Attention
! vous êtes sur une page des archives. |
![]() |
La fête de l'identité à la salle
Wagram le 9 novembre 2002 |
![]() |
La Salle Wagram, pour ceux qui ne la connaîtraient pas, c'est un parfum d'avant-guerre, de troisième république dorée, stuquée, aux miroirs encadrés de bois doré. Le tout garde un charme vieillot, un peu défraîchi, et rappelle beaucoup quelques passages de Céline ou de Léon Daudet, l'ombre de Monsignore y flotte encore, l'uniforme de la Wehrmacht sous son ample cape ecclésiastique quand il assistait là aux réunions publiques. Pas un mauvais endroit en somme pour tenir cette " fête de l'identité " qui devait non remplacer les BBR mais consoler de leur annulation cette année. Une fois passée la porte où veillent, pour une fois, des gardiens au taux de malanine conforme au climat parisien, la salle présente une estrade, de nombreux stands rangés le long des murs et un petit parterre de chaises. Première constatation : il y a des Per-Fax en nombre ! Beaucoup de livres évidemment (un Laval Parle fut acheté et ornera bientôt la bibliothèque de C&R) et de nombreuses boutiques amies comme Formes et Ombres au stand très fourni. Pour le reste il y a surtout des stands politiques, du catholicisme tradi au paganisme revendiqué, et beaucoup de stands régionaux ou régionalistes, comme ceux d'Alsace d'abord ou du Mouvement Régionaliste Breton. A peine avions nous entrepris de faire le tour de la salle que commence une " table ronde " sur la presse. Les choses alors se figent un peu, le parterre de sièges se remplit et une sono surpuissante - sans doute prévue pour la prestation d'In Memoriam dans la soirée - nous assome un peu.
Chaque orateur présente son journal, en expose la teneur et fait un peu de publicité… Stupeur : on constate avec horreur qu'il y a encore des gens qui sont abonnés au Figaro. Est-ce parce que la presse " nationale " s'enferme elle-même dans un ghetto ? Sans doute y a-t-il un peu de cela, mais les orateurs sont d'accord pour dire qu'il ne faut pas parler de ghetto, mais bien de camp retranché, de forteresse, à condition de faire quelques sorties de temps en temps tant pour soutenir le moral des troupes que pour montrer à l'ennemi que nous sommes encore là, qu'il n'a pas gagné. Il semble d'ailleurs le comprendre, puisque visiblement, aussi petits que nous soyons, et tout spécialement dans le domaine de la presse, nous sommes encore de trop. C'est alors que revient sous deux formes un peu différente le serpent de mer de la presse libre : faut-il ou non se mettre ensemble et faire un seul grand journal ? Faut-il pour être plus visibles sur internet faire un grand portail commun ? Aux deux questions la plupart des intervenants répondent non : d'abord parce que la diversité correspond à autant de demandes réelles que de journaux ou de sites, ensuite parce que les risques sont plus considérables, tant les risques économiques que ceux des persécutions légales et judiciaires : la diversité a ses mauvais côtés, mais par bien des aspects, elle est un gage de pérennité. La journée étant riche en manifestations nationales et royalistes, les reporters de C&R durent quitter la manifestation tôt, ils y étaient entrés vers midi avec les billets 518 et 519 : déjà c'était un succès avant la ruée de l'après-midi. Cela non sans avoir salué quatre personnes rencontrées lors des manifestations contre l'occuaption de la basilique de Saint-Denis en août dernier, dont deux qui s'expriment sur le forum de Granika et que nous saluons. Ce qui est somme toute préoccupant : retrouver des amis d'une occasion sur l'autre c'est bien, mais cela prouve qu'il n'y a qu'un nombre de gens actifs encore trop restreint. Une question cependant mériterait d'être posée et éclaircie : que veut dire au juste l'identité ? Je veux dire : on sait ce que l'on va trouver là, on sait quels amis on va y retrouver, avec les qualités et les défauts relatifs que s'attribuent chacun, régionaliste ou étatiste, chrétien ou payen. Mais lorsqu'il s'agit de poser un mot sur cet ensemble à la fois hétérogène et uni, c'est ce mot d'identité qui semble s'être imposé. Il resterait à en expliquer le concept, à savoir précisément ce qu'il recouvre, tant il est évident qu'une tribu de rappeurs casquettus revendiquant l'identité du 9-3 n'y aurait pas sa place. Il devait donc y avoir quelque chose de plus que la seule identité qui unissait les participants.
|
[retour
au sommaire principal des archives]
[retour
au sommaire des archives au 24-11-2002]
[retour au sommaire du site C&R à jour]