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                                                                           IL Y A DES NUITS
                                                                                                       © Xeen – 22 février 2003

Résumé : retour de mission
Spoilers : vignette -après Full Circle (saison 6)
Genre :  mélo
Disclaimer : Stargate SG-1 -Metro-Goldwyn Mayer Inc./UA, MGM Worldwide Television, Gekko Corp., Double Secret Productions, SciFi Channel - all rights reserved

*

"Entrez !"
Sam hésita devant la porte et finit par pousser le battant.
La pièce était dans le noir. Pour des raisons qu'elle pouvait comprendre sinon approuver, son occupant avait omis d'allumer la lumière ou… il dormait ?
Est-ce qu'elle l'avait réveillé ?
Si c'était le cas, il fallait qu'elle trouve une excuse avant de battre en retraite. Il n'était jamais très amène au beau milieu de la nuit quand on le réveillait pour …
"Alors Carter ? Vous rentrez ou vous sortez ? Qu'est-ce qu'il y a de si urgent qui ne puisse attendre demain matin," grogna O'Neill sans conviction.
Le bruit des ressorts du lit, son pas sur le sol de ciment, son ombre.
Il était debout devant elle, la main sur les yeux pour se protéger de la lumière crue que répandaient les néons dans le couloir de la base, une grimace aux lèvres.
Malgré elle, elle se balança d'un pied sur l'autre et baissa la tête. Il enfouit ses mains au fond de ses poches et la fixa sans rien dire, ses yeux sombres dans l'ombre des sourcils en broussaille. Des cernes lui mangeaient le visage et un pli dur barrait son front.
Poussé par une impulsion irraisonnée, il tendit le bras et l'attrapa par l'épaule.
"Ce n'est rien Carter," dit-il d'une voix sourde en l'attirant vers lui.
Elle se laissa faire, soulagée de voir qu'il comprenait le but de sa démarche.
"Ca va passer. Tout finit par passer…"
"Mon colonel…"
"Taisez-vous Carter."
Elle le laissa faire et la prit dans ses bras. La tête au creux de son épaule, elle entendait le battement régulier de son cœur. Il respirait amplement et la serrait de plus en plus fort.
"Il ne reviendra pas, n'est-ce pas ?" murmura-t-il tout contre son oreille.
"Je ne sais pas mon colonel."
"Tout est possible ?" ajouta-t-il au bout d'un moment.
"Tout est possible."
Le bruit de la climatisation devenait envahissant. Le moment s'étira et forma une bulle à l'intérieur de laquelle elle s'abandonna.
"Vous seriez venue avec moi ?"
"C'était aussi mon ami mon colonel."
Il opina.
"Vous croyez qu'il voulait dire que nous étions … enfin vous comprenez ce qu'il voulait dire…"
Elle hocha la tête.
"Il plaisantait mon colonel."
"Vous croyez ?"
"J'en suis sûre."
Elle soupira et se dégagea de son étreinte. Elle le regarda droit dans les yeux. Comme à chaque fois qu'elle allait droit au but, elle se passa la main dans les cheveux.
"Vous voulez que je reste ?"
"Personne ne sait que vous êtes là ?"
Elle haussa les épaules.
"Pas à ma connaissance."
Il avança de trois pas en évitant son regard et se pencha dans le couloir, désert à cette heure de la nuit.
"Vous savez, je n'ai pas peur du noir Carter," murmura-t-il.
"Je vois ça," dit-elle en désignant la pénombre de son bureau.
"Ce n'est pas de refus Carter," admit-il en revenant sur ses pas. "Je vous revaudrais ça."
Elle entra d'un pas décidé.
"A quoi servirait les amis…"
Il soupira et referma la porte derrière elle. L'obscurité les cacha l'un à l'autre. Il lui prit la main et elle enlaça naturellement ses doigts aux siens. Elle se laissa guider jusqu'au lit et enleva ses rangers et sa veste de treillis.
"Vous préférez la gauche ou la droite du lit ?"
"La gauche," dit-elle en souriant dans le noir.
Elle l'entendit faire le tour.
Le poids de son corps quand il s'allongea à côté d'elle.
Sa respiration, lente, régulière.
Elle attendit, tous les sens en éveil, l'oreille aux aguets. Au bout d'un temps qu'elle estima interminable, elle sentit que le sommeil la gagnait à son tour.
"Carter ?"
Sa main sur son bras.
"Mmm…"
Elle tourna la tête, plissant les yeux pour le regarder dans l'ombre.
"Mon colonel ?"
Des pleurs étouffés lui répondirent. Elle roula sur le côté et le prit dans ses bras. Il se réfugia contre elle, les genoux repliés, secoué par la vague de chagrin qui le submergeait enfin.
"Je l'ai tué Carter," dit-il d'une voix inaudible entrecoupée par les larmes, "aussi sûrement que j'ai tué Charlie. Je les ai tous tués."
Elle le berçait. Sans rien dire.
Les mots ne servaient à rien.
Seul le temps rendrait les événements de la veille supportables.
Un jour.



FIN