Ah ces pauvres Anglais victimes de l’ultra-libéralisme !
Depuis la seconde guerre mondiale, la France a constamment éprouvé, plus que la plupart des autres pays européens, une tendresse pour l’économie planifiée,
administrée, protégée.
Un libéral, c’est un mauvais Français, et c’est automatiquement mériter l’étiquette d’ultra-libéral décernée par M. Hue à ses adversaires.
Mais M. Hue n’est pas seul à désigner ainsi du doigt les traîtres à l’idéologie planificatrice française et, par l’utilisation du préfixe « ultra », à distinguer sans doute les
libéraux raisonnables (lesquels ?) et ceux avec lesquels, évidemment, aucune discussion n’est possible puisque ce sont des ultras.
L’un des terrains favoris de la chasse à l’ultra-libéralisme, c’est, l’exception culturelle. N’ironisons pas sur la qualité "exceptionnelle" de la production
cinématographique ou musicale que la France protège. On notera que les quotas de chansons françaises aident à la survie d’un art typiquement français, le "rap".
On notera aussi qu’en regard le cinéma anglais, réputé disparu du fait de "l’ultra-libéralisme", a quand même produit les films de James Ivory ou de Kenneth
Brannagh.
Mais la réputation de "l’ultra-libéralisme" est plus exécrable encore s'agissant de l’agriculture. Pour beaucoup de braves gens "l'ultra-libéralisme" s'emploierait
cyniquement à assassiner cette nourricière du peuple, cette gardienne de la terre, ce réceptacle des traditions.
Je lisais ainsi dimanche dernier 13 juin, pour ne plus penser aux élections européennes, dans mon hebdomadaire favori "La France Agricole", journal très peu libéral,
un article consacré à la crise de l’agriculture en Grande Bretagne.
Depuis Idi Amine Dada, faisant quêter les Ougandais pour la pauvre reine Élisabeth II, on est psychologiquement assuré de toucher une corde secrète en plaignant
les Anglais de leur misère. Ah ! Les pauvres agriculteurs britanniques: ils n’ont pas bénéficié de 60 ans de planification, de 100 ans de protectionnisme et de Crédit
Agricole, de 40 ans de SAFER et de 50 ans de statut du fermage, sans parler des politiques d’aménagement de la France rurale.
D’ailleurs, c’est bien simple, nous croyons tous que "l’Angleterre n’a plus de paysans". Or, au fil de l’article nous apprenons qu’il y a en Grande Bretagne 600
000 exploitants agricoles, soit pratiquement le même nombre qu’en France en 1999. (ils étaient 900 000 en 91, ils risquent bientôt d'être 400 000). Mais le
Royaume Uni compte 244 000 km2 contre 551 000 km2 pour la République française. Pour une population comparable. Il y a donc sur l’ensemble de ce royaume
2,45 paysans au km2 contre 1,08 chez nous. Et l’Angleterre est beaucoup moins riche, plus de 60 % des superficies agricoles sont des herbages.
On remarquait autrefois que moins de 100 personnes y possèdent plus de 15 % du sol et moins de 10 000 en possèdent plus de 50 %. Et ça marche !
Il est vrai qu’en ce moment les exploitants agricoles britanniques connaissent une crise où l’affaire de la vache folle n’a pas fini de leur coûter très cher.
Or, nous apprenons une autre caractéristique de cette agriculture: elle est composée d’un nombre important de pluriactifs, entre la moitié et les 3/4 selon les
régions. Et cette pluriactivité va leur permettre, nous le leur souhaitons, de surmonter la crise actuelle.
En France, on a sa dignité. Les pluriactifs sont considérés aujourd’hui encore comme les pestiférés de l’agriculture. On est agriculteur à 100 % ou pas du tout. Le
résultat est d’autant plus garanti pour l’exode rural que le système d’endettement, de charges fixes très lourdes et de quadrillage social exclut systématiquement les
agriculteurs en difficulté et dissuade singulièrement l’installation des jeunes.
Heureusement que tout cela se fait dans le cadre d’une idéologie de survalorisation de l’agriculture, coeur de l’identité française. Qu’en serait-il sans cette
survalorisation ?
Nous survalorisons aussi l’emploi, et d’ailleurs notre taux de chômage est à peu le triple de celui de ces pauvres Britanniques victimes de l'ultra-libéralisme.
Appuyons-nous fermement sur les principes, ils finiront par céder.
Ayn RAND dans "Human Rights" en 1963:
" Les droits de l'homme sont des principes moraux qui définissent et protègent la liberté d'action de tout homme, mais n'imposent aucune obligation aux
autres hommes. En règle générale, les personnes privées ne se menacent pas les unes les autres dans leurs droits à la liberté. Une personne privée qui
recourt à la force pour violer les droits des autres est un criminel et les autres ont des protections juridiques contre lui.
A chaque époque et dans chaque pays les criminels ne sont jamais qu'une petite minorité. et le mal qu'ils ont fait à l'humanité est infime quand on le
compare aux horreurs, les massacres, les guerres, les persécutions, les confiscations, les famines, les concentrations, les destructions, perpétrées par les
gouvernements.
Tout gouvernement est potentiellement la menace la plus dangereuse pour les droits de l'homme: il détient le monopole légal de l'utilisation de la force
contre des victimes légalement désarmées.
Lorsqu'il n'est pas limité en contenu par des droits individuels, un gouvernement est l'ennemi mortel de l'homme. Ce n'est pas contre les actions privées,
mais contre les actions du gouvernement que les droits de l'homme ont été déclarés".
THE ECONOMIST A LONDRES
Ce journal vient de faire paraître un article sur la France. Voici, traduit en Français, une partie de son texte:
"Elitisme et corruption sont les deux mamelles de la France. La corruption locale à petite échelle est monnaie courante. Mais ce n'est pas le
seul vice qui irrite les électeurs".
"Ceux-ci sont également agacés par l'arrogance qui si souvent accompagne la corruption..."
et plus loin
"L'ENA n'a pour but que de produire les mandarins dont a besoin l'état dirigiste".
Le journal évoque aussi: "Les dessous de table de la décentralisation".
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