1955 - Fangio décidément invincible.

Monza : Fangio encore et encore...

["L'Equipe" 11-09-1955]
Monza. En arrivant sur l'Autodrome, nous apprenions le forfait de la Lancia, ce qui nous surprenait d'autant plus que ces voitures avaient créé une bonne impression durant les scéance d'essais. Il semble bien que la décision ait été prise quand on a constaté que les pneus avant montaient rapidement en température. La Lancia est une voiture de petit empattement et, sur un sol onduleux, rugueux même, des virages de l'anneau de vitesse, les mouvements de galop avaient des conséquences plus fâcheuses que pour les autres voitures. Farina avait déchappé aux essais. On comprend qu'il était préférable de ne pas risquer à nouveau l'aventure. Ce qui donne à penser que la vraie réponse est ce que l'ingénieur Jano a dit : "Les Lancia ne partiront pas s'il ne pleut pas!"
En fait, la question se posait pour tout le monde d'assurer un contact constant des roues avant avec la surface de la piste. Chez Mercedes, M. Uhlenhaut a même établi sur la voiture de Kling un avant-bec plongeant qui, du fait de l'air relatif, déterminait une surcharge de l'essieu avant. Quant à Farina et Villoresi, ils deviennent spectateurs.

Fangio l'emporte une fois de plus
Fangio enlève à Monza sa 4e victoire en 1955, et se
coiffe d'une 3e couronne mondiale. ©www.jmfangio.org
3 secondes separent les 4 Mercedes
3 secondes séparent les 4 Mercedes
en tête de la course. ©www.jmfangio.org
Les Mercedes ont renoncé à l'avant-bec essayé à l'entraînement. Fangio et Moss ont le carénage total, tandis que Taruffi et Kling ont des carrosseries aux roues dégagées. Deux carénages sont particulièrement admirés : ceux de la nouvelle Gordini et ceux de la Maserati que pilotera Behra. Mercedes, toujours Mercedes ! Fangio, toujours Fangio ! Ce Grand Prix d'Italie, dont on avait voulu espérer de l'imprévu, a été en fait pareil à tous ceux qui l'ont précédé.

Les quinze premiers des 50 tours furent sans histoire aucune. Quatre Mercedes en tête, tres groupées, dans l'ordre prévisible : Fangio, Moss (tous deux sur des voitures à carrosserie enveloppante), Kling, Taruffi. Du premier au dernier du quatuor, il n'y eut jamais plus de 3" d'écart. La moyenne de Fangio s'élevait légèrement, montant à un peu plus de 208 km/h, avec un meilleur tour à 210,36 km/h.
Un seul homme avait pu s'accrocher momentanément au train d'argent : Castellotti, parti finalement sur une Ferrari et placé irrégulièrement en deuxième ligne, tout comme s'il se fût aligné sur sa Lancia. Mais l'effort humain le plus acharné s'effrite vite quand on le poursuit aux limites du paroxysme. Après 5 tours, Castellotti était à 5,5", au dixième, il comptait 19" de retard.

La belle ordonnance de l'équipe Mercedes était rompue au dix-huitième tour par un arrêt de Moss rentrant au stand pour faire remplacer son saute-vent brisé. Huitième, il repartit furieusement à l'assaut de sa position perdue.
Moss avait remonté Hawthorn et se trouvait dans la roue de Behra quand, au vingt-huitième tour, une rupture d'embrayage l'arrêta sur le circuit. En quelques secondes, un classement nettement modifié nous donna, derrière les trois Mercedes groupées sur une seconde : Castellotti quatrième à 42", Behra cinquième à 1'27", et Hawthorn sixième, tous les autres concurrents étant à plus d'un tour.
Au trente-troisième tour, nouvelle surprise, l'arrêt de Kling, alors que les trois Mercedes, toujours en file indienne, passaient devant les tribunes (panne de boîte de vitesse).

Tout semblait joué quand, à l'avant dernier passage, Behra, victime d'un bris de piston, vint donner à la finale une teinte de drame sportif. A la première des deux boucles de la piste de Monza, on pouvait se demander si Behra pourrait terminer. On se le demanda plus encore quand il déboucha à l'extrême ralenti de la piste de vitesse. A 50 mètres de l'arrivée, tout craqua mais le coureur put franchir la ligne sur sa lancée.

Résultats : 1. Fangio (Mercedes), les 500 km en 2h25'4"4 (moyenne 206,701km/h), 2. Taruffi (Mercedes) 2h25'5", 3. Castellotti (Ferrari) 2h25'50", 4. Behra (Maserati) 2h29'1", 5. Menditeguy (Maserati) à 1 tour, 6. Maglioti (Ferrari) à 1 tour, 7 Mierès (Maserati) à 2 tours, 8. Trintignant (Ferrai) à 3 tours, 9. Fiteh (Maserati) à 3 tours.[...]



Fangio étant présent au premier GP en Angleterre 1950, et a pris part à 51 Grand Prix.
Il est monté 35 fois sur le podium, dont 24 sur la plus haute marche.
Il est l'auteur de 29 Pôle Positions et de 23 Meilleurs Tours.

5 titres de Champion du Monde : 1951, 1954, 1955, 1956 et 1957 



Sources: - Photos: www.jmfangio.org & clicweb.fr.fm



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