La caméra est en plan fixe. Au sol
est tracé l'espace cadré par la caméra : un déplacement
possible de 4 m en longueur, 3 m en profondeur.
Le tournage a lieu en une seule prise. A l'image, un angle de pièce,
une prise électrique, un bout de radiateur. Le témoin
découvre l'espace vide
juste avant le tournage; il ne travaille pas ce qu'il va dire ou
faire. Je lui demande de se souvenir de l'espace qu'il a habité
et de le décrire
autant par les gestes que par la parole, de donner ses impressions
sur la lumière, ce qu'il aimait dans cet espace… |
Après l'enregistrement vidéo, le témoin dessine
au crayon de papier l'espace qu'il vient de décrire, sur une feuille
de papier machine blanc. La taille et la place de son plan dans la page
est une autre transcription de son rapport à l'espace, cette fois
en deux dimensions.
Le positionnement du dessin dans la page révêle ou
souligne des manques, des besoins, des sensations déjà évoqués
par le témoignage. |