Fly and dry
                                                        La braguette magique



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Suzvoy (pour le texte original) et Xeen (pour la traduction) - août 2002

Résumé : Jack devrait faire davantage attention (après Descent)
Spoilers : Redemption I et Descent
Disclaimer : Stargate SG-1 -Metro-Goldwyn Mayer Inc./UA, MGM Worldwide Television, Gekko Corp., Double Secret Productions, SciFi Channel - all rights reserved


Pour Daniel – pas celui-là.

*

Elle aurait dû s'intéresser au briefing et dans des circonstances normales, elle l'aurait probablement fait. Le problème, c'était que… et bien, c'était que Jonas s'était un peu égaré. Il essayait d'expliquer ce qu'il avait bricolé exactement sur le vaisseau pour transférer l'énergie au champ de force, mais il était constamment distrait par les nombreuses idées et observations parasites qui lui passaient par la tête.
Le deuxième problème, c'était qu'elle était épuisée. Elle ne ressentait plus les effets de l'adrénaline qui l'avait envahie au moment où elle avait failli se noyer avant de s'échapper d'un vaisseau-mère sur le point d'exploser à bord d'un chasseur goa'uld immergé. Elle se sentait de plus en plus léthargique et aussitôt que le briefing serait fini, on pourrait lui dire tout ce qu'on veut, elle allait se trouver un lit, n'importe quel lit et se jeter dessus.
Décidée à faire semblant d'être attentive, elle redressa la tête et se mit à observer ses co-équipiers. Jonas venait, une fois de plus, de faire ses preuves. Bien qu'il ne soit pas encore pleinement accepté – surtout par le colonel – il était en passe d'y parvenir. Est-ce qu'il se ferait vraiment une place au sein de l'équipe, ça, personne ne pouvait encore le dire – mais elle commençait à penser qu'il y arriverait.
Teal'c, assis à la droite de Jonas, était aussi calme qu'à l'ordinaire, ne participant qu'en cas de nécessité. Tranquille, serein, et tout à fait satisfait de l'issue de la mission, il observait, assis et content.
Comme d'habitude.
Et puis, il y avait le colonel, assis à sa gauche. Elle le regarda à la dérobée et ne put s'empêcher de constater qu'il avait l'air au moins aussi fatigué qu'elle. Il se cachait derrière sa main droite pour bâiller. Il avait le coude posé sur la table et sa main lui soutenait la tête. Plus elle le regardait, plus elle avait l'impression que son corps allait glisser de la chaise.
Ohhh...
Mon dieu...
Hum…
Heu...
Merde !
Comme elle ne tenait pas à ce qu'on remarque la tête qu'elle faisait, elle détourna les yeux en essayant désespérément de trouver quelque chose.
Sa braguette était ouverte.
Apparemment, après avoir enlevé son treillis trempé pour se glisser dans des vêtements délicieusement propres, il avait oublié de remonter la fermeture à glissière.
Le moment était venu de penser vite et bien. Vu l'endroit où les autres étaient assis, elle doutait que quiconque puisse avoir un angle de vision sur… hum… cet endroit-là. Elle s'en était aperçue seulement parce qu'elle était assise à côté de lui.
Vraiment.
Mais, pour une fois, il n'était pas près de la table. Naturellement, il s'était assis à quelques centimètres, les jambes étendues aussi loin que possible. Si personne ne bougeait d'un centimètre - ou s'il ne bougeait pas d'un centimètre– elle tenait le bon bout.
Oh, comme si elle ne pouvait pas avoir pensé à une autre expression.
De toute façon, il restait son supérieur. Son devoir était de protéger son honneur.
Non ?
Bon, il suffisait qu'elle attire son attention sans attirer celle de personne d'autre. Facile.
Elle le regarda… et le regarda encore. En temps normal, il avait tendance à avoir un sixième sens et s'apercevait qu'elle le regardait. La réciproque était vraie. C'était la conséquence de cinq années passées à travailler côte à côte et d'autres choses dont elle refusait de tenir compte. Cela s'était révélé appréciable plus d'une fois au milieu d'un combat.
Pour une fois, ça ne marchait pas. Au lieu de cela, il faisait de son mieux pour dissimuler un autre bâillement pendant que Jonas – qui apparemment ne se sentait pas du tout fatigué – parlait avec enthousiasme de l'efficacité des anneaux de transport Goa'Uld.
Bien. Le moindre mouvement au-dessus de la table était susceptible d'attirer l'attention, donc elle n'avait pas le choix. Doucement, tout doucement, elle approcha sa jambe gauche de sa droite.
Même si elle n'avait pas su qu'elle l'avait touché, elle s'en serait aperçue rien qu'à sa réaction : il se redressa, la main sur laquelle il s'appuyait claqua sur la table, et il ouvrit des yeux plus grand que la porte des étoiles.
Oh, nom de dieu – il n'allait pas penser qu'elle lui faisait du rentre-dedans ?
Le bruit de sa main, bien sûr, ne passa pas inaperçu. Tous les regards – Jonas et Teal'c en face, Hammond au bout de la table – se tournèrent vers lui.
"Désolé," dit le colonel. "Je crois que nager m'a donné des crampes." Comme pour donner plus de poids à ses paroles, il se mit à se frotter la cuisse droite avec vigueur, ce qui - dans l'esprit de Sam – rendait encore plus visible sa braguette ouverte.
Mais personne ne vit rien.
Avec la permission de Hammond, Jonas continua.
Puisqu'ils n'étaient plus dans la ligne de mire, Sam se prit à espérer qu'il allait enfin la regarder et qu'elle pourrait lui montrer – par un hochement de tête, par n'importe quoi, où était le problème.
Il ne la regardait pas. En fait, on aurait dit qu'il faisait tout son possible pour ne pas la regarder, s'absorbant délibérément dans la contemplation de la carte des étoiles qui se trouvait juste derrière la tête de Hammond. Il fronçait beaucoup les sourcils pourtant.
Parfait. S'il préférait l'ignorer… s'il avait vraiment cru qu'elle n'arrivait pas à se maîtriser…
Elle recommença.
Il n'y eu pas de mouvements brusques cette fois-ci. En fait, sa main qui se crispait sur la table fut la seule réponse visible.
Mais il ne la regardait toujours pas.
Elle commençait à s'impa…
Une pression.
Un mouvement…
Nom de…
Il lui faisait la même chose qu'elle ! Il croyait vraiment qu'elle le pelotait !
Consciente qu'un pied recouvert d'une botte se frottait contre sa jambe, elle cligna des yeux et bougea sur sa chaise. C'était nul. En réalité, c'était incroyablement embarrassant – et ça le deviendrait encore plus quand il réaliserait ce qui s'était vraiment passé.
Il valait mieux l'arrêter tout de suite avant que ça ne soit encore pire.
Ouais, bonne idée.
Bon plan.
Absolument.
Dès qu'elle arrêterait de traîner les pieds.
Ca n'aurait pas dû lui faire quoi que ce soit. Il portait des bottes d'abord – sans doute l'objet le moins érotique qui aurait pu caresser une jambe entièrement recouverte d'un pantalon. Pourtant, elle continua à s'agiter sur sa chaise.
Il fallait qu'elle arrête ça. Il fallait qu'elle bouge. Immédiatement.
Elle fut obligée de tâtonner et de chercher avec son pied – ce qui sans nul doute le conforta dans l'idée qu'elle voulait l'allumer – mais elle finit par trouver le devant de sa botte et appuya fort.
Très fort.
Il tressaillit et finit par se tourner vers elle. Il fronça les sourcils le plus qu'il put d'un air de dire "Vous êtes folle ou quoi ?"
Lui rendant son regard, elle hocha la tête en direction de son entrejambe.
Il se contenta de froncer les sourcils.
Elle leva les yeux au ciel et recommença.
Suivant la direction de son regard, il finit par voir – et arrêta de respirer. Réalisant enfin ce qu'elle avait essayé de lui faire comprendre, il devint d'une jolie couleur brique et se détourna d'elle.
Elle essayait de ne pas sourire, sans vraiment y parvenir.
Même si sa première réaction avait été de retirer sa main à toute vitesse de la table pour combler le vide et cacher ce spectacle offensant, il mit calmement sa main dans son autre main et les posa sur ses genoux. Seulement alors, et extrêmement lentement, il s'appliqua à rapprocher sa chaise de la table, centimètre par centimètre.
Pas mal.
Il ne pouvait pas encore fermer la braguette, bien sûr – ce genre de bruit n'aurait fait que le trahir. Ce qui signifiait que leurs problèmes n'étaient pas réglés.
Le briefing touchait à sa fin et quand Hammond serait parti, elle et le colonel seraient obligés de se lever.
Elle se mit à réfléchir à toute vitesse pour trouver une raison de prolonger le briefing, quelque chose qui les obligerait à rester assis et lui permettrait de trouver une solution. Un commentaire sur leur fuite mouvementée en chasseur goa'uld. Un commentaire sur le fait que Papa avait dû partir aussi vite.
Malheureusement, elle était tellement occupée à réfléchir qu'elle en oublia d'agir.
Hammond se mit à parler en se levant de sa chaise. "Vous pouvez disposer."
Elle se leva machinalement. Teal'c aussi. Bien que n'appartenant pas à l'armée, il y voyait un signe de respect. Jonas suivit leur exemple, se joignant à eux tout de suite après, quant au colonel…
Le colonel rejeta ses épaules en arrière, remua sur sa chaise et remit ses mains sur le dessus de la table. Il se préparait apparemment au fait qu'il allait être obligé de se mettre debout.
C'est alors que cela arriva.
"Restez assis colonel."
Hammond sourit. A pleines dents.
"Je comprends que votre jambe vous fasse encore souffrir de temps en temps ; nous ne voudrions pas empirer les choses n'est-ce pas ?"
Le colonel cligna les yeux, les mains toujours sur la table.
"Non, mon général. Merci monsieur."
Hammond sourit une deuxième fois et Sam comprit.
Il savait.
Elle le regarda sortir, entrer dans son bureau, en même temps qu'elle commençait à comprendre ce qui était en train de se passer.
Il le savait. Il l'avait su depuis le début.
Elle lança un coup d'œil au colonel, qui – toujours gêné – détourna la tête, mais il n'avait pas l'air de trouver que quelque chose clochait. Peut-être était-il trop humilié.
"J'ai une question."
C'était Jonas qui avait parlé. Il était toujours debout de l'autre côté de la table avec Teal'c. Pour être honnête, pendant quelques secondes, elle avait complètement oublié qu'ils étaient là.
"Oui ?"
"Est-ce que se toucher mutuellement les pieds et les jambes correspond à une forme de communication que je ne connais pas encore ? Il n'en est fait mention dans aucun des carnets du docteur Jackson…"
Un bruit sourd résonna à côté d'elle; c'était le colonel qui se cognait la tête contre la table.
Génial.

FIN
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