6 août 2005


photo : Stevens LeBlanc

La guerre des nerfs automobilistes-cyclistes

Automobilistes agressifs, cyclistes téméraires et infrastructures dangereuses, le partage de la route entre les différents utilisateurs n'a jamais été aussi difficile malgré les sommes investies par le gouvernement dans des projets comme La route verte.

Sécuritaire, la pratique du vélo à Québec ? S'il faut en croire seulement le nombre d'accidents graves, pas vraiment. Si beaucoup d'automobilistes de la région semblent être les champions du manque de courtoisie et de la conduite "sans angles morts", plusieurs cyclistes n'ont pas l'habitude de respecter la signalisation et les feux de circulation.

Pire encore, malgré les efforts faits par les autorités municipales pour améliorer la sécurité sur deux roues, plusieurs aménagements augmentent le danger et les risques de collisions entre les voitures et les vélos.

Ensemble sur la voie
« On ne peut pas parler de mauvaise volonté, mais on a l'impression qu'ils veulent toujours séparer les deux groupes alors qu'il faut plutôt permettre une cohabitation au même niveau et s'habituer à rouler ensemble sur la voie publique. Cinq ou six fois par été, on manque de se faire ramasser et c'est toujours la même réponse : ils ne nous ont pas vus », a indiqué Guy Fournier, adepte de vélo de montagne et membre du même club que Vincent Tremblay, qui a été heurté par une voiture, il y a deux semaines.

Selon la SAAQ, la négligence du cycliste ou l'inattention du conducteur (ou du cycliste) causent 73 % des accidents. En 2004, 2681 personnes ont été victimes d'un accident auquel a été mêlé un vélo.

Malgré une diminution des décès depuis 1999, le nombre de blessés graves avoisine les 200 victimes par année.


Bon nombre de cyclistes ne respectent pas les feux de signalisation.
photo : Stevens LeBlanc

Anticipation et altruisme
« Il y a un manque de prudence des deux côtés. L'automobile coupe le chemin, mais le cycliste grille le feu rouge. Il faut être conscient de la présence des autres, anticiper ce qui va se produire et faire preuve d'altruisme », a affirmé Lise Taschereau, porte-parole de la police de Québec.

Si le cycliste se retrouve derrière le volant de sa voiture fréquemment, l'automobiliste n'est pas nécessairement un passionné de vélo.

« Ça arrive malheureusement trop souvent, des accidents comme celui de Vincent, et c'est toujours le cycliste qui mange le coup », a ajouté M. Fournier.

Ce dernier suggère d'abandonner les coûteuses installations de pistes et de bandes cyclables urbaines, souvent à contresens de la circulation, pour les remplacer une simple ligne peinte qui partagerait l'espace sur la voie carrossable.

À condition, cependant, de lancer une campagne spéciale de sensibilisation...


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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