Grace a la domotique Ouindose est dans la maison du microphile

Imaginons une personne, appelons-la "Anne" (c'est vrai, pourquoi toujours parler de mecs?). Vraiment domo-accro, Anne a décidé dans un élan de folie, d'informatiser ses waters (vous avez bien lu). Mais Anne est aussi une personne très sympa et, après un coup de fil de ma part, elle a accepté, non sans une certaine fierté mal dissimulée, que je vienne faire un reportage à son domicile.

Et quel ne fut pas notre étonnement lorsque nous avons pénétré  ses waters!

Cuvette, chasse d'eau et papier cul étaient entièrement informatisés. Le système étant même muni de micro-capteurs de toute dernière génération.

Anne a eu l'extrême gentillesse de nous faire une démonstration. Après le largage de quelques centaines de grammes de matières fécales, l'informatique prend les choses en main. Un algorithme puissant permet de calculer poids, densité et composition de la matière, estime l'état de l'orifice, la quantité d'eau nécessaire au nettoyage de la cuvette et la longueur de papier à utiliser. A la sortie, un listing reprenant diverses conclusions et statistiques est proposé à l'usager.

Nous avons d'ailleurs appris grâce à celui-ci que, ce jour-là, Anne avait ingurgité sept heures et quarante-cinq minutes auparavant une assiette de choucroute de 825 grammes (!), accompagnée, comme il se devait, de 12 verres de vin blanc. Le programme a également constaté un taux de cholestérol et d'alcoolémie nettement supérieurs aux moyennes nationales.

Mais le conte de fée devait tourner au vinaigre...

Ce matin, un incident sans gravité nous a été communiqué. Celui-ci concerne justement l'informatisation (peut-être abusive) du lieu de résidence de notre chère Anne.

En effet, ce matin vers 8h30, cette dernière occupait ses fameuses toilettes lorsque soudain le système fut sujet d'un dysfonctionnement.

Les pompiers, arrivés heureusement sur place rapidement, réussirent à dégager notre pauvre Anne d'une masse de 500 kilogrammes de papier cul et de plus de 300 litres d'eau potable.

Le responsable présumé de cet acte infâme ne serait autre qu'un certain Bill, dont nous tairons le nom pour des raisons bien compréhensibles. L'intéressé semble pourtant être connu dans le milieu. L'indésirable farceur, qui n'a malheureusement pas été mis sous mandat d'arrêt par manque de preuves, aurait saboté le système par l'utilisation d'un virus, que les spécialistes ont répertorié sous le nom de "W95". Aucun vaccin informatique n'aurait encore été trouvé.

La Police de Bruxelles est d'autant plus inquiète que le même système a été installé, à titre expérimental, dans ses locaux.