Se référer à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme implique tout d'abord
de se pencher sur sa naissance, puis d'analyser son contenu, afin de l'utiliser au mieux dans
notre action quotidienne.

1945 Entre la capitulation des nazis, le 8 mai, en Europe, et la reddition japonaise du 14 août, 51 Etats signent le 26 juin, la Charte des Nations Unies. Le monde est encore sous le coup de l'Horreur, de la Barbarie, du Génocide en cette fin de Seconde Guerre Mondiale. Stéphane HESSEL, ambassadeur, membre de la Commission Nationale des Droits de l'Homme, le rappelle en insistant sur la signification de la victoire : "le fait que les Etats nazis et fascistes aient agi comme les négateurs des Droits de l'Homme a eu pour conséquence que la victoire militaire des Alliés est devenue la Victoire des Droits de l'Homme." Les DROITS DE L'HOMME sont alors fédérateurs dans un monde pourtant déjà divisé. Ainsi, le 10 décembre 1948, 56 Etats, membres de l'O.N.U., signent la DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME.

Il convient donc, d'analyser le contenu de cette déclaration novatrice qui nous concerne tous à plus d'un titre. René CASSIN, membre français éminent de la commission de préparation de ce document apportait les précisions suivantes lors de sa présentation le 10 décembre 1948 : "Nous avons quatre piliers fondamentaux : Le premier, c'est le pilier des droits personnels dont le droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de la personne(...) Le second, c'est le pilier des rapports entre l'homme et les hommes, les familles, les groupements qui l'entourent, les lieux et les choses... Le troisième pilier est celui des libertés publiques et des droits politiques fondamentaux (...) Enfin, dernier pilier et non le moins important qui est le véritable dernier pilier neuf, au moins dans une déclaration internationale: c'est le pilier des droits économiques, sociaux et culturels (...)." René CASSIN, délégué de la FRANCE, a tenu à ne pas dissocier ces quatre piliers fondamentaux. Cette déclaration qui évoque tous les aspects de la vie est donc bien un texte novateur car elle opère un équilibre entre la personne et le pouvoir. En effet, elle rappelle que les Droits de l'Homme sont attachés à la personne et que le pouvoir doit en garantir la jouissance. Ainsi, les normes internationales ont, depuis,acquis un caractère objectif qui implique qu'un Etat, un individu ou une organisation puissent demander le respect de ce DROIT NOUVEAU.

Aujourd'hui, il est toujours de notre devoir de rappeler que les Droits de l'Homme ne sont pas des droits comme les autres, comme on en trouve dans les anciennes sociétés. Pour promouvoir les Droits de l'Homme, il faut accepter d'inverser totalement l'ordre des priorités entre l'homme et ce qui avait primauté sur lui : la nature, la religion, la communauté. En effet, ce n'est pas en fonction de son appartenance à telle société ou à telle communauté voire à telle religion que l'homme a des droits, mais par son appartenance à l'humanité en tant qu'homme. De plus, ces droits sont interdépendants, indivisibles et universels. Nous devons rappeler deux règles essentielles : - la questions de tous les Droits de l'Homme relève de la responsabilité des Etats collectivement et séparément. - la sauvegarde de tous ces droits et leur protection effective ne regardent pas seulement les Etats mais aussi tous les citoyens. Aujourd'hui, dans un monde frappé par l'Horreur, la Barbarie, le Génocide, voire les négationnistes, il faut agir. Notre devoir est de susciter une volonté politique. Comment ? En développant dans l'opinion publique un mouvement en faveur des Droits de l'Homme. Efforçons nous de concrétiser l'idéal de nos anciens : préserver les générations futures du fléau de la Barbarie. Alain CHAUTANT, membre du groupe 145. LORIENT . AMNESTY INTERNATIONAL Discours prononcé le Mercredi 4 Février 1998 à l'Hôtel de Ville de Lorient, à l'occasion de l'accueil du Bus des Droits de l'homme d'Amnesty International. Documents de Référence Amnesty : Au delà de l'Etat , Editions francophones d'A.I, pages 227, 29 et 67. Chronique d'Amnesty. juin 1995, p.14, propos de S.HESSEL recueillis par J.MEYER. Un demi-siècle de Droits de l'Homme : progrès et obstacles, par Jean MEYER, Paris Septembre 1995, pages 5,6 et 24. Bulletin interne. A.I section française.n°89. 1996-3, p.4, Intervention de Marc DE MONTALEMBERT au Congrès de Tours.

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