| Joyeux Noël, Jack © Sam 23 - décembre 2001 vers le texte original traduction : Xeen genre : romance, vacances, Noël avertissement : beaucoup de commentaires désobligeants sur Noël résumé : Sam essaye de montrer à Jack les bienfaits de Noël disclaimers : les persos appartiennent à MGM, Gekko, Showtime etc.….. note de l’auteure : il a commencé à neiger très tôt en Allemagne cette année et c’est pourquoi j’ai eu envie d’écrire cette fiction de Noël. Pour tous ceux qui la liront en décembre, un très joyeux Noël à vous tous ! Surtout, n’hésitez pas à m’envoyer vos impressions, spécialement pour cette histoire ! note de la traductrice : désolée d’avoir mis si longtemps, mais mieux vaut tard que jamais… et joyeux noël à tous ! Vous pouvez aller lire les fics de sam23 sur son site Sam’s Quarter ou sur Heliopolis et Sam & Jack Directory. "I will honour Christmas in my heart, and try to keep it all the year" Charles Dickens * "Have yourself a merry little . . ." "Mon dieu Sam, arrêtez-moi ça ?!" Le colonel Jack O’Neill leva les yeux au ciel et s’assit en soupirant. Le major Sam Carter regarda son supérieur sans comprendre. "Quelque chose ne va pas, mon colonel ?" "Ah," dit Jack O’Neill avec un signe de la main, "non, rien. Sauf que je déteste ces clochettes et ces carillons et toutes ces chansons de Noël ridicules. Au pays des merveilles de l’hiver ! Pfftt ! Je me demande bien ce qu’il a de merveilleux l’hiver. Il fait froid, il fait nuit et tous ceux qui ont un peu de jugeote essayent d’y échapper." Jack s’appuya sur le dossier de sa chaise et ferma les yeux. "Alors que Hawaï…." Sam se mit à rire. Jack ouvrit les yeux et la regarda. "Quoi ? " "Rien, mon colonel. Je ne vous imagine pas à Hawaï, c’est tout." Jack leva un sourcil et joua la carte de l’homme outragé. "Comment ça ? Vous pensez que je ne sais pas me servir d’une planche ?" Sam réfléchit quelques secondes et secoua la tête. "Non, mon colonel, désolée." Jack haussa les épaules et croisa les bras sur sa poitrine. " Bon, d’accord, vous avez raison. Je ne sais pas. Mais on peut faire plein d’autres choses à Hawaï. " Sam se remit au travail, un sourire aux lèvres; pourtant le colonel et sa mauvaise humeur commençaient à lui taper sur les nerfs. Le lecteur de cd marchait toujours et il se trouvait que la chanson suivante était "Douce nuit ". "Pour l’amour du ciel ! C’est encore pire !" Sam ne se donna pas la peine de demander pourquoi. Il n’allait pas tarder à le lui dire de toute façon. Elle l'aurait parié. Jack se leva et se mit à faire les cent pas devant son bureau. "Douce nuit ! Celle-là, elle est bonne. Les gens sont prêts à s’entretuer pour trouver à la dernière minute le cadeau idéal, tout le monde est pressé de rentrer chez soi, ce qui fait que la circulation est un vrai cauchemar. Finalement, quand vous arrivez chez vous, la dinde a brûlé, la télé ne marche pas et évidemment, impossible de trouver quelqu’un pour venir la réparer, alors tout le monde se met à chanter des chants de Noël, même ceux qui ne devraient même pas oser siffler. " Sam soupira. Elle était en colère. Elle fit le tour du bureau et l’arrêta dans son élan. "Vous n’aimez pas Noël, pas de problème, mais il y a des gens qui ne sont pas de votre avis. Alors, s’il vous plaît, laissez le père Noël tranquille et allez vous plaindre ailleurs. En plus, j’ai du travail. " Jack soupira et hocha la tête. "Vous voyez ? C’est exactement ce que je veux dire. C’est Noël, alors tout le monde devient agressif. Belle démonstration de pacifisme." Sam allait protester mais il tourna les talons et sortit du labo. Elle secoua la tête, retourna s’asseoir et monta le son comme pour chasser les mauvaises pensées de Jack à propos de Noël. Elle se mit à siffler et bientôt sa bonne humeur était revenue. Daniel frappa et entra sans attendre de réponse. "Oh ? On a le droit ?" "Pardon ?" Daniel montra le lecteur posé sur le bureau. "Et bien, tant que personne ne dit que c’est interdit…" "Ah, je comprends…" sourit Daniel. Sam retourna à ses calculs et Daniel s’assit sur le coin du bureau. "Est-ce que vous avez remarqué qu’il y en a qui ne sont pas contents que ce soit Noël ?" dit-il. Sam leva les yeux au ciel. "Ne m’en parlez pas. Je viens presque de le jeter dehors, il n’arrêtait pas de se plaindre." Daniel hocha la tête. "Vous connaissez Jack. C’est une sale période pour lui. Et comme il ne veut pas qu’on s’en aperçoive, il n’arrête pas de grogner et de se rendre désagréable. Si vous voulez mon avis, il joue la comédie." Sam leva les yeux et tressaillit. Comment avait-elle pu oublier. Le chagrin et la culpabilité la submergèrent. Charlie. Bien sûr que Jack savait à quel point Noël pouvait être merveilleux. C’était d'autant plus insupportable que tous les ans, la vue des gamins qui déballaient en riant leur cadeaux lui rappelait ce qu’il avait perdu. Sam se rappela le premier Noël après la mort de sa mère. Elle comprenait ce que ressentait Jack. Sa douleur devait être pire que la sienne. Sam se sentit coupable. "Mon dieu Daniel. Comment est-ce que j’ai pu oublié ? Vous croyez que je devrais aller le voir ?" Daniel fit signe que non. "Sam, laissez-le tranquille. Il ne voudra pas l’admettre de toute façon. Il va seulement disparaître pendant quelques jours et au jour de l’An, il sera à nouveau ce bon vieux Jack. Il préfère faire comme ça et nous devons respecter son choix. " Sam en doutait. Noël était une époque merveilleuse et tout le monde aurait dû avoir le droit d’en profiter. Elle voulait que Jack O’Neill soit heureux. Il le méritait plus que quiconque. Sa décision était prise. "Daniel, j’ai besoin d’un coup de main…" Ils retrouvèrent Jack au moment où les portes de l’ascenseur se refermaient. "Hé, vous aussi, vous rentrez ?" "Oui, j’ai des courses de Noël à faire," répondit Daniel en souriant, "mais je ne sais vraiment pas quoi acheter." "J’ai besoin de rien, " grommela Jack. Daniel et Sam échangèrent un regard. Daniel croisa les bras sur sa poitrine. "Pourquoi est-ce que vous ne voulez pas entendre parler de Noël ?" "Parce que je préfère le 4 juillet, c’est tout." "Oh Jack, ça suffit ! Noël c’est chouette !" "Trop de joie télécommandée à mon goût, c’est tout," grogna Jack. "Télécommandée ?" interrompit Sam. "Je ne crois pas. Je pense que Noël est une fête joyeuse au contraire. Tout le monde a envie d’être heureux à Noël." "Oh, oui, hein ? Et celui qui n’est pas d’accord est l’ennemi, c’est ça ?" riposta Jack. Ils étaient arrivés au parking recouvert de neige. On voyait à peine les voitures sous la couverture blanche que le ciel avait déposée. "Allez Jack, vous ne pouvez pas dire que vous avez toujours détesté Noël. Je parie que quand il était jeune, Jack O’Neill adorait ça, le père Noël, les batailles de boules de neige, les marrons grillés, ouvrir les cadeaux…" "Pour votre gouverne Daniel, la réponse est non," grommela Jack. A peine avait-il dit cela qu’il sentit le froid sur sa joue. Non, jamais Daniel n’oserait faire une chose pareille. Il se retourna. Le jeune archéologue le regardait d’un air innocent, les mains derrière le dos. "Vous venez de faire une grosse erreur," dit Jack en ramassant une poignée de neige. La boule de neige frappa Daniel à l’épaule et il trébucha avant d’attaquer à nouveau. Il atteignit Jack et les représailles qui suivirent laissèrent Daniel crachant, toussant et riant à la fois. Jack souriait. Il l’avait bien mérité. Il était toujours en train de regarder Daniel quand une autre boule de neige le frappa à la tête. Jack tituba et se retourna vers le nouvel attaquant. "Hé, vous êtes dans quel camp ?" hurla Jack à son second. "Comme je suis une grande fan de Noël," dit Sam en souriant, "dans celui de Daniel." Et elle lança un autre projectile sur le colonel. Jack s’écarta et cria "Traître !" juste avant de la viser. Elle se baissa à l’abri d’une voiture et tira encore. Jack trébucha et faillit tomber. Sam décida qu’il était temps de trouver un autre abri et elle traversa le parking en courant. Du coin de l’œil, Jack vit ce qu’elle faisait et il courut dans sa direction. Elle se rendit compte trop tard qu’il la rattrapait. Ils se rentrèrent dedans et tombèrent. Jack essaya de lutter avec elle, mais il riait si fort qu’il n’arrivait pas à se concentrer sur sa tâche. Ils roulèrent dans la neige, toujours criant et riant, chacun essayant de clouer l’autre au sol. Jack se sentait détendu et ne pouvait plus s’arrêter de rire. Il était bien. Il avait l’impression d’être redevenu un gosse. Sam avait le dessus et elle le plaqua au sol. Jack arriva à parler entre deux rires et deux respirations. "D’accord, d’accord, vous avez gagné, je me rends." Sam sourit triomphalement, lui lâcha les poignets et se laissa retomber à côté de lui dans la neige. Ils respiraient bruyamment tous les deux. Elle le regarda. Il riait encore les yeux levés vers le ciel gris. Bon sang, c’était super, pensait Jack. Il sentait l’épaule de Sam contre la sienne. Sans compter qu’ils étaient vraiment très près, ce qui était toujours une bonne chose, se dit-il. C’était sans doute la meilleure bataille de boule de neige de sa vie. A ce moment-là, une image surgit dans sa tête. La pelouse. Lui et Charlie faisant les idiots dans la neige. Ca n’arriverait plus jamais. Une douleur déchirante lui traversa la poitrine. Il se leva, essaya de se débarrasser de la neige collée à ses vêtements et rejoignit sa voiture sans dire un mot. Daniel aida Sam à se relever et ils le regardèrent partir. Daniel soupira mais Sam secoua la tête. "Je savais que ça n’allait pas être facile, mais c’est un début non ?" dit-elle en souriant à Daniel. "Bon, qu’est-ce qu’on fait après ?" "Je pense qu’il va falloir travestir un peu la réalité…" Jack O’Neill décrocha. Le major Carter était au bout du fil et ça n’avait pas l’air d’aller. "Mon colonel, vous avez une minute ?" "Bien sûr. Qu’est-ce qui se passe ?" "Et bien, en fait, c’était très glissant ce matin. Heu… je suis vraiment embêtée. Je suis tombée." "Vous êtes blessée ?" demanda Jack, de l’inquiétude dans la voix. Mon dieu, heureusement que je n’ai pas un vidéophone, sourit Sam qui regardait sa main indemne. Mais Jack n’en savait rien. N’est-ce pas ? "Oui, la main droite. On m’a mis un bandage, mais je ne peux plus rien faire." "Besoin d’aide ?" "Oh oui, ça serait génial. Je voulais acheter mon arbre aujourd’hui, mais j’ai peur de ne pas y arriver toute seule." Jack fronça les sourcils. "Vous avez demandé à Daniel ? Il ne peut pas vous aider ?" demanda-t-il. "Non, il travaille sur un truc important. Je viens de lui demander. Mon colonel, je sais que vous détestez Noël, mais vous me rendriez vraiment un grand service. S’il vous plaît ?" Jack soupira. Impossible de refuser. C’est maintenant qu’elle avait besoin de lui. C’était beaucoup plus important que de rester là à s’apitoyer sur soi-même. Jack prit sa décision. "D’accord. Je serais chez vous dans une heure," répondit-il. L’air était froid et de petits flocons de neige tombaient sur le sol en tourbillonnant. Sam regardait l’homme qui marchait à côté d’elle. Son expression était neutre mais elle savait qu’il était mal à l’aise. Elle n’était plus aussi sûre que ce soit une bonne idée. Elle voulait qu’il soit heureux et au lieu de ça elle le confrontait à des situations qui le rendaient malheureux mais c’était la seule manière de le faire sortir de l’endroit sombre où il s’enfermait. Sam s’arrêta devant une très jolie vitrine. Jack haussa un sourcil. "Alors là c’est le comble," remarqua-t-il. "Je trouve ça très joli." "Evidemment, vous êtes une femme." "Je ne vois pas le rapport." "Mais si bien sûr," dit-il en se remettant à marcher. Elle le rattrapa. "Non, c’est vrai. J’aime Noël. C’est une période de l’année où tout le monde devrait être heureux." "Même moi ?" "Evidemment." "Non, merci Carter, mais non, vraiment. " "Allez mon colonel. C’est juste une fête comme les autres." "Oui, mais à cette fête-là, vous ne pouvez pas picoler." "Personne ne devrait avoir envie de se saouler à Noël." Jack éclata de rire. "Vous ne trouvez pas que vous êtes un peu naïve ?" dit-il en hochant la tête. "Surtout si l’on considère que le jour de Noël il y a plus de suicides que tous les autres jours ? En fait, c’est une fête bien déprimante, si vous voulez mon avis." "Pourquoi ?" demanda-t-elle doucement. "Hein ?" "Pourquoi déprimante ?" Jack regarda au loin et évita de croiser son regard. Ils tournèrent le coin de la rue et atteignirent leur destination. Jack paraissait soulagé. "Nous y voilà. Plein d’arbres morts prêts être choisis. Allez-y, prenez votre pied." Sam posa la main sur son bras et le traîna vers les arbres. "Rien à faire. Vous allez m’aider à choisir," dit-elle. Jack leva les yeux au ciel, mais il la suivit. Une demi-heure plus tard, ils transportaient un magnifique arbre de Noël jusque chez Carter. Enfin surtout Jack. Sam ne faisait que suivre. "Où est-ce que vous voulez que je l’installe ?" demanda Jack . Elle lui fit signe de le mettre dans le salon. "Là. J’ai déjà tout descendu du grenier. " Jack jeta un œil autour de lui. Sur la table, il y avait des petites boîtes remplies de décorations de Noël. Toute la maison sentait Noël. L’odeur douce des cookies et du gingembre se mêlait à celle du sapin. Ce mélange faisait remonter les souvenirs. Jack ferma les yeux une minute, essayant d’enfouir ces images au plus profond de lui avant qu’elles ne s’échappent de son subconscient. Il ne vit pas Carter qui le regardait avec une expression de culpabilité et de compassion. Elle avait envie de pleurer. C’était dur de le voir comme ça, plus dur qu’elle ne l’aurait pensé. Elle décida d’arrêter tout, tout de suite. "Mon colonel, je pense que je peux me débrouiller pour la suite." Jack cligna les yeux et la regarda. Tous ses démons s’étaient enfuis au son de sa voix. Comme d’habitude. Il fit un signe de la main avant de répondre. "Pas question. Je vais vous aider à installer cet arbre. C’est pour ça que je suis venu." "Non je vous assure, ce n’est pas nécessaire." Jack savait qu’il n’y aurait pas de problème s’il partait maintenant. Il rentrerait chez lui, s’installerait devant un film d’horreur avec une bouteille de bière et oublierait toutes ces histoires de Noël. Mais d’un seul coup, il se rendit compte qu’il n’avait pas envie de rentrer. Il regarda le sapin. En fait, il avait trouvé ça plutôt amusant d’acheter cet arbre. Il regarda Sam. Elle avait l’air chiffonné. Il grimaça.. "Qu’est-ce qui se passe ?" "Heu, rien," dit-elle en essayant de sourire. Jack montra le sapin. "Alors, on y va, non ?" Une fois le sapin debout, Sam commença à ouvrir les boîtes et à déballer les décorations à la recherche des guirlandes. Debout près de l’arbre, les mains dans les poches, Jack la regardait faire. Un sourire se dessinait sur le visage de Sam au fur et à mesure qu’elle sortait les décorations et les déposait sur la table. Il y avait au fond de ses yeux cette étincelle qui apparaissait comme à chaque fois que quelque chose lui tenait à coeur. Il se sentit fondre. "Ca vous plaît tout ça, hein ?" Sam acquiesça d’un signe de tête, toujours à la recherche des guirlandes. "C’est ce que je préfère, décorer le sapin. Vous savez, je le fais tous les ans, mais c’est magique. Vous savez quand vous éteignez les lumières la première fois et qu’il n’y a plus que les guirlandes d’allumées. C’est vraiment magique. Je sais que ça a l’air idiot probablement, mais c’est exactement ce que je ressens. De la magie." Jack ne disait rien et Sam releva la tête pour le regarder. Il avait l’air perdu dans ses pensées, les yeux fixés sur le sapin. Sam commença à s’inquiéter, mais il n’y avait aucune colère, aucune tristesse sur son visage. Peut-être seulement ce que Sam aurait décrit comme de la curiosité. On aurait dit qu’il réfléchissait à tout ça. Elle décida de continuer. "Vous savez, d’habitude j’écoute des chansons de Noël en décorant l’arbre, mais cette année je ne le ferais pas. Je sais ce que vous pensez de ces chansons !" Jack ferma les yeux puis la regarda en hochant la tête. "Non, vous pouvez y aller, ne faites pas attention à moi. Je tiendrais le coup," sourit-il, "et je promets de ne rien dire au petit tambour et à ses potes." Sam s’approcha du lecteur de cd et appuya sur lecture. Aussitôt les premières mesures de "Let it snow" résonnèrent dans la pièce. Jack fit la grimace mais fit ce qu’il avait promis. Il ne dit rien. Sam avait finalement réussi à mettre la main sur les guirlandes et elle lui tendait une extrémité. "Maintenant, le plus difficile," dit-elle. Jack lui sourit. A l’entendre, c'était la première fois qu'il mettait une guirlande. Mais elle avait raison, c’était bien le plus difficile. Lui et Sara s’étaient toujours débrouillés pour se retrouver au milieu d’un fouillis de câbles qui les encerclait, eux et l’arbre. C’était comme de lutter avec une pieuvre. Et tout ça en se retenant de rire trop fort de peur de réveiller Charlie et de lui gâcher la surprise. Voilà que ça recommençait. Cette souffrance. Cet horrible manque. Juste à ce moment, Sam lui tendit le câble et leurs mains se touchèrent juste un instant. Charlie et Sara ne sont pas là, mais Sam oui. D’un seul coup, il se sentit reconnaissant. Même si Carter était brillante avec tous ses ‘trucs’, elle ne maîtrisait pas l’art de disposer des guirlandes. Ca venait peut-être de sa main bandée, mais Jack suspectait que personne ne pouvait vraiment y arriver sans provoquer un désastre. Il se mit à rire en voyant son expression déroutée à la vue d’un nœud qui n’était pas sur le fil quelques secondes plus tôt. Ils mirent presque une demi-heure, mais finalement les lumières étaient en place et ils se reculèrent pour admirer leur œuvre. "Voilà," dit-il, "il y a des choses qui ne changent jamais." "Pardon mon colonel ?" "La dernière fois que j’ai fait ça, j’ai eu autant de mal que cette fois-ci. On dirait que ces trucs ont une vie propre." "Oui, je vois ce que vous voulez dire," dit-elle en attrapant une boîte de boules en verre. Le silence qui suivit ses mots fut interrompu par la chanson suivante. "Chestnuts roasting on an open fire…" Sam sourit. "C’est une de mes préférées." "Elle est bien," dit Jack en lui tendant une boule. Sam haussa le sourcil de surprise. "Vous êtes sûr que ça va ?" "Ben oui, pourquoi ?" "Vous venez de dire quelque chose de gentil sur Noël." "Ah." Jack secoua la tête. "Celle-là c’est plus une chanson d’hiver qu’un chant de Noël." Sam sourit. Pas tant à cause de ce qu’il venait de dire, mais parce qu’il donnait l’impression de s’amuser à présent. Ils continuèrent en silence pendant quelques secondes et Sam se mit à fredonner. Tout à coup, elle entendit que Jack chantait. Pas très fort, mais il chantait. Et à sa grande surprise, il avait vraiment une jolie voix. Elle se mit à chanter avec lui et bientôt on n’entendit plus Nathalie Cole. "Although it's been said many times many ways, merry Christmas to you..." La musique s’arrêta et Jack ferma les yeux quelques secondes. Il avait le sentiment d’être en paix maintenant. En paix avec lui-même et en harmonie avec le monde. C’était peut-être ça Noël, pensa-t-il. Cette pensée le frappa. C’était le sentiment qui lui avait manqué depuis la mort de Charlie. C’était pourquoi Noël était si dur à vivre. Cette période de l’année ne lui rappelait pas seulement qu’il avait perdu sa famille, mais aussi sa paix intérieure. Il n’était peut-être pas trop tard pour la retrouver. Il regarda Sam à la dérobée et se demanda comment serait Noël s’il le passait avec elle. Mais son visage s’assombrit et il entendit la petite voix qui lui disait : ne sois pas débile Jack, elle va passer Noël avec son père et son frère. Avec sa famille. Et toi, tu seras chez toi, tout seul. Complètement seul. Comme tous les ans. Et c’est exactement ce que tu mérites Jack, ne l’oublie jamais. "Carter, il faut que j’y aille maintenant, désolé." "Mon colonel, attendez…" Mais Jack était déjà sorti dans la nuit froide. Carter hocha la tête. "Ne croyez pas que je vais laisser tomber, Jack O’Neill, je vous le promets," murmura-t-elle. " Vous aller passer un joyeux Noël." Mais la tâche n’était pas facile. Jack devenait de plus en plus emporté et agressif et son humeur empirait chaque jour davantage. Sam essaya bien de le faire rire, mais elle échoua lamentablement. Elle tournait et retournait dans sa tête tout ce qui s’était passé cet après-midi-là, ce qu’ils s’étaient dits, pour trouver ce qui avait bien pu le faire renchérir dans son attitude anti-Noël. "Je ne sais vraiment plus quoi faire," dit-elle à Daniel quand ils déjeunaient au mess. "Sam, vous savez bien que je ne demande qu’à vous aider," soupira Daniel "mais je ne crois pas que nous pouvons y faire grand-chose," dit-il en hochant la tête. "Je pense que nous devrions le laisser tranquille." "Mais je ne peux pas ! Il souffre Daniel. Je ne peux pas rester là et le regarder souffrir. Il faut que je l’aide." "Sam." Elle lui coupa la parole et continua en se penchant par dessus la table. "Il est hors de question que les choses se passent encore de la même manière cette année. Je préfère ne pas célébrer Noël si cela signifie qu’il sera chez lui tout seul dans le noir. Tout seul avec sa peine, sans sa famille, sans ses amis." "Holà, holà, du calme ! D’accord. C’est important pour vous, n’est-ce pas ?" Daniel fronça les sourcils. Ses yeux trahissaient ses paroles. Sam savait parfaitement que la question qu’il voulait poser était plutôt " IL est important … " "C’est notre ami et il a besoin de notre aide," dit-elle en évitant de répondre à la question. Elle se leva. Daniel la regarda. "Qu’est-ce que vous comptez faire maintenant ?" "Changer de stratégie. Il faut peut-être une approche plus directe," dit Sam en tournant les talons. "Bonne chance," grommela Daniel en secouant la tête. Sam le retrouva dans la salle d’embarquement. O’Neill regardait la porte. Il n’y avait plus personne, parce qu’aucune équipe n’était en mission la veille de Noël. "Mon colonel ?" "Si vous êtes venue me souhaitez un joyeux Noël, vous pouvez repartir tout de suite." "Mon colonel ?" Jack se retourna. "Vous êtes en permission pour les fêtes non ? Donc j’imagine que vous êtes venue me dire au revoir. On se verra dans deux semaines, je crois." "En fait, nous nous verrons demain mon colonel. " Jack fronça les sourcils et l’interrogea du regard. "Carter ? Vous pouvez certainement m’expliquer ce que vous voulez dire ?" "C’est pourtant simple. Réveillon. Huit heures, chez moi. Daniel, Teal’c, Janet et Cassie seront là aussi." Jack avait l’air désorienté. "Vous ne passez pas le réveillon en famille ?" Sam lui sourit, jeta un coup d’œil autour d’elle pour s’assure que personne ne les voyait et posa la main sur son bras. "C’est ce que j’espérais. Mais ça ne marche que si vous êtes là." "Franchement, je ne sais pas Carter. Vous savez que je déteste Noël. Je ne vais probablement être de bonne compagnie, et je crois que je ferais mieux de rester chez moi et d’attendre que ça passe." "Pourquoi ?" "Je vous ai déjà dit que je n’aimais pas Noël," répondit-il. "Je ne vous crois pas." "Vous devriez." "Non." "Si." Sam croisa les bras et le regarda droit dans les yeux. "Vous voulez me faire croire que manger de la pizza froide en regardant le club téléachat à la télé tout seul chez vous , c’est mieux que de passer Noël avec des amis ?" "Ce n’est pas le problème." "Alors, qu’est-ce que c’est ?" Jack commença à faire les cent pas devant elle. "Si je préfère faire comme ça, c’est justement parce que vous êtes mes amis. Je n’ai pas l’intention de vous gâcher le réveillon." Sam fit un signe de dénégation. "C’est juste une excuse. Quand nous avons décoré le sapin, quand nous avons fait cette bataille de boules de neige, vous étiez content. J’en suis sûre. Vous vous êtes amusé, vous ne pouvez pas dire le contraire." Jack baissa la tête. "Je ne le mérite pas." Il parlait si bas qu’elle l’entendit à peine. Elle lui mit la main sur l'épaule. Elle avait les larmes aux yeux. Elle ressentait sa souffrance comme si elle était sienne et ne souhaitait rien de plus que la faire disparaître. "Ne dites jamais ça. S’il y a quelqu’un qui mérite Noël, c’est vous. Ne vous punissez pas. Vous avez le droit de vous amuser le jour de Noël." "Je l’ai perdu, le jour où j’ai laissé traîner cette arme…" dit Jack en avalant sa salive avec peine. Il se retourna brusquement. "De toute façon, ça ne vous regarde pas. Allez-y Carter, amusez-vous," ajouta-t-il avant de s’éloigner. Il ne répondit pas au téléphone. Ni le soir, ni le matin suivant. Il n’en avait rien à faire. Assis sur le porche, il regarda tomber la neige jusqu’à ce qu’il ait tellement froid que son corps lui fasse mal. Alors seulement il se leva et retourna à l’intérieur. Voilà, c’était Noël et il était seul. Comme toujours. Il pouvait l’accepter. Il avait l’habitude. Il ignora le clignotement du répondeur et alla directement à la cuisine prendre une bouteille de bière. Avant d’avoir eu le temps d’en boire une gorgée, on frappa à la porte. Jack soupira. Ils finiraient bien par s’en aller. Mais quels qu’ils soient, ils ne semblaient pas se décourager aussi facilement. Jack se décida à aller ouvrir. Carter se tenait devant lui, les bras serrés autour d’elle, le visage rougi par le froid. "Qu’est-ce que vous faites là ? Oh, attendez, je sais. Vous avez essayé de m’appeler mais comme je ne répondais pas vous avez pensé que j’aurai pu vouloir attenter à mes jours, c’est ça ?" "Ce n’est pas drôle," s’écria Sam. Avant de se rappeler de ce que Daniel avait dit. Il se conduit comme ça pour que les gens soient en colère contre lui mais ne le prennent pas en pitié. Ne te laisse pas avoir, Sam, pensa-t-elle. "Est-ce que je peux entrer. Ca ne prendra qu’une minute." "Si vous ne pouvez pas faire autrement." Elle le laissa refermer la porte avant de l’affronter. "Vous pouvez arrêter cette comédie, je vous connais." "Pardon major ?" "Arrêtez, d’accord ? Et écoutez-moi une minute. Après je m’en irai et vous pourrez recommencer à vous apitoyer sur vous-même. Je n’essaierais pas de vous en empêcher." "Vous ne croyez pas que vous dépasser les limites, major ?" "Excusez-moi, mais de temps en temps, il faut bien que quelqu’un s’y colle. Ce que je veux dire, c’est que je sais que vous ne détestez pas Noël. Je sais que vous n’avez pas envie de passer cette soirée tout seul. Et je sais aussi que vous croyez avoir mérité de rester seul. Et c’est faux. A Noël, la famille est plus importante que tout le reste. C’est une fête qui parle de partage et de don. Plus question de travail, de profit ou de pouvoir, mais de la famille, qui est la chose la plus précieuse pour tout le monde. Vous croyez que vous devez rester seul parce que vous avez perdu votre famille. Ce que vous refusez de voir, c’est que vous avez une nouvelle famille. Et tout ce qu’elle veut c’est passer ce soir très spécial avec vous," dit Sam en le regardant très sérieusement. "Et si cela représente quoique ce soit à vos yeux, je veux que vous soyez là. C’est le premier souhait sur ma liste." Sam lui tourna le dos et regagna la porte. En ouvrant la porte, elle se retourna pour lui faire face. "Parce que Noël, c’est la fête des gens que vous aimez." Cinq minutes après son départ, Jack fixait toujours l’endroit où elle s’était tenue. Il avait l’impression que sa tête allait exploser. Finalement, il cligna des yeux, alla s’asseoir en fixant une photo de Charlie. Alors, Jack O’Neill commença à pleurer. Dehors, le paradis ouvrit ses portes et les flocons de neige se mirent à descendre lentement vers la terre. * Sam regardait par la fenêtre. "Toujours rien, hein ?" demanda Daniel. Elle secoua la tête, déçue. "Je n’aurais jamais dû lui dire tout ça. Je suis vraiment inquiète. Si ça se trouve, je n’ai fait qu’empirer les choses." Daniel haussa les épaules avec fatalité. "Franchement, je n’en ai aucune idée, Sam." Neuf heures et toujours aucun signe de Jack. Tout le monde était arrivé, Daniel et Teal’c, Janet et Cassie. Elle était heureuse de passer le réveillon avec ses amis, mais sans Jack, ce n’était pas pareil. Elle était malade d’angoisse. Elle avait essayé de l’appeler plusieurs fois depuis une heure, mais il ne répondait toujours pas au téléphone. Elle quitta la fenêtre pour rejoindre ses amis. Tout le monde riait. Cassie venait de raconter une blague qu’elle avait apprise à l’école. La blague n’était pas si drôle que ça mais l’expliquer à Teal’c l’était beaucoup plus. Sam se mit à rire en regardant Daniel essayer de faire comprendre quelque chose à Teal’c. Sam se doutait que Teal’c avait parfaitement compris, mais qu’il avait envie de s’amuser lui aussi. Soudain, au milieu des rires, Sam entendit frapper à la porte. Personne n’avait remarqué. Elle se leva et alla ouvrir. Son regard se fixa sur deux yeux sombres et très sérieux. "Salut." "Salut." Jack n’arriva pas à soutenir son regard et baissa la tête. "J’ai réfléchi à ce que vous m’avez dit," dit-il en se grattant la tête. Il cherchait ses mots. "Vous aviez raison. Pour moi, pour Noël, pour tout… Je me suis vraiment amusé l’autre jour… avec la neige et puis décorer le sapin. En fait, je crois que ça me fiche la trouille, un petit peu." Sam était tellement contente de le voir qu’elle avait en vie de la serrer dans ses bras. Mais elle connaissait les difficultés de Jack à exprimer ses sentiments et préféra attendre qu’il ait réussi à formuler ce qu’il avait sur le cœur. "Après la mort de Charlie, je n’y suis pas arrivé. A fêter Noël, je veux dire. Il me manque tant à cette période de l’année. Il me manque. Et puis je pensais aussi que je n’avais pas le droit de célébrer une fête qui est supposée apporter de la joie à toute la famille. J’ai essayé d’oublier à quel point c’est merveilleux, et magique. Et j’étais sûr d’avoir réussi, et puis vous m’avez montré et vous m’avez dit et en fait je me suis rappelé…. Est-ce que je peux entrer ?" "Evidemment ! Entrez ! Il gèle dehors." Sam referma la porte. Ensuite, ils n’eurent guère la chance de reprendre leur conversation parce que Cassie l’avait vu arriver et s’était précipitée dans ses bras. Jack s’était mis à rire. Une merveilleuse soirée de marrons chauds, de discussions devant la cheminée, de rires, de chants, de joie et d’amitié. Quand Teal’c et Daniel partirent, il était presque deux heures. Sam referma la porte derrière eux et bailla. Jack se leva du canapé et lui sourit. "Fatiguée ?" "Un peu." "Bien," dit-il n s’étirant, "je ferais mieux de rentrer à la maison moi aussi." Il s’approcha d’elle et posa les mains sur ses épaules. "Merci," murmura-t-il. "De quoi ?" répondit-elle en souriant. "De m’avoir réconcilié avec Noël." "Vous savez, ça n’a pas été commode." "Je suis content que vous ayez insisté." Sam lui toucha la joue tout doucement. " Ca valait le coup. " dit-elle en souriant. D’un seul coup, il leva les yeux et se mit à sourire. "Quoi ?" demanda-t-elle. Jack haussa les épaules et un sourire espiègle apparut sur ses lèvres. "Et bien, ce qui va arriver est entièrement de votre faute. Je veux dire, vous êtes responsable de toute cette histoire, parce que si vous ne vous en étiez pas mêlée, je ne me préoccuperais pas de Noël et des traditions. Mais maintenant… " Il l’attira dans ses bras et l’embrassa doucement. Sam ferma les yeux et mit ses bras autour de son cou. Quand leur baiser prit fin, elle leva les yeux et vit le gui. Jack souriait. "Comme je l’ai dit. Non coupable. La tradition me l’a dicté. " Elle lui rendit son sourire, sans enlever ses bras. "Pas de problème. C’est ça Noël." "Pourquoi est-ce que vous ne m’avez pas dit dès le début que le but de la manœuvre était que je vous embrasse ? Vous vous seriez évité de la peine et vous m’auriez convaincu immédiatement," plaisanta-t-il. Sam le serra dans ses bras en riant doucement. Il regarda autour de lui. Une bûche flambait dans l’âtre, répandant une chaleur bienvenue. Seules les guirlandes de l’arbre de Noël éclairaient la pièce. L’odeur des marrons chauds remplissait l’air. A la radio, on entendit ‘Have yourself a merry little Christmas’. Jack ferma les yeux et continua de serrer Sam contre lui. Oui, c’était bien ça Noël. L’amour. Et il se promit de ne plus jamais l’oublier tout en embrassant la jeune femme qui l’avait fait s’éloigner du froid et ramené à sa famille. Quand leurs lèvres se séparèrent, Sam lui murmura à l’oreille. " Joyeux Noël Jack. " Et pour un joyeux Noël, c’en était bien un. FIN |
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