Un conte des frères Grimm
Saint Pierre arriva avec sa clé, ouvrit et fit entrer le seigneur. Il semble bien qu'il n'ait pas vu le petit paysan et il referma la porte. De l'extérieur, le petit paysan entenddit comment le seigneur étati accueilli au ciel dans la joie et que retentissaient musique et chansons. Finalement, le silence revient, saint Pierre ouvrit la porte du ciel et fit entrer le petit paysan, qui pensa que la musique et les chansons allaient reprendre pour lui. Mais tout demeura silencieux. Il fut bien reçu, il est vrai, et les anges l'accueillirent. Mais le silence dura.
Le petit paysan demanda alors à saint Pierre pourquoi on ne chantait pas pour lui comme pour le riche seigneur, ajoutant qu'il lui semblait qu'on se montrait au ciel aussi partial que sur terre. Et saint Pierre répondit : «Non, on t'aime autant que tous les autres, et tu jouiras de la joie célest comme le riche seigneur. Mais, vois-tu, pauvre petit paysan, tes pareils, nous en voyons arriver chaque jour au ciel. Mais un tel riche seigneur ne vient jamais qu'une fois tous les cent ans environ. »
Un jour, le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent au ciel auprès d'Abraham. Le riche mourut à son tour, et on lui fit de grandes funérailles. Du fond du séjour des morts, où il souffrait cruellement, il leva les yeux et aperçut, de très loin, Abraham, et Lazare tout à côté de lui...
La Bible, évangile de Luc, chapitre 16, versets 19 à 23.
Traduction Parole Vivante (transcription moderne de la Bible)