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                                                                                    ORAGE
           
                                                                                           © Xeen - 19 juillet 2002

Résumé : difficile de faire face, même pour SG-1
Genre
:  aventure
Statut : complet
Spoilers : La Tok'ra, Zénith, le début la saison 6
Disclaimers : Stargate SG-1 -Metro-Goldwyn Mayer Inc./UA, MGM Worldwide Television, Gekko Corp., Double Secret Productions, SciFi Channel - all rights reserved

*

"Wow !! Qu'est-ce que c'était ?" demanda le colonel Jack O'Neill en se relevant. Il donna quelques tapes vigoureuses sur son pantalon de treillis et se tourna machinalement vers le major Carter.
"Aucune idée mon colonel…" répondit-elle en secouant la tête.
O'Neill lui tendit la main et l'aida à se remettre sur ses pieds.
"Ca va ? Pas de bobo ?"
Elle secoua la tête une deuxième fois.
"Un peu secouée, 'c'est tout."
"Teal'c," interrogea O'Neill en pirouettant sur ses talons.
Le grand Jaffa, agenouillé à côté du sergent Craig Leary, hocha la tête à son tour.
"Je vais parfaitement bien O'Neill. Cependant, il semblerait que le sergent O'Leary n'ait pas eu cette chance."
"… et de 7," murmura O'Neill. "C'est quoi cette fois-ci ?" dit-il à voix haute.
"Une entorse mon colonel… heu, je crois que je me suis cassé le bras… et au moins une dent."
"Et bien, vous allez être obligé de ne pas draguer les infirmières cette fois-ci !" plaisanta Jack en roulant des yeux. "Carter, composez-moi ce foutu code, on rentre."
"Ce serait tout à fait précipité O'Neill," objecta Teal'c.
"Il a raison mon colonel, je ne sens aucune présence Goa'Uld, c'est sans doute une chance inespérée de mener notre mission à bien."
Le jaffa hocha la tête pour confirmer les dires du major. Carter observait O'Neill à la dérobée. Il hésitait. Depuis l'ascension de Daniel, ils avaient fait équipe avec six hommes différents. A vrai dire cinq hommes et une femme. O'Leary était le septième.
Le mauvais sort qui s'acharnait sur SG-1 rendait Jack grincheux et détériorait lentement mais sûrement les rapports des trois membres initiaux. Comme si la malchance n'était que le reflet de leur incapacité à faire le deuil de Daniel.
Comment faire le deuil de quelqu'un qui n'est pas mort, de toute façon ? pensa-t-elle en se mordant la lèvre. Elle mit sa main en visière au-dessus de ses yeux plissés et fit une grimace. Elle haussa imperceptiblement les épaules. Son agacement était palpable.
O'Neill vieillissait. Il devenait incapable de prendre des décisions.
Elle fronça les sourcils, incapable de s'expliquer pourquoi elle avait pensé une chose pareille. Embarrassée, elle balaya devant elle avec son pied, les mains fermement posées sur son P-90.
Teal'c attendait patiemment la réponse du colonel. Il avait posé une attelle sur le bras cassé et injecté des anti-douleurs. Il se releva et pencha la tête sur le côté.
"Bon, si vous n'aviez pas discuté mes ordres, j'imagine que j'aurais été surpris !" finit par dire le colonel. "Carter, ouvrez-moi cette foutue porte et composez le code…"
"Mon colonel !? Je…"
"Tatata !! Laissez-moi finir ! Nous allons renvoyer O'Leary. Le reste de SG-1 continue la mission. Est-ce que ça vous va ?"
Il se balançait d'un pied sur l'autre, les yeux dissimulés derrière des lunettes de soleil opaques, la casquette vissée sur le crâne.
"Après tout, pas un arbre, pas un Goa'Uld, du sable, 45° à l'ombre, du sable… Est-ce que j'ai mentionné qu'il y avait du sable ? Pourquoi est-ce que nous rentrerions ?! Renvoyez-le, je vais voir ce qui se passe derrière cette colline."

Il partit d'un bon pas, le sable giclant autour de lui. Sam grimaça. Il allait encore se déglinguer le genou…. En soupirant, elle composa l'adresse sur le DHD. Teal'c souleva O'Leary comme une plume et lui fit signe de lancer le code.
"Je reviens tout de suite major Carter," dit-il en empruntant le vortex.
Le champ gravitationnel s'effondra et Sam partit dans les pas de O'Neill. Personne n'était revenu sur Vorash depuis le départ des Tok'ras.
Elle glissa sa main dans sa poche et serra les cristaux que son père lui avait confiés. Si ça marchait, ils allaient revenir à la base avec la plus grande découverte de l'humanité depuis la roue.
Même si elle était issue de la technologie volée par les Goa'Ulds à d'autres civilisations, probablement disparues depuis sous le joug des grands maîtres, c'était bon à prendre, se réjouit-elle en accélérant le pas. Elle faillit appeler O'Neill pour qu'il l'attende, mais elle remarqua qu'il boitait et préféra ne pas signaler sa présence. Elle s'assura que la radio était allumée et pressa le pas.

*

"Et comment est-ce que vous savez que c'est là ?" s'exclama O'Neill en faisant un tour complet sur lui-même. "Vous vous arrêtez au milieu du désert, et vous me certifiez qu'à cet endroit précis il y a des anneaux de transport ?! Excusez-moi, Teal'c, mais il va falloir être plus convaincant que ça si vous voulez que j'accepte d'être dématérialisé."
"Je vous l'ai déjà expliqué O'Neill. Désirez-vous que je recommence ?" demanda-t-il sans se départir de son calme.
"Ah bon ? Vous l'avez fait ? Et quand, je vous prie ? Si vous m'aviez expliqué, je m'en souviendrais, je crois ! Je ne suis pas encore gâteux !"
La voix de Jack virait à l'aigu en même temps que le ton montait. Teal'c pencha légèrement la tête sur le côté pour manifester sa désapprobation et redressa son arme de poing. Devant la mauvaise foi patente du colonel, il commençait à perdre patience.
Le colonel n'avait eu de cesse que cette mission se transforme en cauchemar depuis le début et il allait y parvenir.
Pas si je peux y mettre bon ordre, pensa Teal'c.
Il inspira profondément en essayant de revenir à un état de sérénité plus compatible avec la mission en cours. De sa voix grave, sur un ton apaisant, il entreprit de donner à O'Neill l'explication qu'il demandait.
"Ainsi que je vous l'ai déjà expliqué en maintes occasions…"
"Vous ne l'avez jamais fait !"
"Me traiteriez-vous de menteur O'Neill ?"
"Heu… Oui !" jeta Jack avec une grimace et un geste désobligeant de la main. "Pourquoi est-ce qu'un Jaffa voudrait me donner des informations sur les Goa'Ulds ? Si je me souviens bien, nous n'avons que votre parole Teal'c."
"J'ai prouvé à plusieurs reprise ma loyauté envers la Tauri."
"Oui, c'est ça… Et la fois où vous nous avez trahi pour rejoindre Apophis ?!" le défia Jack en se dressant sur la pointe de pieds. "Hein ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Je n'ai pas l'intention de me faire couper en rondelles uniquement parce que vous me dites que ces foutus anneaux…"
"Mon colonel ? Si nous discutions de ça en bas ? Il fait horriblement chaud," intervint Sam en s'essuyant le front.
"La princesse au petit pois maintenant," cracha O'Neill excédé. "Si vous ne supportez pas la chaleur, il faut vous équiper autrement Carter ! D'ailleurs, il me semble me souvenir que vous ne supportez pas vraiment le froid non plus, n'est-ce pas ? Ni l'autorité, ni rien de ce qui pourrait venir se mettre en travers de la route vers le pouvoir de la fille de notre cher ex-général nouveau transfuge tok'ra…"
"Mon colonel, si vous me permettez, non seulement vous êtes paranoïaque et colérique, mais aussi incapable de faire le moindre effort pour vous mettre au niveau et essayer de comprendre les technologies que nous rencontrons. Il aurait fallu que vous compreniez les nôtres pour commencer !"
"Dites tout de suite que je suis un imbécile !"
"Oh oui," jubila-t-elle, "c'est exactement le mot que je cherchais !"
"Excusez-moi Carter ? Vous venez bien de dire ce que je crois que vous venez de dire ?"
"Absolument mon colonel ! Et j'ajouterais même que vous êtes un imbécile doublé d'une tête de mule rétrograde. Vous êtes la honte de l'Armée de l'Air…"
Le visage de O'Neill se convulsa et il s'approcha dangereusement de Carter, les mains tendues en avant. Au lieu de reculer devant la menace évidente que représentait le colonel, auquel elle rendait facilement une trentaine de kilos, elle s'avança vers lui sans arrêter de parler.
"… et si j'avais le choix, je demanderais ma mutation immédiatement !"
Les mains du colonel se posèrent autour du cou de Sam et il commença à serrer. Elle se jeta sur lui et commença à le frapper de toutes ses forces.
Deux éclairs bleutés lancés à deux secondes d'intervalle les empêchèrent de conclure leur forfait et les deux militaires s'écroulèrent en fixant avec horreur le Jaffa qui s'approchait d'eux, zat à la main.
Sam se tortilla dans un vain effort pour échapper au tir de Teal'c.
Les anneaux de transport les entourèrent.
Teal'c baissa le bras et les trois équipiers se dématérialisèrent.

*

"Il semblerait que les Goa'Ulds aient piégé cet endroit avant de l'abandonner," dit Teal'c d'un ton placide.
"Connaissez-vous cette technologie Teal'c ?"
Le major général Hammond se pencha en avant, les mains croisées au-dessus du dossier marqué confidentiel posé devant lui. Les yeux étrécis, il dévisageait les trois membres de SG-1.
Les joues du major Carter se desquamaient à l'endroit où elle avait reçu les coups de soleil. Des hématomes correspondant à des marques de doigts entouraient son cou. Des cernes lui mangeaient le visage.
Le colonel O'Neill avait les traits tirés et le teint gris. On lui avait griffé le visage et les avant-bras jusqu'au sang et des croûtes recouvraient son front et son oreille. Il avait posé sa béquille en équilibre sur le bord de la table.
D'après le rapport du docteur Frasier, il avait effectué une marche de plus de 25 kilomètres dans le désert avec les ligaments du genou droit déchirés sans ressentir la moindre douleur. Si les effets secondaires n'avaient pas été aussi dévastateurs, cet anesthésiant à lui tout seul validait leur séjour sur Vorash.
Hammond soupira.
C'était toujours la même histoire. Les côtés positifs étaient anéantis par les inconvénients. Ils n'avaient à ce jour mis la main sur aucune technologie concluante. Mis à part les travaux de Machello que personne ne pouvait déchiffrer. Il avait confié le dossier à Jonas Quinn. Si quelqu'un pouvait y arriver, c'était bien lui.
"Non, général, je n'ai jamais entendu parler de cette drogue."
"Major, une idée ?"
"Non, mon général, désolée, tout ce que je sais, c'est que les Goa'Ulds ont probablement envoyé une sonde explosive sur Vorash; sonde qui a provoqué un orage magnétique. Les composants du biotope se sont dégradés au contact du naquadah présent sur la planète."
"Probablement," ajouta O'Neill avec un sourire d'excuse.
"Votre rapport comporte des zones d'ombre, colonel. Quelque chose dont vous préféreriez me parler en privé ?"
"Non, mon général. Je n'ai rien à ajouter."
"Major Carter ?"
"Moi non plus,"dit –elle en rougissant.
"Teal'c ?"
"J'ai promis de ne rien dire."
"Qu'est-ce que ça signifie Teal'c ?"
"Que ma parole a une valeur, général Hammond."
Hammond les regarda encore une fois. Jack triturait une feuille de papier où s'étalait un début de morpion, Sam démontait et remontait son stylo, quant à Teal'c…. il ne faisait rien. Comme d'habitude. Il soupira.
"Major, messieurs, dans ces conditions, vous ne me laissez pas d'autre choix."
Ils dressèrent l'oreille malgré eux.
"Laissez-moi vous présentez votre nouvel équipier, le sergent Malcolm Doggett. Il fera équipe avec vous sur votre prochaine mission. Vous avez rendez-vous avec une cellule tok'ra dans exactement…. 72 heures."
"Mais mon genou ?!" protesta Jack.
"La princesse au petit pois," murmura Sam.
"Major, un commentaire ?"
Sam hocha la tête en signe de dénégation.
"Vous pouvez disposez !"
Les quatre équipiers se retrouvèrent dans le couloir.
"C'est un honneur, mon colonel," commença Dogget en faisant un salut plus que réglementaire.
"Attendez, Doggett, ne dites rien que vous pourriez regretter. D'accord ?"
Doggett se pétrifia sur place.
"Mon colonel…"
"Laissez tomber. Allez donc réviser votre manuel du parfait touriste au pays de la Tok'ra. J'ai des choses à faire. Disposez Doggett, au nom du ciel !!"
Le sergent disparut comme par enchantement.
"Carter," dit-il en se tournant vers Sam. "Je vous emmène."
"…. ??"
"Teal'c ne veut pas venir, il prétend qu'il n'y remettra jamais les pieds. Mais vous savez comme ces Jaffas sont excessifs !"
Sam sourit.
"Mon colonel, je suis flattée, mais j'ai d'autres projets que d'aller à la pêche."
"Qui vous parle d'aller à la pêche Carter ? J'ai juste pensé que le moins que je pouvais faire, c'est de vous emmener faire du shopping. Après tout, j'ai détruit à vue de nez 12 grammes de dentelle de Calais dans cette histoire…"


FIN