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28 juillet 2006

Un rêve devenu cauchemar

Louis Garneau vit un mauvais rêve depuis l'annonce du test antidopage positif de Floyd Landis. Et l'ancien cycliste de calibre international a bien peur de ne jamais se réveiller.

Vincent Brousseau-Pouliot

« Floyd Landis m'a fait rêver durant le Tour de France. J'ai eu des défaillances en course pendant ma carrière, comme lui à la 16e étape. Je me demandais comment il avait fait pour reprendre huit minutes le lendemain. Est-il un surhomme ? Je lui donnais tout le mérite qui lui revenait. Maintenant, mon rêve se transforme en cauchemar », dit l'ancien participant aux Jeux olympiques de Los Angeles en cyclisme sur route. Il dirige l'entreprise Louis Garneau Sports à Saint -Augustin -deDesmaures, en banlieue de Québec, depuis sa retraite sportive en 1984.

Le cyclisme a fini par s'habituer aux histoires de dopage depuis le scandale Festina en 1998. Mais jamais n'a-t-il été atteint aussi sévèrement : le gagnant du Tour de France, l'épreuve reine de la discipline. « C'est une bombe. On souhaite toujours couronner un athlète sur qui il n'y a aucun soupçon de dopage. C'est encore le Tour de France et le cyclisme professionnel masculin qui écopent », dit Louis Barbeau, directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes.

Le test antidopage de Floyd Landis vient assombrir le 93e Tour de France, marqué par sa défaillance à la 16e étape et sa résurrection le lendemain. « Les gens ont été très impressionnés par sa victoire à la 17e étape. Ça enlève tout l'éclat du Tour», dit Dominique Perras.

Le cycliste de l'équipe Kodak Gallery/Sierra Nevada ne croit pas que l'avenir de l'épreuve française « A1 » soit en danger. « Après le scandale Festina en 1998, il y avait pratiquement plus de spectateurs l'année suivante. Le Tour va survivre », dit Perras.

Que celui qui n'a jamais péché...
Le scandale a beau mettre Floyd Landis et le Tour de France sur la sellette, il montre aussi les progrès réalisés au cours des dernières années dans la lutte contre le dopage.

« C'est une déception pour le cyclisme en général, mais ça montre au moins que l'Union cycliste internationale finit par pincer les tricheurs. Ça prouve que les tests sont très précis. Avant, les tests contre le dopage étaient de cinq à 10 ans en retard », dit Louis Garneau.

La Fédération québécoise des sports cyclistes espère que les mésaventures de Floyd Landis auront un effet dissuasif sur les jeunes coureurs tentés d'améliorer leurs performances à l'aide de produits interdits. « Ça démontre qu'il y a des athlètes qui trichent et qui se font prendre. Ce n'est pas parce qu'on est détenteur du maillot jaune au Tour de France qu'on est nécessairement exempt des tests antidopages. Pour nos jeunes coureurs de 15 à 18 ans, ça laisse entrevoir une lueur d'espoir », dit le directeur général Louis Barbeau.

Le milieu du cyclisme le sait : il essuiera toutes sortes de critiques au cours des prochains jours. Il ne compte pas s'en laisser imposer par les sports professionnels nord-américains, dont les programmes de lutte contre le dopage sont à leurs premiers balbutiements. « Le cyclisme donne l'impression d'être le sport qui a le plus de tricheurs. Si les sports professionnels nord-américains avaient la même rigueur que le cyclisme, on aurait des drôles de surprises », pense M. Barbeau.

Au royaume du hockey, les amateurs de sport devraient se tourner la langue sept fois avant de faire le procès du cyclisme. «José Théodore a échoué à un test antidopage et il joue encore dans la Ligue nationale, rappelle Dominique Perras. Le cyclisme est le seul sport qui prend ça au sérieux. Ceux qui jouent avec le feu se brûlent. »


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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