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La
Grosse Lulu 30 ans sur le port de Toulon... |
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L’embêtant, avec la notoriété,
ce n’est pas qu’on parle de vous plus que de raison,
ni qu’on vous jette des étrons plutôt que des fleurs,
mais qu’on ne puisse pas choisir qui le fait. Il y a
en effet des compliments qui font honte, comme des insultes
qui honorent. Mais que faire des invectives qui laissent
perplexe ? C’est dans cette catégorie molle qu’il
faut ranger une nouvelle fan, l’amusante Jeanne-Lucienne
DUCHEMIN qui nous édifie sur http://www.webzinemaker.com/gazette/
. (On n’est pas rancuniers : on vous offre son adresse
alors qu’elle a refusé d’afficher la nôtre.) Cette auteuse
au verbe niais et à la bonne humeur contagieuse s’exprime
sur divers sujets affriolants (« Bruits de botte
dans la nuit » - et le brouillard ? )
et a récemment jeté son dévolu rédactionnel sur nos
modestes entreprises. Nous apprenons donc, dans son « Tour d’horizon de la jeunesse de France », que cette dernière se divise en deux catégories : celle « de gauche » et celle « de droite ». Toutes deux se sentent concernées par les problèmes d’immigration, pour en avoir directement souffert,(1) mais ne proposent évidemment pas les mêmes solutions. Ainsi, ceux de « droite » « prônent la fermeture des frontières et le chacun chez soi dans le respect des autres peuples ». Ceux de « gauche », par contre font « fonctionner leurs neurones » et « préfèrent intégrer ces français récalcitrants par la tchatche ». Nous savons donc que le respect des mœurs d’autrui est une manie de barbare mal embouché, on s’en doutait un peu. Pour étayer son propos, Lulu penche son œil humide et bienveillant sur Vos Serviteurs et les délicats jeunes gens de la Section Carrément Anti Le Pen. Passons sur ses remarques concernant ces derniers, et examinons la qualité de la pommade qu’elle nous passe de ses bons doigts maternels. Apprends donc, lecteur bénévole que nous sommes « Installé(s) à l’extrême droite et le revendiquant », en plus d’être une « digression de l’Action française en nettement plus jeune » - ça va faire grincer chez les maurrassiens, ça ! Très bien renseignée sur nous, Lulu nous révèle nos parcours scolaires respectifs, c’est-à-dire tous le même : « Souvent placés en internat ou école privée gérée par un diocèse, c’est tout petit qu’ils ont été sensibilisés au catholicisme. Depuis, leur plus tendre enfance, on leur enseigne à obéir sans poser de questions. C’est écrit dans la bible et dans les évangiles, tu dois croire sans voir. » Aussi calée en navigation qu’en exégèse, Lulu semble n’avoir retenu de nos pages que le forum, dont elle nous inflige moult extraits afin de nous expliquer ce que nous pensons et ce pourquoi nous militons. Du site lui-même, à peine une allusion fugitive. On ne lui en veut pas, notez. On se dit juste qu’un Guide Michelin qui jugerait un restaurant sur la qualité de son paillasson, ça ferait pas mal d’invendus… Mais c’est comme ça, dans le milieu du journalisme : il faut trier l’information, sinon c’est le bordel. C’est aussi la méthode de Lulu. Simple, rapide, efficace, et surtout pensé pour faire de l’audience. Il y a du PPDA chez cette femme (enfin, espérons que ce ne sont pas les mêmes implants). Admirez par exemple son esprit de synthèse et sa concision : « Que défendent-ils ? Une sorte de droit à la différence, un territoire et leur culture pour les uns et plus de justice entre les peuples pour les autres. Autrement dit, les chevaliers des temps modernes seraient de gauche.. Tandis que les descendants des chevaliers du temps passé (la noblesse française) seraient plutôt de droite et nationalistes. Le monde à l’envers ? » Tout ceci lui semble touchant, à la grosse Lulu. Elle ne nous aime pas, c’est clair, mais son ton se défend de toute animosité. On sent plutôt, à chaque ligne, vibrer ses instincts de pondeuse, dépassée par les gesticulations de ses poussins : « Conclusion, il s’opposent, se combattent, se critiquent, s’invectivent, mais ils se ressemblent beaucoup nos gamins. », assène-t-elle dans un élégant mouvement de plume(s). On n’est pas bien méchants, en somme, c’est simplement que la société ne nous écoute pas. Que voulez-vous répondre à cela ? Tant de sollicitude, si gonflée de cette inimitable maladresse de maman inquiète, laisse pantois. L’ignorer ? Comble de l’ingratitude ! Sales gosses, peut-être, mais on a des manières ! Insulter ? On ne gifle pas une mère, si agaçantes que soient ses prévenances. Alors ? Ne reste qu’à agir comme envers toute mère abusive, qui pense qu’on ne sait toujours pas nouer son écharpe tout seul à trente-cinq ans : il ne faut lui parler que doucement et ne pas la brusquer, elle ne comprendrait pas. Bien chère Lulu : Permets qu’on te rende ici un petit hommage pour la charmante attention dont tu nous couvres. D’abord, merci pour la pub que tu nous fais avec un tel altruisme et pour pas un kopeck. Les gens qui te lisent et les habitués de nos pages ne vivent pas dans le même monde et ça nous fait tout ça en plus d’une audience qu’on n’aurait pas autrement atteint. C’est un coup de pouce que nous n’oublierons pas. Nous sommes très flattés d’avoir été les seuls adeptes de la Bête Immonde à avoir retenu ton attention, sur la myriade des groupuscules tenus par nos camarades de combat. Maintenant, pour faire connaître un mouvement comme le nôtre, même de la littérature de ton niveau est bonne à prendre. Mais, nous te le demandons comme un service personnel, n’écris plus sur la politique. Sérieusement. Un jour où l’autre, il te prendra la fantaisie d’écrire sur un parti ou une personnalité en vue, et tu risquerais de lui faire du tort, même – et surtout ! – en voulant lui rendre service. Les idées politiques, quand on regarde les Guignols de l’info ou les pantalonnades de Karl Zéro, ça peut sembler simple. Mais c’est une dangereuse illusion, et si on s’aventure à donner son avis sur des sujets dans le domaine sans les maîtriser, on risque de passer pour la dernière des pommes. Les Scalpeux seront peut-être moins obligeants que nous pour te le faire comprendre – z’ont pas de cœur, ces gens-là. Nous, on t’aime bien, et nos intégristes de parents nous ont appris à avoir des égards pour les dames, c’est pour ça qu’on préfère te prévenir. Avec l’expression de toute notre affection et sans rancune, Art Driseoc pour C&R
(1) Admirable candeur qui pousse Madame Duchemin à écrire des vérités toutes simples mais brutales, que personne n’oserait articuler avec autant de clarté : « En discutant avec la jeunesse française, tous clivages politiques confondus, on découvre que lors de leurs années collège, ils ont eu maille à partir avec des jeunes d’origines immigrés. Très peu de jeunes aux faciès européens ont échappé au racket, insultes racistes « Sales cefran » et aux brutalités des « petits beurs » envieux, à tort.. Tous en ont conçu un sentiment de révolte contre cette injustice. Sentiment qui s’est transformé arrivé à l’âge où l’on commence à se croire un grand (en général vers 16 ans). »
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