Dimanche, 17 novembre 2002
Effectivement, on n'a eu les premières neiges dans les dernières semaines.  Mais surtout beaucoup de glace noire et de glace bleue.  Ça a beau ne pas être ma première hiver, les premières fois de la saison, c'est toujours plus intimidant.  Comme on dit dans le métier, c'est la merde blanche qui recommence. Que voulez-vous, c'est le merveilleux climat du québec. Bah, ça pourrait être pire.

     Parlant de mauvaise condition métérologique, je vais vous en conter une bonne qui m'est arrivée la semaine dernière.  Je pars d'un entrepôt vers les 5h00am.  J'ai 1 heure de route à faire sur une autoroute quasi-secondaire. Il a neigé, peut-être 1 pouce dans la dernière heure et demie. Les rues de la ville sont coulantes mais bon, c'est normal.  Arrivée à l'autoroute, je dois passer sur un "overpass" pour y avoir accès. À ce moment, il y a justement un camion qui passe dessous en direction d'où je me dirige moi aussi.  Je me dis alors en moi même "On va regarder à quelle vitesse il roule à peu près, savoir si l'autoroute est coulante aussi" Dans mon évaluation, il devait aller à environ 90-100 km/h. Alors je me dis que ça doit pas être si pire.  Une fois engagée sur l'autoroute, j'accélère donc à 90km/h.  Je ne suis pas des plus "mémères" dans les conditions hivernales, mais je ne me sentais pas du tout à l'aise de rouler aussi vite. Alors j'ai redescendu l'odomètre à environ 70km/h. Environ 9 ou 10  kilomètres plus loin, en virant un croche, je ne vois tu pas mon camion de tantôt en portefeuille (jacknife) dans le bord du boisé à gauche.  Heureusement, l'autoroute n'est pas à "circulation à contresens" à cet endroit, donc il n'a pas pu emmener une voiture avec lui.  Je rétrograde donc lentement (je me voulais pas appuyer sur les freins et aller le rejoindre dans le boisé!) et je m'immobilise sur l'accottement de gauche à la hauteur de son camion pour aller voir s'il avait besoin de secours. La voie à demie dégagée est celle de droite alors je ne nuis pas au traffic.  Pour me rendre à la cabine du camion, je passe à côté de la remorque.  Les roues sont dans le vide et m'arrive à la hauteur des épaules.  C'est assez impressionnant.  Je vais donc parler au chauffeur (un anglophone) et il me dit ne rien avoir de grave, qu'il est juste un peu secoué.  Je lui offre donc d'appeller la Sureté du Québec mais il me dit que c'est déjà fait. Je lui demande donc si je peux quitter les lieux puisqu'il est ok puisque mon trajet est minuté.  Comme il me réponds dans l'affirmatif, je remonte donc pour rejoindre mon volant.  Entre temps, un autre camionneur c'était immobilisé derrière moi et venait à ma rencontre me demander si le chauffeur était ok.  La police arrive au même moment et s'immobilise derrière nos deux engins.  Ils se dirigent vers nous avec leurs lampes de poches.  Arrivés à notre hauteur, ils s'arrêtent, me regardent dans les yeux et me demandent: "Êtes-vous correct madame?"  Bien oui, il y a un camion dans le champs, ils en déduisent que ce devait être la femme qui le conduisait.  Mettons qu'ils ont changés de face 2-3 secondes quand je leur ai répondu que j'allais très bien et que le chauffeur qu'ils cherchaient étaient dans son camion et qu'il allait bien.  Mettons que leur remarque était pleine de préjugés mais je dois avouer que je l'ai plutôt trouvé drôle.

    Je suis en train de lire l'histoire d'une autre femme qui a exercé dans un métier d'homme, celui de pétroleuse comme elle le nomme elle même.  Je devais la lire depuis un petit bout, mais je manque de temps. J'en suis à la moitié et je peux vous dire que c'est très bien écrit et que c'est très intéressant.  Ceux et celles qui voudraient y jetter un oeil, vous pouvez visiter son site
en cliquant ici.            
Wildthing
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