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Ruth M. King - décembre 2001

texte original
Traduit par
Xeen

Spoilers :    épisode pilote
Disclaimer :  Stargate SG1 appartient à MGM, Showtime, Double Secret and Gekko etc.
Notes :  Que s’est-il passé entre le retour d’Abydos et Chulak ? En vérifiant sur la K7 il n’y a rien de clair donc voilà la version de Ruth

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Heliopolis




Combien de temps fallait-il à un homme normal pour acheter un pantalon ?

Jack était assis chez Starbuck's depuis au moins une heure. Il en était à son troisième café et finissait de lire le journal pour la deuxième fois. Publicité comprise… Jack détestait les galeries commerciales. Il avait des idées très arrêtées sur la manière d’acheter un pantalon. Entrer dans la première boutique pour homme venue, prendre le premier pantalon à sa taille et ressortir. Cinq minutes, montre en main. Le simple fait d’être là le rendait nerveux. Si seulement Daniel n’avait pas laissé tous ses vêtements sur Abydos.
Jack avait proposé à Daniel de lui prêter des affaires, mais l’archéologue ne s’était pas montré très enthousiaste… en grande partie parce qu’il était plus petit et râblé que Jack. D’où cette visite dans l’enfer du shopping. Pour l’instant, ils faisaient un break. Ils étaient revenus d’Abydos deux jours plus tôt. Quelque part, des huiles discutaient du bien-fondé de l’existence du projet Stargate mais Jack n’était pas invité aux discussions. Il n’avait aucune idée du temps qu’il leur faudrait attendre, mais jusqu’à ce qu’on lui dise le contraire, il s’était attribué la tâche de veiller sur Daniel et de faire en sorte qu’il ne pète pas les plombs. Il semblait assez bien faire face. Bien mieux que Jack ne l’aurait fait s’il avait été à sa place. D'une certaine manière, c’était préoccupant.
Les pensées de Jack furent interrompues par la nécessité impérieuse de boire une quatrième tasse de café. Il jeta un coup d’œil autour de lui et…
Ah la la !
Elle était superbe, grande, mince, blonde, elle avait les bras chargés de paquets et marchait vers le comptoir. Jack ne pouvait pas en détacher ses yeux. Elle commanda un café mais commença à batailler avec ses sacs quand elle voulut trouver un endroit où s’asseoir. Jack fut debout en un éclair… le cœur battant et les mains moites. Il n’était pas le seul à s’être rendu compte qu’elle avait des problèmes mais il avait été le plus rapide.
"Besoin d’un coup de main ?" proposa-t-il.
"Merci, mon colonel," répondit une voix plus que familière.
Jack resta bouche bée. Carter ! Ca lui apprendrait à regarder le visage d’une femme au lieu de ses fesses. Néanmoins, il récupéra galamment les sacs et les emporta à la table où il était assis. Il était un peu surpris que Carter le laisse faire. Après cette première réunion, Jack était bien convaincu qu’elle avait une dent contre tous les représentants de la gent masculine.
Elle se glissa dans le siège en face du sien et laissa échapper un soupir de soulagement.
"Faire les boutiques jusqu’à ce que mort s’en suive," sourit-elle. "Toute cette attente me tape sur les nerfs. D’où la fièvre acheteuse !"
En dépit du fait qu’il lui fallait admettre que l’objet de son désir était comme lui un officier de l’Air Force, Jack ne pouvait pas s’empêcher de penser qu’elle n’était vraiment pas mal. Des jeans moulants, un t-shirt bleu….
"Alors, mon colonel, qu’est-ce que vous faites là ?" demanda-t-elle.
"Je n’ai pas le profil du type qui adore faire du shopping, c’est ça ?"
"Oui, c’est ça."
"Je suis venu avec Daniel. Les djellabas ne sont pas à la mode à Colorado Springs."
Carter se mit à rire.
"Comment va-t-il ?" demanda-t-elle.
"Pas trop mal, tout compte fait… mais il dit qu’il fait trop froid ici. Il m’a fait allumer le chauffage. On dirait un sauna chez moi."
Jack n’avait pas envie de discuter de la vie privée de Daniel… spécialement avec Carter. Elle paraissait s’intéresser à son bien-être et c’était très ennuyeux. Le docteur Jackson avait pas mal de succès avec les femmes.
"Je ne crois pas que vous ayez déjà entendu parler de quoi que ce soit… pour la Porte, je veux dire ?" demanda Sam.
"Non," répondit Jack, "j’imagine que nous avons encore deux jours devant nous avant de pouvoir espérer une décision."
"Ils veulent que je retourne à Washington, s’ils mettent trop longtemps à se décider, il va falloir que je rentre."
"Et vous ne voulez pas ?"
"C’est clair ! C’est l’opportunité que j’attendais. C’est ça le problème avec les diplômes. Avoir un doctorat fait de moi un rat de laboratoire. Si le programme Stargate reçoit le feu vert, j’ai une chance d’aller sur le terrain."
"Le meilleur des deux mondes."
"Exactement."
Son enthousiasme était contagieux et Jack ne put pas s’empêcher de sourire. Sam rougit discrètement devant sa réaction pleine de franchise.
"Qu’est-ce qui se passe ?" demanda-t-elle.
"Rien," répondit-il. "un autre café ?"
"Merci mon colonel, mais il faut vraiment que j’y aille. Je n’en suis qu’à la moitié du centre commercial. Il me reste encore pas mal de courses à faire avant la fermeture."
"Amusez-vous bien."
"Pas de problème."
Elle ramassa ses sacs et se dirigea vers la porte. Sans réfléchir, Jack la suivit, avec l’intention de lui ouvrir  la porte, mais il dit, "Ca vous dit de sortir dîner ce soir ?"
Il n’arrivait pas à croire qu’il venait de dire ça. Carter avait l’air très surpris. Qu’est-ce qu’il y avait de surprenant ? Demander à une jolie femme de dîner avec lui… d’accord, techniquement il était son supérieur, mais elle n’était plus sous ses ordres directs maintenant… et les chances qu’elle le soit jamais étaient  extrêmement minces.
"Alors ?" insista-t-il.
"Avec plaisir, mon colonel," répondit-elle avec un sourire.
But !!
"Je passe vous prendre à huit heures ?"
"En fait, mon colonel, j’habite à la base. Il vaudrait peut-être mieux que je passe vous prendre."
"Ca me va…."
Jack n’était pas du genre à respecter les convenances.
"… tant que vous me laisser payer l’addition."

"Cela va sans dire."
Maintenant, c’était à lui d’être surpris. Carter s’en rendit compte et lui donna l’explication.
"L’égalité c’est très bien, mais je ne refuse jamais un repas gratuit."
Elle sourit une dernière fois, fit un petit signe et tourna les talons. Jack retourna s’asseoir, en essayant de se calmer. Il n’arrivait pas  croire qu’il venait juste de faire ça… ou que Carter ait accepté de sortir avec lui.
"Oh, mon colonel…" c’était sa voix.
Jack leva les yeux, elle était revenue.
"Vous habitez où ?"
" Chez moi ?"
"Je pourrais craquer le code et sortir votre dossier …"
D’une main tremblante, il écrivit son adresse. Carter la fourra dans son portefeuille et disparut.
Depuis que Sara l’avait quitté, tout le monde lui avait dit qu’il devrait commencer à voir des gens. Des amis qui croyaient bien faire lui avaient organisé des rendez-vous, mais Jack s’était toujours arrangé pour s’en tirer d’une manière ou d’une autre. Qu’y avait-il de changé ? Pourquoi donc essayait-il de draguer une fille comme Carter, intelligente, jolie ? Elle avait probablement accepté parce que c’était une chic fille. Ou tout simplement pour être sympa avec le croulant en espérant qu’il donne une bonne recommandation. Il n’avait pas l’intention de faire autrement. C’était un bon officier.
Jack ne se rendait pas compte qu’il affichait un grand sourire. Les gens le regardaient et quand Daniel revint finalement, il crut que son ami était devenu complètement fou.

Un rencard. Elle avait un rencard avec le colonel O’Neill. Sam n’arrivait pas à croire ce qui venait de se passer. Elle l’admettait volontiers : depuis qu’elle avait lu le rapport de la première mission d’Abydos, elle avait développé une espèce de culte du héros envers un certain colonel J. O’Neill. En fait, le rencontrer en personne avait presque mis fin à cette idolâtrie… sauf qu’il la faisait rire.
Ca faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu de rendez-vous… presque deux ans… depuis Jonas. Après ce petit désastre, elle s’était jetée à corps perdu dans le travail. Ignorant tous ceux qui lui avaient lancé un compliment. Alors qu’y avait-il de changé ? Elle ne savait presque rien du colonel mis à part le contenu accessible de son dossier militaire mais elle se disait que ça pourrait être drôle de chercher un peu. Il était vraiment mignon. Même s’il était un peu plus vieux qu’elle. Sam se dit que son expédition dans les magasins s’éclairait d’un nouveau jour. Il n’était plus question de passer le temps mais de trouver comment s’habiller pour un premier rendez-vous.
Le colonel donnait l’impression d’aimer les tenues décontractées, alors pas quelque chose de sophistiqué. Peut-être un nouveau jean ? Un petit haut. Elle s’acheta un nouveau rouge à lèvres. A supposer que ce soit un rencard, bien sûr. Quelle raison pourrait avoir le colonel O’Neill de l’inviter à dîner ? D’un seul coup, Sam se mit à douter. Qu’est-ce que ce genre de mec attendait d’une femme ? Il fallait qu’elle voit les choses en face. Elle était une scientifique, tout ce qu’il détestait. Et il pensait que le docteur Jackson était un cinglé. Elle se prépara avec soin. Malheureusement, les quartiers à la base n’étaient pas exactement l’endroit propice pour ce genre de préparatifs. Au lieu de se prélasser dans un bain chaud, elle dût se contenter des douches communes où l’eau giclait partout et n’était jamais à la bonne température. Sans compter tous les gens qui voulaient savoir exactement où elle sortait et avec qui.

Ce n’était pas que Sam était embarrassée d’avoir un rendez-vous avec le colonel, mais elle se rendait compte que cette histoire pouvait paraître étrange. Un peu comme si elle essayait de coucher à droite et à gauche pour monter dans la hiérarchie du programme de la porte des étoiles. George Hammond la connaissait depuis longtemps et il savait qu’elle ne serait jamais tombée aussi bas mais les gens parleraient. De toute façon… La première chose qu’elle comptait faire dès qu’elle serait sûre d’être affectée de façon permanente à ce poste serait d’acheter une maison. Elle en avait soupé des garnisons.
Elle commença à avoir des doutes quand 20 heures sonnèrent. Et même plus que ça. De plus en plus nerveuse, elle fit en voiture deux fois le tour du pâté de maison. De quoi est-ce que ça aurait l’air si elle lui posait un lapin ? Pas terrible. La maison était située dans un endroit calme. Isolée, ce qui lui fit penser que le colonel était quelqu’un de secret. Pas tellement grande, donc il devait y vivre seul. Il y avait une échelle sur le côté qui montait sur le toit; si elle n’avait pas été aussi en retard elle serait allée jeter un œil là-haut.
Il était huit heures dix quand elle sonna à la porte.

Le colonel ouvrit la porte presque tout de suite, comme s’il l’attendait. Dans ce cas, il l’avait probablement vue passer deux fois devant la maison. Sam sentit que ses joues devenaient écarlates. Il était vraiment sexy. Des jeans, un t-shirt moulant…
"Salut," dit-elle.
"Salut," répondit-il.
"Désolée, je suis en retard."
"Pas de problème. Je sais que la maison n’est pas facile à trouver. Vous voulez entrer une minute ?"
"Ouais."
Elle le suivit dans le couloir et entra dans le salon. Confortable bien que totalement masculin. Des diplômes, des maquettes d’avions, une affiche de Mars…. Une cheminée occupait un pan de mur, il y avait un canapé, des fauteuils… et quelqu’un dans l’un des fauteuils.
"Docteur Jackson…" dit Sam.
Daniel lui adressa un sourire, "Bonjour Capitaine."
"Comment allez-vous ? "
"Ca va. "
Ca n’en avait pas l’air. Sam jeta un coup d’œil au colonel, mais il haussa les épaules. Elle voyait qu’il s’inquiétait pour son ami. Il devrait peut-être lui proposer de venir avec eux….
"Carter et moi nous allons manger un morceau… ça vous dit de venir ?" proposa Jack.
"Non," dit Daniel, "je crois que je vais rester ici."
"Vraiment, vous devriez venir," ajouta Sam.
"Je préfère rester là… allez-y… Passez une bonne soirée."
Voyant qu’il était inutile d’insister, le colonel prit sa veste et sortit de la maison avec Sam.
"Vous croyez que ça va aller ?" demanda Sam une fois dehors.
"J’espère que oui… Venez,  j’ai réservé pour 20 heures 30."

Sam était étonnante. Il s’était dit qu’elle était très jolie en uniforme… mais ce soir, elle était du tonnerre. Jack espérait sincèrement qu’elle s’était donnée tout ce mal pour lui. A son âge, ça remontait le moral. Elle était encore en jeans, mais elle avait troqué son t-shirt pour un petit haut qui dévoilait bien plus que n’importe quel uniforme. Il adorait voir sa peau douce et se laissa aller à imaginer l’effet que cela ferait de la caresser.
Qu’est-ce qui ne tournait pas rond ? Jamais il n’avait ressenti ça. Depuis… depuis Sara. Et même avec elle, il n’y avait jamais eu cette espèce d’urgence… Sans doute une histoire d’hormones. Oui, c’est ça… les hormones.
"Alors ? Qu’est-ce que vous cachez sur le toit ?" demanda-t-elle en souriant  en le regardant par dessus de son verre de vin.
"Pardon ?"
"J’ai vu une échelle."
"Oh… un télescope. J’aime bien l’astronomie."
Il avait l’air embarrassé de l’admettre avant de s’apercevoir de l’intérêt de Sam.
"C’est vrai ?"
"Ben oui… Surprise ?"
"Un peu."
"Vous pourriez rentrer avec moi et jeter un œil si vous voulez."
Mon dieu… Qu’est-ce qu’il venait de dire ?  Il proposait à Sam d’aller chez lui. Pas de problème. Aucune chance qu’elle accepte.
"Je veux bien. D’ailleurs ce soir les conditions atmosphériques sont presque parfaites," dit-elle.
Elle acceptait. Jack avala une gorgée. Il devait être en train de rêver. Les jolies femmes n’acceptaient jamais de rentrer avec lui. Ce genre de choses n’arrivaient pas. En plus, ce n’était pas comme s’il avait prémédité quoique ce soit. Elle regarderait dans le télescope et puis elle s’en irait… un point c’est tout. Mais il ne pouvait s’empêcher de se sentir particulièrement bien. Il régla l'addition et suivit Sam à l’extérieur. Il posa sans hésitation sa main dans le creux de son dos et apprécia de sentir ses muscles jouer sous ses doigts. Elle avait raison. C’était la nuit idéale pour observer les étoiles. Il monterait deux bières, ils s’installeraient sur le toit et … qui sait ?
Naturellement, Daniel était là… Mais Daniel était un mec, non … il pouvait comprendre. Et être discret au cas où.
Oh la la. Les choses allaient vite. Mais il y avait quelque chose de spécial avec Sam… elle le fascinait. Belle… oui.  Intelligente… oui. Drôle…. Oui. Il y avait quelque chose d’autre… un cœur et une âme si purs que Jack retenait son souffle. Et pourtant, il y avait autre chose… comme de la tristesse… il n’arrivait pas à savoir. Ca la rendait encore plus attirante. Jack avait envie de lui parler de Charlie, de Sara, de lui dévoiler son âme. C’était une sensation étrange. Il n’arrivait déjà pas à en parler avec ses amis, pourquoi l’aurait-il fait avec une parfaite inconnue ? En fait, il avait l’impression de la connaître depuis des années.

Elle les ramena chez lui. Jack eut la tentation de la faire entrer mais il se rappela que Daniel pouvait être encore debout et la fit monter directement sur le toit. Comme il s’y attendait, le scope l’intéressait plus que lui. Mais Jack était content de la regarder. Son enthousiasme était sans limite. Elle bavarda pendant longtemps, lui demanda de lui parler de ses observations, de ses objets célestes préférés, des planètes, des étoiles. Pour Jack, c’était une expérience unique. Il pouvait parler de technique et tout comprendre. Enfin peut-être qu’elle essayait de simplifier pour qu’il puisse suivre. En réalité, il s’en fichait. C’était agréable d’avoir une conversation avec quelqu’un de l’Air Force sans avoir à parler de tuerie ou à montrer ses cicatrices… quoique ce n’aurait sans doute pas été si mal.
"Vous voulez entrer boire une bière ?" proposa-t-il après deux heures passées à observer le ciel.
Sam rougit, sans qu’il sache pourquoi.
"Est-ce que vous essayez de me faire boire Jack ?" le taquina-t-elle.
"Non…"
Il n’essayait rien du tout, mais il ne voulait pas qu’elle s’en aille tout de suite.
"Ce n’est pas comme si vous ou moi avions des choses à faire demain."
"Il faut que je conduise pour rentrer à la base."
Jack ne répondit pas. Ce qu’il voulait dire était suffisamment clair. Il s’attendait à ce qu’elle redescende l’échelle à toute vitesse, mais elle se contenta de le regarder en plissant les yeux. Maintenant c’était à son tour de rougir. Il ne savait pas pourquoi il avait été aussi direct, surtout le premier soir.
"J’ai une chambre d’ami," dit-il.
"Dans laquelle dort le docteur Jackson," lui rappela Sam.
"J’en ai une autre. Pas très grande mais il y a un lit correct."
"Vous voulez me faire boire."
"Vous la voulez cette bière ou pas ?"
"Oui."
Il descendit en premier, sans croire à sa chance. Après tout, il ne se passerait sans doute rien… peut-être ? Il ne mentait pas. Il avait bien deux chambres d’ami. La deuxième était à peine plus grande qu’un placard et elle servait de placard d’ailleurs, mais il aurait été heureux que Sam accepte d’y dormir.
" J’espère que Daniel n’a pas mis le darwa, " plaisanta Jack en entrant dans la cuisine.
Les lumières du salon étaient éteintes… mais le feu brûlait encore dans la cheminée. Jack attrapa deux bières et conduisit Sam dans l’autre pièce.
"Heu… mon colonel."
Qu’elle reprenne ce ton formel lui mit la puce à l’oreille. Il se précipita dans le salon les bières à la main et s’arrêta à côté de Sam.
"Merde…" murmura-t-il.
Daniel était affalé sur le plancher, la main serrée sur une bouteille de whisky vide.
"J’ai besoin d’un coup de main, Carter," ordonna Jack qui essayait de relever son ami.
Elle s’approcha aussitôt et l’aida à remettre Daniel sur ses pieds.
"Salle de bains ?" demanda-t-elle.
"Bonne idée," répondit Jack.

Daniel était à moitié conscient et imperméable à l’idée de coopérer. Il était hors de question qu’il aille où que ce soit et le fit clairement comprendre en traînant les pieds. Jack et Sam se retrouvèrent en train de charrier un poids mort. Jack fut impressionné par la force de Sam.
Une fois dans la salle de bain, Daniel eut l’air satisfait.
Et il commença à vomir. Jack lui tint la tête au-dessus de la cuvette… il risqua un regard en direction de Sam. Elle le rassura en souriant. Il ne voulait pas que leur rendez-vous se termine comme ça. Et Daniel allait le lui payer… Sa vengeance serait terrible. C’était affreux bien pire que quand Charlie était malade.

"… suis désolé," grommela Daniel, quand il eut enfin fini de vomir.
"Pas de problème," répondit Jack en l’aidant à se coucher.
" Vous vouliez coucher avec le capitaine, docteur, enfin… peu importe. Vous l’aimez bien hein ? "
"La ferme, Daniel."
Il espérait que Sam n’avait pas entendu. Elle était sur le pas de la porte, prête à l’aider si c’était nécessaire. Jack lui fit un signe de tête et, comprenant aussitôt, elle s’éloigna.
"Vous l’aimez," répéta Daniel plus fort.
Daniel se mit à rire sans pouvoir s’arrêter…. et le fou rire se transforma en sanglots. Il s’accrocha à Jack, le serrant dans ses bras.
"Ne les laissez pas vous la prendre Jack. Ne les laissez pas… accrochez-vous à elle."
"D’accord Daniel," murmura Jack, "nous allons retrouver Sha’re, je vous le promets."
Mais Daniel s’était encore évanoui et n’entendit pas les mots de réconfort de Jack.
Jack installa son ami le plus confortablement possible et revint dans le salon. Sam l’attendait, pelotonnée sur le canapé, buvant tranquillement sa bière.
"Je crois que ça va aller," dit-il en s’asseyant à côté d’elle.
Elle resta perdue dans ses pensées pendant un petit moment. Jack n’osait rien dire, alors ils restèrent juste assis, à boire leur bière. Ils étaient bien… peut-être même trop bien, vu qu’ils ne se connaissaient que depuis si peu de temps.
"Vous croyez qu’il la retrouvera ?" demanda Jack.
"Il y a des tas de planètes là-haut, qui sait ? On aura peut-être de la chance."
"C’est ce que je pense aussi."
"J’imagine qu’on ne se rend pas compte de ce qu’on a avant de l’avoir perdu."
"C’est sûr."
Jack commença à penser à Charlie et Sara. Il avait l’impression de les trahir, simplement parce qu’il était là assis avec Sam. Elle s’aperçut tout de suite qu’il avait changé d’état d’esprit. Elle posa sa bouteille sur la table et prit sa veste.
"Il faut que j’y aille."
"Oui," répondit-il en réalisant qu’il se sentirait coupable de lui demander de rester plus longtemps. En plus, il y avait des chances que Daniel ait besoin d’aller à la salle de bain.
Il la raccompagna à la porte, essayant de re-capturer le sentiment de plénitude qu’il avait ressenti plus tôt dans la soirée. Sam s’arrêta sur le pas de la porte et lui sourit.
"Vous savez…" commença-t-elle.

"Quoi ?"
"Je vous aime bien aussi."
Elle se pencha et l’embrassa sur la joue.
"Merci. J’ai passé une charmante soirée."

Sam se sentait un peu mal à l’aise en face de Jack le lendemain. Ils se rencontrèrent en prenant l’ascenseur qui descendait dans les flancs de la montagne… même si Sam avait l’impression qu’il l’avait attendue. Le docteur Jackson était là aussi qui apparemment ne se souvenait pas ce qui s’était passé la veille au soir, ce qui était probablement aussi bien. Sam n’avait pas particulièrement envie que la nouvelle de sa sortie avec le colonel fasse le tour de la base. Elle voulait garder ce sentiment pour elle un peu plus longtemps avant que tout le monde ne soit mis au courant. A supposer qu’il lui demande de ressortir. La soirée s’était terminée sur une note triste. Jack s’était refermé sur lui-même, et Sam ne comprenait pas ce qui s’était passé. Quelque chose en rapport avec le docteur Jackson. Un mauvais souvenir, peut-être ? Le rapport de la première mission d’Abydos avait passé sous silence pas mal de choses. Sam commençait seulement à se rendre compte qu’elle ignorait à quel point.
Quand ils atteignirent les niveaux inférieurs de la montagne Cheyenne, Jackson disparut en direction du mess pendant que Jack et Sam allaient se changer. La première chose que fit Jack une fois qu’ils furent seuls, fut de s’excuser.
"Je suis désolé pour la nuit dernière," dit-il.
"Pas de problème," le rassura Sam.
"Je voudrais me faire pardonner. Samedi ?"
Sam lui sourit, mais elle voulut ajouter.
"A supposer que je ne sois pas repartie à Washington."
"S’ils ferment la base, je reprendrai ma retraite…j’irai vous voir."
"J’espère qu’ils ne feront pas ça."
Elle ne voulait pas retourner au Pentagone. Elle travaillait sur la Porte des Etoiles depuis des années et son rêve était devenu réalité quand elle avait goûté au voyage interdimensionnel… Après ça, tout lui paraissait quelconque.
"Je parie que nous aurons une nouvelle chance," dit Jack.
"Imaginez ce que nous pourrions découvrir !"
Jack la gratifia d’un sourire indulgent.
"Vous emprunterez encore la porte, Sam. J’en suis sûr."
"Et vous ? "
"Ca dépendra de ce qu’ils pensent qu’un type de mon âge peut apporter."
"Je ne sais pas, mais je ne vous imagine pas derrière un bureau."
A moins d’être endormi derrière une pile de documents. Non, Jack était fait pour le terrain…. Elle ne pouvait qu’espérer que ses supérieurs s’en rendraient compte. Quant à elle… Elle espérait qu’elle n’aurait pas à remettre les pieds dans un labo. Quoique. Etudier les technologies extra-terrestres pourrait être amusant.
"Et le docteur Jackson ?"
"Il va vouloir rechercher Sha’re," répondit Jack. "Ca ne me gêne pas. Si ça l’empêche de vomir dans ma salle de bain, je veux bien l’emmener n’importe où."
Ils étaient arrivés aux vestiaires et Sam lui fit un petit signe avant de disparaître pour mettre son uniforme. Elle était excitée comme une puce. Elle ne se rappelait pas d’avoir été aussi énervée depuis un moment. Pourvu que ça vaille le coup.

Il sut que c’était fini à la seconde où Hammond annonça que Sam était assignée à SG1. C’était de sa faute. Il n’aurait jamais dû lui donner de si bonnes recommandations.
Un regard lui suffit pour comprendre tout ce qu’il y avait à comprendre. Elle ne demanderait pas de changement pour raisons personnelles. De toute manière, il n’aurait pas admis qu’elle le fasse. Jack l’avait entendu parlé de la porte et il savait à quel point c’était important pour elle d’être sur le terrain, de découvrir de nouvelles planètes, des technologies aliènes. Il ne fit qu’un seul commentaire dans le couloir qui menait à la salle de contrôle.
"J’imagine que ça ne marche plus pour samedi," murmura-t-il.
Sam hocha la tête. Elle se mordait la lèvre, mécontente. Apparemment, elle était aussi embêtée que lui. Mais elle ne pouvait pas laisser passer une telle opportunité à cause d’une soirée à moitié réussie. SG1 était une affectation de prestige, il n’y avait aucun doute et il était content qu’elle fasse partie de son équipe. Enfin, presque content…
Peut-être…
Il aurait le temps d’apprendre à la connaître et de vérifier si ce que lui dictait son instinct était vrai. Si elle était la femme à laquelle il pourrait tenir… bien plus qu’il n’était censé le faire.

FIN
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