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FANATIQUEMENT FANANTIQUES ET FANANTICISTES

 

 

A Nantes, ça rigole pas, politiquement parlant. On y trouve de tout, même des anarchistes, qui ont un bien joli site : http://www.fanantes.org/ Il s’agit d’une bibliothèque regroupant une belle collection d’articles divers, sur à peu près tout ce qui se fait de pire en matière de dégénérescence : soutien aux pédales, glorification de la came, vaginocratie, démocratolâtrie, xénomanie, bref tout ce qu’on aime. Ça part un peu dans toutes les directions, et il y en a pour tous les égouts, au point que le visiteur se croit tombé dans le dédale d’une catacombe fraîchement creusée en plein milieu d’une fosse commune. Face à tant d’idées fausses, de combats de quatrième zone et de causes dérisoires, que choisir ? Le côté désordonné du tout ne facilite pas la visite. On trouvera ci-dessous un tour d’horizon de quelques grands moments d’humour hélas moins noir que le drapeau du même nom.  

*

http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=94 « Contre les Saigneurs du G8 ». Comme bien souvent, avec les nanars, ça commence pas trop mal, dans le sens où la cible n’est pas forcément mal choisie. Les sagouins du G8 n’ont pas beaucoup de sympathisants de par chez nous et ce qui peut leur nuire n’est pas pour nous déplaire. Les initiatives proposées par les opposants au prochain sommet d’Evian permettent en outre à une belle et ardente jeunesse de se défouler un peu, pourquoi pas après tout ? Maintenant, la mise en place d’un « village anticapitaliste et antiautoritaire » peut-t-elle servir à autre chose qu’à rassembler des hordes de crasseux imprégnés de cannabis et amateurs de destruction de la propriété privée ?

      Le fait de voyager dans notre Monde est réservé à celles et ceux qui en ont les moyens. Bien sûr pour les gens du Sud, les forteresses du Nord (Europe ou USA) sont des barrières à franchir, quels qu'en soient les coûts humains  : morts, racisme, discriminations, etc. Ceux et celles qui arrivent à franchir ces frontières vont devenir de la main-d'ouvre à prix modique et corvéable à merci pour le plus grand bénéfice du patronat et des mafias (en particulier pour les personnes qui se prostituent). Mais dans les pays du Nord, la mobilité est aussi réservée à celles et ceux qui peuvent payer. On peut le voir avec la répression vis-à-vis des personnes qui voyagent sans ticket.

Ce que fait dire la volonté dogmatique d’opposition à tout ordre établi, quand même… Que « les gens du Sud » franchissent les « barrières » des « forteresses du Nord » pour y devenir de la « main-d’œuvre corvéable » ne nous plaît pas non plus. Alors pourquoi ne pas se partager le travail ? Que les nanars aillent pendre les capitalistes responsables de l’invasion du Tiers-monde, et nous nous chargerons de l’expulsion des divisions de ladite invasion. Après tout, que viennent donc foutre ces gens dans des « forteresses » aussi peu accueillantes ? Il faut être complètement con et ça, un anarchiste peut le comprendre. Par contre, supprimer les amendes à l'encontre des resquilleurs ? C’est peut-être pousser le bouchon du social un peu loin. Il faut bien que les conducteurs de bus puissent bouffer, non ?

Laissons cela et organisons-nous citoyennement et alternativement avec nos zamis zanars. Avec « Le G8, ça se bouffe », http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=93, ils nous expliquent comment résister activement à la mondialoglobalisation de la planète. Conscients du fait que ventre affamé n’a pas d’oreilles, nos révolutionnaires ont compris qu’il est préférable de se taper un bon gueuleton avant de parler politique. Et pourquoi pas en même temps qu’on en parle, finalement ?

      Dimanche 15 décembre à partir de 12 h 30 à l'Atelier, 17 rue Paul Bellamy, 44000 Nantes

      Bouffe en soutien au collectif anti-G8 (prix libre)

On s’excuse auprès des éventuels intéressés d’en parler trop tard, sans compter qu’on nous avertit charitablement :

      Pour le repas, pensez à réserver avant le 12 décembre au 06 14 87 48 31/06.71.53.72.75

Après la bouffe,

      Projection vidéo "Don't clean up the blood" : Les évènements survenus en juillet 2001 lors du sommet du G8 sont narrés dans ce court documentaire. Dans ce film, l'audiovisuel rejoint le politique pour en faire un véritable moment de la contestation internationale du système capitaliste.

Alléchant, non ? Evidemment, ça ne vaut pas la Liste de Schindler, mais on fait avec ce qu’on peut. Pour ceux que la digestion et l’obscurité n’auront pas assoupi,

       Discussion

… et on aura passé une bien belle soirée de résistance à l’oppression capitaliste, dont les responsables dormiront certainement moins tranquillement.

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http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=86: Adeline nous cause des « Violences masculines, violences conjugales ». Ce n’est pas un véritable article, mais un synopsis, la belle a dû manquer de temps pour rendre son papier. Ce sont des choses qui arrivent dans les meilleures familles et dans la plupart des facs en sciences humaines.

      Concernant la présentation des résultats de l'enquête ENVEFF, les chiffres disent que « 10% des femmes ont été/sont victimes de violences conjugales », or, il faudrait plutôt dire « 10% des hommes sont violents à l'égard de leur compagnes ». Cela déplacerait le problème sur la responsabilité des hommes et non pas celle des femmes.

On voit le niveau, qui se situe au niveau d’un navrant enculage mouchier. Jouer ainsi sur les mots rejoint cette belle tradition de l’Ennemi, consistant à saloper le vocabulaire pour altérer la perception des choses qu’il désigne. Les hommes, responsables unilatéraux de la violence subie par les femmes ? On peut voir ça comme ça. Mais quelles sont les raisons profondes de cette violence ? L’Adeline ne s’en soucie pas. Elle ne les connaît sans doute pas plus que quiconque. Elles peuvent être la conséquence d’un comportement insupportable de telle femme autant que d’une propension de tel homme à l’écrasement de plus faible que lui. La catégorisation n’a rien à faire ici. Un homme violent est quelqu’un qui est sorti ou que l’on a fait sortir de ses gonds ; reste à déterminer dans quelle mesure c’était prévisible, et à savoir quelle maîtrise de lui-même l’individu possédait au départ. Généraliser l’affaire ne règle en rien des questions qui relèvent bien souvent du niveau strictement individuel. Mais, on l’a compris, l’idée n’est pas de comprendre ces violences – il ne s’agit que de les condamner et d’en faire porter le chapeau à quelqu’un. Le machiste choisira la femme qui ne sait jamais fermer sa gueule, la féministe préférera désigner l’homme incapable de communiquer autrement que par les poings. Choisis ta caricature, camarade.

L’essentiel de la démonstration de notre Adeline s’axe autour d’une enquête dont on ne nous donne aucun extrait ni URL permettant d’en consulter le contenu originel. Qu’importe. La suite est plus intéressante :

      Face à leur sentiment d'insécurité et au danger réel vécu et appréhendé, les femmes se censurent et renoncent à leur liberté individuelle de façon non négligeable. Ainsi, on constate que les femmes, de manière globale :

      - Adoptent des stratégies d'évitements lorsqu'elles circulent seules dans la rue (marchent vite et discrètement, baissent la tête…).

      - Evitent volontairement les lieux ou les moments de la journée considérés comme plus dangereux et ainsi obéissent à une sorte de « couvre-feu virtuel ». Renoncent donc aux sorties qui les intéresseraient si elles doivent sortir ou rentrer seules.

      - Font des détours pour rentrer chez elles afin d'éviter certains quartiers, parcs ou avenues sombres.

      - Evitent de porter des habits qui seraient qualifiés ou paraîtraient « aguichants ».

Tout ceci est navrant, mais on peine à comprendre où la souris veut en venir. La dégradation des mœurs en Occident fait des femmes des victimes par excellence, soit. Mais on ne cherche manifestement pas à en chercher les causes dans les transformations récentes de la société occidentale, comme si on avait peur d’y trouver des faits déplaisants.

L’augmentation de la violence envers les femmes, si elle doit être reconnue comme une réalité, est fonction de trois facteurs :

  •  l’augmentation de la violence générale au sein de la société occidentale ; les femmes en sont peut-être les premières victimes, mais pas les victimes exclusives.
  • La présence massive en Occident de cultures ultra-patriarcales, n’ayant pas subi la castration mentale des revendications féministes des années soixante, ni suivi l’évolution des relations entre hommes et femmes en Europe de l’Ouest. Une première mesure de protection serait d’éjecter l’Islam hors du continent. Notre brave chienne de garde songerait-elle à le proposer ? Nenni. C’est l’inexistant patriarcat Blanc qui la dérange, il va de soi que la domination de femmes provenant d’autres latitudes la concerne largement moins.
  • La banalisation et la diffusion massive de la pornographie sous toutes ses formes. L’ensemble des merdiats contribue quotidiennement à l’exacerbation des bas instincts humains, faisant de la copulation une obligation sociale, au-delà de sa fonction biologique première. Tout est sexualisé à outrance : de la publicité pour clopes aux émissions de variété, le cul industriel nous accompagne et nous viole constamment au cours d’une journée ordinaire. Soumis à de telles pressions continuelles, le mâle moyen ne peut que développer une obsession maladive dépassant gravement en intensité l’intérêt pour la Chose dont la Nature l’a déjà doté à sa naissance. Comment s’étonner que les âmes simples, majoritaires dans toute société y compris la nôtre, n’en finissent pas par concevoir une image de la femme comme une salope en puissance ? L’Adeline n’aborde pas cette question ; elle préfère bavasser sur « l’accès à la citoyenneté pour les femmes », abstraction débilitante que même une intellectuelle irrécupérable devrait avoir honte de manier. En quoi « les hommes » sont-ils responsables unilatéralement de ces faits ? Autant accuser la nature humaine, ce ne serait pas moins stérile.

Loin d'être une liste exhaustive des différents processus d'exclusion et d'auto-exclusion des femmes dans les lieux publics, ces éléments sont une piste de réflexion quant au questionnement de départ. Dans quelle mesure les femmes sont des agents libres et autonomes ?

Question hautement imbécile. Le questionnement de départ devrait être : Quels sont les mesures à prendre pour protéger efficacement nos mères, frangines et compagnes ? L’ennui, c’est que certaines des réponses auraient un caractère un tout petit peu autoritaire et patriarcal : après tout, ne protège-t-on pas plus faible que soi ? C’est plutôt humiliant, ça.

      Les conséquences repérées par la question de l'insécurité ressentie et effective pour les femmes :

      - Risque de naturalisation des rapports sociaux de sexe.

Ah le beau risque ! C’est sûr que ça bousille une vie, ça ! C’est pire qu’une « tournante » ! Imaginez un instant : des rapports entre hommes et femmes selon leurs dispositions naturelles !

      - Pas de prise en compte de la notion de continuum de la violence masculine et de la domination masculine

En français civilisé : « Pas de possibilité d’imputer la responsabilité de tout le toutim aux mecs exclusivement ». Car tel est le but de la démonstration : établir un lien causal entre société patriarcale (ou considérée comme telle) et apparition des mauvais traitements des hommes vis-à-vis des femmes, tous deux considérés en tant que communautés homogènes.

Bien sûr, la nouvelle génération de féministe n’a plus grand-chose à voir avec les gouines enragées d’il y a une trentaine d’années. Leur démarche est plus subtile et bénéficie d’alliés insoupçonnés chez l’adversaire… Il ne s’agit plus ni d’affirmer la supériorité de la femme sur l’homme, comme Valérie Solanas [1]. La démarche est sournoise et nous concerne plus directement qu’en apparence. Le féminisme est une menace singulière pour le camp nationaliste, parce qu’il en est une pour la cohésion de la société occidentale elle-même. Pourtant, logiquement, nous ne devrions nous compter que des alliés dans ce camp. Ce n’est pas le cas parce que les buts déclarés de ses activistes ne correspondent pas à ceux qu’elles (et parfois - misère ! - ils) poursuivent concrètement.

Pourquoi des alliés ? Parce que nous seuls proposons un « projet de société » (allez, parlons tendance) qui soit à même de garantir réellement un traitement juste de nos compagnes. Parce que l’islamisation et la tiers-mondisation croissante du continent ne se fera qu’aux détriments des autochtonettes, cibles des prédateurs, putes contraintes ou volontaires, qui n’ont qu’un rôle secondaire à jouer dans la plupart des cultures issues d’Afrique. Les féministes aiment marteler que la majorité des pauvres sur la planète sont des femmes – mais elles omettent de préciser que la majorité de ces pauvres ne vivent PAS en Occident. Ce sont les cultures primitives qui exploitent la femme et en font une bête de somme, pas nous. Or les féministes s’opposent bec et ongles aux nationalistes, traités de réactionnaires, de machistes, de misogynes, de tout ce que vous voudrez du genre. La haine du mec, encore une fois, mais la haine du mec blanc uniquement, les autres sont des alliés précieux pour propager cette haine. Les entend-on hurler contre l’étalage de virilité brutale, animale, dispensée par le milieu hip-hop ? Pensez-vous ! Faut-il comprendre par là que, dans leur optique, les non-Blancs ne sont pas des hommes ? Aha ! nazisme latent ! clamerait le sociologue au rabais, s’il appliquait sa logique systématique de débusquement du facho caché. Mais il s’abstient bien de le faire, évidemment.

Voilà pourquoi l’on trouve, rassemblés sur la page des fanantois, des prises de positions favorables à « la cause des femmes » comme à celle des « minorités » de toutes sortes. L’organisme, toutes composantes confondues, s’attaque d’un bloc à ses anticorps. Dites-moi donc, vaginocrates hallucinées : où pensez-vous que passeront ces « droits » dont vous aimez tant parler, une fois que le socle biologique de la société européenne aura disparu ? La condition de la femme au Burkina, au Bangladesh et en Chine, ça vous paraît bandant ?

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http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=90 : Hervé nous explique que…

      Derrière l'appellation " sans-papier ", c'est en fait une population très diverse et très changeante. Les sans-papiers se succèdent à vitesse grand V, témoignant de nouvelles migrations, mais aussi du succès relatif des luttes précédentes. A Nantes, il existe un réseau d'associations luttant pour les droits des étrangers : ce tissu associatif (Gasprom, LDH, MRAP, Cimade, Amnesty, Pastorale, etc) a su se mobiliser à chaque mauvais coup porté à l'immigration et obtenir des résultats concrets (...)

Dans la famille des aveux, voilà une toute belle carte : l’afflux de primates clandestins a Nantes est encouragé par le « tissu associatif » et l’immigration est un bien en soi, à protéger des « mauvais coups » ! L’action des nanars nantais peut donc directement être liée à la présence croissante d’immigrés à Nantes : ils participent directement aux problèmes qu’ils s’empressent de dénoncer plus bas ! C’est un peu comme s’ils allaient chier dans les coins, avant d’aller se plaindre au propriétaire que leur maison pue et qu’ils doivent faire quelque chose immédiatement (ce qui, en l’occurrence, reviendrait à légaliser la défécation publique).

      Ce qui allait donner un souffle nouveau à la lutte des sans-papiers, ce fut l'occupation à Nantes de l'église Sainte-Thérèse au printemps 1998 autour de la revendication de régularisation immédiate. Cette occupation dura quelques mois avant que l'évêque pressé par des paroissiens particulièrement droitiers ne demande aux sans-papiers de quitter les lieux.

Notons donc que savoir faire la différence entre une Eglise et un centre d’accueil pour des personnes n’ayant de toute manière pas le droit d’y résider, c’est faire preuve d’un esprit « particulièrement droitier », c’est-à-dire plus apte à se servir de la main droite que la moyenne. Allez savoir ce que ça signifie. Les gauchers très habiles désirent-ils massivement que leurs lieux de cultes soient transformés en hangars puants, bruyants et surpeuplés ? Ça doit être un autre truc héréditaire.

      Le fond du problème est là : demandeurs d'asile et sans-papiers sont considérés comme indésirables par les pouvoirs publics d'Etat ou de collectivités, qui préfèrent accueillir des cadres supérieurs plutôt que des damné-e-s de la terre.

Fichtre ! Comme ces gens manquent de goût… Heureusement qu’il existe aussi des cadres supérieurs sans éducation et à l’hygiène douteuse, sinon où irait le monde ?

      Le résultat, c'est que ceux-ci sont réduits à errer d'une ville à l'autre, d'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre. Il faut surtout veiller à ne pas donner d'illusions aux candidat-e-s à l'installation : désespérés ils sont, désespérés ils doivent rester.

Un grand moment de coupure complète avec la réalité ! Si les collectivités ou les pouvoirs publics préféraient vraiment des cadres supérieurs et se décidaient pour de bon à enrayer l’invasion, il n’y aurait tout simplement pas de « sans-papiers ». Or les hordes d’illégaux ne sont, jusqu’à preuve du contraire, ni massivement déportées ni exécutées, et on leur fournit gracieusement le gîte et le couvert dès le moment où une dizaine d’entre eux fait mine de protester contre la simple application de la loi. Si quiconque a le moindre intérêt à soigneusement entretenir le désespoir poignant (sanglot) des nouveaux colons, c’est bien les traîtres xénolâtres comme on en trouve à la pelle chez fanantes.org ! C’est un fond de commerce politique fabuleux, le ressentiment de ces Damnés de la Terre (damnés par qui, d’abord ?!), ça permet de se mobiliser à tout bout de champ, de prendre des belles poses vertueuses de défenseur de l’opprimé.

      Dernière réponse de la Préfecture aux demandeurs d'asile : elle tente de les disperser dans les grandes villes de la Région Pays-de-la-Loire. En attendant les prochain-e-s, étant donné l'état du monde…

Admirable conclusion – notez la petite étincelle de jouissance dans le ton pessimiste – qui cache le raisonnement suivant : le monde va mal, c’est la faute à la banane un peu et au capitalisme surtout, par conséquent la société capitaliste doit partager son équilibre et son bien-être avec qui veut. Réduit à l’échelle individuelle, ça pourrait nous donner ceci : nous sommes cent dans ce hall de gare où il fait plutôt froid, je suis le seul à porter des vêtements et à planquer un sandwich dans mon sac. Il est par conséquent logique que je partage tout ça avec les autres, qui ont été trop stupides ou imprévoyants pour ne pas penser à s’habiller et à emporter un casse-croûte pour le voyage. Le fond du problème reste le même : en quoi suis-je responsable de l’impéritie d’autrui ? Plus largement, au nom de quel grand principe aberrant l’Occident devrait-il prendre en charge la survie de l’ensemble de la planète ? La vie en Europe, ces deux mille dernières années, n’a pas toujours été une partie fine avec fraises et champagne ; on n’a pas vu pour autant des millions de ses habitants se précipiter en Afrique ou en Asie, histoire de vivre aux frais de l’autochtone. Quand ils ont été forcés à l’exil, nos ancêtres ont investi des terres vierges où ils ont bâti des sociétés à leur mesure, ils n’ont pas été mendier aux entrées des gourbis ou occuper des rizières pour qu’on leur reconnaisse des ‘droits’. Il faut dire qu’ils n’avaient pas d’anars locaux et de « tissu associatif » sous la main, ils ont donc dû se débrouiller tous seuls.

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Le même Hervé nous permet de mieux cerner la logique affligeante de la préférence étrangère ici : http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=89. Il nous y explique qu’une « approche collective » et « nécessaire » pour le règlement des problèmes liés au droit d’asile. Après quelques développements oiseux, il assène ceci :

      L'individualisation a aussi pour but de nier les responsabilités des Etats les plus puissants dans la plupart des conflits et des oppressions. Et c'est particulièrement vrai dans le cas [des] Kurdes irakiens. C'est vouloir nous faire oublier que les pays occidentaux, en particulier la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ont soutenu Saddam Hussein pendant des décennies, lui livrant des armes pour combattre l'Iran de la révolution islamique, fermant les yeux quand il s'attaquait à coups de gaz de combat aux populations kurdes du nord de l'Irak. (...) En leur refusant aujourd'hui par l'embargo le droit à la reconstruction de leur économie et le droit de vivre dignement, les Etats occidentaux ont une responsabilité politique dans l'état de ces populations.

En clair : l’Occident a foutu la merde chez les autres, l’Occident doit réparer ces torts causés… chez lui. Un raisonnement humanitaire bien-pensant pourrait à la rigueur tenir la route, en défendant l’idée d'une aide massive au développement local, de façon à permettre aux autochtones de vivre librement selon leurs traditions et sur la terre de leurs ancêtres. Mais le brave Hervé n’y fait pas vraiment référence. En soulignant la responsabilité des Etats occidentaux (et non des peuples, qui paient la facture réelle de l’immigration tolérée par leurs prétendus représentants !), il veut non seulement fournir une explication raisonnée d’un phénomène, mais aussi une justification de l’acceptation enthousiaste de ses conséquences. En d’autres termes : « Vous l’avez bien cherché, maintenant il faut assumer, la facture de vos conneries est une immigration massive que vous n’avez moralement pas le droit de refuser. » Ce faisant, il rend la population civile solidaire des actes les plus aberrants tant de ses divers gouvernements que des groupuscules économiques qui se cachent derrière. En effet, ce ne sont pas les gouvernants qui vont héberger, employer et nourrir les futurs « avec-papiers », mais la masse des serfs modernes qu’on décore parfois du nom de « Citoyens ». Ce sont eux qui vont, concrètement, payer la note. Au nom de quoi, cette solidarité ? Hervé ne le précise pas. En fait-il preuve lui-même ? Certainement pas de manière inconditionnelle, puisqu’il écrit pour un site appelant souvent à la désobéissance face à un pouvoir dont il conteste la légitimité. Alors, la logique de tout ceci ? Elle dépend des circonstances. Quand l’Etat fait de la peine aux immigrés, l’Etat est ‘autoritaire’ ou carrément ‘fascisant’ et doit être contré ; quand l’Etat se montre accommodant, le Citoyen Hervé aura tout de suite moins de problèmes à se montrer solidaire avec lui. La mesure de son engagement n’est donc ni l’Etat en soi, ni un corpus doctrinal en ayant réglé les formes désirables, mais l’immigration en tant que telle. Hervé, et le reste des Fananteux, n’est pas un anarchiste : c’est un bougnocrate.

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Après ces réjouissances, camons-nous un peu récréativement, comme on nous y invite à http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=55. L’article, non signé, commence par s’indigner qu’on mette des gens en prison pour cause de commerce et/ou consommation de drogues diverses. Le problème serait donc lié à la surpopulation des prisons, et nous rejoignons pleinement l’auteur jusqu’ici : exécutons les dealers et les junkies, ou déportons-les en Alaska, ça fera tout ça de place supplémentaire dans les cachots ! On nous expose ensuite les problèmes d’ordre sanitaire liés à une consommation légalement clandestine. Figurez-vous que ces pauvres gens n’ont même pas le droit de se détruire dans des conditions d’hygiène décente ! Il y a effectivement de quoi hurler. Viennent ensuite des considérations sur le rôle de l’Etat, toujours lui, dans les profits générés par le commerce de la came, et les contradictions conséquentes :

      Comme peut l'être le terrorisme, l'étranger, la drogue est un outil d'unification idéologique : face à la peur et au rejet de l'inconnu, on renforce un sentiment identitaire, sentiment de cohésion nécessaire dans une société organisée en classes sociales aux intérêts opposés. Du coup ce sentiment de cohésion face à un danger reconnu et identifié justifie la mise en place de lois d'exception, de lois liberticides

Saluons en premier lieu l’analyse merveilleusement marxiste de ce court passage, qui lie les questions de drogues à la lutte des classes. Nos élites politiques utilisent donc notre peur de recourir à des substances nuisibles à notre santé pour empêcher les ouvriers de pendre les patrons. Ca a au moins le mérite de l’originalité, mais il faut dire que Raël a quand même fait plus drôle. L’auteur ne se laisse pas décourager par une telle concurrence et remet la compresse un peu plus bas :

      Les religieux et puritains ont toujours voulu normés nos comportements afin de mieux contrôler nos consciences. La moral devient donc un absolu, un ordre moral puis un dogme. Pour devenir un dogme , il a fallu se baser sur les rejets des valeurs étrangères : c'est ainsi que dans les psychotropes légaux on trouvera des produits occidentaux…

La finesse de l'étude évoque la grâce d’un chirurgien pratiquant une rhinoplastie avec une faucille et un marteau… Heureusement, elle ne dure pas et on en vient à des considérations plus légères. Un petit couplet sur le plaisir de se shooter introduit la notion de la « nécessité » du recours aux psychotropes, rien que ça :

      Cette nécessité s'explique par le besoin de fuite que l'on partage tous et toutes. Toute société est agressive ; même si par nos luttes nous cherchons à réduire ces sources d'agressivité (exploitation et oppression). Or de cette agressivité reçue, résulte deux comportements : la contre agressivité et la fuite ; dans des proportions différentes selon les individus. Henri Laborit expliquait aussi ce besoin de fuite : " L'être humain est un système fermé, par conséquent toute énergie reçue par lui est soit dépensée, soit stockée. Il en est de même pour l'agressivité : elle est soit refoulée, soit " stockée " au risque qu'elle ressorte un jour avec encore plus de violence (névrose)… " Alors selon les personnes la fuite est un bien ou un mal nécessaire : ce qui est évident c'est que la fuite est nécessaire et qu'elle peut aussi être source de plaisir. Nier ces évidences ne fait que décrédibiliser tout discours de prévention et d'éducation. La prévention contre l'alcool, les psychotropes en général, la solitude, la perte de sens pour sa propre vie ne pourra jamais se construire sur du mensonge. Et c'est bien la grande difficulté du monde médical aujourd'hui !

Le milieu nationaliste, lui aussi, est en « lutte » contre le même système liberticide et matérialiste, bien que pour d’autres raisons. Les pressions qu’il en reçoit en retour n’ont rien à envier à celles que rencontrent les nanars : ces derniers n’ont, jusqu’à nouvel ordre, pas de lois ad hoc les empêchant de publier, de manifester, d’exprimer publiquement leurs opinions et d’agir au grand-jour pour les faire prévaloir. Les ennemis auxquels ils sont confrontés sont tout aussi puissants et organisés. Ils rencontrent quotidiennement l’incompréhension, l’insulte, le chantage, la menace, le procès, la diffamation, l’amende, le terrorisme intellectuel. Prônent-ils pour autant le recours au joint et à n’importe quelle autre saloperie ‘douce’ ou ‘dure’, pour satisfaire leur « besoin de fuite » ? Pas que je sache. Chacun sa résistance à l’adversité, il est vrai.

Toujours le même sujet ici : http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=39, et toujours le même ton lacrymogène :

      « Légalisons le débat » -  Tel est le slogan de notre dernière affiche fédérale sur les drogues : tout simplement parce que la loi interdit tout débat objectif sur la question des drogues.

Pauvre chou, va ! La loi interdit aussi tout débat objectif sur les questions de race, de chocs des civilisations, d’immigration, et d’histoire contemporaine, ‘Point De Détail’ ou autres ! Ça a pas l’air de trop te gêner, ça. Tout le reste est à l’avenant : exemples de procès, livres interdits, albums censurés, pour un peu on se croirait sur une page nationaliste ! Sauf que ces petits ennuis leur proviennent non d’une expression d’un patriotisme moins mollasson que ce que permet la loi, mais au contraire de la glorification de produits amollissants. En guise de conclusion, retour du petit couplet marxiste, avec cette incomparable grâce d’une enluminure réalisée au spray :

      A y regarder de plus près, l'article L.630 et la loi sur les stupéfiants est un des éléments d'une structure plus globale. Voté en 1970, en même temps que les lois anti-jeunes et anti-casseurs, ces lois arrivent juste après Mai 68. Or la société capitaliste a besoin pour exister, survivre, d'une cohésion sociale. Lorsque les contradictions de classes, culturelles sont trop importantes, on fait intervenir la force au nom de "la morale".

Ce qui est amusant, c’est que l’ensemble de l’argumentation fanantesque est d’essence libertaire, à savoir que ces sympathiques jeunes gens réclament et prennent le droit de s’embrouiller encore un peu plus les idées avec ce que leur offre… un marché qu’ils dénoncent ici : http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=35 :

      Le marché des drogues est en constante croissance : au niveau de la production, au niveau du nombre croissant de pays se retrouvant impliqués, au niveau de la consommation qui pénètre de nouveaux marchés (amphétamine aux Etats-Unis, héroïne en Europe). La prohibition, en permettant l'enrichissement de ses protagonistes, est l'un des premiers facteurs de cette croissance. (...)Argent obscur, pour les Etats les bénéfices de ce marché sont l'occasion de financer des contre guérillas, des actions secrètes. Exemple typique avec les USA : la CIA a écoulé des productions d'opium du Vietnam afin de financer les dessous d'une guerre. (...) Utilisé pour imposer son ordre mondial en Amérique Latine, pour financer la guerre froide... Tant qu'on est dans la ligne de cet ordre mondial on a le droit de produire, distribuer, blanchir... (...) Et pour cela tout est organisé : blanchiment, politiques fiscales et monétaires organisées par la Banque mondiale... Enormément de banques occidentales sont impliquées dans le blanchiment d'argent, notamment en Suisse, au Luxembourg, dans les îles Caïmans... La guerre a la drogue n'est donc qu'une vaste supercherie destinée à enrichir toute une mafia qui a de solides liens avec les gouvernements et les financiers occidentaux. Elle a également l'avantage de conquérir de nouvelles places stratégique ou économique à moindre résistance.

Rappelons que le but du texte est avant tout de dénoncer l’imposture de la lutte contre la drogue des Etats occidentaux, paravent moral de commerces juteux et destructeurs. Et que proposent nos braves gnagnarchisses ? D’entamer une véritable guerre, cette fois, contre les marchands de mort ? De forcer les gouvernements à appliquer jusqu’au bout leur logique officielle de démantèlement des réseaux ? Non. Ils proposent de contribuer au dégagement des bénéfices en consommant ce que bon leur semble, au nom du droit à l’autodestruction librement choisie !

      On a tous(tes) besoin d'être drogué(e) (et non toxicomaniaque). Et comme on ne lie pas systématiquement le produit à la conduite toxicomaniaque, cela nous permet de parler du plaisir et du besoin de fuite.
      (http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=34)

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Et puis, un peu d’anticléricalisme à deux balles, pour changer (enfin, eux appellent ça « Laïcité »: http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=21. Ça parle d’entartage dans une Eglise, ce qui fera sourire plus d’un curé bolchevique parisien.

      C'etait il y a quelques années maintenant pour la venue du pape en France, les opposant(e)s à cette résurgence moyen-âgeuse aidé(e)s des entarteurs belges avaient prévu un attentat patissier en pleine messe à la cathédrale de Nantes. Le coup ayant été au but, certain(e)s chrétien(e)s en ont oublié de tendre la jour gauche et se sont même montré d'une violence assez furieuse... leur sacré venait d'être attaqué.

Evidemment, il y avait de quoi être dépité. On est venu pour encrêmer du cul-bénit, et voilà-t-y pas qu’ils se rebiffent, les sagouins ! Au lieu de dire « merci » et « encore » ! Si même les cathos se défendent, sur qui on va pouvoir taper, bordel ? Va falloir se résoudre à aller peinturlurer des mosquées ou taguer des synagogues… Après les offuscations, la réflexion. Comme d’hab’, elle est d’un niveau assez haut pour décoiffer les vers de terre :

      Ce type d'action est très intéressante car elle permet d'inverser les rôles avec humour ; en venant s'attaquer aux symboles de l'église catholique en plein rituel, il est clair que l'agression vis à vis des catholiques est flagrante. Leur sacré est attaqué de front... comme l'est le nôtre lorsque l'église profite de sa puissance pour  :

      s'inviter dans notre vie privée et juger nos moeurs (homosexualité, "infidélités"...)

      censurer des oeuvres, des publications (sous couvert de nous protéger de nous même ? ! ?)

      s'opposer à l'égalité des sexes (rôle uniquement maternel des femmes, culte du patriarque qui possède...)

      s'opposer à la libre disposition du corps (anti-avortement, chasteté, contraception...)

      intriguer en politique, dans l'économie et/ou les médias pour étendre son pouvoir dans le domaines sus-cités (opus déï, entre autres) Enfin lorsqu'elle bourre le crâne des enfants au travers du cathéchisme, en s'appropriant l'enseignement, l'éducation et donc l'imaginaire des enfants, leur représentation du monde, ce qu'ils/elles imitent pour apprendre, pour construire leur vie.

L’Eglise est partout, elle contrôle tout, et on ne le savait même pas… Incroyable. On suppose qu’il existe aussi des curés de choc, qui « s’invitent » dans la vie privée des squatters, histoire de leur entarter la gueule pendant une séance de « fuite collective » autour d’un bong poisseux… L’idée de se faire importuner pour les opinions qu’on a d’autrui fera sans doute bondir le moindre fananteux. C’est pourtant à un tel comportement, intolérant au possible (l’horreur) que ces petits merdeux se sont livrés en cette occasion. Ont-ils été préalablement provoqués par des servants de messe belliqueux ? C’est la seule explication possible, car on ne voit vraiment pas de tels agneaux se laisser aller à des agressions « psychologiques » gratuites.

      Comment ne pas parler de bourrage de crâne alors que, au moins en ce qui concerne les religions "du livre" qui sont enseignées en cathéchisme, la quasi totalité des enfants de catholiques sont catholiques, de juifs sont juifs, de protestant(e)s sont protestant(e)s, idem pour le musulman(e)s... et toutes les sectes et produits dérivés Cela pourra en irriter mais malgrés toutes les façades du bien, de la morale et de la pureté© nous restons attaché(e)s à la liberté individuelle, à la tolérance et à la pluralité, quel que soit l'âge de la personne...

… et ils accepteront joyeusement d’avoir des enfants qui, élevés dans le respect de l’Autre et la tolérance de la Différence, deviendront d’irréductibles fascistes à la vingtaine et inviteront plein de chouettes amis skins boire les bières de Papa le samedi soir… Un fils qui ressemble à son père ? Quelle horreur pour un zanar, vraiment !

      Action intéressante donc, d'autant plus que la violence d'une tarte à la crême est uniquement psychologique (très dur de blesser avec une tarte), très peu connotée moralement/politiquement et assez universelle dans la sensation du ridicule. Et que l'agression ressentie par les catholiques n'en est une que parce que leurs croyances ne peuvent se séparer ni de la hiérarchie religieuse et ses murs ni des rituels et symboles de la foi... ce qui peut sembler ridicule mais est lié à la manière qu'ont les églises de reproduire leurs rites, leurs dogmes, leurs soumissions, leurs formatages, leur pouvoir.

Oublions les derniers borborygmes et concentrons-nous sur les premières lignes. Elles minimisent la portée effective de l’action afin de maximiser la réaction de la cible, et de mettre en scène une disproportion apte à générer auprès du lecteur une sympathie amusée pour l’entarteur diamétralement opposée à son rejet de l’entarté. En clair : « pourquoi faire un tel foin ? on était juste venu vous faire chier gentiment… » Ou encore : « Je vous promet, Monsieur le Juge, je lui ai rien fait, juste un doigt, pas de quoi en faire un drame… et puis elle a pas dit non, sur le moment, vous savez comment elles sont… »

Nous pouvons en conclure que, pour les nanars :  

1)      la « violence psychologique » a moins de portée qu’un poing dans la gueule, ce qui démontre de leur part une fine connaissance de l’âme humaine ;

2)      un acte « très peu connoté moralement et politiquement » mérite toutefois qu’on lui donne une valeur symbolique forte et qu’on prenne des risques considérables de se faire rosser ;

3)      une agression est un ‘construit’, qui ne dépend que des « croyances » de la victime. Ainsi, une femme qu’on viole n’est en droit comme en mesure de se plaindre que si elle accorde une importance morale et philosophique supérieure à la notion de douceur et de consentement dans les rapports intimes – notions que tout bon nanar rejette sans doute avec force, comme émanant d’un Ordre Moral inacceptable et ne se basant que sur l’arbitraire des individus… Nous pouvons donc tranquillement aller pisser dans leur bière :  leurs croyances pouvant sans doute se détacher de leurs possessions matérielles, ils regarderont cet acte comme peu connoté politiquement ou philosophiquement et y répondront par la superbe indifférence d’individus dont les valeurs ne sont pas de ce monde.

*

http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=17 : un très long article consacré à la question de l’autonomie bretonne et partant à celles liées au nationalisme. Là non plus, ce ne sont pas les calembredaines qui manquent.

      Si on prend l'exemple de la nation française, celle-ci est créée directement et artificiellement par le pouvoir révolutionnaire et la bourgeoisie afin d'organiser au mieux le marché ; celle-ci a utilisé les aspirations émancipatrices du 18 et 19ème siècle pour créer une nouvelle forme d'organisation sociale, basée sur la propriété privée, la représentation parlementaire et la nation.

L’occasion de répéter un fait élémentaire : LA NATION EST UNE ENTITE BIOLOGIQUE, indépendante de tout facteur territorial, étatique, linguistique, cosmique, que sais-je encore. Retournons à cette bonne vieille page 1471 du Petit Robert :

      Nation n.f. nacion v. 1270; « naissance, race » 1160 ; lat. natio. 1. vx Groupe d’hommes auxquels on suppose une origine commune. « des nations d’hommes d’une taille gigantesque » (Rouss.). à race. [2]

A Fanantes.org, on passe plus de temps à militer qu’à réfléchir au sens des mots qu’on utilise, manifestement. Mais on peut leur concéder des circonstances atténuantes sur ce point : ils ne sont de loin pas les seuls à ne pas savoir ce qu’est véritablement la Nation. Ce pauvre terme aura été l’un des plus galvaudés de la langue française, au moins depuis le XIXème siècle, et il aura recouvert des réalités complètement hétérogènes, comme le reste de la définition le démontre. Il n’en reste pas moins que le concept originel de Nation ne désigne rien d’autre qu’un groupe humain soudé par les origines ; en faire une construction capitaliste est un passe-temps préféré des pollueurs de l’esprit, généralement marxistes. On ne saurait trop leur recommander de s’occuper avec des bilboquets plutôt qu’en écrivant des articles : au moins, ils ne risquent que de se blesser eux-mêmes, au lieu d’écorcher le bon sens. Hélas, les lamentables panouilles responsables de l’article n’en possédaient pas au moment de s’atteler à leurs divagations, et la diarrhée mentale continue sur la même mélodie :

      Cet exemple démontre que c'est la nation qui est créée par l'Etat et non l'inverse. Processus historique intéressant car il montre que le concept de nation, le nationalisme, est forcément au service de l'état et est donc forcément réactionnaire car "il plaque de force sur les différentes parties de la grande famille humaine, un caractère déterminé suivant une idée préconçue." (Rocker, cité Itinéraire n°4).

Nous sommes donc « forcément au service de l’Etat », ce qui rassure grandement quand ce dernier nous censure, nous espionne, nous emprisonne et nous accable de diverses tracasseries. Décidément, ces taches en sont encore au Petit Livre Rouge. Là aussi, on peut faire preuve d’indulgence : c’est quand même moins long et plus marrant que Le Capital.

Après ces délires théoriques, de longs développements sur la question bretonne que je laisse volontairement de côté, la connaissant trop peu. On y trouve bien évidemment de nombreux exemples de l’impardonnable confusion entre Nation, gouvernement et Etat, ainsi que quelques perles comme celles-ci :

      Se sentir d'ici ou ne se sentir de nulle part est beaucoup plus le résultat d'une histoire de vie que l'aboutissement d'un processus intellectuel… Se sentir "fier-e d'être breton-ne",ou scander "enfants de la classe ouvrière et fiers de l'être"… n'a pas plus de sens que se déclarer "fier de ses muscles" ou "fier du château familial"…  

Si l’on a sué des centaines d’heures à développer ses muscles avec de la fonte ou qu’on a participé à l’édification du château familial, il est parfaitement légitime d’exprimer de la fierté. Il en va de même en ce qui concerne l’héritage biologique : il est potentiel donc chacun peut et doit tirer le maximum, mais dont ils est également possible de ne rien foutre de bon. Même ces abrutis de nanars le sentent parfaitement, eux à qui il ne viendrait pas une seconde à l’esprit de railler un Africain ou un Arabe fier de sa ‘Différence’ ! N’admettent-ils d’ailleurs pas, avec une touchante candeur :

      Il est vrai que se revendiquer d'une tribu, ça tient chaud…

Mais il ne faut pas leur demander trop de bon sens. A peine ont-ils fait cette salutaire concession qu’ils l’enterrent sous le poids de la langue de bois technocratique :

      La reconnaissance du pluralisme et des différences ne peut manquer d'avoir des conséquences importantes sur la manière dont on conçoit la sphère publique. (...)

En bas de l’article, un lien suggère une lecture connexe, se trouvant ici : http://www.fanantes.org/article.php3?id_article=76, à savoir le tract qu’à inspiré à nos foutriquets les élections présidentielles de 2002. On y trouve d’abord une conception du temps plutôt originale :

      Depuis 21 ans la gauche a gouverné la France pendant près de 15 ans en instaurant comme dogmes incontournables la flexibilité, la rentabilité financière, la précarité. (...)

Outre ces amusettes, que seul un plaisir mesquin nous fait relever, le texte ne comporte rien de très substantiel. On y parle de la « lepénisation des esprits », commode épouvantail pour parler d’un début de réveil des masses amorphes et des réactions paniquées du monde politique pour se mettre à l’inattendu goût du jour.

*

Et ça continue comme ça pendant des pages et des pages…

Pour leur laisser un mot d’encouragement : groupe-nantes@federation-anarchiste.org

Pour leur rendre une visite de courtoisie : permanence tous les 1er Dimanche du mois, 1er étage de l'Atelier, 17 rue Paul Bellamy

 

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[1] On trouve son manifeste ici : http://www.ai.mit.edu/~shivers/rants/scum.html

[2] J’entends déjà les pinailleurs de service ergoter sur le « suppose » ; qu’ils se renfoncent leurs objections dans le sphincter de leur choix, la notion primordiale de la définition n’est pas là mais dans la notion d’origine commune. Qu’un homme ne connaisse pas son père n’entraîne pas le fait qu’il soit né dans un chou.

 

 

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