Lionel Venturini
Entre l’Agence mondiale antidopage et l’Union cycliste internationale, c’est désormais à qui se traitera de menteur. L’UCI prend la défense de Lance Armstrong, confondu, selon l’Équipe, pour prise d’EPO sur le Tour de France 1999. L’AMA, par la voix de son président, rétorque que les informations du quotidien sportif ont été puisées à bonne source : Hein Verbruggen lui-même, président de... l’UCI. Pour Richard Pound, ça ne fait aucun doute, « on avait aucune information au sujet des noms des athlètes impliqués. Nous avons reçu du laboratoire des données avec les chiffres de code mais pas les noms. Alors c’était impossible que l’AMA puisse être responsable pour la publication des noms ». Alors qui ? « M. Verbruggen nous a dit qu’il avait montré les six documents [les formulaires de contrôle de dopage signés par Armstrong - NDLR] au journaliste et il lui en a remis au moins une copie. » Il précise : « C’est ce que je conclus de la lettre qu’il [le président de l’UCI] nous a envoyée », a encore précisé Richard Pound.
La semaine dernière, Lance Armstrong s’était cru tiré d’affaire : l’UCI n’envisageait aucune sanction. Sinon vouloir enquêter sur les « fuites » à la presse... Et le sextuple vainqueur du Tour se déclarait « content » que l’Union cycliste internationale « pose les bonnes questions. N’importe quelle investigation professionnelle révélera que les accusations lancées par le tabloïd sportif français (sic) l’Équipe n’ont aucun fondement car je n’ai jamais consommé de produits dopants ».
La conférence de presse de Richard Pound vient apporter du piquant dans une affaire qui n’en manquait pas. Vendredi dernier, Hein Verbruggen avait indirectement accusé l’AMA d’avoir rendu publiques les analyses controversées. Motif, Richard Pound « a intérêt à porter l’attention sur Amstrong pour ne pas que l’attention se porte sur l’AMA et son rôle joué dans cette affaire », avait-il déclaré au Figaro. Les analyses citées par l’Équipe le 23 août ont été réalisées fin 2004 sur des échantillons d’urine prélevés pendant le Tour de France 1999. Le laboratoire les a effectuées dans le cadre d’une recherche scientifique, et non dans le cadre d’un contrôle antidopage formel. Leurs résultats auraient dû rester confidentiels. Il n’existe en outre aucun échantillon de réserve pour une éventuelle contre-expertise. L’UCI entame son congrès lundi, avec en toile de fond la succession de Hein Verbruggen. L’AMA n’y est pas la bienvenue.
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