CONVALESCENCE
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Xeen – 26 mai 2002

Résumé : Un officier promis à un bel avenir et une jeune aspirante tombent amoureux l'un de l'autre au cours d'une réception. Pour tester leur amour, ils conviennent de se revoir 6 mois plus tard et de faire le point.
Spoilers : Need
Disclaimers : les persos ne m'appartiennent pas; ils sont la propriété de Showtime, MGM, Gekko Production, Double Secret Production et de tous ceux qui la revendiquent.

Note de l'auteure : je suis bien consciente d'avoir utilisé un maximum de clichés et que O'Neill détesterait cela. Mais comme il s'agit d'un personnage de fiction, tant pis pour lui ;o)

Cette histoire répond au concours lancé par Trekkie


Voici le sujet : Placer SG-1 dans votre film ou votre série préférée
(en ce qui me concerne il s'agit d'un long métrage de Leo McCarey : Elle et lui – An Affair To Remember – 1957 avec Cary Grant et Deborah Kerr)


*

Le lieutenant Jack O'Neill se regarda dans la glace et essaya d'aplatir les épis qui se dressaient sur sa tête. Peine perdue. Il haussa les épaules et épousseta d'un air absent les décorations qui garnissaient sa veste d'apparat. Il prit une profonde inspiration et entra dans la salle de réception. Tout ce qu'il aimait. De supérieurs coincés, des ronds de jambes et de la diplomatie.
Il n'avait pas le choix. On ne pouvait pas refuser une invitation de la femme du chef d'Etat-Major de l'Armée de l'Air des Etats-Unis d'Amérique. Surtout quand on avait des états de services entachés par des tendances à l'insubordination comme les siens. En dépit de ses réussites dans les Forces Spéciales, sa tête risquait de tomber s'il n'y mettait pas les formes.
D'où sa présence.
Il se racla la gorge et s'avança en souriant dans toutes les directions simultanément, sa haute taille lui permettant d'avoir une vue particulièrement bonne sur le bar. Louvoyant entre les invités, il se fraya un chemin jusqu'aux cocktails et il allait ouvrir la bouche et demander un scotch quand une main légère se posa sur son avant-bras.
"Lieutenant," dit la jeune fille qui le dévisageait d'un air candide en souriant à pleines dents, "souriez moi et continuez à vous diriger dans la bonne direction. Je voudrais me débarrasser d'un fâcheux et vous me paraissez être l'homme de la situation."
Il scruta les immenses yeux bleus qui le regardaient avec franchise et acquiesça.
"Avec plaisir… heu ?"
"C'est vrai. Vous ne me connaissez pas. Vous êtes bien le seul d'ailleurs," dit-elle d'un ton amer qui jurait avec son sourire. "Je suis la fille du colonel Carter."
"Excusez-moi mais je ne me vois pas vous appeler la fille du colonel Carter ! Vous devez bien avoir un prénom ?"
Elle pouffa malgré elle.
"Excusez-moi ! Je suis un peu à cran. C'est une de ses soirées où je suis supposée faire bonne figure et tapisserie en même temps. Le genre potiche décorative et bien élevée… Vous voyez ce que je veux dire ?" continua-t-elle, le regard presque noir de colère. "Mon fiancé a jugé bon de se conduire comme un goujat, quant à mon père… quant à mon père, vous ne voulez pas le savoir," rit-elle. "Excusez-moi, je suis confuse de m'être laissée aller sur votre épaule. Je m'appelle Samantha. Vous pouvez m'appeler Sam. Tous mes amis m'appellent Sam."
Elle tremblait légèrement. Sans lui laisser le temps de répondre, elle continua en souriant, ses immenses yeux bleus plantés dans les siens.
"Ne prenez pas le scotch, il est coupé. Quant au cognac, ce n'est pas votre genre. Je suis désolée mais nous n'avons pas prévu de bière. Nous allons prendre ce qui s'en rapproche le plus… au moins pour la couleur et les bulles… Deux coupes," demanda-t-elle en se pendant encore plus à son bras.
Elle se mordit les lèvres devant son air exaspéré.
"Désolée, j'aurais dû vous laisser faire… ou c'est mon babillage qui vous exaspère ? Si ça peut vous consoler, je ne suis pas moi-même ce soir… heu ? Bob ?"
"Jack. Jack O'Neill."
"A votre santé Jack O'Neill!" s'exclama-t-elle un peu trop fort en levant son verre.
Des têtes se retournèrent. Elle leva son verre dans leur direction, les obligeant à se détourner.
"Si nous allions prendre l'air avant que mon père ne déclenche la troisième guerre mondiale à cause de moi ?"

*

"Alors ?" répéta le lieutenant O'Neill en scrutant l'assemblée qui lui faisait face dans l'auditorium. "Personne ne peut proposer une solution à ce problème de tactique ? Un petit effort messieurs…. et mesdemoiselles !" ajouta-t-il en souriant.
Des rires féminins répondirent instantanément à sa boutade maladroite. Un doigt se leva.
"Enseigne, je vous écoute," dit O'Neill en tendant la main en direction de l'élève qui se levait.
"Enseigne Carter, mon lieutenant !"….

…. "Vous auriez pu me prévenir," protesta le jeune officier en renvoyant le serveur. "Ca m'aurait évité d'avoir l'air de sortir de l'eau après dix minutes en apnée. Je n'ai pas l'intention d'entrer au Guiness book !"
"Vous prévenir de quoi ? Je ne savais pas que vous alliez donner une conférence à l'Académie aujourd'hui ! … encore moins que j'allais y assister ! Je suis venue à la place d'un camarade qui m'a demandé de prendre des notes pour lui."
"Et vous étiez la seule à pouvoir me répondre ? L'avenir de l'USAF me paraît fort compromis, enseigne Carter," badina O'Neill. "Où en étions-nous Samantha ? Vous m'avez manqué," déclara-t-il de but en blanc.
Direct, pensa Sam. Tout à fait le profil. Tu pouvais t'attendre exactement à ça, ma belle…
"Où nous en étions ? Nulle part mon lieutenant. Vous m'avez raccompagnée chez moi l'autre soir. Nous avions tous les deux beaucoup trop bu…"
"Je ne vous crois pas Sam."
"Qu'est-ce que vous croyez alors ? Que je me retrouve au lit avec le premier venu dès que j'ai un verre dans le nez ? Que j'enterrais ma vie de jeune fille ? Vous semblez oublier que je suis fiancée !" protesta-t-elle sans conviction.
Le regard de O'Neill s'arrêta sur sa main prisonnière dans les siennes. Elle rougit et se dégagea.
"Je suis désolée si vous vous êtes fait des idées. Je… Ca ne m'arrive jamais. Je ne sais pas ce qui m'a pris."
"Vous regrettez," demanda posément Jack en se redressant. Un pli vertical apparut au milieu de son front. "Je suis désolé, je n'aurais pas dû vous amener ici. Je vais vous raccompagner. J'avais cru que…"
"… je ressentais la même chose que vous ? Oui, Jack. Je ressens la même chose que vous. Seulement je suis fiancée," répéta-t-elle. "Depuis deux jours. Je n'ai pas l'intention de faire de la peine à Jonas."
"Vous préférez m'en faire à moi ?"
"Je ne vous connais pas Jack !  Ce n'est pas parce que j'ai couché avec vous que nous allons nous marier !" s'exclama-t-elle.
Des visages curieux se retournèrent vers le couple. Elle se tassa instinctivement et rougit.
"Vous ne voulez pas faire un petit bout de chemin avec moi ?" insista-t-il. "Moi aussi je suis fiancé. Elle s'appelle Sara Connors. Nous devons nous marier d'ici la fin de l'année. Samantha, je ne suis pas comme ça d'habitude. Il se passe quelque chose de différent quand nous sommes ensemble. Je le sens…"
Sam le regarda par-dessus son cappuccino et soupira.
"Je sais. Je ressens la même chose," soupira-t-elle. "Ce n'est pas juste ! Jonas ne mérite pas que je le trompe. C'est un type formidable !"
"Sara est une fille formidable, Sam."
Il l'enveloppa de son regard sérieux. Elle vit qu'il ne mentait pas… et elle sut qu'elle ne pourrait jamais oublier Jack O'Neill. Elle baissa les yeux.
"Un essai alors ? C'est ce que vous proposez ? Personne ne doit le savoir, nous sommes bien d'accord ?" soupira-elle.
"Ca me va," sourit Jack. "Je donne des conférences ici jusqu'à la fin de la semaine. Ce week-end, je vous emmène aux Bahamas… Qu'est-ce que vous en dites ?"
"Ca me va," répondit-elle en écho. "Jusqu'à dimanche soir."

*

Jack posa l'hydravion dans un marigot et se tourna vers sa compagne.
"Je vous emmène voir quelqu'un que j'aime beaucoup. Je suis certain que vous l'aimerez aussi… Tout le monde l'aime…"
Elle sauta de l'appareil et se retrouva encore une fois dans ses bras. Elle s'abandonna à ses baisers avant de poser sa main sur sa bouche en riant. "Nous n'allions pas rendre visite à quelqu'un ?"
"Vous avez raison Sam," dit-il en lui prenant la main. "Par ici…"

"Tante Alice ?!" cria –t-il en entrant dans la maison coloniale qui surplombait la baie tropicale. "Tante Alice ? C'est Jack ! Y a quelqu'un ?"
Une meute de chiens minuscules et poilus se précipita à leur rencontre. Il hocha la tête en distribuant des caresses. Sam s'accroupit et entreprit de le seconder.
"Elle est très belle, Jack," les interrompit une voix chevrotante. Un soupçon d'accent britannique soulignait le ton distingué. "Tu m'as manqué mon grand."
Elle le prit dans ses bras et se recula pour le regarder encore, les bras tendus.
"Sara, ravie de faire enfin votre connaissance !" déclara-t-elle sans transition.
Sam se releva d'un bond et rougit comme une pivoine. Elle retira précipitamment son chapeau de paille et commença à se balancer d'un pied sur l'autre comme une gamine.
"Ce n'est pas Sara, tante Alice. C'est une amie. Juste une amie. Je voulais te la présenter."
"Une amie ? Vraiment ?" La vieille dame haussa un sourcil. "Enchantée de faire votre connaissance, amie de mon neveu. Vous êtes la bienvenue !"
"Samantha, madame, Samantha Carter."
"Alice. Alice O'Neill. Mon défunt mari était le frère du père de Jack. Je n'ai pas eu le bonheur d'avoir des enfants, mais Jack et sa sœur venaient souvent me voir… Vous prendrez bien un peu de thé ma chère ?"

"Je la trouve extraordinaire Jack."
"Oui. Elle est spéciale. Quand j'ai perdu ma mère, elle m'a beaucoup aidé. Je venais souvent me réfugier chez elle."
"Pourtant Chicago, ce n'est pas la porte à côté ?!"
"Oh… Le Minnesota, en fait. La distance, ce n'est qu'un détail. Je ne savais pas que vous jouiez du piano…"
"Nous ne savons pas grand chose l'un de l'autre Jack…"
"Je ne demande qu'à apprendre, Sam. Ca ne dépend que de vous."
"Nous avons fait un marché Jack. Jusqu'à ce soir…"
"Demain matin ?"
"Non."
"Excusez-moi."
Il démarra l'avion et mis les gaz. Ils restèrent silencieux pendant tout le trajet de retour. Il l'observait à la dérobée et elle ne sentait ses résolutions s'effondrer. Quand ils arrivèrent en vue de l'aéroport militaire, elle se redressa imperceptiblement.
"Il faut nous dire adieu maintenant, Jack. J'ai passé quatre jours délicieux," dit-elle doucement sans tourner la tête. "Promettez-moi que vous ne chercherez pas à me revoir."
"Je ne peux pas faire ça. Je vais vous faire une proposition. Je vous aime Samantha Carter, et je ne veux pas vous perdre. Je n'ai pas l'intention de vous bousculer. Je vous propose que nous nous revoyions dans six mois, que nous fassions le point. Que nous décidions à ce moment-là, si nous voulons faire un bout de chemin ensemble ou pas. Ne me répondez pas tout de suite. Réfléchissez. Vous me direz si vous êtes d'accord quand nous aurons atterri."
Il posa l'appareil avec dextérité et coupa les gaz. Il se rejeta dans son siège et ferma les yeux. "Alors ?"
"Est-ce que je dois lever le doigt cette fois-ci ?"
"Sam…"
"Désolée. Je … je suis d'accord. Dans six mois. Où ?"
"Je ne sais pas…dites-moi et j'y serais."
"Au pied de la statue de Lincoln, à Washington."
"Six mois…"
"Oui, le 22 mai 1985, à 18:00 heures."
"C'est entendu, enseigne. Je me sauve avant que vous ne changiez d'avis." Il lui prit la main et la baisa. Puis il sortit de l'appareil et sortit du hangar d'un pas déterminé.
"Mai," murmura Carter en le suivant des yeux. "Pourquoi est-ce que je ne peux pas dormir pendant six mois…"

*

"Jack !" hurla la jeune femme qui se précipita dans les bras de O'Neill. "J'ai quelque chose à te dire," ajouta-t-elle quand sa bouche quitta enfin celle de son fiancé. "Je ne voulais pas te l'annoncer par téléphone !"
"Moi aussi, j'ai quelque chose à te dire," dit Jack en scrutant le visage plein de Sara.
Elle avait changé. De manière indéfinissable. Elle rayonnait. Mais en la revoyant il avait la certitude qu'il ne pouvait plus passer le reste de sa vie avec elle.
"Vas-y, toi la première."
Il passa un doigt sur sa joue et écarta une mèche de cheveux.
"Jack… j'attends un bébé ! Tu veux savoir si c'est un garçon ou une fille ?"
"Tu es enceinte ?" balbutia Jack.
"Tu veux savoir ou pas ?!" trépignait Sara.
"Heu oui… je pense que oui…"
"C'est un garçon, Jack ! J'ai pensé que nous pourrions l'appeler Charles, comme ton père. Je dois accoucher en mai. Il faudra fixer une date pour le mariage si tu ne veux pas m'emmener à l'autel dans une brouette !"
"…mai ?… !! Tu le sais depuis quand ?"
"Depuis deux jours. Je ne savais pas où te joindre. Personne ne savait où tu étais passé."
"Je suis allé voir tante Alice. Elle m'a demandé de tes nouvelles. Elle est impatiente de te rencontrer," répondit-il d'un air absent en la prenant dans ses bras. Mai…
"Tu voulais me dire quelque chose ?"
"Non, rien d'important… Dans six mois… ?"
"Oui mon chéri. C'est merveilleux tu ne trouves pas ?"

*

Sam regard sa montre pour la énième fois. C'était ridicule. Ils n'avaient aucun moyen de se joindre si jamais ils avaient un empêchement. En réalité, c'était bien le but. Savoir s'ils pouvaient tenir leur parole… Le ciel commençait à se couvrir. Elle lissa sa petite robe d'été et serra sa veste autour d'elle. Le vent s'était levé, elle commençait à avoir froid. Quelle idiote ! Quelle idée d'avoir choisi cette robe… Elle attendrait jusqu'à la tombée de la nuit. Il ne viendrait pas. Au fond d'elle-même elle savait qu'il ne viendrait pas. Elle commença à faire les cent pas en grelottant, échafaudant des théories fumeuses et s'attendant malgré tout à le voir arriver en courant. Une main sur son bras la réveilla.
"Jack ?"
"Non ma'ame, c'est qu'moi."
"Fanny ? Vous n'êtes pas rentrée au foyer ce soir ?"demanda Sam qui se réveillait lentement. Une pluie battante frappait le sol, cinq mètre devant elle et des éclairs zébraient le ciel.
"Non, ma'ame ! C'est le printemps pas vrai ? Y vont pas m'enfermer dans leurs piaules au printemps s'pas ? Vous devriez rentrer chez vous ma'ame, vous attraperez la mort si vous restez là… z'êtes pas habituée comme moi."
"Oui Fanny, c'est vrai. Attendez, un petit quelque chose pour vous. Vous n'avez pas vu un grand jeune homme. Un militaire…"
"Personne il est venu pendant que vous dormiez, ma'ame. Je vous aurais réveillée, pour sûr !" se marra la vieille femme. Elle tira son chariot à l'abri sous le Memorial et s'assit en soupirant. "C'est-y pas une honte qu'il vous ait oublié, mon petit," soupira-t-elle. "Une belle plante comme vous…"
"Prenez soin de vous, Fanny."
"Dieu vous bénisse, ma'ame," répondit la vieille.
Il ne pouvait pas avoir oublié. Sam fit quelques pas et s'éloigna du Lincoln Memorial. Elle se retourna mais la silhouette de la sans-abri et de son chariot disparaissait dans l'ombre. Elle ferma les yeux et leva la tête vers le ciel pour cacher ses larmes.

*

Ne penser à rien. Ne plus penser.
Ne penser qu'à Sara. Qu'au bébé qui va naître.
Jack se retourna sur sa paillasse et ses jambes rencontrèrent le grillage de sa cage. Il gémit malgré lui et un autre prisonnier lui répondit en gémissant à son tour dans son sommeil. La douleur était moins forte depuis quelques jours. Moins lancinante.
Depuis combien de temps ?
Sara. Il fallait qu'il pense à Sara. Sa tête allait exploser et sa jambe avait une drôle d'odeur. Mon dieu je ne veux pas perdre ma jambe !
Sara ! Sara !
Pourquoi est-ce que ce salopard de Cromwell m'a laissé pourrir dans ce trou ? Jamais je n'aurais pensé qu'il ferait une chose pareille.
Combien de temps ? Combien de temps qu'ils combattaient ensemble ? Combien de temps ? Combien de jours ? Est-ce qu'ils me relâcheront ?
Le gouvernement ne négociera pas pour récupérer les otages.
Mon dieu, qu'est-ce qu'il faisait là ? Jamais il ne verrait son fils, il ne lui apprendrait pas à patiner, il ne lui achèterait jamais sa première soft ball, il ne le consolerait pas quand il serait triste ou qu'il aurait mal, il ne lui lirait pas d'histoires pour l'endormir…
Oh, mon dieu, Sara… Sara…
Sam…

*

MIA – Missing In Action. Porté disparu.
Les mots paraissaient dépourvus de sens. Sam était hypnotisée par l'écran de son ordinateur. Le lieutenant colonel O'Neill avait été laissé pour mort par son unité en Irak pendant une opération d'infiltration. Tous ses camarades s'en étaient apparemment sortis. Elle cliqua sur la souris et la page suivante révéla le fac simile du rapport de Frank Cromwell. Entendant un bruit, elle sursauta et referma le dossier. Pas la peine de chercher davantage. Elle n'avait pas envie de connaître les détails.
Elle savait pourquoi Jack n'était pas venu à leur rendez-vous.
"Sam, tu viens déjeuner ?" demanda la jolie rousse qui passait la tête par la porte.
"Non, j'ai du travail, merci Caroline. Demain ?" Ses yeux restaient secs. Il n'était pas venu parce qu'il était mort.
"Je ne sais pas demain, je t'appellerai. Il paraît qu'ils vont nous faire plancher sur un truc qui a quatre mille ans ou quelque chose comme ça. Si le Pentagone se met à traquer les momies, on n'est pas sorti de l'auberge ! C'est plutôt le boulot du musée mais si c'est payé, pourquoi pas. Ce sera toujours mieux que leur foutue technologie miniaturisée. Je déteste ça, ça me donne froid dans le dos leurs trucs de robots!"
"Oui, j'ai reçu le mémo ce matin," l'arrêta Sam. Caroline pouvait parler des heures sans être gênée par le silence de son interlocuteur. "Aucune idée de ce que c'est." Elle haussa les épaules.
Jack est mort.
"Sam, tu es sûre que ça va ? Jonas n'est pas revenu te menacer ?" s'inquiéta Caroline. "Tu as une tête de papier mâché…"
"Non. Pas depuis l'injonction du tribunal," dit Sam en passant machinalement ses doigts sur son bras à l'endroit de la broche. Le bras que Jonas lui avait cassé lui faisait mal quand le temps était à la pluie.
"Bon. Tu me dirais hein ? Elliot se ferait un plaisir de lui casser la gueule !"
"Je sais," répondit Sam. En dépit de son chagrin, elle ne put s'empêcher de sourire. Imaginer Jonas entre les mains du sculptural petit ami de Caroline, 2,10 mètres, 134 kilos, avait un charme exotique. "Merci Caro ! On se voit plus tard d'accord ?"
"C'est Jack ?"
"Caro, ne me pose pas de questions… pas maintenant, s'il te plait…" supplia Sam.
"… tu l'as retrouvé c'est ça ? Jamais j'aurais dû te donner ce crack !" Caroline entra en se mordant les lèvres et referma soigneusement la porte derrière elle. Elle étreignit son amie. "… et ?"
"Il est mort Caro… Il est mort."

*

Caroline Hillingsberry entra dans le bureau du capitaine Samantha Carter comme un boulet de canon. "Sammie, il faut que tu vois ça !! Tout de suite !"
"Ne hurle pas s'il te plaît," soupira Sam en se prenant la tête entre les mains. "Je crois que j'ai un peu abusé hier soir. Heureusement que tu ne te fiances pas tous les jours !" sourit Sam.
"Je viens de décrypter ça Sam, c'est incroyable. Tu vas crever de jalousie !"
"Qu'est-ce que tu racontes ?"
"La porte, Sam ! La porte !"
"Quoi, la porte ?"
"Ils ont réussi à faire marcher cette satanée antiquité Sam, la porte, la porte des étoiles… C'est comme ça que le docteur Jackson l'appelle. C'est lui qui a trouvé à quoi elle servait… une porte vers une autre planète ! Tu te rends compte ?!! Jackson a trouvé la combinaison…. Beau mec, d'ailleurs," continua la jeune femme sans respirer. Elle posa une fesse sur le bureau de Sam et commença à éparpiller des documents devant elle. "Il est en photo quelque part avec Catherine. Un prof de fac'… Pas du tout mon style mais pas mal. Et le plus fort, c'est qu'ils sont revenus ! Enfin pas Jackson… Lui, il y est resté apparemment. Je t'ai fait un cd du rapport de mission. Tu devrais essayer de rentrer en contact avec le colonel qui a commandé l'expédition. Attends, je vais te retrouver comment il s'appelle… un irlandais, je crois… O'Neill… oui, O'Neill. Le colonel Jonathan Charles O'Neill de l'Armée de l'Air. Sam!! Ca va ?"
"Caro… c'est pas possible… tu es sûre du nom ? O'Neill ? Il n'est pas mort Caro !! C'est Jack ! Il est vivant !"
"Tes paroles sont marquées du sceau du bon sens, ma belle. S'il est vivant, c'est qu'il n'est pas mort. Calme-toi et respire. Ce n'est peut-être pas le bon O'Neill. Tu ne m'avais pas dit qu'il avait été porté disparu en mission ?"
"C'était une erreur, c'était forcément une erreur… Oh Caro… il est vivant !"
"Attends. Ne t'emballe pas. Ce n'est pas bon pour ce que tu as," ajouta-t-elle en se tapant la tête. "Tu veux que je fouille dans les dossiers top secret de l'armée de l'air ma poule ?"
"Tu pourrais ?"
"Tu vas m'en empêcher ?"
"Merci Caro, je te revaudrais ça !" dit Sam en se plongeant dans le rapport de mission du colonel Jonathan O'Neill….
De Jack.
"Pas de problème. Les robes des demoiselles d'honneur sont roses. Je pense que tu seras parfaite !" dit Caro avec un clin d'œil avant de s'éclipser.

*

Elle se regarda une dernière fois dans la glace et se redressa. Pas question de manquer son entrée. Après tout, elle était la fille. Même si elle bénéficiait de l'effet de surprise de départ, ce n'était pas gagné. Elle sentit une boule d'appréhension qui se formait dans sa gorge. Est-ce qu'il la reconnaîtrait ? Au moment de tourner dans la salle de conférence, elle entendit sa voix. Il avait l'air de s'énerver.
"Elle vient du Pentagone mon colonel," dit-elle en le fixant droit dans les yeux. Son cœur s'arrêta et elle continua d'avancer. Pourquoi est-ce qu'il est si furieux ? "Capitaine Samantha Carter, au rapport, monsieur."
Mon dieu, comme il avait changé. Comme il lui avait manqué… Elle lui adressa un sourire éclatant et attendit que les officiers présents autour de la table essaient de la ridiculiser. Elle était prête. Elle était prête à tout.
Maintenant qu'elle avait retrouvé Jack O'Neill, elle était prête à le suivre jusqu'au bout de la galaxie.

*

"Colonel, il faudra bien que vous vous soumettiez à mes exigences," énonça posément le docteur Fraiser en se redressant du haut de sa petite taille.
Elle remit autour de son cou son stéthoscope et enleva ses gants de latex sans quitter son malade récalcitrant des yeux. Il ne cilla pas. Elle esquissa un demi-sourire et enfonça ses mains au fond de ses poches.
"Vous avez le choix, colonel : ou bien vous rentrez chez vous et je vous assigne un infirmier à domicile, ou bien vous choisissez de restez au SGC sous ma surveillance. Maintenant que nous arrivons au bout du tunnel, je ne vous laisserais pas compromettre vos chances de remarcher."
O'Neill soupira et abandonna sa tentative d'intimidation. Aucune chance avec Janet.
"Si j'avais eu un sarcophage sous la main," continua-t-elle sans se démonter ni marquer son avantage, "j'aurais sans doute agi différemment, mais ce n'est pas le cas. En outre Jack, je ne sais pas si je l'aurais utilisé en connaissant les risques de faire de vous un malade encore plus pénible !"
Elle vit avec satisfaction que sa petite phrase avait atteint son but. Jack souriait.
"Doc…" hésita-t-il en baissant la voix, "vous n'êtes pas en train de me bourrer le mou, n'est-ce pas ? Les séquelles ?"
Elle se raidit imperceptiblement. Il avait sa réponse.
"Vous remarcherez Jack, mais je ne peux pas faire de miracle. Cette greffe a l'air de vouloir nous donner des résultats prometteurs; ne grillez pas les étapes !"
Elle afficha un air serein que démentait son regard soucieux.
"Si vous voulez savoir si vous danserez à la fête de l'Indépendance, je n'ai pas la réponse à cette question : je ne suis que médecin, je ne suis pas devenue diseuse de bonne aventure du jour au lendemain, colonel ! "
Elle posa sa main sur la sienne et la serra légèrement.
"Vous avez besoin d'autre chose, colonel ? Mes autres malades me réclament."
Il secoua la tête sans répondre et lui serra la main à son  tour.
"Merci Janet. Je vous dois une fière chandelle…"
"C'est mon job," lança-t-elle avant de tourner les talons avec un grand sourire.
Elle écarta le rideau et vit que le major Samantha Carter avait assisté à leur échange. Elle mit un doigt devant ses lèvres et lui fit signe de la suivre hors de portée des oreilles de son colonel de patient.
Sam se campa devant elle et alla droit au but, comme à son habitude.
"Alors Janet ? Est-ce qu'il fait des progrès ?" demanda-t-elle avec espoir.
Elle était restée en mission offworld depuis plus d'un mois sous le commandement d'un lieutenant colonel ambitieux et sans humour.
"Hoskins va finir par me rendre chèvre," ajouta-t-elle en se passant nerveusement la main dans les cheveux. "Pas plus tard qu'hier, il a traité Teal'c comme s'il s'agissait d'une vulgaire bête de somme. Si je l'entends dire encore une fois l'aliène de service, je crois que je ne pourrais pas le supporter sans rien faire."
"Je suis au courant," répondit Janet, le regard noir. "Teal'c a des plaies purulentes aux endroits où les sangles ont attaqué les chairs. Je me demandais ce qui avait bien pu se passer mais il a refusé de me dire quoi que se soit…"
"J'ai cru qu'il allait tuer Hoskins de ses propres mains. Et je vous passe ce qui s'est passé avec Daniel !" Elle se mordit les lèvres et leva les bras d'un air découragé. "Si le colonel ne revient pas bientôt, nous allons tirer à la courte paille pour désigner l'exécuteur ou réaliser un remake du crime de l'Orient Express !"
"Je comprends tout à fait Sam, ce Jeremiah m'a fait du gringue au Jour de l'An et j'ai bien cru que j'allais lui tordre le cou. Je n'avais pas vu quelqu'un d'aussi misogyne et arrogant depuis un bon moment. Finalement, c'est le colonel O'Neill qui m'a tirée de ce mauvais pas. Vous avez moins de chance…"
"Vous savez Janet, pour le colonel, Daniel ou Teal'c, je suis simplement un membre de l'équipe. Je ne suis pas LA Femme ! Avec ce Hoskins…"
Elle n'arriva pas à terminer sa phrase. Des larmes de rage se mirent à couler qu'elle essuya d'un geste rageur.
"Il me le paiera Janet, je le jure sur la tête de ma mère !"
"Qu'est-ce qui s'est passé Sam ? Vous voulez en parler ?" demanda Fraiser d'un ton inquiet.
Elle la prit par le bras et l'obligea à s'asseoir. La jolie blonde secoua la tête et s'absorba dans la contemplation de ses rangers.
"Pas tout de suite, Janet. Il faut que je réfléchisse. Il… Je…"
"Est-ce qu'il a encore essayé d'abuser de vous ?!"
"…"
"Sam ?!"
Elle secoua la tête encore un fois et se leva.
"Janet… il faut que je réfléchisse. Hoskins n'a rien fait de vraiment… c'est juste un…"
Elle haussa les épaules.
"Je suis venue voir le colonel… Il m'a fait passer un message. Vous pensez qu'il croit que je ne serais pas venue le voir ?"
"Il a quelque chose pour vous, Sam. Il a envoyé son enseigne chercher quelque chose chez lui dès qu'il a repris conscience après l'opération. Personne ne sait ce que c'est…." murmura Janet.
"Oh, je vois. Est-ce qu'il va remarcher Janet ?" insista Sam.
"Je ne sais pas Sam. Peut-être… Le pronostic est bon. 60% de chances supplémentaires avec la greffe. La rééducation sera longue et douloureuse. S'il remarche un jour, je ne suis pas certaine qu'il puisse jamais repartir en mission."
Le visage dévasté du major s'assombrit encore plus.
"Quelque chose que je puisse faire ?"
"Oui. Vous pouvez faire comme si de rien n'était et le rassurer."
"Et comment est-ce que je suis supposée faire ça ? Vous oubliez que s'il n'était pas  revenu me chercher, il n'aurait pas perdu l'usage de ses jambes !"
"Ne recommencez pas Sam. Vous n'avez aucune raison de culpabiliser et je sais que le colonel ne vous tient pas pour responsable de ses blessures !" s'emporta Janet.
"Moi si !" se défendit Sam. "Moi si…" martela-t-elle d'un air têtu. "Il aurait dû me laisser."
"Sam, je préfère soigner ses jambes que sa tête !" plaisanta Janet. "S'il ne vous avait pas ramenée, je préfère ne pas y penser !"
"Janet, vous n'allez pas recommencer ! Il n'y a rien entre le colonel et moi !"
"Est-ce que j'ai dit quelque chose qui puisse vous faire penser que je le crois ?" la taquina Janet.
Satisfaite de voir Sam s'empourprer comme une collégienne, elle se leva et tendit la main en direction du lit qu'occupait O'Neill dans la salle voisine.
"Allez donc lui parler et raisonnez-le. Je suis sûre que vous obtiendrez de meilleurs résultats que toutes les greffes et toutes les thérapies de MacKenzie !"
Sam rougit de plus belle et sourit gauchement. "Vous le laissez sortir ?"
"Je ne sais pas Sam. Il a besoin d'une présence constante. Si je le garde un jour de plus à l'infirmerie, il va finir par tout casser et si je le renvoie chez lui, je ne connais personne susceptible de le supporter plus d'une heure d'affilée."
Le visage de Sam s'éclaira.
"Il peut rentrer chez lui ? Si tôt ?" s'étonna-t-elle.
"Bien sûr ! Il serait bien mieux dans un environnement familier qu'ici avec nous," sourit Janet d'un air mutin. "Seulement, il ne se débrouille pas encore tout seul…"
"Est-ce que vous croyez…" commença Sam.

"Ah ! Carter… c'est vous," dit Jack en se redressant dans son lit.
"Mon colonel, je passais voir si tout allait bien."
"Bah, vous me connaissez. Toujours d'attaque ! Un vrai boute en train ! Asseyez-vous Carter. Je… j'ai un truc pour vous."
Il tendit le bras vers son meuble de chevet et arrêta Sam d'un geste quand elle fit mine de l'aider. Elle n'insista pas et se rassit. Il extirpa un paquet enveloppé de papier kraft froissé et le posa sur ses genoux sans la quitter des yeux.
"Tante Alice voulait que ce châle vous revienne. Elle expliquait dans sa lettre qu'il était très spécial pour elle. Le notaire me l'avait fait passer quand elle nous a quittés en 1985. Je n'aurais pas dû tant tarder à vous le donner."

*

"Allez colonel, un petit effort !" lança Sam en poussant de toutes ses forces la chaise roulante récalcitrante. "Si vous ne m'aidez pas, vous allez finir par passer la nuit au milieu de votre allée !" O'Neill s'arque bouta sur les roues et ils se remirent à avancer. Sam alla ouvrir la porte d'entrée et poussa le fauteuil à l'intérieur.
"Home sweet home," murmura O'Neill en regardant Carter s'affairer à ouvrir les fenêtres et les volets.
"Mon colonel, est-ce que ça vous embête si je laisse ouvert un moment ? Ca sent le renfermé…"
"Carter, je ne suis pas en sucre ! " grogna Jack. "Vous pouvez rentrer chez vous, je vais me débrouiller."
"Non."
"Comment ça non ?"
"Non," répéta Sam en s'approchant. Elle le poussa dans le salon en dépit de ses protestations et entreprit de lui enlever sa veste.
"Carter! C'est mes jambes qui sont foutues ! Je sais encore enlever une veste !"
"Comme vous voudrez mon colonel. Je retourne prendre quelques bricoles à la voiture et je reviens."
"Carter, je vous ai dit de partir. C'est un ordre direct ! Est-ce qu'un jour vous allez obéir à un seul des ordres que je vous donnerais ?" dit-il d'une voix dure en la regardant droit dans les yeux.
"Absolument mon colonel. Mais aujourd'hui j'obéis aux ordres du major Fraiser qui a toute autorité en matière médicale… et dont le rang outrepasse le vôtre dans ce domaine. N'oubliez pas que vous êtes toujours son patient, mon colonel. Je reviens tout de suite," conclut-elle avec un grand sourire.
"Vous ne pourrez pas me materner éternellement Carter. Vous êtes sous les ordres de Hoskins… et… c'est un excellent soldat…"
"… et un fieffé c… Excusez-moi monsieur. Je n'ai rien dit."
"Carter ! Vous me cachez quelque chose ? Vous me diriez si vous aviez un problème n'est-ce pas ? Ce n'est pas parce que je suis infirme que je peux plus être votre ami," dit-il d'une voix sans timbre.
"Arrêtez de dire des sottises et enlevez donc cette veste. Je reviens tout de suite. Et… mon colonel…"
"Oui Carter," dit O'Neill d'une voix agacée. Son bras était coincé dans la manche et il n'y avait rien qu'il puisse y faire sans l'aide Carter.
"… je préfère vous prévenir que je suis là pour un moment, mon colonel. Mes affaires arriveront demain. J'ai pris la liberté de faire transférer mon labo chez vous, si vous n'y voyez pas d'inconvénient… monsieur…." dit-elle, les yeux pétillants.
"Quoi !? Votre labo ? Carter, vous êtes sûre que vous allez bien ?"
"Parfaitement bien mon colonel ! En plus des ordres du major Fraiser, je suis à la lettre les ordres du général Hammond. Je suis votre nouvelle garde-malade, mon colonel, et que vous le vouliez ou non, vous allez m'avoir sur le dos jusqu'à ce que vous remarchiez… mon colonel."
Jack fit pivoter le fauteuil roulant pour lui faire face. "Carter, je ne suis même pas sûr de remarcher un jour !"
"Je ne suis pas pressée… monsieur."

*

Sam mit la main en visière et plissa les yeux. Elle posa son livre sur ses jambes et se pelotonna dans le grand châle en cachemire. Evidemment l'homme qui s'avançait vers elle n'avait plus rien du jeune homme fringuant qui l'avait séduite, dix-sept ans plus tôt. Elle pencha un peu la tête et fit une petite moue approbatrice. Il était bien mieux ! Il était son ami le plus cher, son confident. Elle se retint d'éclater de rire en le voyant batailler pour sortir une de ses cannes d'un trou dans le gazon. Il en faisait intentionnellement des tonnes pour son bénéfice. Il adorait se donner en spectacle et exagérait son handicap. Il s'obstinait à couper à travers la pelouse et se retrouvait régulièrement coincé. La dernière fois, il en avait perdu une de ses cannes et il avait rampé jusqu'à elle pour lui apporter une rose rouge sang, une de ses préférées.
Cette fois, il avait les mains vides. Elle devait combattre la tentation de se précipiter à son secours. Mauvaise idée. Elle fit mine de se replonger dans son livre et l'ignora délibérément.
"Sam !" finit-il par appeler. "Tu pourrais venir m'aider, je suis encore…"
"… coincé ! Quand est-ce que tu vas devenir raisonnable Jack ?"
"Jamais !! Dieu m'en préserve," répondit-il en s'appuyant sur elle pendant qu'elle se penchait pour récupérer sa canne. "La vie est trop courte pour être raisonnable !"
Elle lui tendit la canne mais la lui retira au moment où il l'attrapait.
"Tu ne vas pas te moquer d'un infirme !" protesta-t-il.
"Un infirme ? Ce n'est pas l'impression que j'ai eu cette nuit, mon colonel…"



FIN
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