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| Prologue © Xeen 27 juin 2002 Spoilers : Les enfants des Dieux Résumé : le pilote revisité Genre : Sam & Jack Disclaimers : Stargate SG-1 -Metro-Goldwyn Mayer Inc./UA, MGM Worldwide Television, Gekko Corp., Double Secret Productions, SciFi Channel - all rights reserved * Sam se réveilla en sursaut, la bouche pâteuse et l'esprit embrouillé. Soudain tout lui revint : aujourd'hui, elle repassait la porte des étoiles, aujourd'hui, elle repartait à l'aventure, aujourd'hui, elle retournait chercher Daniel Jackson. Elle n'était pas contre. Même si Abydos et ses températures extrêmes n'étaient pas sa tasse de thé, revoir Daniel… Elle s'en tirait à bon compte. Elle s'attendait à des sanctions beaucoup plus lourdes pour avoir falsifié les rapports d'Abydos, l'année précédente. Il devaient vraiment besoin d'elle. L'excitation l'envahit et elle se retourna dans le lit, heurtant la jambe de l'homme qui dormait à ses côtés. Il grommela dans son sommeil et essaya de l'attirer contre lui mais elle le repoussa fermement et chuchota à son oreille : "C'est l'heure de se lever. Il faut que j'y aille. Tu n'auras qu'à tirer la porte derrière toi en partant." "Tu t'en vas ? Je ne sais même pas ton nom…" "Ca n'a pas d'importance," dit-elle en sautant hors du lit. Ce n'est pas comme si on allait se revoir, pensa-t-elle in petto. Dommage. C'était un bon choix. Le hasard faisait parfois bien mieux les choses que les décisions mûrement réfléchies. Avec regret, elle détailla le corps de l'homme qui se dessinait sous les draps. Grand, athlétique, une petite quarantaine, les cheveux en broussaille et des yeux bruns observateurs et doux. Il se mordit la lèvre et tendit le bras pour l'empêcher de l'éloigner de lui. Elle l'esquiva et lui adressa le plus merveilleux sourire qu'une femme lui avait adressé après une nuit d'amour. Pourquoi cette blonde ravissante l'avait-elle emmené dans son lit la veille au soir ? Même si elle avait un peu bu, elle n'avait certainement pas bu suffisamment pour en arriver là, décida-t-il en repoussant les draps. Ramasser n'importe qui dans un bar et se faire baiser, ce n'était pas son style. Enfin, il n'avait pas l'impression que ce soit son style. Elle était trop brillante, trop directe, trop sincère. Elle entra dans la salle de bain, sans se soucier de dissimuler son corps. Il résista à l'envie de la rejoindre sous la douche et enfila un caleçon à cloche-pied en cherchant la direction de la cuisine. Il sortit un brik de jus d'orange du réfrigérateur et mis la cafetière en route. Pas le temps de faire des pancakes. Il renifla le carton de lait et fit une grimace… pas de lait. Il jeta le lait tourné dans l'évier et écrasa le carton avant de le jeter à la poubelle. Il s'appuya d'une main sur le plan de travail et se laissa absorber par le spectacle de la rue. Une main qui glissait le long de ses reins le ramena à la réalité. Il eut un hoquet de surprise et un filet de jus d'orange se mit à couler sur son menton. La main se fit insistante et s'insinua sous l'étoffe du caleçon. Un frisson le secoua. La langue de la jeune femme remontait le long de son cou, léchant le jus d'orange. Il s'appuya contre le plan de travail, les mains crispées sur le rebord, les yeux fermés. Et soudain, elle fut partie… Il entendit son rire mutin et la porte claquer. Il s'essuya le menton du revers de la main et retourna s'habiller. Pas le temps de prendre une douche. Il ne savait même pas où il se trouvait. Rapidement, il enfila ses vêtements, attrapa son sac de voyage et sortit de la maison en claquant la porte. Il lut rapidement un nom sur la boîte à lettres : Samantha Carter…. Samantha, comme la sorcière… Il sourit et alla se poster au coin de la rue au pas de gymnastique, repérant l'adresse. Il sortit son portable et appela un taxi. * "Mon général, j'avais espéré pouvoir choisir les membres de mon équipe !" dit le major Carter d'un ton fort peu amène, ses yeux fixés sur le siège vide qui lui faisait face de l'autre côté de la table. On lui imposait un membre de son équipe et l'oiseau rare n'était pas foutu d'arriver à l'heure ? Pour l'amour du ciel, c'était une plaisanterie ! Une lueur de défi brilla dans ses yeux clairs. Jacob m'a prévenu, pensa le major général Hammond, responsable de la base de Cheyenne Mountain. Elle va me donner du fil à retordre mais elle sera certainement le meilleur officier qui aura jamais servi sous mes ordres. Il retint une irrépressible envie de rire devant son air buté et lui opposa un visage de marbre. "Ce n'est pas une option, major Carter. Le professeur O'Neill est affecté à cette mission. C'est un ordre !" Sam baissa la tête, autant pour dissimuler sa colère que pour éviter de rencontrer le regard de Jonas Hanson, son ex, lui aussi assigné au SGC et affecté à cette première mission. Hammond continuait. Elle hésita. Fallait-il qu'elle se rasseye ? "Il est notre référent en matière de programme de la porte des étoiles. N'oubliez pas qu'il aurait dû faire partie de votre expédition l'année dernière en tant que physicien des quanta." "Comment se fait-il que cela n'ait pas été le cas ?" dit Sam en redressant la tête. "Accident de surf, trois mois d'hôpital," répondit une voix qu'elle connaissait. Tous les regards se tournèrent vers l'homme qui entrait dans la salle de conférence. Hirsute, pas rasé, il avançait nonchalamment vers le major Carter sans baisser les yeux. Il s'affala dans le fauteuil vide et lança son sac contre le mur. "On peut dire qu'il faut montrer patte blanche pour arriver jusqu'ici. Désolé d'être en retard." "Bienvenue professeur O'Neill," le salua Hammond. "Je préfère Jack, si ça ne vous ennuie pas. Alors, qu'est-ce que j'ai manqué ?" "La guerre," murmura Hanson. "Mon général," dit Carter en levant les bras en signe de découragement, "un civil ? Vous voulez rire ?" "Absolument pas, major, le professeur O'Neill… Jack, fera partie de votre équipe." "Il a déjà volé ?" demanda Kawalski en détaillant la chemise à fleurs et les jeans trop grands du civil. "Pourquoi ? Je ne vois pas le rapport, nous allons emprunter la porte n'est-ce pas ? Pas faire un concours d'acrobatie aérienne." "Ce que veut dire le major Kawalski," dit rapidement Ferretti, "c'est : avez-vous une expérience quelconque de l'armée ? Avez-vous été entraîné ? Avez-vous…" "Messieurs, messieurs ! " Hammond les rappela à l'ordre en tapant du plat de la main. "Il n'est pas question de faire passer des tests à monsieur O'Neill, il vous accompagne, un point c'est tout. Votre départ est prévu dans 6 heures exactement. Vous pouvez disposer. Major Carter, assurez-vous que le professeur O'Neill se sente à la base comme chez lui." Sam acquiesça en soupirant. Elle avait accepté sans rechigner la présence de Jonas dans son équipe, autant faire contre mauvaise fortune bon cœur. Le professeur O'Neill, Jack, pourrait sans doute leur être utile. Ses cours d'astrophysique étaient bien loin dans sa mémoire. Elle se retourna vers le civil et lui sourit machinalement. Il lui tendit la main. Elle était douce et ferme. Comme la nuit précédente. "O'Neill. Jack O'Neill. Je présume que vous êtes le major Samantha Carter ?" "Sam," dit-elle en hochant la tête, le rose aux joues. A l'autre bout de la pièce, le major Jonas Hanson les observait, les yeux étrécis. Sam avait couché avec ce type. Il savait toujours quand Sam couchait avec quelqu'un. Il faisait partie de l'expédition de sauvetage, très bien, un accident est si vite arrivé. Un sourire satisfait aux lèvres, il quitta la pièce en parlant haut et fort avec Ferretti. * "Baissez-vous ! Je ne repartirai pas d'ici sans Skaara," dit Sam à voix basse en jetant un regard circulaire. Jack tenait Skaara à bras le corps pour l'empêcher de se précipiter sur Sha're, sa sœur tombée aux mains des Goa'Ulds quelques heures plus tôt. Il sentait les dents du gamin contre la paume de sa main et sa respiration haletante contre son flanc. L'adolescent se mit à donner des coups de pieds pour tenter de se libérer. Les Jaffas s'approchèrent de leur petit groupe suivi par un couple de Goa'Ulds. Leur regard s'arrêta sur Daniel puis sur Sam. Elle baissa un peu plus la tête. Un son guttural sortit de la bouche du Goa'Uld dont elle ne voyait que les pieds, couverts d'or et de pierreries. "Je choisis… celui-ci !" dit-il d'une voix métallique. Le Jaffa assomma Jack et s'empara de Skaara. Ils l'emmenèrent hurlant et gesticulant comme s'il avait été un fétu de paille. Sam fit signe à ses hommes de ne pas bouger. Elle se rendit compte que Hanson se délectait de la situation. Une lueur mauvaise s'animait au fond de ses yeux. Elle palpa le cou de Jack à la recherche d'un pouls. Lent et régulier. Jonas a déjà failli nous faire tuer deux fois depuis que nous sommes arrivés à Abydos, pensa-t-elle en s'accroupissant sur ses talons. Sans Daniel et Jack, nous serions tous morts. Est-ce qu'il veut essayer de tuer Jack et… Des hurlements de terreur interrompirent ses pensées. Un mouvement de foule vers le fond de la geôle, les enfants qui crient, les femmes qui gémissent, l'impact des armes jaffas, les corps qui rebondissent avant de retomber sans vie. Elle se mit rapidement sur ses pieds. Jonas rampait vers Jack, son couteau de combat levé. Il avait dû le dissimuler dans ses chaussures. Il leva l'arme sur Jack évanoui. Sam projeta son pied et le désarma. Elle donna un autre coup et il se retrouva les quatre fers en l'air au milieu des gens qui essayaient toujours de s'enfuir devant les armes jaffas. Du même mouvement, elle releva Jack et asséna un autre coup à Hanson. Le primat d'Apophis la regardait, impassible. Il leva son arme et visa. Un des gardes tomba comme une pierre dans un nuage de poussière. L'autre garde, surpris, n'eut pas le temps de réagir avant de subir le même sort. Le primat lança son arme à Sam et récupéra l'arme du garde qu'il venait d'abattre puis il continua méthodiquement à tuer les gardes restants qui s'entassèrent autour de Hanson. "Venez," dit Sam en entraînant Jack et la foule qui faisait bloc autour d'elle. Elle fit feu à plusieurs reprises sur le mur et ouvrit une brèche. Jack, encore sonné, l'aida à faire passer les prisonniers de l'autre côté et bientôt, tout le monde se retrouva à l'air libre, courant vers la porte des étoiles en compagnie du Jaffa qui avait trahi son dieu. Ils se retournèrent à plusieurs reprises pour faire feu sur leurs poursuivants. Daniel composa rapidement l'adresse de la Terre et la porte s'ouvrit. Sam hurla des ordres et ses hommes, Ferretti en tête, Kawalski fermant la marche, se précipitèrent dans le vortex avec les réfugiés. Le grand Jaffa à l'emblème doré hésitait devant la porte des étoiles, les bras ballants. Du coin de l'œil, Sam vit Jonas lever son arme sur le Jaffa et cria. A regret, Hanson baissa son arme. Sam embrassa le décor d'un large regard, prit le bras du Jaffa sous le sien et la main dans celle de Jack passa à son tour la porte, suivie par Jonas. Ils arrivèrent au SGC qui bourdonnait comme une ruche. Les réfugiés qui se pressairent autour d'eux les embrassèrent. Hanson se tenait à l'écart. Quand le capitaine Dylan l'interpella, il aurait juré que les yeux du major s'étaient mis à briller. Si on lui avait posé la question, il y aurait réfléchi à deux fois, mais personne ne le fit. Il comptabilisa les blessés et n'y pensa plus. * "Alors ?" dit Jack, les mains posées sur sa bière, son doigt grattant avec application l'étiquette. "Alors ?" répondit Sam en portant le goulot à ses lèvres. La bière coula sur son menton et Jack leva la main et essuya le liquide d'un coup de pouce. Elle pencha un peu la tête sous la caresse improvisée. Gagner du temps. Voilà ce qu'il fallait qu'elle fasse. Gagner le maximum de temps. C'était bien sa veine d'avoir tiré un coup avec quelqu'un qui serait certainement amené à travailler tous les jours avec elle pendant des mois. Voilà qu'elle se mettait à parler comme ses hommes. A moins que Hammond ou le Président ou dieu sait qui n'en décide autrement… Ce qui était très possible, vu le désastre de la mission. Plus de cent réfugiés. Aucun des otages récupérés. Sans parler de la femme et du beau-frère de Daniel proprement goauldés. Elle soupira. Jack en avait profité pour laisser sa main se promener sur son cou et dans son dos. Elle se tendit, appréciant la caresse. Elle ne pouvait pas faire ça… après tout pourquoi pas ? Il n'était pas militaire, il ne le serait jamais. La réglementation ne s'appliquait pas. Non, c'était trop tôt. Elle avait déjà suffisamment de mal à en finir avec Jonas. Elle n'était pas prête pour une nouvelle relation. Elle repoussa gentiment la main de Jack et se leva. "Je vous raccompagne ?" s'entendit-elle proposer. Sam, tu joues avec le feu et tu le sais. Les yeux bruns se posèrent sur elle et elle vit qu'il hésitait aussi. "C'est-à-dire… je n'ai pas vraiment d'endroit où aller… Déposez-moi à n'importe quel motel, je verrais demain…" "Mon canapé ? Ca vous irait ?" "Vous êtes sûre ?" Elle hocha la tête. Il déposa quelques billets sur la table et la suivit jusqu'à sa Volvo. "Je ne vous imaginais pas avec une voiture comme celle-là," dit-il en sifflant entre ses dents. "Vous imaginiez quoi ?" "Je ne sais pas… une voiture normale… plus…" "Féminine ?" Il sourit dans la pénombre du parking. Il aurait pu se douter. A la manière dont Sam avait pris les choses en main l'avant-veille quand elle l'avait dragué dans ce bar. Sans jeux de mots. Parole ! Son sourire s'élargit et il monta dans le petit coupé gris métallisé sans répondre. Elle démarra en trombe. * Jack regarda l'heure au cadran lumineux de sa montre. Quatre heures. Il était plutôt du genre à dormir comme une bûche, chez lui ou pas chez lui. Il tendit l'oreille. Rien d'autre que la branche du sycomore qui venait gratter la façade et les bruits de la ville. Il se retourna sur le canapé. Encore. Il venait d'entendre le même bruit. Comme un gémissement. Silencieusement, il se leva, et commença à faire le tour du propriétaire sur la pointe des pieds. Ses pas le conduisirent jusque devant la porte de la chambre de Sam. Il attendit. Le gémissement. Un curieux grattement. Comme des ongles sur un crépi. "Sam ?! Tout va bien ?" Pas de réponse. "Sam ? Vous êtes décente ? J'entre," dit-il en tournant la poignée de la porte lentement. Il projeta la porte de toutes ses forces. Un juron éclata dans la pièce sombre et son regard embrassa la situation d'un seul coup. Sam ligotée sur le lit, Jonas Hanson qui venait d'être déséquilibré par la porte qu'il avait reçue en pleine figure, le regard étrangement brillant, brandissant une lampe de chevet en jurant d'une voix métallique. Sans réfléchir, Jack plongea agrippant les jambes de Hanson. Des souvenirs de ses années de football à l'université lui revinrent en mémoire. Il roula sur lui-même, tira sur le tapis, achevant de faire tomber l'homme et arracha le drap du lit qu'il jeta sur son assaillant. Il se mit à frapper un peu au hasard tout en ficelant le goa'uld dans le drap. Ecartelée sur le lit, un ruban adhésif sur la bouche, les yeux écarquillés, Sam suivait le déroulement de la bagarre. Il s'approcha en soufflant et lui retira le ruban. Elle poussa un petit cri. Il enleva les liens et la prit dans ses bras. Elle se raidit. "Rien de cassé ?" dit-il d'une voix cassée en la palpant. Un gémissement lui répondit. "J'appelle le 911." "Non," dit-elle en réfrénant des larmes de rage. "Appelez la base. Jonas est un Goa'Uld. Il faut le mettre hors d'état de nuire. Peut-être Teal'c pourra nous dire comment lui retirer ça de la tête. Janet me soignera. Je vais bien." Il la regarda sombrement, sans pouvoir s'empêcher de détailler les bleus et les brûlures qui couvraient son corps. "Si je comprends bien, ce n'est pas la première fois ?" "Non," admit-elle à contre coeur. Elle hocha la tête. "J'aurais dû changer les serrures. J'aurais dû déménager." Ce fut le tour de Jack de hocher la tête. "Vous auriez dû refuser qu'il travaille avec vous à Cheyenne." "Je sais. Je pensais que j'y arriverais. Que j'étais assez forte." "Ce n'est pas de votre faute," dit Jack avec mépris, "même si c'est ce que ce genre d'individu veut absolument vous faire penser." "Je sais. J'ai donné. Deux ans de psy… Il suffit d'un quart d'heure et…" "Sam ?" "Mmmm…" "Je suis là. Je peux dormir sur votre canapé le temps qu'il faudra." "Merci." "Pas de quoi." Il l'attira vers lui et cette fois-ci, elle ne se déroba pas. Par-dessus son épaule, elle voyait le corps de Jonas Hanson enroulé dans son drap, et elle se mit à penser que peut-être le hasard, la chance ou le destin lui avait fait enfin rencontrer la bonne personne. FIN |