...Pour son prince de soleil, qui, à son insu,
ébloui et enjôlé, à jamais sera ensorcelé...

Mabel


La route des étoiles

La lune qui se lève
enfante un autre rêve...
Et l'arbre noir aux bras tendus
accueille un autre oiseau perdu...
Et la nuit que le matin embrase
accouche d'un soleil topaze...
Mais, l'ombre drapée de silence
alourdit l'attente et l'absence...

Car elle voulait secrète
la route des étoiles mauves.
Tapie dans l'ombre matinale
et les brumes furtives,
Elle serait la vestale,
silencieuse, et fugitive,
Elle tairait ce soupir, muette,
et ce râle presque fauve...

Et elle veille, là où les astres améthystes,
rutilants comme des diadèmes
sont dérobés à la nuit boréale
et aux rêveries des anges...
Ces joyaux luisent sur les pétales
des fleurs du lilas près de la grange,
où sertie dans les menus calices,
la rosée recèle son âme et son poème...

Alors, la gitane aux pieds nus,
comme en un rite, envoûtée,
humant les grisantes fragrances,
presse sur ses lèvres les bouquets ennivrants.
Et dans une arabesque, en transe,
arrache une tige en pleurant...
pour son prince de soleil, qui, à son insu,
ébloui et enjôlé, à jamais sera ensorcelé...

Mabel


Mabel

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