Associations des parents d’élèves de Rennes et communes environnantes

 

 

INTERVENTION PARENTS POUR REUNION DU 15 MAI 2007

 

 

 

Prises de parole :

Intro générale :                          

Intro Base Elèves + Contexte :     

Les Inquiétudes :              

Les actions des écoles :    

La parole est laissée aux parents de l’assemblée qui veulent témoigner sur l’avancée des actions dans leurs écoles.

 

 

 

 

 

Nous avons souhaité intervenir lors de cette séance sur un sujet qui nous interpelle, nous, parents d’élèves, et qui nous inquiète : BASE ELEVES 1ER DEGRE.

 

Base-Elèves est un système de gestion informatique de données concernant les élèves des écoles maternelles et élémentaires. Mis en place par le Ministère de l’Education Nationale avec l’objectif affiché de simplifier les tâches de direction, il permettra de disposer en permanence de toutes les informations des élèves scolarisés par la création d’un fichier unique commun aux communes, aux écoles et à l’administration centrale.

 

M Huchet , Inspecteur de notre Académie, dans un courrier adressé aux parents d’élèves,  présente Base-Elèves de cette manière :

« Conformément à la déclaration à la CNIL en date du 24 décembre 2004, l’informatisation a pour objectifs :

-          d’apporter une aide à la gestion locale des élèves

-          d’assurer le suivi statistique des effectifs des élèves (obligation liée à la loi de Finances)

-          de permettre un pilotage et un suivi des parcours scolaires des élèves ».

 

Ce système de données nominatives comporte 3 volets :

- Volet Etat civil : identité, adresse, profession des parents, origines géographiques de l’enfant, nationalité…

- Volet Cursus scolaire : cycle, niveau, classe, langue et culture d’origine…

- Volet besoins éducatifs : toutes les données personnelles y sont consignées ; suivi RASED, projet d’accueil individualisé, intégration en CLIS, auxiliaire de vie scolaire, hôpital de jour…

 

Actuellement, seule la donnée Nationalité est obligatoire pour la validation de la fiche de l’élève.

 

L’ensemble de ces données seront conservées au minimum pendant 10 ans.

 

L’expérimentation Base-Elèves a démarré en 2004. Elle est mise en œuvre dans plus de la moitié des départements dont l’Ille et Vilaine et prévoit d’être appliquée à l’ensemble des départements et des circonscriptions à la rentrée 2007, début 2008.

 

LE CONTEXTE

 

1/ La loi de Prévention de la Délinquance impose, avec la notion de « secret professionnel partagé » le partage d’informations entre les différents acteurs sociaux, les professionnels de la santé, les enseignants, les professionnels de la police, les magistrats et le maire de la commune.

Les données de Base Elèves pourront donc :

-          être en partie ou en totalité accessibles au Maire ( loi de la Prévention de la Délinquance) ;

-          être croisées avec le fichier CAF pour priver d’allocations familiales les familles des élèves absents ;

-          faciliter le travail de la police pour repérer les familles sans-papiers.

 

Comment ne pas nous inquiéter, nous, parents, quand l’école et le repérage des difficultés de nos enfants sont ainsi placés au cœur d’un dispositif sécuritaire ?

 

 

 

2/ Comme tout système informatique de données nominatives, Base Elèves est soumis à la vigilance de la CNIL, Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, instituée par la loi relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés du 6 janvier 1978.

 

Base Elèves a été déclaré à la CNIL le 24 décembre 2004. Mais personne ne peut nous dire ce qui a été déclaré à la CNIL !

 

Il est vrai que la loi du 6 août 2004 a considérablement réduit les possibilités d’action de la CNIL dans le domaine de la protection de la vie privée et des libertés individuelles ou publiques.

 

Comment ne pas nous inquiéter, nous, parents, sur  la création et l’exploitation de fichiers concernant nos enfants quand les pouvoirs de réglementation et de contrôle de la CNIL, censée nous protéger, ont été amputés ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NOS INQUIETUDES

  1. La nature des informations demandées

q       Les « origines » de l’enfant (nationalité, pays d’origine, date d’arrivée en France), la langue parlée à la maison, la culture d’origine,

q       Un volet « Besoins éducatifs » consigne toutes les données personnalisées de l’enfant qui jusqu’ici restaient confidentielles : ses difficultés scolaires, suivi RASED (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté), intégration en CLIS (Classe d’intégration scolaire), SAPAD (service d’assistance pédagogique à domicile)…

q       Son absentéisme

q       Son suivi médical, psychologique ou psychiatrique éventuel

q       La situation de la famille (suivi social)

 

Avec Base-Elèves, on se situe bien au-delà d’un souci de bonne gestion : les items démontrent que le besoin éducatif des jeunes n’est pas la seule raison d’être de Base-élèves.

 

Il nous semble de notre devoir de parents de refuser la stigmatisation des enfants et des familles. Nous refusons la détermination de l’avenir d’un enfant à partir de tel ou tel critère et ce, dès l’âge de trois ans !

 

 

  1. La sécurisation des données

D’une part, il n’y a pas de protection infaillible et d’autre part, nous constatons, à la simple lecture des journaux,que ces méga-systèmes sont régulièrement victimes de détournement de la part de ceux qui disposent du droit d’accès.

 

Jusqu’à présent, chaque école constituait son propre fichier pour gérer les élèves mais ce fichier restait dans l’école. Il n’y avait pas de centralisation ni de croisement des données. et l’anonymat était préservé en-dehors de l’école.

 

Sans mettre la bonne foi des différents acteurs en cause, il n’est pas possible, pour nous parents, de nous contenter de « bonnes intentions » affichées par les responsables d’aujourd’hui.

 

 

  1. L’exploitation des données

Au moyen de Base-Elèves, ce sont les données personnelles de tous les enfants et plus largement de toutes les familles qui seront centralisées à Orléans et partagées entre les institutions.

 

Ces données sont transférées de façon nominative à l’inspecteur de l’éducation nationale, à l’inspecteur d’académie et ne deviennent anonymes qu’à partir du Rectorat et de l’administration où l’élève conserve son Identifiant National. Il faut aussi savoir, qu’en application de la loi de prévention de la Délinquance,  « l’anonymat peut être levé en fonction des besoins de l’administration ».

 

Les directeurs et directrices ont un accès total en lecture et écriture ; l’IA a un accès intégral en lecture de l’ensemble des fiches nominatives des élèves du département et des possibilités d’extraction ; l’IEN même chose pour sa circonscription ; les mairies ont accès en lecture/écriture limité aux champs d’identification de l’élève et de ses responsables.

 

 

Les risques de dérives de Base-Elèves à des fins de contrôle social sont donc patents et les menaces pèsent sur le respect des libertés individuelles de chacun d’entre nous.

 

 

  1. La méthode de l’expérimentation

L’information prévue en direction des parents concernant leurs droits est en général très succincte voire incomplète (quant elle n’est pas inexistante).

Elle se limite souvent à la mention des droits d’accès et de rectification omettant de préciser les destinataires des données recueillies et ignorant le droit  de refuser de communiquer certaines informations.

 

La situation semble variable selon les départements mais il est manifeste que la transparence n’est pas un souci prioritaire pour ceux qui ont la charge de mettre en place Base-Elèves.

 

Parallèlement, de fortes menaces (suspension de salaire) sont exercées à l’encontre des directeurs et directrices qui refusent de renseigner Base-Elèves.

 

Nous, parents, ne pouvons que nous interroger sur la gravité de ces menaces et le manque d’information générale ; les enjeux de Base-Elèves dépassent-ils ceux d’un simple outil de gestion ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES ACTIONS QUI ONT ETE FAITES ET CELLES EN COURS

 

En tant que parents d’élèves, nous considérons que Base-Elèves  représente un risque majeur de fichage de nos enfants.

 

Nous nous sommes déjà mobilisés dans certaines écoles par le biais de tracts, pétitions, tables de presse et réunions publiques ; les documents existent (information, pétitions, conduites de réunions) et sont accessibles par tous sur les écoles d’Acigné et Guillevic ; d’autres sites d’associations sont en train de se créer pour continuer cet effet « boule de neige ».

 

Ces outils permettent aux associations de parents de démarrer rapidement et de gagner du temps. Chacun d’entre nous apporte sa compétence, ses relations, son action, son idée. A titre d’exemple, un logo a été créé pour être porté en badge ou être affiché sur la voiture.

Si parmi vous, des parents ont d’autres idées « marketing » …elles sont les bienvenues !

 

Les relais d’information fonctionnent bien. La presse et les médias nous ont apporté un grand soutien sur ce sujet. Grâce à tout cela, des pétitions sont signées dans bon nombre d’écoles :

 

ACIGNE : 150 foyers

LEON GRIMAULT : 170 signatures

GUILLEVIC :

HENRI WALLON : plus de 100 depuis lundi matin

JOSEPH LOTTE

PABLO PICASSO

OSCAR LEROUX : 50 signatures (ils viennent de démarrer)

DUCHESSE ANNE : se mobilisent aussi

VOLGA

TORIGNE

LA POTERIE

LA BOUEXIERE …….

 

Nous ne sommes pas au courant de ce qui se passe partout dans la ville et le département ; nous nous organisons pour nous fédérer et faire circuler les informations.

 

Je propose de faire passer le micro pour un petit recensement des actions. Merci.