Je croyais que ça y était. Lundi soir. La 10 était enneigée, les gens étaient sur les nerfs. Je ne me laisse pas impressionner par la tempêrature en temps normal, mais lundi soir, je ne sais pas, j'avais une mauvaise impression. Comme de fait, en montant sur l'autoroute, je suivais la filée de voitures. Ça ne donnait pas grand chose de dépasser, la file était pleine et tant qu'à dépasser pour gagner qu'une place, ça ne donnais rien. Toujours en est-il qu'un camion derrière moi se décide à me dépasser. C'est son choix, s'il se sens assez brave pour me dépasser sur la voie de gauche complètement enneigée, c'est pas moi qui va lui dire comment conduire son camion. Alors je me tasse le plus que je peux, dans ma voie, pour l'aider si on peut dire. Mais voilà qu'à la mi-hauteur, le chauffeur d'à-côté perds tout son courage. Et il se rebats dans la voie mieux dégagée. Mais ma cabine était à peine à la moitié de sa remorque. Il se tassait sur moi. Que pouvais-je faire? Rester là et prendre la chance qu'un de nous partent "jack-knife" et entrainent les voitures qui suivaient dans un carambolage monstre. Alors je me suis tassée dans l'acottement. Elle n'était vraiment , mais vraiment pas dégagée. En fait, elle était 4 fois pires que la voie de gauche. Je sentais le camion partir. À cet instant, tout ce qui a pu me passer par la tête. Je voyais déjà le camion "jack knife" ou bien étendu de tout son long dans le champ. Je pensais que ça y était, que c'était fini. J'ai crié de tous mes poumons à l'autre qui avait manqué de courage pour finir son dépassement. Je sais que les flûtes auraient plus attirer son attention, mais s'il les avait entendu et donner un coup de volent, encore une chance de "jack-knife" et de carambolage. Dans ce cri, qui fesait encore mal à mes poumons 30 minutes après, j'y ai mis toute ma peur, toute ma rage. J'ai réussi à tenir le cap et je suis revenue dans la voie de droite aussitôt que la remorque m'a laissé le champ libre. Je suis encore là, j'ai pas couché mon truck, c'est l'important.
Comme si ce n'était pas assez, obligé de prendre les "traction aid" pour me sortir de la cours où j'allais livrer. Une belle soirée, je vous jure. Mais il y en a des comme ça, on peut rien y faire. C'est les risques du métier.
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