Légende religieuse
A l’époque romaine, au IVe siècle de l’ère chrétienne, trois apôtres de la Gaule du nord et de la Rhénanie, vinrent, selon la tradition, y séjourner comme ermites, pour un temps de réflexion et de méditation : Euchère, Valère et Materne.
Vers l’an 300, ces saints évangélisateurs de l’Alsace se retirèrent en effet dans d’humbles huttes édifiées sous les arbres multicentenaires, pour y prier et y faire pénitence. Par la suite, Euchère fut élu évêque de Trèves, et Materne, évêque de Cologne. Mais l’invasion en Gaule des barbares nordiques (Alamans, Wisigoths, Burgondes et Huns), entre 406 et 496, ruina le christianisme en Alsace. Il ne devait se relever qu’à l’époque franque, après la victoire de Clovis à Tolbiac.
Au VIe siècle, Arbogast, futur évêque de Strasbourg et fondateur de la cathédrale primitive, vint à son tour, suivant la légende, faire retraite dans la forêt sainte de Haguenau, avant de fonder en lisière de celle-ci, l’abbaye de Surbourg. Saint Florent, successeur de saint Arbogast au siège épiscopal de Strasbourg, et fondateur de l’abbaye de Haslach, devait lui aussi se retirer avant son élection pontificale sous les arbres vénérables de la forêt sainte.
Ces ermitages successifs furent-ils vraiment tous légendaires ? J’aime à penser, qu’au lieu d’aller faire retraite en un quelconque monastère, ces saints des premiers temps préférèrent se mettre en tête à tête avec Dieu au milieu du silence végétal de la forêt sainte...