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| LES COMMÉRAGES DE JACK O'NEILL (5) : C’est bientôt Noël, non ? © Xeen (2002) note de l'auteure : allez vite lire les merveilleuses histoires de Wendy Parkinson genre : parodie/humour (si vous préférez comprendre quelque chose, je vous conseille de lire les précédents !) disclaimer : Stargate-SG1 - Metro-Goldwyn Mayer Inc. / UA - MGM Worldwide Television - Gekko Corp - Double Secret Productions - Scifi Channel - all rights reserved * Sam entra dans le parking sur les chapeaux de roue et arrêta la voiture dans un crissement de pneus. Elle se jeta hors de la voiture, saisit les paquets qui traînaient sur le siège arrière et les jeta dans le coffre. Sans ralentir, elle s’engouffra dans les sous-sols et fonça dans l’ascenseur. Quelques airmen la regardèrent avec curiosité mais détournèrent les yeux en constatant que le major Carter n’était pas dans un de ces bons jours. Sam s’impatientait. Cet ascenseur n'en finissait pas de descendre. Elle sortit du premier ascenseur, passa le contrôle d’identification à toute vitesse et frappa du poing sur les commandes du deuxième monte-charge qui la conduirait à son laboratoire. Elle attendait en arpentant le couloir et bondit à l’intérieur dès que les portes s’ouvrirent. Elle appuya rageusement sur le bouton et se cala contre la cloison les bras croisés, un pied posé derrière elle. Elle fixait les diodes d’un œil farouche. On allait voir ce qu’on allait voir ! Elle en avait plus qu’assez de toutes ces rumeurs. En règle générale, elle leur accordait un sourire poli, mais les limites avaient été franchies ! S’il le fallait, elle était prête à aller voir le général Hammond. Elle était au SGC pour travailler, pas pour alimenter les ragots. Elle avait l’impression désagréable d’être revenue à l’université. Dès que l’ascenseur s’arrêta, elle sortit en trombe et percuta Janet Fraiser. "Sam ? !" "Excusez-moi Janet, je ne vous avais pas vue." "Ca ne m’étonne pas. Où courez-vous donc comme ça ?" demanda le docteur qui s’était agenouillée à côté de Sam pour ramasser ses dossiers. "Je croyais que vous aviez quartier libre jusqu’à demain ?" "Oui," répondit platement Sam, avec une pointe d’irritation dans la voix, "et c’est bien la preuve que je ne devrais jamais sortir de la base. Je suis allée boire un verre au Club des officiers." "Je comprends que vous soyez énervée. Je déteste cet endroit," compatit Janet. "Ce n’est pas tant l’endroit que ce que j’y ai appris." "Vraiment ?" Une lueur d’intérêt s’alluma dans les yeux du toubib. Sa position, et le couvert du secret professionnel, lui attiraient bon nombre de confessions spontanées, mais elle ne détestait pas avoir des nouvelles fraîches par d’autres sources. Et le Club était certainement bien placé sur sa liste. Sans avoir l’air d’y toucher, elle demanda. "Et ? …" "Et ça ne me plaît pas du tout !" cracha le major. "Qu’est-ce qui ne vous plaît pas Carter ? Bonjour docteur, je vous adore quand vous n’avez que des dossiers à la main," badina le colonel Jack O’Neill. Campé sur ses deux pieds, en pantalon de serge beige, chemise noire et lunettes de soleil à la main, il observait les deux jeunes femmes d’un air amusé. Sans répondre, Sam se releva et lui lança un regard farouche. "Ah non ! Pas vous," lâcha-t-elle. Elle le détailla à la dérobée. Pas mal en civil. "Moi aussi je suis content de vous voir Carter, répondit Jack, "on ne devait pas se retrouver au Club ?" La lueur s’intensifia dans les yeux de Fraiser. Un rendez-vous ? "Justement, j’en viens. Et j’aurais quelques questions à vous poser mon colonel. Cette fois-ci, ça dépasse les bornes ! " "Bon, qu’est-ce que j’ai encore fait ?" demanda Jack d’un air placide. Janet se faisait aussi petite que possible. Une querelle d’amoureux ? C’était presque trop beau pour être vrai. "Vous savez bien ce que vous avez fait mon colonel." "Si je le savais, je ne vous poserai pas la question Carter," s’impatientait le colonel. Non, c’était autre chose. Ils étaient trop formels. "Nous n’allons pas en discuter dans le couloir, mon colonel. Allons au labo." "Le vôtre ?" plaisanta Jack. Il s’attira un regard noir. Sam tourna les talons et partit à grandes enjambées. Le colonel la suivit en faisant une petite grimace d’excuse en direction du docteur qui en fut pour ses frais. Elle soupira et reprit son chemin vers l’infirmerie. Sam ne perdait rien pour attendre. "Qu’est-ce que vous avez fabriqué mon colonel ?" attaqua-t-elle dès la porte refermée. "Que voulez-vous dire major." Le colonel avait l’air perplexe. Au nom du ciel, de quoi diable parlait-elle ? Elle avait l’air furieux. "Vous auriez pu dire ce que vous mijotiez. Vous vous rendez compte de ce qui va se passer n’est-ce pas ?" continua-t-elle en faisant les cent pas. Elle enleva son blouson en jean qui atterrit sur un moniteur et se tourna vers Jack en quête d’une réponse. Elle se massa la nuque et secoua la tête. "N’est-ce pas ?" "Carter, il faudrait que vous repreniez tout depuis le début, je crois que j’ai raté un épisode," déclara Jack posément en se perchant sur un tabouret, "je n’ai aucune idée de ce qui se passe." Sam le fusilla du regard et s’effondra sur un siège. Elle passa la main dans ses cheveux. Il faudrait qu’elle arrête, se dit Jack, et qu’elle se rende compte que je ne suis qu’un homme, pensa Jack en détaillant la courbe de sa poitrine. Un débardeur au mois de novembre ? Cette fille est une vraie pile électrique. Pas étonnant qu’elle ait fait de la physique. "Vous n’êtes pas au courant ?" soupira-t-elle. Jack sourit malgré lui. "Alors, je ne comprends pas," conclut-elle en soupirant. Elle se laissa tomber sur un siège et se prit la tête dans les mains. "Carter, ma patience a des limites. Il fait beau, nous sommes à des centaines de mètres sous terre alors que nous devrions faire nos courses de Noël ensemble après avoir bu un verre entre collègues au bar des…" "J’ai déjà commencé," avoua-t-elle. "Sans moi ?" Il hésita et reprit. "Et bien vous avez bien de la chance Carter. Moi, je suis coincé à la base avec mon second qui me demande des explications alors que je ne sais même pas de quoi elle me parle et si ça continue, je n'aurais même pas le temps d'acheter des papillotes !" Sam le regarda avec un air de chien battu. Jack se leva et s’approcha d’elle. "Qu’est-ce qui ne va pas ? Vous savez que je suis votre ami, Carter. Vous pouvez tout me dire." "C’est au sujet de la rumeur, mon colonel." "Allons bon. Quelle rumeur ? Vous savez que je ne tiens pas compte de ces histoires." "Je sais. Moi non plus. Mais cette fois-ci, il sera difficile de faire autrement." Sam baissa la tête et soupira de plus belle. Elle attaqua d’une traite sans le regarder. "Alors je vous résume la situation. Vous m’avez fait l’amour dans les vestiaires du SGC, nous avons vécu ensemble lors d’une mission parce que nous avions perdu la mémoire, et le général Hammond a fait appel à la Tok’ra pour nous faire avouer. Et nous allons passer en court martiale pour désobéissance, évidemment. Alors ? Et ce n’est que le plus gros. Si vous voulez des détails… " La mâchoire de Jack ne répondait plus aux commandes. Il inspira profondément et siffla entre ses dents. "On a perdu la mémoire en mission Carter ? Je ne me souviens pas," hasarda-t-il. Elle lui lança un regard peu amène. "Ce n’est pas le moment de plaisanter mon colonel. Si la rumeur s’amplifie, nous allons avoir des ennuis." "Vous savez d’où elle vient ?" finit par dire Jack. "J’ai justement tiré les vers du nez du barman au Club, où je vous ai attendu pour rien." Jack rougit et fit une grimace "On n’avait pas rendez-vous à 15:00 heures ?" essaya-t-il. " Nous devions déjeuner ensemble mon colonel. Avec Daniel. Daniel n’est pas venu non plus d’ailleurs." "C’est normal. C’est moi qui devais l’emmener. Désolé Carter." "Pas grave. Quand je suis entrée, toutes les conversations ont cessé. Et pour le barman, vous me devez 50 $, mon colonel." "50$ ?" "Tout augmente mon colonel, même les barmen peu bavards," sourit-elle. "D’où vient cette rumeur Carter, que j’étrangle ce fils de p…" s’énerva le colonel. "De vous !" "Je vous jure Carter…" se défendit Jack. "Je vous crois. Mais vous n’avez pas pensé à ce que pourrait faire votre petit trafic de dvds sur des esprits faibles." Jack baissa les yeux d’un air embarrassé. "C’est le barman qui vous l’a dit ?" "Oui." "Bien sûr." "Bien sûr. Et vous me devez 50 $, mes consommations et un dîner." "Marché conclu. On y va ?" dit Jack en se levant désireux d'abréger les explications. "Pas si vite," insista Sam. Jack se rassit, résigné. Raté. "Il paraît que vous avez toute la collection ?" "J’ai craqué Carter." "Je comprends." Elle baissa la tête et dissimula son amusement. Un vrai gamin ! "Si vous saviez comme ça ressemble à notre réalité. Cette série est incroyable. Daniel a raison," expliqua le colonel très sérieusement sans se rendre compte qu’il s’enferrait. "Je n’en doute pas mon colonel. Mais maintenant, toute la base confond justement la fiction et la réalité," asséna Sam sans mollir. "Qu’allez-vous faire ?" "Plus j’en ferai, plus ça ne fera que renforcer la rumeur. Vous connaissez le phénomène." "Mon colonel ! Il ne s’agit pas de ça ! Il faut arrêter votre marché noir. Comment avez-vous expliqué la provenance de ses dvds ? Vous n’avez pas parlé du miroir ?" "Non." Jack hésitait. "Non, j’en suis sûr." "Vraiment ?" "Heu… je… c’est à dire que…" "A qui mon colonel ?" "Au général Hammond," souffla Jack à contre cœur. "Qu’est-ce qui vous a pris ?" s’écria Carter, "vous voulez vraiment nous faire passer en court martiale tous les deux ?" "Mais il a acheté toute la collection Sam. Je suis désolé. Il est arrivé dans mon bureau à l’improviste, et…" "Et vous étiez encore scotché devant votre ordinateur à regarder cet épisode, comment s’appelle-t-il déjà ? La pluie de feu ?" "Vous l'avez vu ?" "Ne détournez pas la conversation mon colonel. Et la réponse est non. Quand je ne suis pas en mission, j’ai du travail." "Le général m’a demandé ce que c’était, alors j’ai essayé d’improviser comme je pouvais. Je voulais lui faire croire que c’était le film, mais il l’avait vu, alors ça n’a pas marché. Pourquoi est-ce que je suis le seul de cette base à ne jamais avoir entendu parler de ce film, c’est un mystère qui me dépasse." "Mon colonel, n’espérez pas noyer le poisson." "Carter, je me suis emmêlé dans mes explications, vous me connaissez," admit-il en haussant les épaules. "Et Hammond n’a rien dit ?" "Si. Il m’a demandé de lui faire voir quelques épisodes." "Quoi ?" "Vous avez bien entendu. Je lui ai prêté ceux de Daniel et il m’a fini par me commander toute la collection. Pour l’instant, il les regarde dans son bureau, mais il veut les offrir à ses petites filles pour Noël. Je vous le jure," ajouta-t-il devant l’air incrédule de Sam. "Vous voulez me faire croire que la rumeur vient du général ? " "Non. Je suis presque sûr qu’elle vient de Simmons." "Simmons a aussi des dvds ? " "Non, il a dû regarder ceux du général, " dit Jack avec sa petite grimace. "Je crois qu’il est jaloux." "Jaloux de quoi ?" "De notre relation." "Nous n’avons pas de relation mon colonel," répliqua-t-elle aussitôt d’un ton peu amène. "Carter, il est jaloux de notre relation dans la série." "Nous avons une relation dans la série ?" "Non." "Je comprends de moins en moins. Simmons est jaloux d’une relation qui n’existe pas entre deux personnages fictifs ? " "Oui," dit Jack visiblement gêné de la tournure que prenait la conversation. Sam sourit. "Et il aurait colporté une rumeur pour nous nuire ?" "Non. D’après ce que je sais, toute la base a regardé la série, ou des épisodes. Apparemment, il y a même des épisodes fétiches, enfin particulièrement… cultes. Si vous voulez plus d’explications, il faudrait que vous les regardiez. Ca risque d’être un peu long," conclut Jack, de plus en plus gêné. "Toute la base ? Des épisodes… cultes ? " demanda Sam en observant les réactions de son supérieur. "Pas toute la base major," finit par dire Jack avec air pitoyable. "La situation m’a échappé. J’étais loin de penser que Stargate aurait un pareil succès. " Il faut absolument que je vois au moins ces épisodes, se dit Sam. Elle pourrait demander à Janet de lui prêter les dvds de Cassie. Et quels épisodes regarder. Le docteur était pratiquement diplômée ès-rumeur. "Combien de collections complètes avez-vous rapporté ? " "Heu… " "Combien, mon colonel ?" "Quatre… Trois !" "Quatre ?" "Quatre," avoua Jack avec réticence. "Laissez-moi compter. Une pour le général…" Une pour Cassie, une pour moi," dit Jack à toute vitesse. "Il est tard, on devrait y aller." "Ca fait trois mon colonel, " dit Sam, intraitable. "S’il vous plaît Carter," supplia Jack. "Où est la quatrième ?" "Chez moi." "Qu’est-ce que vous faites avec deux collections de plus de vingt dvds ? Vous les louez ?" "Je ne peux pas vous le dire." "Et pourquoi donc, s’il vous plaît ?" insista-t-elle se délectant de son malaise. "Je… C’est une surprise," répondit-il en la suppliant du regard. "C’est bientôt Noël, non ?" Sam rougit malgré elle. Sa bouche s’arrondit sur un *oh* silencieux. Il voulait lui offrir la série pour Noël. C’était trop mignon. "Si nous allions dîner mon colonel ?" "C’est parti Carter," dit Jack en bondissant sur ses pieds, visiblement soulagé d’avoir échappé à la suite de l’interrogatoire. "Je vous emmène," ajouta-t-elle avec un clin d’oeil, "histoire d’alimenter la rumeur." "Et Daniel ?" "Il prendra sa voiture. Sinon pas de rumeur. Mais vous ne perdez rien pour attendre, mon colonel." Jack se précipita pour ouvrir la porte. Il s’en tirait à bon compte. Sauf que Carter avait gâché sa surprise. Un groupe d’airmen qui passait dans le couloir les salua. Sam leur adressa son plus beau sourire et se pendit au bras de Jack en le regardant d’un air lascif. "Carter. Qu’est-ce que vous faites ?" murmura le colonel O’Neill entre ses dents en rendant leur salut aux soldats qui dissimulaient mal leur sourire. "Je viens de vous le dire, mon colonel, j’alimente la rumeur," ajouta-t-elle en se haussant sur la pointe des pieds pour lui murmurer sa réponse à l’oreille. "J’imagine que je l’ai mérité," dit Jack d’un air sombre. "En effet mon colonel. Vous auriez dû me mettre dans la confidence." "Mais Carter, tout le monde en parle depuis des semaines !" plaida Jack. "Vraiment ?" Sam se pendit à son cou en entendant des pas qui s’approchaient dans le couloir. "Merci de n’avoir rien dit. Ca m’a permis de me rendre ridicule au club," dit-elle en approchant son visage du sien. "Non, ne faites pas ça. S’il vous plaît." "Voilà mon colonel. Je crois que je l’ai enlevé. Mais vous devriez aller voir le docteur Fraiser," répondit Sam. "C’était juste un morceau de fibre de votre chemise," ajouta-t-elle en faisant mine de montrer l’objet du délit au colonel. "Vous avez encore mal ?" "Carter, arrêtez ça," s’exclama O’Neill à voix basse en observant les airmen qui s’éloignaient. "Pourquoi ? Autant qu’ils aient quelque chose à raconter. Disons que nous sommes à égalité." "Vous savez très bien que je ne l’ai pas fait exprès Carter," plaida Jack avec une petite grimace. "C’est bien ce que je vous reproche. Vous pourriez réfléchir de temps en temps." "Vous oubliez que je suis vous supérieur, major," tenta Jack. "Et qu'est-ce que ça a à voir ? Que me reprochez-vous au juste ? D’agir comme vous ? Sous l’impulsion du moment ?" Jack baissa la tête, penaud. "Je vous promets d’arranger les choses. Vous me croyez au moins ?" "Je serais curieuse de voir ça. Allons dîner mon colonel," dit-elle en reprenant sa contenance habituelle. "Vous me raconterez votre plan en chemin." * Daniel repoussa son assiette. "Au secours, je ne peux rien avaler de plus," soupira-t-il d’aise. "Ce restaurant est très bien," dit Sam platement. Elle pouvait presque entendre le colonel réfléchir tellement il se concentrait. Il n’avait pas décroché un mot depuis que l’archéologue les avait rejoints. "Tout le monde prend un café ?" demanda Daniel en agitant la main en direction de la serveuse. Jack acquiesça. "Pas pour moi. J’ai des problèmes de sommeil en ce moment," expliqua Sam, "et avec ce que j’ai entendu aujourd’hui, je ne pense pas que ça va s’arranger." "Janet m’en a parlé," commença Daniel, "c’est étonnant que des militaires soient aussi avides de ragots," conclut-il en fixant O’Neill, enfermé dans un mutisme de mauvais aloi. "Avec tous ces règlements imbéciles, on le serait à moins, qu’en pensez-vous, Jack ?" insista-t-il. Sam rougit violemment. Jack le fusilla du regard. "Le règlement, c’est le règlement Daniel. J’ai abandonné l’idée de vous faire comprendre," aboya Jack. "Excusez-moi, je suis un peu énervé." "Je vois ça… Heu, vous voulez en parler ? " "Je n’ai fait que ça toute la journée," répondit Jack en jouant avec sa bouteille de bière vide. "J’étais loin de penser qu’une série pouvait déclencher un tel raz-de-marée de sornettes." "Il y a bien un moyen…" commença Daniel. "Mais je ne suis pas sûr que ça va vous plaire." "Faites ce que vous voulez. Je ne veux pas le savoir. Je veux juste que ça s’arrête," implora Jack. "Je prendrais bien un café finalement." "Mais je viens de le commander !" s’écria Daniel. "Vous êtes sûr ?" Sam sourit. * Jack se dirigeait vers la salle de briefing en sifflotant. Les choses semblaient se tasser et revenir à la normale. Il était surpris que le plan de Daniel, quel qu’il soit, ait aussi bien fonctionné. Entonnant un vieux refrain de Queen, il continua son chemin d’un air satisfait. Quand il croisa le colonel Donat, ce dernier lui fit signe de s’arrêter. "Vous avez un moment Jack ? Je voulais juste vous dire que je suis désolé pour vous et le major," ajouta Donat avec un air de conspirateur. "Pardon ?" "Et bien oui, vous savez que toute la base était au courant pour vous deux," continua Donat avec un clin d’œil. "Cette base est trop petite pour qu’une relation avec un autre officier reste secrète très longtemps. Bref. Dommage pour vous. C’est une sacrée bonne femme. Content de vous avoir parlé Jack. On se voit au Club un de ces jours ?" dit Donat en lui claquant l’épaule avant de disparaître. Jack resta cloué sur place. Il n’avait plus du tout envie de siffler. Il avait peut-être eu tort de donner carte blanche à Daniel. Le front bas, il fonça vers la salle de réunion. * Une demi-heure. Une demi-heure à écouter Hammond rabâcher les mêmes conseils et les mêmes scénarios. Dans les vestiaires, le colonel O’Neill rongeait son frein sous l’œil perplexe de Teal’c en enfilant son treillis. "Daniel ! Enfin. Est-ce que vous pouvez m’expliquer ce qui se passe ?" "Ben… Heu… il ne se passe rien… Il est 10:00 heures et nous partons en mission," commença Daniel qui déposait ses dossiers dans son casier. "Je viens de rencontrer Donat et c’est tout juste s’il ne m’a pas laissé sangloter sur son épaule !" explosa O'Neill. "Ah… La rumeur," murmura Daniel avec une moue féline. "Oui, la rumeur," gronda Jack. Teal'c leur tourna le dos et tendit l'oreille, les yeux fixés sur le miroir qui garnissait la porte de son propre casier. "Vous m’aviez dit de faire ce qu’il fallait. Vous n’êtes pas satisfait ? Tout le personnel de la base est en train de commenter votre rupture," expliqua Daniel en s’habillant. "Quelle rupture ?" "Votre rupture vec Sam." "Mais je ne suis jamais sorti avec Sam," protesta Jack. "Heu… D’accord." L'archéologue se baissa et entreprit de lacer ses rangers. Jack se baissa à côtés de lui et cracha "Daniel ?" "Jack, techniquement pour que vous rompiez, il faut d’abord être avec la personne," expliqua Daniel en se relevant. "Vous me suivez ?" "C’est vrai," admit Jack qui se relevait avec une grimace. Teal'c se rapprocha du miroir. "Donc, elle vous a laissé tomber." "Qui, Sam ?" "Ne faites pas l’imbécile. Ca m’a pris un temps fou," s'énervait Daniel. "Officiellement, vous vous êtes séparés avant-hier." "Pour quelle raison ? " "C’est bien ce que vous vouliez non ?" "Oui. " "Et Sam aussi ? Qu'est-ce ce que ça peut vous faire ? ! Vous devriez être content !" s'agita Daniel. "Oui," répéta O'Neill machinalement. La nouvelle l'avait sonné. Sam et Jack avait rompu ? Impossible… "Oui ? C’est tout ce que vous savez dire ? Pas un remerciement pour vous avoir sauvé la mise et sorti du guêpier où vous vous étiez fourré ?" "Merci Daniel," marmonna le colonel le regard sombre, "comment avez-vous fait ?" "Sam est fiancée, Jack," annonça Daniel. "Fiancée ?" rugit le colonel, "mais à qui ?" "A un ambassadeur. Il s’appelle Joe… quelque chose. Je ne sais plus." "Vous l’avez inventé ?" "Oh non. Il existe bel et bien. Il participe à des missions diplomatiques avec SG-9." "Pourquoi est-ce que je ne le connais pas ?" Teal’c observait le manège avec intérêt. Voir O’Neill manifester sa jalousie était toujours amusant. Il leva le sourcil un peu plus haut et compta les points. "Mais si vous le connaissez. " "Mais non." "Mais si." "Mais non." "Mais si, je vous assure." "Peut-être. A quoi il ressemble ?" "Je ne sais pas moi. Il faut demander à Sam !" finit par s’énerver Daniel. "Parce qu’elle le connaît ?" dit le colonel en s’étranglant. "Evidemment. Sinon, ils ne pourraient pas être fiancés !" soupira Daniel avec fatalisme. Jack pouvait être vraiment borné pour tout ce qui touchait Sam et la tactique militaire. "Jack, j’ai lancé une nouvelle rumeur !" "Et je vous remercie Daniel," lança Carter, sur le pas de la porte. "Toute la base en parlait au mess ce matin. C’est à peine si le lieutenant Simmons m’a adressé la parole. Comment avez-vous fait pour les persuader aussi vite ?" "Je vous ai fait livrer des fleurs. Avec un mot de Jack. Et le livreur a vraiment eu du mal à délivrer le bouquet. Il a fait le tour de la base. Je suis certain que tout le monde a lu le carton," expliqua Daniel en souriant de toutes ses dents. "Ah, les fleurs, c’était vous ?" dit Sam. Le colonel se renfrogna. "Je n’ai jamais envoyé de fleurs." "Je sais bien, puisque c’est MOI qui les ai envoyées," soupira Daniel. "Oh, je comprends," souffla Sam, "très bonne idée Daniel." "Je ne comprends pas DanielJackson," dit Teal'c en se retournant. "Ah ! Vous voyez !" triompha Jack. "Mon colonel, c’est pourtant simple." "Merci Sam," se rengorgea Daniel, "je suis assez fier de moi." "Est-ce que vous allez m’expliquer ? Sinon le général va être obligé de nous traîner jusqu’à la porte des étoiles. Je ne sortirais pas d’ici avant d’avoir compris," dit Jack avec un air buté. "Qu’est que vous avez écrit sur ce foutu carton ?" "Jack," dit Daniel. "Jack ?" "Jack." "Et c’est ça votre explication ?" s’énerva O’Neill. "Mon colonel, est-ce que vous m’avez déjà envoyé des fleurs ?" demanda Sam posément. "Heu… Non. Non, je ne crois pas. Non, non, j’en suis sûr. Jamais." "Voilà," triompha Daniel. "Désolé, mais je ne comprends toujours pas." "Mon colonel, si vous ne m’avez jamais envoyé de fleurs, c’était donc la première fois ?" dit Carter. "Admettons." "Vous m’avez donc envoyé des fleurs parce que nous avons rompu." "AAAHHH…" s'exclama Jack, "désolé, je ne vois pas le rapport." "L’amoureux éconduit envoie toujours des fleurs Jack. Si c’est un galant homme," tenta Daniel. "D’accord," réfléchit Jack, "mais alors pourquoi les fiançailles ?" "Pour détourner l’attention O’Neill," déclara le Jaffa avec le plus grand sérieux. "Même fiancée, le major Carter continuera à vous observer à la dérobée quand vous ne le voyez pas et vice-versa. C’est pour rendre crédible votre amitié," ajouta Teal’c en ramassant son paquetage. "Excellent plan DanielJackson," dit-il en s’inclinant avant de quitter les vestiaires. Daniel le suivit en riant sous cape devant l’air offusqué des deux militaires. "Je ne fais jamais ça Carter !" "Moi non plus mon colonel, je vous le jure ! " "Puisque ce point est établi, allons-y major. Le général doit nous attendre," dit Jack en désignant le couloir. Ils marchaient côte à côte, la tête baissée. Jack jeta un regard vers Sam et leurs yeux se rencontrèrent. Rougissant comme deux collégiens, ils firent leur entrée dans la salle d’embarquement. Goguenards, Daniel et Teal’c s’engagèrent sur la passerelle. FIN |