipe affirmait que des traces d'érythropoïétine avaient été trouvées dans des prélèvements d'urine appartenant à Armstrong, datant de 1999 et analysés en 2004 dans le cadre de tests scientifiques.
Le Texan, qui n'a jamais été contrôlé positif, a nié avec force avoir pris des substances interdites, et s'est défendu en mettant en doute la validité des analyses.
Les responsables de la formation d'Armstrong, Discovery Channel, ont réagi positivement aux déclarations de leur champion. "Ce serait super", a ainsi affirmé son directeur sportif Johan Bruyneel.
"Une décision pourrait tomber lors de ce fameux stage (en décembre aux Etats-Unis), qui sera déterminant, a confié le Belge. Mais ne me faîtes pas dire que Lance a déjà décidé de poursuivre sa carrière."
"Il a repris l'entraînement quotidien trois semaines après le Tour. Il suit les performances de l'équipe de très près, et c'est clair qu'il a faim de cyclisme", a raconté Bruyneel précisant qu'Armstrong rêve aussi "peut-être d'une revanche sportive."
"Il y aura toujours une place pour lui dans l'équipe s'il décide de revenir et il est d'ailleurs encore sous contrat jusque fin 2006", a ajouté Bruyneel, qui affirme parler à Armstrong tous les jours.
Son adjoint Dirk Demol note que "Lance fait quand même du VTT à raison de trois heures par jour." "C'est beaucoup pour un retraité, qui participera de surcroît activement à notre stage début décembre à Austin. Qui sait ce qu'il décidera alors...", a conclu le vainqueur de Paris-Roubaix 1988.
Son coéquipier Manuel Beltran se montre tout aussi enthousiaste. "Je trouverais ça génial s'il revenait sur le Tour, a déclaré l'Espagnol. Je l'apprécie beaucoup et il faut le connaître personnellement pour se rendre compte de sa valeur humaine."
Les Espagnols Roberto Heras et Manolo Saiz, coureur et manageur général de Liberty, ont également salué l'idée d'un retour de l'Américain.
Heras a dit comprendre "totalement son attitude, de vouloir défendre tout ce qu'il a obtenu avec tant de sacrifices. C'est une attitude très sportive." Pour Saiz, ce serait "une manière très sportive de faire face à une situation qu'on lui a imposé."
Dans le reste du monde du cyclisme, les réactions sont plutôt prudentes, à l'image de celle du patron du Tour, Jean-Marie Leblanc qui n'a pas souhaité faire de commentaires: "Je ne veux pas commenter cette sorte de +on dit+. Je ne le ferais que s'il s'agissait d'un communiqué officiel."
Eric Boyer, le manageur de l'équipe française Cofidis, n'est pas plus disert: "Je ne pense rien de cette information. Je ne veux pas réagir car nous rentrerions dans des polémiques stériles."
Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour, est encore plus vindicatif: "Je me fous éperdument de cet éventuel retour. On verra au départ... s'il y est. Ce n'est pas mon problème."
Armstrong ne défraie pas la chronique que pour ses projets sportifs. La presse people est elle aussi aux aguets. Le champion et sa compagne, la chanteuse de country-rock Sheryl Crow, ont annoncé lundi leurs fiançailles, après 18 mois de vie commune. Les deux amoureux, en vacances à Sun Valley dans l'Idaho, n'auraient cependant pas encore fixé de date de mariage.
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