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                                               PERMISSION FORCEE (suite et fin)

*

"Oui…" dit Sam paresseusement. Elle s'était rendormie dans l'eau chaude. Elle était froide maintenant. Les coups reprirent derrière la porte et elle haussa la voix. "Oui ?!"
"Carter ? Vous êtes décente ? J'ai une proposition à vous faire !" cria Jack. "J'entre !" prévint-il en ouvrant la porte la tête tournée vers la chambre. "Je dois accompagner Daniel à Philadelphie pour un de ses congrès… vous savez, quoi, enfin, bon… J'ai pris la liberté de prendre un billet pour vous sur notre vol. Alors ?"
Malgré lui, il se retourna vers la jeune femme et embrassa du regard ses épaules laiteuses et la naissance de ses seins hors de l'eau. Les souvenirs du corps de Therra contre le sien affluèrent, lui coupant le souffle. Il détourna les yeux en hâte et reprit. "Ca vous dit Carter ? Une petite virée chez les WASPs entre mecs ?"
Carter eut un petit rire de gorge. "Entre mecs ? Comment refuser une invitation aussi prometteuse mon colonel ? Mais je ne peux pas y aller toute nue…"
Jack rougit. Il haussa les épaules et demanda d'un ton neutre.
"Vous voulez passer chez vous ?"
"Je doute que je trouverai ce qui me convient dans vos placards mon colonel," se moqua gentiment Sam.
"Excusez-moi. Je suis idiot. Daniel… J'avais complètement oublié ce congrès. Il vient juste d'appeler…"
"Vous pouvez me passer la serviette mon colonel ?"
D'un air absent, Jack lui passa la serviette, perdu dans ses pensées. Il fallait qu'il fasse sa valise, probablement qu'il prévoit un costume et des cravates et… Mon dieu, Carter est en train de sortir de la baignoire ! Il bredouilla une excuse et se prit les pieds dans le tapis de bain avant de glisser sur une flaque.
Enveloppée dans le drap de bain, Sam enroula posément une serviette sur ses cheveux et lui tendit la main.
"Besoin d'aide mon colonel ?"
Il marmonna et se releva en lui lançant un regard noir. Elle lui sourit de ce sourire, vous savez, CE sourire-là, et il éclata de rire.
"La pensée de toutes ces mondanités ne me dit rien qui vaille Carter," murmura-t-il en se relevant.
"Ne vous inquiétez pas mon colonel. Je vous défendrais," dit-elle. "Est-ce que je peux vous emprunter un t-shirt et un survêtement…?"

*

Jack se regardait dans le miroir derrière le bar le dos résolument tourné à la salle. Un homme définitivement sur le mauvais côté de la quarantaine pour ne pas dire un vieillard. Il porta à sa bouche le goulot de sa bouteille de bière et se décida à se retourner sur son tabouret.
Un pub tout ce qu'il y a de plus conformiste. De la musique discrète, de la moquette bien épaisse, des alcôves dans l'obscurité, lumières tamisée, escort girls à 3000 dollars la soirée. Une rousse perchée sur des talons aiguilles se frotta à lui en laissant une traînée parfumée derrière elle. Impressionné, Jack faillit se retourner pour la suivre du regard quand une voix l'interrompit.
"Mon colonel ? Je prendrais bien la même chose que vous," dit Carter en se perchant sur le tabouret voisin. "J'ai bien cru que je ne vous retrouverais jamais."
"C'est moi qui vous aurai retrouvé, vous avez les clefs de l'hôtel !" répondit-il d'une voix plus intime qu'il ne l'aurait voulu en faisant signe au barman.
Sam décida de prendre sa plaisanterie au pied de la lettre. "Je pensais que je serais obligée de perdre un escarpin pour vous mettre sur la piste, mais je vois que vous êtes bien plus pratique que moi mon colonel," sourit-elle.
"Je n'avais pas idée que vous possédiez ce genre de vêtements Carter," dit-il platement en reprenant une gorgée de bière, détaillant sa tenue sans vergogne. Un caraco brodé en soie sauvage bleu myosotis couvrait ses épaules nues. Il pouvait voir une des fines bretelles de sa robe de mousseline glisser sur sa peau. Une perle en goutte d'eau brillait à son cou.
Elle se servit sa bière posément et fixa son regard clair sur Jack. "J'avais acheté pas mal de choses quand j'étais en représentation avec Joe…" répondit-elle dans un souffle sans baisser les yeux.
"Faxon… J'aurais pu me douter," gronda Jack en s'agitant sur son siège. Il y avait quelque chose qui le dérangeait chez cet ambassadeur. Il savait que Sam culpabilisait parce qu'elle estimait l'avoir abandonné et trahi, mais pour son compte, il n'avait jamais fait totalement confiance au bonhomme. Non qu'il souhaitât qu'il disparaisse dans des circonstances aussi dramatiques, mais il représentait une menace pour Carter. Sans qu'il soit capable de dire pourquoi. Son sixième sens ne le trompait que rarement. Il brisa le contact et se tourna vers la salle, laissant son regard errer vers les ombres. "Vous avez une idée du temps que cela prendra à Daniel pour nous retrouver ?" dit-il, changeant de sujet.
"Oh… Daniel doit nous retrouver ?"
Il entendit la déception dans sa voix avant qu'elle ne se reprenne. "Je ne sais pas mon colonel. Il n'en était qu'au début de son exposé quand j'ai quitté l'amphithéâtre."
"Je suis incapable d'assister à ce genre de messe Carter. De toute façon, le bruit de mes ronflements aurait sûrement dérangé les congressistes," ajouta-t-il avec une grimace en haussant les épaules. "Une autre ?"
Elle secoua la tête. Ses boucles d'oreilles brillèrent dans la pénombre feutrée. "J'ai assez bu pour ce soir mon colonel. Vous savez, je prends toujours ces médicaments…"
"OK. Désolé, je suis un imbécile Carter. J'aurais pu le deviner sans que vous soyez obligée de me le rappeler."
Maintenant, le colonel était en colère. Elle n'arrivait pas à savoir ce qui avait provoqué ce changement soudain de comportement après ces trois jours idylliques. Est-ce que c'était quelque chose qu'elle avait fait ? Ou dit ? Ou simplement les vêtements que le colonel devait porter pour l'occasion ? Comme pour lui donner un indice, Jack passa un doigt à l'intérieur du col de sa chemise.
"Vous croyez que nous pouvons aller dîner sans lui ?" demanda-t-il avec un air de conspirateur. "J'ai un petit creux…"
Sam sourit. Les petits creux du colonel O'Neill étaient célèbres. "Pourquoi pas mon colonel…"
"Carter ? Vous pourriez laisser tomber le colonel tant que nous sommes à Philadelphie…"
Drôle de façon de formuler les choses. Il n'arrivait même pas à l'appeler autrement que Carter lui-même. Sam… C'était trop intime. Si Daniel avait été avec eux, c'aurait été différent. Après tout, l'archéologue l'appelait Sam, il aurait suffi de suivre le mouvement. Il se leva et lui tendit la main. Elle se laissa faire, impressionnée par cette soudaine prévenance. La galanterie était une chose à laquelle elle n'était pas habituée. Elle eut un pincement de cœur en pensant à Joe. Exactement le genre d'attention qu'il aurait eu… Les yeux remplis de larmes, elle descendit de son tabouret en évitant le regard de son supérieur. Il ne fut pas abusé une seconde. Il lui releva le menton et plongea ses yeux sombres dans les siens.
"Sam ?" dit-il avec de l'inquiétude dans la voix. "Ca va ?"
Quel crétin il était ! Il la faisait venir jusqu'ici pour lui changer les idées et tout ce qu'il était capable de faire, c'était de piquer crise de jalousie pour des sottises. C'est bien ce dont elle avait besoin en ce moment. Bel exemple d'amitié entre officiers…
Amitié ? Elle lui avait clairement fait comprendre qu'il n'y aurait jamais autre chose entre eux. C'est tout ce qu'il souhaitait. Rester son ami. Etre l'ami d'une femme comme le major Carter, c'était déjà un sort plus qu'enviable. Il posa la main sur son coude et la guida doucement vers la sortie. Elle hocha la tête et essaya de sortir un mouchoir d'un réticule assorti à sa robe. Jack lui tendit sa pochette et elle le remercia en souriant à travers ses larmes.
"Merci mon colonel. J'ai l'impression de passer plus de temps à pleurer qu'à faire quoi que ce soit d'autre en ce moment," murmura-t-elle. "Je suis désolée de vous imposer ça."
"Vous ne m'imposez rien et c'est Jack ! Allons-y Carter. J'ai vraiment faim," dit-il d'un ton bourru.

*

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et Jack s'effaça pour laisser passer Sam. Il avait un peu trop arrosé son repas et même l'air frais sur le chemin du retour ne l'avait pas dégrisé. Bien qu'il restât parfaitement maître de soi en apparence, il ne contrôlait plus ses pulsions. Le parfum de Sam dans l'espace confiné de cet ascenseur avait été le coup de grâce.
Il soupira, les yeux inexorablement attirés par les jambes de Carter, découvertes de manière parfaitement incongrue. Ce n'était pas comme s'il n'avait jamais vu ses jambes. Pourtant, elles le narguaient du haut de ses sandales à fines lanières. Sa cheville fragile… En outre, il ne pouvait s'empêcher de trouver particulièrement excitant le vernis à ongles rouge sang sur ses orteils.
Il se gifla mentalement pour échapper à ce cauchemar.
C'est Carter au nom du ciel ! La femme que tu aimes. Celle dont tu veux plus que tout rester l'ami fidèle et l'épaule sur laquelle elle pourrait pleurer aussi longtemps qu'elle en aurait envie. Pas une fille de rencontre, que tu vas culbuter dans le premier hôtel venu ! Ressaisis-toi bon sang !
Inconsciente de la tourmente qu'elle déclenchait, Sam se retourna vers lui en souriant.
"Ouf ! Je n'arrive plus à marcher avec ses talons. Le manque d'habitude… Vous croyez que…" Elle s'appuya sur lui et retira prestement les chaussures. "Oh… c'est mieux," souffla-t-elle en jetant un regard mutin autour d'elle. "Je vous offre un dernier verre Jack ? Il doit bien y avoir un mini-bar dans la chambre," dit-elle en faisant coulisser la carte dans son encoche. La porte s'ouvrit.
Jack savait ce qu'il avait à faire. Elle attendait : la réponse était évidente. Dans l'état où il était, il n'était pas certain d'arriver à se maîtriser… et s'il craquait, s'en était bien fini de ses grandes idées d'amitié avec Carter. Il n'y avait qu'une chose à faire. Décliner son invitation… aller dormir, enfin essayer de dormir. Si Daniel était rentré, il irait peut-être même pleurer sur son épaule. Bonne idée, se dit-il. Après tout c'était bien son tour de pleurer sur l'épaule de quelqu'un !
"Pourquoi pas ?" s'entendit-il dire à son corps défendant. "Mais juste un…"
Elle entra et alluma la lumière. "Oh, un peu violent, vous ne trouvez pas ?" remarqua-t-elle en lançant ses sandales de l'autre côté de la pièce.
La main en visière au-dessus des yeux, Jack hésitait sur le pas de la porte. Il sentait qu'il allait avoir vraiment mal à la tête, et pas seulement à cause de l'alcool qui circulait dans ses veines La lumière baissa d'un cran. Carter se jeta sur le lit et entreprit d'examiner le contenu du bar à plat ventre, ses jambes nues battant dans le vide. Est-ce que c'était lui ou est-ce qu'elle était tellement différente ce soir de la Carter qu'il connaissait? Il entra et ferma la porte, en pleine confusion.
"Nous avons de la vodka, du scotch, du martini, beurk… de la bière, du Perrier… Jack ? Vous êtes là ?"
Pourtant, il était certain qu'elle n'avait pas bu. A part une bière dans le premier bar. Il avait bu pour elle. C'était sans doute l'effet des antidépresseurs de Fraiser. Il s'affala dans un fauteuil au lieu de prendre ses jambes à son cou.
"Un whisky, Carter. Ce sera parfait. Dommage que je ne fume plus. Ce soir, j'aimerais bien m'en griller une petite."
Elle lui tendit un gobelet en plastique et y versa le contenu de deux mignonnettes.
"A la vôtre mon colonel," dit-elle en levant son eau minérale. "Ca ne vous ennuie pas si je me change ? J'ai un peu froid et j'ai l'impression d'être quelqu'un d'autre…"
Elle se leva vivement et enleva son caraco. Tout en marchant, elle fit descendre la fermeture à glissière de sa robe de cocktail. Jack la suivit des yeux, interdit. Elle entra dans la salle de bain et laissa la porte entrouverte.
"Je n'ai vraiment plus l'habitude de me déguiser comme ça. Je me demande comment je faisais quand je travaillais encore à Washington," lui dit-elle en haussant le ton pour qu'il puisse l'entendre.
Le crissement du tissu soyeux qui tombait sur le carrelage le fit serrer les dents. "Vous faisiez sans doute comme moi Carter…" jeta-t-il. "Vous vous mettiez en uniforme."
"Oh, je ne savais pas que vous aviez travaillé à Washington, monsieur…" Sa voix fut couverte par le bruit de l'eau qui coulait.
"J'ai fait pas mal de choses que vous ignorez Sam," murmura Jack en se levant pour se resservir. "Des choses que je voudrais bien ignorer moi aussi."
Il soupira et regarda le whisky couler dans son verre. Il fit tourner le liquide ambré et s'avança vers la salle de bain.
"Je ne vous ai pas entendu Jack," jeta Sam en arrêtant l'eau. "Oh, vous êtes là ? Vous m'avez fait peur."
Elle lui lança un regard incertain. La faible lumière de la chambre accusait les traits du colonel et ses yeux disparaissaient presque entièrement dans l'ombre de ses sourcils en broussaille. Il tenait son verre à la main, les yeux fixés dans le vide.
"Jack ?"
"Désolé. Je ne sais plus ce qu'on disait… Ah oui… Washington !"
Il releva la tête et perdit d'emblée une dizaine d'années.
Un soupir de soulagement s'échappa de la poitrine de Sam. "Excusez-moi monsieur si j'ai dit…"
"Ce n'est pas vous, Sam," répondit-il d'un air las en passant la main dans ses cheveux courts. "Ca m'a remis en mémoire des choses pas très jolies… Ca n'a rien à voir avec vous." Il se rapprocha encore de la salle de bain. "Toutes ses années à jouer à la guérilla en Amérique Centrale et en Asie… A faire la navette entre le Pentagone et Langley. Toutes ces années de ma vie où je n'ai pas existé…" il secoua la tête. "Bah… c'est pour ça que j'étais en uniforme. Pas la peine de réfléchir. Il suffisait de tendre le bras et de prendre n'importe lequel dans la penderie."
Auréolée de lumière, elle sortit de la salle de bain en se séchant les cheveux avec une serviette de l'hôtel. "J'ignorais que vous aviez des points communs avec Albert Einstein monsieur," sourit-elle.
En dépit de son ivresse, il reconnut les efforts de la jeune femme pour dédramatiser la situation.
"Vraiment Carter ?" dit-il en adoptant à dessein l'expression qui la faisait craquer.
Il fut satisfait de voir que ça marchait. Il la suivit et retourna s'asseoir sur le fauteuil pendant qu'elle s'installait en tailleur sur le lit en continuant à se frotter le crâne énergiquement.
"Einstein ne voulait pas perdre de temps à choisir ses vêtements tous les jours," expliqua-t-elle. "Alors son armoire était remplie de chemises et de complets vestons identiques. Ainsi quand ils étaient sales, il passait au suivant et ainsi de suite." Elle jeta la serviette sur le lit et se passa les mains dans les cheveux. "Ah, ça va mieux," soupira-t-elle.
O'Neil ne pouvait détacher ses yeux de Sam. Les bras levés, dos à la lampe de chevet, sa silhouette se découpait dans la lumière avec la précision d'une ombre chinoise. Il devinait sa poitrine menue dans la chemise d'homme et son jean déchiré accentuait la longueur de ses jambes. Ses pieds se cambrèrent quand elle s'étira et le vernis à ongles attira son regard comme un aimant.
Il posa doucement le verre sur le guéridon à côté de lui et se leva lentement.
Jack, mon petit père, c'est l'heure de partir avant de provoquer une catastrophe. Répondant à ses prières, Sam bailla avec énergie.
"Et bien major, je suppose qu'il est l'heure de dormir." Il consulta sa montre ostensiblement pour se donner une contenance et grimaça. Il se dirigea vers la porte et se retourna pour se retrouver nez à nez avec son second.
"Merci Jack, j'ai vraiment passé une excellente soirée. Ne vous inquiétez pas pour Daniel.  Il a  certainement retrouvé son chemin."
Elle baissa la tête en soupirant. Le cœur de O'Neill fit un bond dans sa poitrine. Daniel était bien le cadet de ses soucis pour le moment. Il battit prudemment en retraite et ouvrit la porte.
"A demain," dit-il en se retournant.
Sam l'avait suivi. Sans réfléchir, il se pencha et l'embrassa sur la joue. Elle tourna légèrement son visage vers lui et se rapprocha dangereusement. Toutes ses barrières, déjà mises à mal par l'alcool, tombèrent à cet instant. Il la plaqua contre le mur et maintenant son visage à deux mains, il se mit à l'embrasser passionnément. A sa grande surprise, Sam répondit avec fougue à son baiser. Il la prit dans ses bras et la poussa dans la chambre en claquant la porte avec son pied.
Sam commença à se débattre. Il ne s'arrêta pas.
"Jack, non !" dit-elle en tentant d'échapper à son emprise.
Il la fit tomber sur le lit. Elle continuait à se débattre, incapable de se dégager. Jack pesait beaucoup trop lourd.
"Jack, non ! Pas comme ça…. Arrêtez ! S'il vous plaît…"
Au nom du ciel, qu'est-ce qu'il était en train de faire ? Il était en train de la violer. Ni plus ni moins. Soudain dégrisé, il la regarda horrifié qui se débattait sous lui et se releva comme un ressort en balbutiant des mots incohérents. Pendant un instant, elle ne bougea pas, allongée en travers du lit, ses yeux bleus affolés le fixant sans comprendre.
Incapable de s'expliquer ou de s'excuser, Jack sortit en claquant la porte sans répondre à Sam qui criait son nom.

*

"Et c'est tout ?" dit Daniel en étouffant un bâillement.
Prostré, la tête dans les mains, Jack hocha la tête. "C'est tout."
"Si vous voulez mon avis, ce n'est pas très grave. Vous aviez bu… heu… Sam est une grande fille. Elle vous a rejeté uniquement parce…"
"Daniel !! C'est mon second !"
"Je ne vois pas le rapport," s'insurgea Daniel.
"Bon d'accord, je ne sais pas pourquoi je suis en train d'avoir cette conversation," dit Jack en se levant.
"Bien sûr que si vous le savez Jack. Sinon vous ne m'auriez pas réveillé à …. 4 heures 18 du matin !"
Jack se rassit. "Vous croyez que je dois aller lui parler ?"
"C'est vraiment ce que vous avez envie de faire ? Lui parler ? Jack, vous insultez mon intelligence !" dit Daniel en se levant pour aller se faire couler un verre d'eau. Il se gargarisa une minute puis revint s'asseoir en face de Jack. "Il n'y a rien que vous ne puissiez faire cette nuit… si ce n'est finir ce que vous avez commencé…"
"Je ne peux pas faire ça !"
"Je ne peux pas le faire à votre place Jack !" lui fit remarquer Daniel d'un ton acerbe.
"C'est malin…"
"Oui, assez… enfin je trouve," dit Daniel en plissant les yeux. "Autre chose Jack ? Un petit câlin ?"
"Ne vous foutez pas de moi Daniel. On voit bien que vous n'êtes pas dans l'armée !"
"Dieu m'en préserve," murmura le jeune homme en remontant ses couvertures. "Jack, si vous ne retournez pas voir Sam cette nuit, au moins arrêtez de boire ? D'accord ? Heu… au fait Jack ?"
"Oui ?"
"Eteignez la lumière en sortant."

*

Jack leva la main mais son doigt s'arrêta à quelques centimètres du battant. Il se remit à faire les cent pas devant la porte de Carter en répétant son petit discours.
Finalement, il revint face à la porte et frappa sèchement.
"Carter ? C'est moi… C'est O'Neill." Seul le silence lui répondit. Il insista. "Sam ?"
Rien. Elle devait dormir. Il hocha la tête et prit l'ascenseur. Peut-être trouverait-il un bar ouvert.
Après tout Philadelphie était une grande ville.

*

"Docteur je vous assure que c'est à cause de moi !" s'exclama Jack en la regardant d'un air pitoyable. "J'ai fait… enfin, c'est ce que j'ai fait… vous comprenez…"
"Rien du tout colonel," jeta Fraiser en s'asseyant derrière son bureau. Elle adopta une attitude professionnelle, posa son stéthoscope sur le bureau et croisa les jambes. "Vous allez commencer par le commencement. Je suis sûre que je vais tout comprendre, colonel. Calmez-vous," dit-elle d'une voix apaisante. Le colonel avait une mine de papier mâché et à en juger par son haleine chargée, il n'avait pas sucé de la glace la veille au soir…
"Et c'est tout ?" s'étonna Fraiser.
"Vous n'allez pas faire comme Daniel !" s'énerva O'Neill.
"Colonel," commença Janet  en se penchant vers lui, "je ne vais pas tourner autour du pot. Je ne suis pas seulement le toubib de la base, je suis aussi l'amie de Sam. Quand vous êtes revenus de la planète de glace," elle marqua une pause, le temps de s'assurer que Jack avait toute son attention, "Sam m'a fait des confidences. En tant que son médecin attitré, elle m'a aussi demandé de pratiquer un test de grossesse."
Jack releva la tête brutalement, les yeux étrécis. Elle secoua la tête.
"Il était négatif colonel," assura Fraiser. "Si j'avais des doutes sur les sentiments que vous aviez l'un envers l'autre, vous m'aviez tous les deux fourni la réponse pendant le test qu'Anise a pratiqué sur vous. Donc effectivement, la seule remarque que je puisse faire colonel O'Neill, c'est qu'il ne s'est rien passé de plus à Philadelphie."
"Mais Doc' ! Elle a disparu !"
"Vous n'en savez rien. Daniel est persuadé qu'elle est allée retrouver d'anciens amis à Washington ou à New York. Il me semble l'avoir entendu dire qu'une de ses meilleures amies habitait dans le Connecticut. Ne vous inquiétez pas comme ça. Quand elle ira mieux, elle reviendra. Vous vouliez qu'elle prenne des vacances… "
"Pas la poudre d'escampette !"
"Si ça ne vous ennuie pas colonel, j'ai du travail qui m'attend. Arrêtez de vous mettre martel en tête. Profitez de votre permission. Il paraît qu'il fait un temps superbe. Allez donc pêcher, bougez-vous. Sam est une grande fille !" dit-elle en se levant.
Elle fit sortir O'Neill de son bureau et ferma la porte derrière lui sans ménagement. Si Sam ne l'avait pas appelée la nuit précédente, elle n'aurait pas été aussi sûre d'elle. Elle lui avait fait promettre de ne rien dire. Apparemment la jeune femme souhaitait mettre autant de distance que possible entre elle et son supérieur. En revanche qu'elle exprime l'idée de quitter le programme de la porte des étoiles paraissait surréaliste à Janet. Comme elle venait de le dire à O'Neill, Sam était une grande fille. Elle ferait le meilleur choix.
Elle prit son stéthoscope et sortit faire sa ronde.

*

"Entrez," dit Hammond. Il leva les yeux du rapport qu'il était en train de lire et sourit. "Jack, qu'est-ce que je peux faire pour vous ? Je vous croyais en train de taquiner le brochet !"
"La perche, mon général…"
Hammond lui fit signe de s'asseoir et attendit.
"Mon général, je me demandais si vous m'autoriseriez à me rendre sur Vorash…"
"Vorash ?" s'étonna le général. "Je croyais que vos sentiments pour les Tok'ras étaient sans ambiguïté, mon garçon. Pourriez-vous m'expliquer ce revirement soudain ?" Il se cala dans son siège, les mains croisées sur son estomac. Les explications du colonel n'allaient certainement pas manquer d'intérêt. Il vit que O'Neill hésitait. "Un problème colonel ?" ajouta-t-il soudain plus attentif.
"Je ne crois pas mon général. Je voudrais m'entretenir avec le général Carter." Si O'Neill attendait que Hammond lui sorte les vers du nez, il en fut pour ses frais. Il fit une courte pause et reprit son souffle. "Mon général, je suis dans l'obligation de rapporter la disparition du major Carter," dit-il d'une traite.
"La disparition ? Elle est en permission n'est-ce pas ? Pour raisons médicales… Rien ne l'oblige à vous informer de l'endroit où elle se trouve colonel," dit Hammond sèchement. Au diable toutes ses régulations. Si O'Neill perdait les pédales, il pouvait faire une croix sur SG1. "Qu'est-ce qui vous fait croire qu'elle a disparu ?"
"Permission de parler librement mon général ?"
Le général acquiesça.
"Daniel et moi étions avec elle à Philadelphie hier. Elle est partie de l'hôtel sans nous prévenir, mon général."
"Quelque chose d'autre Jack ?"
"Non, mon général."
Hammond regarda pensivement son second. Il connaissait les sentiments de O'Neill pour le major Carter et savait que la réciproque s'appliquait. Pour sa part, il avait cru pendant toutes ces années que les deux officiers avaient été tout simplement extrêmement discrets. Il n'aurait jamais imaginé qu'ils s'infligeaient de refuser toute relation au nom de la discipline et des règlements. Ce n'était pas le style de Jack, mais fort certainement celui du major. Elle avait fait le siège du SGC jusqu'à ce qu'elle obtienne d'intégrer le programme sur le terrain. Ce qui n'était que justice vu l'acharnement avec lequel elle avait travaillé sur le projet au Pentagone. Il soupira. Le colonel avait besoin d'un coup de pouce. O'Neill ignorait que lui aussi était homme à faire plier les règlements pour qu'ils s'appliquent à son propre cas et il n'allait certainement pas le lui apprendre.
"Qu'attendez-vous de moi colonel ?" finit-il par demander.
"Votre permission d'emprunter le stargate pour me rendre sur Vorash, monsieur."
O'Neill était têtu. Il le relancerait jusqu'à ce qu'il accepte. Il jeta un coup d'œil à sa montre et dit d'une voix posée.
"Colonel, nous attendons SG-13 dans moins d'une heure. Dès que l'équipe sera rentrée, vous pourrez vous rendre sur Vorash."
"Merci général," dit Jack en se levant.
"Jack ?"
Il se retourna, la main sur la poignée de la porte.
"Ne faites rien que vous regretteriez mon garçon."
"Je n'ai plus rien à perdre George."

*

"Salut," dit O'Neill en regardant d'un air faussement dégagé les trois gardes Tok'ras qui venaient à sa rencontre.
"On nous avait prévenu de votre visite, colonel O'Neill," dit le plus jeune. "Si vous voulez bien me suivre…"
Jack posa les mains sur son arme en bandoulière et emboîta le pas à son guide. Ce dernier s'arrêta brusquement et Jack qui marchait le nez au vent faillit le percuter. Il s'arrêta juste à temps et commença à protester.
"Si vous voulez vous approcher colonel," dit le garçon sans se formaliser.
"Ah… c'est là ? Bon, vous allez me trouver ridicule, mais comment est-ce que…."
Les anneaux descendirent sur eux avec un grondement et ils furent dématérialisés.
"…. vous savez que c'est le bon endroit ?"
Le jeune homme tendit la main et Jack tourna la tête.
"Qu'est-ce qui vous amène Jack," dit Jacob en s'avançant. "Je m'attendais un peu à votre visite, je ne vous le cache pas."
"Hammond vous a raconté ?"
"Raconté quoi ? Non, Sam m'a expliqué que vous la rejoindriez certainement d'ici un jour ou deux."
Jack sentit que le sol s'effondrait sous ses pieds. Est-ce qu'il était tellement prévisible aux yeux de Carter ? Hammond s'était bien gardé de le prévenir qu'elle l'avait précédé sur Vorash... Il avait même fait semblant de traîner les pieds. Il ne perdait rien pour attendre. Il ravala sa colère et tenta de faire bonne figure en se concentrant sur ce que disait Jacob.
"Je vous préviens que ce n'est pas le bon moment pour passer des vacances sur Vorash. En cette saison, nous avons encore pas mal de tempêtes de sable. Enfin, vous vous en rendrez compte par vous-même. Ma fille vous attend au labo. Vous saurez y aller ? Je n'ai pas le temps de vous accompagner pour l'instant, je suis en pleine réunion. A plus tard, Jack," termina Jacob en lui lâchant la main, qu'il tenait toujours serrée entre les siennes.
Sans laisser à O'Neill le temps de répondre, il s'éloigna rapidement. Le colonel se mit à tourner sur lui-même et finit par décider au hasard quelle direction prendre. Au bout d'un temps qui lui parut considérable, il n'était toujours arrivé nulle part. Il continua à divaguer dans les tunnels tok'ras sous le regard intrigué des autochtones. Personne ne fit cependant de commentaires, sa réputation n'étant plus à faire…
Au détour d'un couloir, il reconnut la salle du conseil et passa en faisant un signe de la main en direction de Jacob qui parut ne pas apprécier la plaisanterie. Jack le vit se pencher sur la table et se lever d'un bond.
"Colonel O'Neill, j'avais dit à Jacob que vous vous perdriez. Il semblerait que j'avais vu juste."
"Selmak ! Toujours un plaisir de vous voir mon vieux. Je ne suis pas vraiment perdu, je me promène," dit Jack crânement.
"Jack, je vous envoie quelqu'un tout de suite. J'aurai dû le savoir," continua Jacob en lui tapant sur l'épaule. "Selmak m'avait prévenu. J'ai perdu…"
"Vous pariez contre… vous-même ?"
"Jack pas maintenant. Ne bougez pas de là. Votre guide arrive."
O'Neill se mit un peu en retrait et observa le Grand Conseil du coin de l'œil. Une voix juvénile le tira de sa rêverie.
"O'Neill ! Je suis content de vous voir," dit le gamin en lui tendant la main. "C'est bien la coutume sur votre planète de serrer la main ?" dit-il d'un ton inquiet devant l'immobilisme de O'Neill.
"Je… heu… Charlie ?? Charlie !!" s'exclama Jack en prenant le petit Reetou dans ses bras. "Au nom du ciel, moi aussi je suis content de te voir, bonhomme ! Ca fait un bail… Tu as drôlement grandi… Et…"
"Je suis en bonne santé O'Neill. Selmak y a veillé."
Jack se pencha vers le gamin et lui toucha la tête. "Tu…" 
"Je suis l'hôte de Gar'esch. Vous voulez lui parler ?"
"Heu, non merci, pas maintenant… Plus tard… Un de ces jours…"
"Selmak m'a chargé de vous conduire auprès de Samantha Carter."
"Comment ? Je veux dire comment est-ce qu'il a fait ça ? Je ne l'ai pas vu téléphoné ou…"
"Je ne suis pas autorisé à divulguer ce genre d'informations O'Neill."
"Evidemment !  Ca m'aurait étonné ! Toujours la même chose avec vous les Tok'ras. Dès que vous avez un truc qui pourrait nous être utile, c'est non ! Vous êtes pire que des Vulcains !"
"Je ne connais pas les Vulcains, O'Neill, je suis désolé," s'excusa Charlie.
"Mauvais exemple…"marmonna O'Neill.
"En effet mon colonel. Vous allez embrouiller ce pauvre garçon. Je croyais que vous n'aimiez pas la science-fiction ?"
"Ah ! Carter … Star Trek, ce n'est pas de la science-fiction, voyons !"
"Si vous le dites mon colonel," sourit Carter.
O'Neill lui rendit son sourire. Elle lui avait manqué. A son crédit, elle était parfaitement détendue. Son regard bleu perçant le dévisageait sans l'ombre d'une gêne.
"Hum… Carter, je suis venu parce qu'il faut qu'on parle. J'ai…"
"Je vois que vous avez retrouvé Charlie, mon colonel," l'interrompit Carter avec un froncement de sourcil en lançant à son supérieur un regard sans équivoque.
Le colonel se retourna vers le gamin. Comment est-ce qu'il pouvait avoir oublié sa présence ? Charlie lui fit un sourire timide.
"Oui, j'ai retrouvé Charlie, Carter. Je me disais…" il prit la main du garçon dans la sienne, "…si nous allions manger un morceau ?"
"Colonel ! Il n'y a pas de mess ici !" s'exclama Carter. Elle se passa la main dans les cheveux et se tourna vers Charlie. "Ca te dit de venir goûter chez mon père ?"

*

"Carter, c'est très joli ici, mais je préférerais sortir faire un tour. Je commence à me sentir un peu, comment dire, claustrophobe ici … La décoration probablement. N'y voyez rien de personnel. D'ailleurs Charlie n'a pas traîné non plus ! Pourquoi est-ce que personne ne m'a rien dit ? je croyais…"
"Les Tok'ras sont bien plus avancés que nous mon colonel. Même si j'ai du mal à admettre ce que me dit mon père, il a raison, nous jouons aux apprentis sorciers."
"C'est moi qui ai voulu jouer aux apprentis sorciers Carter. Je ne sais pas pourquoi vous acceptez de m'adresser la parole. Je sais que j'ai tout gâché entre nous. Tout ce que je peux vous dire, c'est que je regrette. Ca ne changera rien à ce que je vous ai fait subir Carter. Je pourrais m'excuser pendant des heures que ça n'y changerait rien."
"Je suis en train de devenir claustrophobe moi aussi," répondit Sam. Elle désigna le couloir. "L'absence de porte y est sans doute pour beaucoup," sourit-elle. "Vous avez raison. Allons faire un tour à la surface et… colonel ?"
"Oui," dit Jack plein d'espoir.
"Arrêtez de gémir et de vous complaire dans vos excuses," dit-elle en le distançant.
"Attendez-moi," murmura Jack. Il la suivit en distribuant sourires et courbettes à tous ceux qu'ils croisaient.

*

"Colonel !" hurla Carter en se retournant vers lui les poings sur les hanches. Ses yeux lançaient des éclairs. "Comment avez-vous osé ?"
"Heu… Osé ?"
"On dirait que vous avez mis toute la base au courant ! Pour l'amour du ciel ! Je vous ai juste accompagné à Philly."
"Vous vous êtes enfuie !" protesta Jack.
"Je n'ai pas de comptes à vous rendre quand je suis en permission colonel ! A qui n'en avez-vous pas parlé ? Votre attitude est totalement irresponsable ! Toute cette agitation pour un simple baiser ?! Franchement je ne vous aurais jamais pris pour quelqu'un de romantique…"
Elle fit quelques pas en donnant des coups de pieds dans le sable. Jack ne bougeait pas, attendant que la tempête se calme. Alors c'était qu'il ait des remords qui la mettait en colère ? Il n'y comprenait plus rien… Il croyait au moins qu'il était son ami jusqu'à cette nuit-là. Elle ne veut rien avoir à faire avec toi mon vieux, c'est aussi simple que ça.
Il aurait pu s'en douter. C'était bien la même Carter, celle qui passait son temps le petit doigt sur la couture de son uniforme à relire les règlements en surveillant l'avancement de sa carrière. Non, il était injuste. Elle n'était pas comme ça. Elle lui avait remis ses pendules à l'heure à plusieurs reprises et il avait insisté… à plusieurs reprises; jusqu'à ce qu'il aille trop loin.
Du moins l'avait-il pensé.
Il s'absorba dans la contemplation de ses chaussures. Carter continuait à soliloquer en s'éloignant de lui.
Il releva la tête brusquement. On les observait. Il l'aurait juré.
"Colonel O'Neill, elle vous attend," dit Freya à son oreille.
"Hé! D'où est-ce que vous sortez ?"
"Allez la rejoindre, colonel. J'ai étudié votre peuple. Il semble que cette attitude soit classique chez les femmes amoureuses quand elles doivent affronter un amant indécis," continua Freya sur un ton docte.
"Indécis ?! Je ne suis pas indécis !" s'exclama Jack.
"Donnez-moi votre arme et allez la rejoindre. Croyez-moi. Je sais reconnaître…"
"Vous n'avez pas eu à vous donner grand mal avec votre xanax !"
"Il est vrai que vous m'avez tous deux donné confirmation de votre sentiment mutuel. Ce qui m'a permis de comprendre la raison de votre refus à partager mon lit."
"Heu…hum, n'en parlons plus d'accord ? Tenez," dit Jack en lui mettant dans les bras son P90 et tout son attirail. "Et si ça ne marche pas, vous allez m'entendre !"
"Si ça ne marche pas O'Neill, ma proposition tient toujours…"
O'Neill lui lança un regard amusé et s'éloigna. La barbie tok'ra avait de la suite dans les idées !

*

L'alarme retentit au niveau –28.
Les soldats se mirent en position immédiatement dans la salle d'embarquement. Le général arrivait en courant quand le technicien dit d'une voix égale.
"C'est le code de SG-1. Ouvrez l'iris."
Le colonel O'Neill et le major Carter franchirent le champ gravitationnel en se tenant par la main. Hammond fronça les sourcils et le technicien baissa la tête en souriant. Quand il la releva, tout était revenu à la normale entre les deux officiers.
"Colonel, nous ne vous attendions pas si tôt. Un problème sur Vorash ?"
"Aucun mon général. Sauf le sable. Beaucoup trop de sable…"
"Le colonel O'Neill a des travaux de réfection à mener à bien dans sa cabane. Je lui ai proposé de l'aider," expliqua Sam en enlevant sa casquette.
"Sans compter qu'à cette époque de l'année, il y a des perches grandes… comme ça," ajouta Jack en écartant les bras d'un bon mètre.
"N'oubliez pas que votre permission touche à sa fin, colonel."
"Ne vous inquiétez pas général. Nous serons de retour à temps pour sauver le monde !  Permission de quitter la base ?"
"Accordée Jack, et à la semaine prochaine."
Sam suivit le colonel en souriant. Jacob Carter avait raison. Le major général Hammond aimait toujours faire plier le règlement pour qu'il s'applique à ses hommes.
J'espère que Jack ne le sait pas, pensa-t-elle pendant que le colonel l'embrassait fougueusement dans l'angle mort d'une caméra de surveillance.



FIN


Note de l'auteure :
Les deux morceaux cités sont extraits du Pagliacci (Paillasse) de Ruggero Leoncavallo (il s'agit de l'opéra qu'écoute Jack O'Neill quand il parle avec Maybourne dans Shades Of Grey) pour "… vesti la giubba e la faccia infarina…" et du Norma de Bellini pour " Casta Diva ".