Nicole Pinard, grande
maîtresse de la Grande Loge féminine de France, est la
voix féministe de la franc-maçonnerie. "Osons enfin
ôter nos oripeaux"
Une loge est un lieu de rencontre, de
brassage extraordinaire, dit Nicole Pinard, grande maîtresse de
la Grande Loge féminine de France - un brassage
d'idées, de personnalités, d'origines sociales et aussi
de générations. On y est obligé d'ôter ses
oripeaux afin de révéler l'essentialité de
l'être. L'autre est un miroir, qui nous renvoie à
nous-mêmes; c'est une extraordinaire leçon qui oblige au
questionnement. On ne peut que reconnaître l'autre comme
frère, comme sur. Parfois, poursuit la responsable de la
principale obédience féminine mondiale, les
francs-maçons vivent trop enfermés avec
eux-mêmes. Il est important de garder aussi un regard vers
l'extérieur, d'être "dans le monde" tout en
n'étant pas "de ce monde".
L'initiation permet une transformation
d'ordre spirituel; elle permet d'entrer dans le domaine du
sacré, auquel on n'aurait pu avoir accès autrement.
Elle invite à engager une recherche de soi-même,
à quitter peu à peu ce qui relève de l'avoir et
du pouvoir pour aller vers l'être, à donner du sens
à l'existence, à chercher pourquoi on est là,
à vivre l'instant présent. L'initiation opère
sur tous les plans. Elle permet une mise en ordre, avec
soi-même mais aussi avec les autres, et avec tout l'univers.
Elle implique qu'on se sente responsable de sa vie, qu'on se mette en
conformité avec ce que l'on croit être juste. Les
francs-maçons doivent être des éveilleurs, des
transmetteurs, pas des gourous; pour ce la, il se doivent
d'être exemplaires.