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| A CHRISTMAS LOVE AFFAIR © Xeen (30 novembre 2001) Genre : romance S&J Spoilers : les deux films de Leo MacCarey "Love Affair" et "An affair to Remember" intitulés "Elle et lui" en français et le pilote de Stargate SG-1 Disclaimer : les persos appartiennent à Showtime/Viacom, MGM/UA, Double Secret Productions, Gekko Productions, SciFi Channel etc…. Note de l’auteure : évidemment les adresses e-mail contenues dans le texte sont fausses? * Cary Grant prit Deborah Kerr dans ses bras, la caméra recula et le mot 'fin' s’inscrivit sur l’écran. Samantha Carter s’essuya les yeux, appuya sur la télécommande, reposa le bol de pop-corn sur le canapé et s’étira. Ses longues jambes heurtèrent le combiné du téléphone. Elle écouta la tonalité d’un air absent. "Tu sais bien que je ne peux pas me libérer pour les fêtes," lui avait dit le général Carter d’un ton sans réplique. Et d’ailleurs qu’aurait-elle pu répondre à cela ? Elle en avait pris son parti depuis des années. Sa brouille avec son frère Mark lui évitait de faire semblant d’apprécier Noël. Elle soupira et ouvrit la porte du congélateur. "Vanille noix de pécan ou chocolat et éclats de truffes ? Les deux mon général…" murmura-t-elle. Elle attrapa une cuillère, s’assit sur le tabouret face à la fenêtre et ouvrit les deux barquettes de glace. La neige tombait depuis quelques jours sur Washington. Le vieil érable agitait doucement ses branches devant les fenêtres de son appartement. Et si elle allait faire un tour à New-York ? Charlene lui avait proposé son appartement pendant son séjour en Europe. Elle monterait en haut de l’Empire State Building. Bien sûr Cary Grant ne l’attendrait pas là-haut. Ni Jonas. Elle devait y aller avec Jonas, mais ils n’avaient jamais trouvé le temps. Ni l’envie, en ce qui la concernait. Elle était contente d’avoir rompu. Cette histoire ne la menait nulle part. D’un geste déterminé, elle remit les glaces dans le freezer et composa le numéro de Charlene. * Le colonel Jonathan O’Neill, en retraite, se recula et saisit une bière d’une main experte. Il referma le couvercle de la glacière d’un coup de pied et colla son œil au télescope. Même en Arizona, la nuit était couverte. Encore trop de nuages. Trois jours de suite. Il grinça des dents de frustration et avala une gorgée de bière. Il aurait bien fumé une cigarette. Si Sarah avait été là, il aurait pu lui demander. S’il avait eu le courage de la regarder en face et de lui parler. Mais elle était parti voir son père. Dans la boîte à gants de la voiture ? Cela valait le coup d’aller voir. A regret, il bascula le télescope et descendit. La télévision était allumée. Il jeta un coup d’œil en passant et s’arrêta. Encore ce film ! Deborah Kerr regardait l’Empire State Building, elle allait traverser… " Bingo ! " murmura-t-il en serrant les dents. Il se faisait avoir à chaque fois. Les crissements de pneus, le coup de freins, les cris. Mais elle, elle ne mourait pas. Il avait promis à Charlie qu’ils monteraient en haut de l’Empire State pour Noël. Ils n’avaient pas eu le temps. Il n’avait pas pris le temps. Toujours trop occupé, toujours à remettre à plus tard. Maintenant Charlie était mort. Mort. Il poussa la porte du garage et se mit à fouiller frénétiquement dans la voiture. Pas de cigarettes. Il soupira et revint à l’intérieur. Cary Grant regardait sa montre, en haut de l’Empire State. Elle ne viendrait pas. " Et si j’allais à New York ? " pensa Jack. " Pour Charlie. " Il éteignit la télévision, sortit un sac de voyage et téléphona à l’aéroport. * A moitié endormie dans la baignoire de Charlene, en plein Manhattan, Sam se demandait comment elle avait bien pu devenir la meilleure amie du lieutenant Charlene Davidson. La salle de bain était envahie de flacons de parfums, de pots de crèmes et de cosmétiques en tout genre. Elle sourit. Charlene lui avait dit de faire comme chez elle. D’utiliser ses affaires et même de porter ses vêtements si elle était invitée par le Prince Charmant au bal de la cour pour Noël. A regret, elle sortit de la baignoire, s’enveloppa dans une serviette de bain et alluma la télévision. Charles Boyer se tournait vers Deborah Kerr et l’enlaçait. Sam se rapprocha de l’écran. "Il va lui donner rendez-vous à New-York…" murmura-t-elle en se séchant les cheveux énergiquement. "Oui…" dit-elle plaintivement, "oh, j’adore ce film !" Elle s’habilla, se maquilla légèrement et descendit les escaliers en courant. Elle détestait prendre l’ascenseur. Légèrement essoufflée, elle poussa de toutes ses forces sur le battant de la porte coupe-feu et fut projetée dans les bras d’un homme d'une quarantaine d'année qui ouvrait la porte du hall au même moment. "Excusez-moi" dit-il en la retenant par les épaules, "je ne vous ai pas fait mal ? Je croyais que j’étais le seul à utiliser ces escaliers," grimaça-t-il en la regardant d’un air concerné. "Je n’ai rien," répondit-elle en posant la main sur son avant-bras. "C’est à moi de m’excuser. Je ne m’attendais pas à tomber sur quelqu’un," ajouta-t-elle avec un petit rire en levant les yeux. Wow, le premier new-yorkais à qui je parle et… wow ! pensa-t-elle. "Absolument pas ! Je suis très gêné. Je ne viens pas souvent à New York, mais je ne pense pas que ce soit la meilleure entrée en matière," badina l’homme apparemment habitué à déclencher des réactions féminines enthousiastes. "Vous n’habitez pas New-York ?" Elle sentit le dépit dans cette phrase. Il était trop tard. Il ne semblait pas avoir remarqué. "Non, je suis venu pour les fêtes," répondit-il en la lâchant. "J’ai promis quelque chose à mon fils." "Oh," commenta Sam en rougissant. Arrête, il est marié, tu aurais dû t’en douter, pensa-t-elle sans pouvoir détacher ses yeux du visage de l’homme. "Vous habitez New-York ?" demanda-t-il. "Oh, non. Washington. Je suis venue passer quelques jours chez une amie." "Très bien, nous allons sans doute nous revoir alors," affirma-t-il, très sûr de lui. "En attendant que le hasard nous réunisse, accepteriez-vous que je vous offre un verre pour me faire pardonner ?" Non, pensa Sam immédiatement. Tu ne perds pas de temps mon bonhomme. Elle le regarda pensivement. Les mots sortirent de sa bouche sans qu’elle s’en rende compte. "Ce sera avec plaisir. Je m’appelle Samantha, Samantha Carter." "Bond. James Bond… Excusez-moi ! Je ne peux pas m’empêcher d’essayer de temps en temps !" dit-il en lui tendant la main. Une main immense. "Jack. Jack O’Neill." * Samantha monta dans le taxi qui venait de s’arrêter devant l’immeuble. Ca lui faisait tout drôle. Ces quatre jours avaient passé à la vitesse de l’éclair. Jack lui manquait ce soir, mais ce n’était pas comme s’ils s’étaient promis quoi que ce soit. Elle reconnaissait volontiers son attirance. Pour la première fois de sa vie, elle se sentait une vraie femme, pas la fille du général Carter, ou le capitaine qu’on invite parce qu’elle est major de promotion. C’était un compagnon charmant et attentionné. Et divorcé, pensa Sam en regardant les illuminations de fête par la vitre. Elle paya le taxi et leva la tête vers le gratte-ciel qui se dressait de l’autre côté de la rue. Elle serra les pans de son manteau autour d’elle et traversa en pensant à Deborah Kerr. Elle s’engouffra dans le building. Il n’y a pas foule ce soir, se dit-elle en payant son ticket, on voit que c’est Noël. Elle secoua la tête machinalement et suivit le couple et le petit garçon qui prenaient l’ascenseur. Arrivés à la terrasse qui surplombait la ville de lumière, le liftier les prévint qu’il revenait fermer dans la demi-heure. Sam s’approcha du bord et sentit les larmes lui piquer le nez. Sa vie sentimentale était un échec. Sa carrière professionnelle ne valait guère mieux, depuis qu’elle s’entêtait sur cette antiquité. Elle commençait à croire qu’elle se trompait. Elle avait essayé d’appliquer tous les codes possibles, mais rien ne se passait. Elle sentait que cet anneau de métal était d’une importance capitale, mais elle n’arrivait pas à le faire fonctionner. "Tu ne vas pas te mettre à penser au boulot," murmura-t-elle. Elle mit une pièce et dirigea la lunette vers le ciel. Impossible de la faire monter plus haut. Une bague métallique bloquait le mécanisme. Elle ne voyait rien. Finalement, c’était une erreur d’être venue ici ce soir. Elle n’était pas une héroïne de roman, elle ne jouait pas l’amoureuse invalide dans un film en noir et blanc, Cary Grant ne la prendrait pas dans ses bras en lui murmurant qu’il l’aimait… Elle jeta un dernier regard et retourna vers les ascenseurs. "Sam ?" Elle sursauta et leva les yeux. "Qu’est-ce que vous faites là ?" demanda Jack d’une voix rauque. "Je viens vivre un vieux rêve. Vous connaissez Elle et Lui ?" "Je préfère celui avec Grant," répondit Jack. "Moi aussi. Je devais venir avec mon fiancé, mais nous n’avons jamais eu le temps." "Je vois," dit Jack d’une voix brisée. "Vous êtes sûr que ça va Jack ?" s’inquiéta la jeune femme. Il était méconnaissable. Les traits tirés, les yeux gonflés et rouges, les mains tremblantes. Elle le fit asseoir à côté d’elle et essuya les larmes qui coulaient sur ses joues. "Ne dites rien, là venez," dit-elle en le prenant dans ses bras. "J’ai… j’ai perdu mon fils," murmura Jack. "Il est mort par ma faute." Sam le serra plus fort en le berçant comme un enfant. Une foule de questions se pressaient dans sa tête. Ce n’est pas le moment, pensa-t-elle en jetant des regards à la dérobée à son compagnon. Jack finit par se reprendre. Il serra Sam dans ses bras et lui murmura à l’oreille. "Merci." "Pas de problème," dit Sam en levant la tête. Il l’embrassa doucement sur les lèvres. Il la regarda longuement et soupira. "Sam, je quitte New-York cette nuit. On me rappelle d’urgence. Il semblerait que je doive rencontrer un docteur en archéologie demain à la première heure," ajouta Jack sur un ton excédé. "Je rentre à Washington après-demain," répondit-elle en enfouissant son visage dans sa veste. Pourquoi est-ce que tu as envie de pleurer. Tu le connais à peine… Je ne veux pas qu’il parte, pensa-t-elle. "Sam ?" hésita Jack, étonné de son silence. "Oui." "Est-ce que nous nous reverrons ?" "Qui sait ?" dit-elle sans relever la tête. Il lui prit le menton et approcha son visage du sien. "Sam, je suis sérieux. J’ai vraiment envie de vous revoir." "Vous avez mon numéro de téléphone," répliqua-t-elle en éludant la question. Elle vit son regard se durcir. Il la lâcha et enfonça les mains dans ses poches. "Oui, j’ai votre numéro," dit-il en surveillant les portes de l’ascenseur. "Je vous appellerais." Il hocha la tête et s’engouffra dans l’ascenseur au moment où les portes se refermaient. * "Bonjour capitaine. Alors, ces vacances ?" questionna l’archiviste. "Comme un Noël," répondit Sam avec un petit sourire et un signe de la main. Elle entra dans son bureau et posa le gobelet en carton au milieu des dossiers. Elle entreprit de lire ses e-mails en compulsant les documents qui s’étaient accumulés. Elle sentit ses mains trembler et relut le message qui s’affichait sur l’écran. Sujet : Porte des Etoiles Date : 29 décembre 1996 De : catherine.langford@gov.org A : cap-sam.carter@pentagon.org Fichiers joints : jackson.doc /rapport001 Sam ! Je veux être la première à vous féliciter. Grâce à vos recherches, un archéologue que j’ai contacté, le docteur Daniel Jackson, a réussi à faire fonctionner la Porte des Etoiles. Vous ne le connaissez pas, et il y a peu de chances que vous le rencontriez un jour, mais je vous expliquerai de vive voix quand je passerais à Washington en janvier. Vous étiez injoignable et je regrette que vous n’ayez pas pu faire partie de cette première mission de reconnaissance. Je vous envoie les rapports et le dossier établi par le docteur Jackson. Tenez-moi au courant. A bientôt, Catherine Ils avaient passé la porte sans elle. Deux ans de travail acharné et ils la laissaient sur le carreau sans même essayer de la joindre. Elle réfréna des larmes de rage en réalisant que ses seules vacances en sept ans au Pentagone l’avaient mise hors jeu. Voilà tout ce qu’elle était, la scientifique de service. Pour l’Armée de l’Air, elle se doutait que le fait qu’elle était une femme suffisait probablement à la mettre sur la touche. La colère lui brouillait l’esprit. Elle regardait le curseur qui témoignait de l’avancement du téléchargement des dossiers envoyés par Catherine. Elle cliqua sur l’icône et lança l’impression. Elle but son café comme une automate et recueillit les feuillets qui s’accumulaient dans le panier. CONFIDENTIEL Rapport de la mission d’Abydos Blablabla… Elle ne reconnaissait aucun des noms portés au dossier. Rapidement, elle lut le rapport en diagonale. Des extra-terrestres ? Râ ? ? C’était de la science-fiction. Rapidement son regard se porta sur le nom de celui qui avait rédigé le rapport. Colonel Jack O’Neill. Son cœur fit un bond dans sa poitrine pendant que les pièces du puzzle se mettaient en place dans sa tête. Il avait dit qu’on l’avait appelé d’urgence pour un rendez-vous avec un archéologue. Mon dieu ! C’était impossible. Elle relut le rapport et laissa tomber les feuilles sur son bureau. Il fallait qu’elle en ait le cœur net. Elle tapa son code d’accès et appela les archives de USAF. Comme elle s’y attendait, le dossier du colonel O’Neill était top secret. Pas de problème. Cela lui prendrait juste un peu plus de temps. [ENTER]. " Voilà." Sans vraiment y croire, elle regardait la photo qui s’affichait à l’écran. C’était bien son Jack. * "Bonsoir mon colonel," dit Kawalski. "Bonsoir Charlie, et c’est Jack. J’ai démissionné. Vous avez oublié ?" "Bonsoir Jack," dit Ferretti en faisant un signe de la main. Jack referma la porte derrière eux et sortit une bière du frigo. Il regarda pour la énième fois le répondeur qui clignotait sur la console de l’entrée et donna un coup de poing sur la machine en soupirant. Pas question de céder et de rempiler. Cette mission sur Abydos, c’était le point d’orgue de sa carrière. Ils l’avaient eu encore une fois, mais c’était la dernière. La voix de l’aide camp du général retentit dans le couloir. "Colonel O’Neill. Excusez-moi de vous déranger mais quelqu’un du Pentagone cherche à vous joindre depuis une semaine…" " Comme si je ne le savais pas, vous me harcelez avec ça tous les jours, " grinça O’Neill. " … Cette personne insiste et elle est prête à venir vous voir personnellement pour en discuter avec vous. Evidemment, je ne lui ai pas transmis vos coordonnées… " "J’espère bien," s’écria Jack en avalant une gorgée de bière. "… mais le Pentagone insiste et je me demandais…" Jack donna un nouveau coup de poing sur le répondeur qui cliqueta et vira à l’orange. "Laissez-moi tranquille. Je ne veux plus entendre parler de cette mission," grommela-t-il en décrochant le téléphone. "Le bureau du général West !" dit-il d’un ton sec. "Allô ? Lieutenant Anderman ? J’ai un petit quelque chose à vous demander," commença O’Neill d’une voix glaciale. "ARRETEZ DE ME CASSER LES PIEDS AVEC LE PENTAGONE ! JE SUIS A LA RETRAITE !" hurla-t-il dans le combiné. "Vous avez compris ou vous voulez que je vienne vous expliquer en personne ?" ajouta-t-il d’une voix menaçante. L’aide de camp bredouilla qu’il comprenait parfaitement et raccrocha précipitamment. Jack alla s’asseoir devant la télévision et se mit à zapper. Cary Grant va sortir de la pièce. Deborah Kerr le regarde d’un air désespéré. Il se retourne. Il voit le fauteuil roulant dans le miroir. "C’est pas vrai," murmura Jack. "Encore ce film." Il se leva d’un bond et fouilla dans la poche de son blouson. Il en sortit un papier froissé. " Sam # 555-… " Il roula le papier en boule et le jeta dans la cheminée. * Le général Hammond avait été clair. L’affectation du capitaine Carter au projet Stargate et à l’équipe commandée par O’Neill n’était pas une option. Jack baissa la tête et ralentit dans le couloir qui menait à la porte des étoiles. Ferretti et Kawalski le dépassèrent. Kawalski le regarda de l’air de celui qui se doute de quelque chose et lui fit un clin d’œil. Carter arrivait à sa hauteur. "Capitaine ? Est-ce que je peux vous parler une minute," demanda O’Neill en ralentissant encore le pas. "Mon colonel," dit Carter en se raidissant. Jack baissa la voix. "Sam, je voulais vous dire. Si je ne vous ai pas rappelée…" "Mon colonel, ce n’est ni l’endroit ni le moment. Je comprends," l’interrompit Sam. Elle eut un petit sourire triste. "C’est l’histoire de ma vie. Toujours le mauvais endroit et le mauvais moment." Elle accéléra le pas et rejoignit les autres. Quand cette mission sera finie, il faudra bien qu’elle m’écoute, se dit O’Neill. Avec le temps, je suis sûr qu’elle finira par comprendre que je suis fou d’elle. Le général les accueillit en salle d’embarquement et fit ses dernières recommandations au colonel O’Neill d’une voix sèche. Jack hocha la tête et laissa ses hommes s’engager sur la passerelle. "N’ayez pas d’inquiétude, mon colonel, je ne vous laisserais pas tomber." "J’allais juste dire les femmes d’abord…" plaisanta Jack. "Avec le temps, je suis sûre que vous m’apprécierez mon colonel," dit Sam en se jetant à l’eau. Le grondement du vortex couvrait le son de sa voix. Elle lui jeta un regard incertain. Les yeux fixés sur la masse bleutée, Jack répondit sans se retourner. "Mais je vous adore déjà capitaine." FIN |